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Best of. 40 ans de cinéma marocain
N° 304-305
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Driss El Yazami, le président
du Conseil supérieur des MRE,
reçu par le roi.
(DR)

MRE. Tirs croisés sur le Conseil royal


À peine créé, le Conseil supérieur des MRE est déjà contesté. L’Alliance mondiale des Marocains de l’étranger, basée à Bruxelles et regroupant une centaine d’associations dans le monde, dénonce “l’absence de transparence” dans la nomination des membres. Une pétition appelant les MRE à boycotter cette instance circule sur Internet (lapetition.com). “Nous voulons informer le roi qu’il a été dupé. Les responsables de ce projet lui ont présenté leurs amis et non des personnes méritantes”, dénonce Abdelaziz Saret, président de l’Alliance, joint au téléphone.
Autre grief : les membres ont été nommés et non élus. Samedi 29 décembre, l’Alliance a annoncé la création d’un conseil parallèle à Bruxelles, appelé le “Conseil démocratique civil des Marocains du monde”. De son côté, la Plateforme intercontinentale des MRE, basée à Amsterdam, appelle à une réunion le 18 janvier, pour “éviter l’éclatement dans les rangs des MRE”. Face à ces critiques, Driss El Yazami, fraîchement nommé à la tête du Conseil royal, se veut conciliant : “Personne ne sera exclu. Nous allons travailler avec tout le monde dans le cadre de commissions thématiques”. “De toutes les façons, poursuit le responsable, un tantinet offensif, on ne peut pas plaire à tout le monde”. Nommés par le roi le 21 décembre dernier, les 37 membres de cette instance devront conseiller l’Etat dans toutes les affaires liées aux MRE (élections, apprentissage de la langue arabe, éducation religieuse, manifestations culturelles…). A terme, ils seront rejoints par 13 autres membres. Le choix des locaux et le budget du conseil seront négociés avec le gouvernement. ça urge : l’instance dédiée aux MRE compte débuter son travail effectif avant mars 2008.


DiCaprio. Poker à la petite semaine

Invité du dernier Festival international du film de Marrakech, la star hollywoodienne en a profité pour taper le carton. L’acteur américain, qui tourne actuellement au Maroc Body of lies, sous la direction de Ridley Scott, est apparu avec deux amis au Casino Essaâdi, où il a demandé à faire quelques parties de poker. Un joueur marocain, ayant pris part à une partie, rapporte que Léo, qui aurait refusé ce soir-là de se faire prendre en photo, a joué une petite heure avant de quitter les lieux. “Il n’a pas misé grand-chose, c’était du bricolage”, ajoute-t-il. La rumeur veut que le contrat liant DiCaprio aux studios hollywoodiens lui interdise de jouer de grosses sommes.


Cambriolage. Le député dépité

Mohamed Zemmouri, le député UC de Tanger, ne gardera pas que de bons souvenirs de l’Aïd El Kébir. Tandis qu’il célébrait la fête avec sa famille à Nador, sa villa tangéroise a été visitée par des cambrioleurs. Contacté par TelQuel, son fils Saïd s’est refusé à tout commentaire, nous conseillant au passage de ne pas appeler son père, trop affecté par le vol. Il y a de quoi : “Après avoir forcé le coffre fort de la villa de Zemmouri, les cambrioleurs ont emporté un million de dirhams en liquide et deux millions de dirhams en bijoux”, nous a confié une source proche. Soit bien plus que le butin des hold-up des braqueurs de banques, récemment arrêtés à Mohammedia.


Diplomatie. Brouille avec le Sénégal

“Le Sénégal est l'ami et l'allié de toujours du royaume du Maroc, mais ne sera jamais son obligé”. C’est la conclusion d’une déclaration récemment émise par le bureau politique du Parti socialiste sénégalais, en réaction à la brouille diplomatique entre le Maroc et le Sénégal. La crise a éclaté lorsque Jacques Baudin, le chargé des Relations extérieures du parti, s’est déclaré en faveur de “l’autodétermination des Sahraouis”, en marge du 12ème congrès du Polisario à Tifariti. Jouant les grands frères fâchés, le Maroc a réagi en rappelant son ambassadeur au Sénégal pour consultation. Vue de Dakar, cette mesure a été perçue comme une atteinte à la souveraineté du Sénégal, qui en a visiblement assez d’être traité en petit frère.


Ksar El Kébir. L’ultime recours

Les six personnes condamnées pour homosexualité, suite à l’affaire du prétendu “mariage gay” de Ksar El Kébir, ont enfin une date pour l’appel qu’ils ont interjeté après leur jugement en Première instance. “Nous espérons que la justice corrigera son erreur lors du procès en appel, qui se tiendra le 8 janvier 2008, car ces personnes ont été embastillées alors qu’il n’existe aucune preuve de l’acte d’homosexualité dont on les accuse”, nous a déclaré leur avocat, Mohamed Sebbar, président du Forum vérité et justice. Condamnées à des peines allant de quatre à dix mois de prison ferme, les six personnes croupissent actuellement dans une prison de Ksar El Kébir.


Real-Barça. Rififi au cinéma Rif

Un cinéma dévasté, des devantures de magasin saccagées et une vingtaine de personnes arrêtées. C’est le bilan des actes de vandalisme perpétrés le dimanche 23 décembre, en marge du dernier Clasico entre le Real Madrid et le FC Barcelone… à Marrakech ! Les troubles ont éclaté lorsque le projecteur du cinéma Rif, où était programmée cette rencontre, est tombé en panne, quelques minutes avant le coup d’envoi du match. Le public, constitué essentiellement de jeunes, ne supportant pas la frustration, a laissé éclater sa colère en se vengeant sur les installations du cinéma et les magasins alentour. On se calme comme on peut…


2M. JT relooké ?

Changement possible sur la chaîne de Aïn Sebaâ : “Nous avons soumis un projet de refonte du journal télévisé à la direction générale”, nous a déclaré une source à 2M. Au programme: un nouvel habillage, une réorganisation des rubriques et une revue de presse plus étoffée. Autre nouveauté, les journalistes devront se spécialiser selon leur domaine de prédilection : “Il est aberrant d’imposer à un journaliste spécialisé en politique d’aller couvrir un fait divers comme un accident de bus”, ajoute notre source. Mais il semblerait que la mue ne soit pas pour demain : “Nous aurions souhaité lancer la nouvelle formule le 1er janvier, mais nous attendons toujours que la direction générale tranche”. Les téléspectateurs aussi.


Football féminin. Botola pour batalate

La Fédération royale marocaine de football vient d’annoncer le lancement d’un championnat féminin pour 2008. L’instance demande aux seize clubs de la Botola de créer, le plus vite possible, une section féminine afin de pouvoir organiser ce futur championnat. Une douce plaisanterie, selon un observateur sportif qui s’insurge : “Le projet est totalement irréaliste, car irréalisable. Les clubs ont déjà du mal à gérer leur onze senior. La Fédération fait de la pure démagogie”. Pour rappel, la Fédération a déjà tenté d’organiser un championnat féminin au début des années 70. Le projet a fait long feu au bout de quelques mois.


Harraga. Délit fraternel

On connaissait les négriers. Voilà que la jurisprudence espagnole lance le concept de “maroquinier”. Cette semaine, un tribunal d’Almeria a condamné un ressortissant marocain à deux ans de prison ferme pour “délit contre les droits des travailleurs étrangers”. Les étrangers en question ? Quatre clandestins marocains, parmi lesquels le frère de l’accusé. Ce dernier hébergeait la clique depuis son arrivée en Espagne, en octobre 2005 (à bord d’une patera, évidemment). Surpris dans leur voiture par un contrôle de police, les cinq compagnons d’infortune ont essayé de prendre la fuite avant d’être rattrapés par les services de sécurité.


Maroc-Algérie. Retour sur une déculottée

L’émission Hadath Wa Tarikh d’Arriyadia, diffusée le soir de l’Aïd, est revenue sur les matchs de football ayant opposé le Maroc et l’Algérie. Clou du spectacle : le match de 1979, qui s’est soldé par un cinglant 5 à 1 en faveur de l’Algérie. Et pour couronner le tout, la chaîne sportive a diffusé les réactions du sélectionneur et de nombreux joueurs algériens, interviewés par une équipe spécialement dépêchée à Alger. Côté marocain, seul le gardien de but de l’époque, Hamid Hazzaz, a accepté de participer à la rétrospective, malgré les 5 buts qu’il a encaissés. “Les autres joueurs ont tous refusé”, nous a expliqué un membre du staff d’Arriyadia. 28 ans après cette défaite, la plaie ne s’est visiblement pas fermée.



3 questions à Lahcen Daoudi
[numéro 2 du PJD]


Analyserez-vous les ratages du PJD aux dernières législatives lors du conseil qui se tiendra ce week-end ?
Le débat lors de ce conseil sera à la fois chaud et serein. Nous allons bien évidemment examiner certains blocages dans la machine du parti. Notamment le retard dans la distribution du programme et la gestion des accréditations des candidats, qui a été très lente. Mais le principal ratage, à mon avis, a été de surestimer notre performance électorale. Nous n’avons pas bien évalué la réalité marocaine et, surtout, n’avons pas tenu suffisamment compte de la corruption qui gangrène les élections.

La corruption n’est-elle pas une excuse pour justifier votre score décevant aux dernières législatives ?
C’est archi-faux ! L’argent a coulé à flots dans 90% des circonscriptions que nous devions emporter. La corruption, même les partis traditionnels en ont souffert. La mauvaise gestion administrative et le retard de remise des PV des résultats ont fait le reste.

Pourquoi quittez-vous le secrétariat général du PJD ?
Nous ne sommes pas nés pour rester dirigeants à vie. J’ai senti que mes responsabilités en tant que député de Fès allaient nuire à ma productivité au sein du secrétariat général. Je préfère donc revenir à la base et laisser ma place à quelqu’un d’autre. Au PJD, nous n’attendons pas que les militants nous poussent vers la porte.


Bougrine. La famille menace

La famille de Mohamed Bougrine, ce militant de 73 ans condamné en mai dernier à 3 ans de prison ferme pour “atteintes aux sacralités du royaume”, est montée au créneau. Dans un communiqué rendu public cette semaine, les proches de celui qu’on surnomme “le prisonnier des trois rois” ont réclamé sa libération immédiate, des excuses officielles de la part de la plus haute autorité de l’Etat, avant de pointer du doigt la responsabilité du gouvernement. Et pour enfoncer le clou, la famille de Bougrine menace de “traîner le Maroc en justice devant les instances internationales” si leurs doléances ne sont pas entendues.


Terrorisme. Les experts de Rabat

Au lendemain de l’attaque terroriste, qui a coûté la vie à quatre touristes français en Mauritanie, une équipe marocaine composée d’experts de la police scientifique et de cadres de la DGED s’est rendue à Aleg, région où a eu lieu le massacre. Selon la version officielle, les Marocains sont partis prêter main forte à leurs homologues mauritaniens dans leur traque du commando terroriste qui a commis l’attaque. Ils auraient même contribué à leur identification, grâce à leurs empreintes digitales. Officieusement, nos experts se sont déplacés suite à une information, aujourd’hui démentie, selon laquelle des jihadistes marocains auraient pris part à cet attentat.


Aïd El Kébir. Mouton à fleur de peau

La peau de mouton n’est pas qu’un trophée de corrida gastronomique. Elle vaut son pesant en laine, selon El Ghali Oudghiri, président de la Fédération marocaine des industries du cuir : “Près de 5 millions de moutons sont égorgés pour l’Aïd El Kébir, soit la moitié de la production annuelle, mais la plupart des peaux de mouton sont mal conservées, et donc inutilisables, ce qui représente un manque à gagner de plus de 500 millions de dirhams”, nous a-t-il déclaré. La solution pour éviter un tel gâchis : “Saupoudrer la peau de mouton avec 1 à 2 kilos de sel et la conserver au frais”, rajoute El Ghali Oudghiri. Du Choumicha dans le texte…


Adghirni. I love Israël

Le trublion amazigh a brisé le tabou de la normalisation avec Israël, en se rendant à Tel Aviv du 17 au 20 décembre. Ahmed Adghirni était invité par l’Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe en tant que président du Parti démocratique amazigh marocain, une formation non reconnue par le ministère de l’Intérieur. Objet de l’invitation : un séminaire sur “La tolérance et l’antisémitisme”. Adghirni était d’ailleurs accompagné par un de ses camarades au sein de l’association d’amitié entre les juifs et les amazighs. “Nous avons assisté aux débats généraux et n’avons pas eu de contacts privés avec les Israéliens”, nous a déclaré le militant berbère.


Blog Awards. And the winner is…

Comme prévu, et pour la première fois, les bloggeurs du pays organisent un concours pour élire les meilleurs sites de la blogosphère marocaine. Le 27 décembre dernier, 58 nominés ont été choisis parmi les 150 bloggeurs, candidats dans 17 catégories différentes. “La concurrence était rude pour sélectionner le meilleur blog d’humour et le blog le mieux écrit”, nous déclare un des organisateurs des Blog Awards. En janvier prochain, les internautes, appelés à voter, éliront un vainqueur pour chaque catégorie. Les heureux élus se verront remettre leurs prix le 2 février à Casablanca, dans un lieu qui reste à fixer.


Carnaval. Uniforme sacré

Vendredi dernier, la fête bat son plein dans le quartier Lakhiame à Agadir. Un groupe de jeunes organise un carnaval traditionnel connu sous le nom de Boujloud. Un officier de police, passant par là, remarque la tenue d’un participant, déguisé en motard de la maréchaussée. Le flic s’empresse d’alerter ses collègues qui embarquent l’homme, ainsi que sa réplique de moto en carton. “Le jeune homme a comparu le lendemain devant le procureur du roi, avant d’être relâché. Il sera jugé dans les jours qui viennent”, nous a déclaré une source locale. D’autres participants au carnaval ont, quant à eux, réalisé une réplique de tank. Les policiers ont détruit l’engin de guerre en carton sans alerter les FAR. Par crainte du ridicule, sans doute.


Hommage. Adieu Madame

Jmiâa Azghar, une victime des années de plomb, est décédée à l’âge de 60 ans, le 20 décembre, des suites d’une longue maladie. Torturée à Derb Moulay Chérif, elle a été transférée par la suite au bagne de Corbes (Kourbiss en langage populaire) à Casablanca. Elle a été par la suite détenue 3 ans à la prison civile de la même ville. Membre de l’UNFP, Jmiâa Azghar était le principal lien entre les gauchistes et Omar Dahkoune, exécuté suite au soulèvement de mars 1973. “Elle a gardé sa lucidité et son ton critique jusqu’à son dernier souffle”, témoigne Abdelkrim Manouzi, président de l’Association de réhabilitation des victimes de la torture.


Sahara. Polisario vs Polisario

Khatt Achahid refait surface. La branche dissidente du Polisario est sortie de sa torpeur pour publier, en milieu de semaine, un communiqué qui fait suite à la tenue, à Tifariti, du 12ème congrès du Front (du 14 au 18 décembre). Le document ne fait pas dans la dentelle. Extrait : “Le 12ème congrès a été une nouvelle pièce de théâtre du parti unique, qui a permis à cette direction corrompue de se maintenir au pouvoir pour une nouvelle période de quatre ans”. Khatt Achahid, dont l’existence semble remonter à près de 5 ans, a toujours défendu une ligne radicale envers la direction (éternelle ?) du Polisario, emmenée par Mohamed Abdelaziz.


Presse. Shampouineur ou plumitif ?

La police judiciaire de Casablanca a arrêté, samedi dernier, un coiffeur se faisant passer pour un journaliste, grâce à une fausse carte de presse. Suite à ses aveux, les inspecteurs sont remontés jusqu’au directeur d’un journal fantôme, qui a avoué avoir écoulé plusieurs cartes de presse trafiquées pour la somme de 300 dirhams. “La profession est envahie par les faux journalistes depuis toujours. On les appelle dans le jargon les nejjaras (menuisiers)”, nous a déclaré Younès Moujahid, secrétaire général du Syndicat national de la presse. L’homme compte rebondir sur le fait-divers en remettant la question sur le tapis auprès du ministère de la Communication.


Vigiles. Bergag, s’abstenir

La loi relative aux activités de gardiennage et de transport de fonds a été publiée et devrait entrer en vigueur dans six mois. La loi soumet l’activité des vigiles et autres personnels de sécurité à une autorisation préalable. Par ailleurs, l’embauche de personnel devra faire l’objet d’une déclaration à l’administration, et sera interdite aux personnes condamnées pour des crimes ou délits. Les tenues ne devront entraîner aucune confusion avec les agents des services publics, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Le port d’armes est aussi encadré. à noter qu’il sera interdit à ces agents de “se livrer à une surveillance relative aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses” des personnes. D’autres s’en chargent très bien, merci.


Haraka. Papy fait de la résistance

À quoi pensait l’Amghar en annonçant son intention de constituer un comité pour superviser la ligne politique du MP ? Essaid Ameskane, membre du bureau politique de la Haraka, nous a déclaré que toute instance en dehors des organes officiels est illégale. “Le Congrès national est le seul habilité à trancher sur la politique du parti”, précise Ameskane, président du groupe parlementaire MP. Aherdane doit se résigner : sa tentative de revenir par la fenêtre est jugée vaine. Quant à son poste de président, il sera purement et simplement supprimé. “De toutes les façons, c’est le secrétaire général Mohand Laenser qui assure depuis toujours la gestion administrative”, poursuit Ameskane.


Arche de Zoé. Nadia dans la galère

Nadia Merimi, une Marocaine de France, vient d’être condamnée par la justice tchadienne à huit ans de prison, assortis de travaux forcés, dans le cadre de l’affaire de l’Arche de Zoé. Cadette d’une famille oujdie de quatre filles et trois garçons, établie à Boulogne depuis 1978, Nadia n’a pourtant rejoint l’association l’Arche de Zoé qu’en 2007. En novembre, cette infirmière de 31 ans, la moins enthousiaste quant à l’action de sauvetage d’enfants tchadiens, avait fait un malaise en plein tribunal après avoir absorbé des médicaments. Très éprouvée par sa récente condamnation, elle vient d’entamer une grève de la faim.



Humeur. Soldons, soldons

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

L’ année 2007 ? Oui, une année belle comme ma mère, de longues journées très creuses, quelques minutes de bonheur arrachées comme le jardinier peut recueillir, une fois sur dix, ou cent, ou mille, une rose pas fanée, pas morte. L’événement de l’année, c’est peut-être bien Facebook. J’y suis, c’est incroyable. Je ne comprends rien à la case Poke me, je surfe jusqu’à épuisement et puis je dors. Beaucoup. Bien sûr que la big chose de l’année, comme l’ont écrit et fait circuler nos confrères à Maroc-Hebdo, s’appelle El Himma, qui nous aura joué E.T. au Parlement en moins plouf que le cinéma de Spielberg. Version solo, perso, je retiens de 2007 la mort de Fred Chichin des Rita Mitsouko, Driss Benzekri du Maroc, Robert Altman du grand cinéma américain, la virée de Bono à Fès (et la super interview qu’il nous a accordés dans la foulée), bon, les élections aussi, blabla. Pas assez perso ? Cool. Je n’ai plus à avoir 40 ans, ça aide. Ma rhinite à bascule ne fait pas le poids, mon mal de dos résiste à la rudesse de mon tapis-lit, j’entrevois par moments la vie en rose comme pouvait chanter La Môme en ronronnant, j’utilise de nouveaux moyens de séduction inspirés de la
tariqa moubachira, je redécouvre Rouicha, grand musicien sous-estimé, etc. Rien n’a changé, l’année 2007 a été (la) bonne. J’ai toujours un poster de Khattabi à portée de vue, ça fout la trouille à mes invités de droite, moi j’aime. C’est le Maroc TelQuel. Vous, nous, eux. J’adore déjà 2008 : Eux nous pointeront, Nous les titillerons, Vous nous lirez. 2007 s’enfuit, je solde mes idées, mes mots, et vite, vite, alors voilà : je préfère définitivement le Maroc de Mohammed VI à celui de Hassan II, et la dernière fois que j’ai pleuré c’était pour mon chat. Mais ça, c’était avant 2007. Je crois…




Avortement.
Lettre ouverte au législateur

Par Chafik Chraibi (Professeur de médecine, chef de service
de gynécologie obstétrique - maternité des Orangers, CHU Rabat.)


Le professeur Chafik Chraïbi a publié une tribune libre sur l’avortement dans nos colonnes (TelQuel N° 299). Elle a entraîné de nombreuses réactions chez des responsables politiques. Il revient à la charge en s’adressant cette fois au législateur.


Tous les jours, il se pratique à travers le pays des centaines d’avortements, certains dans des cliniques, en dépit de la loi, mais de nombreux autres par des personnes moins qualifiées : kablates, infirmières, voire faiseuses d’anges, au mépris des règles d’hygiène les plus élémentaires. Cet état de fait est la conséquence directe et logique de la criminalisation de l’avortement. Notre dispositif législatif archaïque et lourdement répressif, lorsqu’il ne mène pas la femme au suicide, seule échappatoire pour certaines à la honte d’une grossesse illégitime, la jette en pâture à des personnes sans scrupules qu’aveugle l’appât du gain. Complications gravissimes, séquelles physiques et morales irréversibles, suicides, expulsion du giron familial, enfants abandonnés dans la rue ou à l’assistance sociale, médecins incarcérés… La facture est trop élevée pour qu’il ne soit pas du devoir du législateur d’intervenir afin de mettre un terme à tant de drames sanitaires et sociaux (…). La loi actuelle n’autorise l’avortement que si la femme souffre de pathologies pouvant mettre sa vie ou sa santé en danger. Il faut que le législateur prenne aussi en compte certaines situations telles que les pathologies et les malformations fœtales graves. La grossesse consécutive au viol ou à l’inceste ainsi que certaines situations sociales bien précises devrait pouvoir bénéficier de l’accord du législateur pour un avortement, tout en étant étroitement encadrées et entourées de garde-fous stricts(…) Autoriser l’avortement (sous conditions) permettra à ces femmes, souvent démunies et victimes de leur ignorance, d’avorter en milieu hospitalier, à un coût raisonnable et sans complications.



VITES !

L’ancien président français Jacques Chirac, fidèle à ses habitudes, passe ses vacances de fin d’année au Maroc. Le dimanche 23 décembre, “notre ami Jacquot” a débarqué à Agadir en compagnie de sa femme, Bernadette, avant de se diriger vers Taroudant, où il a pris ses quartiers d’hiver dans une résidence privée.


Le prix d’intégrité de Transparency International 2007 a, hélas, échappé aux trois Marocains en lice : Lahbib Hajji, Abdelatif Kenjaa et Khalid Bourhayel. Les trois avocats de Tétouan avaient été radiés du barreau pour avoir dénoncé la corruption de la justice en rédigeant “une lettre pour l’histoire”, publiée dans la presse.


Dans son prochain roman, “Sur ma mère”, à paraître le 24 janvier 2008 chez Gallimard, Tahar Benjelloun s’attaque à un thème intimiste. Jalonné de confidences autobiographiques sur l’enfance et la jeunesse de l’écrivain, ce livre relate le long combat de la mère de Tahar Benjelloun avec la maladie d’Alzheimer.


Le taux de pauvreté est de 15 % dans le plus beau pays du monde. Un fléau touchant en priorité le monde rural, qui cumule deux tiers des nécessiteux. Ces chiffres catastrophiques sont révélés dans un rapport de la Banque mondiale, intitulé : “Se soustraire de la pauvreté au Maroc”. On ne demande que ça.


Le service sportif de la MAP a décerné le titre de meilleur sportif de l’année au footballeur Soufiane Alloudi. Le remuant attaquant du onze national et du Raja (prêté cette saison au club émirati d’Al Aïn), dont la cote monte en flèche, s’est notamment distingué lors des deux derniers matchs de la sélection marocaine.
 
 
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