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Par Hassan Hamdani
Peinture. Le temple camembert
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La mythique villa casablancaise
deviendra un haut lieu des
arts plastiques.
(TNIOUNI / NICHANE)
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La villa Camembert, bijou darchitecture casablancais, sera bientôt un espace dexposition. Lécrin idéal pour un marché de lart marocain en plein boom.
La villa Camembert domine la colline dAnfa et surplombe la mer. Cest ainsi quon la voit le plus souvent en photo dans de nombreux ouvrages darchitecture. Sa forme cylindrique est de la modernité en dur, donnée comme exemple du laboratoire de recherche à ciel ouvert que fut Casablanca jusque dans les années 60. La ville accueillait alors des architectes européens en rupture de ban, qui y ont trouvé un |
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terrain dexpérimentation vierge. LAllemand Wolfang Ewert fut lun deux. Installé au Maroc depuis 1954, il construit la villa Camembert en 1963, y mélangeant salon marocain (avec zellige et plafond sculpté) et le confort moderne californien (plaque chauffante, four mural encastré). Ewert inaugurait à sa manière une problématique du métissage aujourdhui courante à Casablanca, analyse Jean Louis Cohen, auteur de Casablanca, Mythes et figures dune aventure urbaine. Un goût commun bourgeois aujourdhui, une révolution à lépoque. Tout autant que la forme de la villa : Une galette posée sur des pilotis assez grêles, la décrit de manière imagée Jean Louis Cohen. Rien en comparaison du surnom dont laffuble demblée les Casablancais : le Camembert. Létrange villa du Docteur B., ajoute Cohen. Un mystérieux commandi-taire, des initiales à la Fritz Lang
de quoi susciter la fascination : Je rêve de visiter cette villa depuis lâge de 6 ans, confie Fadel Iraki, collectionneur et marchand dart. Lhomme a fait mieux : il la achetée à son propriétaire pour un prix tenu secret. En partenariat avec un associé princier : le prince Moulay Ismaïl.
Exporter la peinture marocaine
Les deux hommes ont pour projet douvrir au sein de la villa Camembert, début 2009, un espace consacré à lart contemporain. Le premier coup de pioche sera donné fin février 2008. La salle dexposition sera creusée dans les jardins de la villa et sétalera sur 800m2, avec une hauteur sous plafond de 5 mètres et demi, détaille Fadel Iraki. Lespace sera aussi recouvert de plaques de verre, afin doffrir une vue plongeante sur les uvres exposées. On cherche encore la solution technique pour obtenir un plafond plat, précise Fadel Iraki. Vu sur plan, le projet a un aspect futuriste. Rien de tel pour la villa Camembert proprement dite. Tout le contraire même. Classée patrimoine national, la villa na pas été touchée, si ce nest pour la restaurer à lidentique grâce aux plans retrouvés dans les archives. Je caressais lidée douvrir un tel espace dans la villa Camembert déjà en 2001, avant leffervescence autour du marché de lart, raconte Fadel Iraki.
Le lieu ne sera pas pour autant une uvre philantropique. On y vendra de la peinture contemporaine marocaine, sujet principal de lengouement des collectionneurs. Lobjectif, à moyen terme, étant den exporter : Les rares collectionneurs étrangers qui achètent des toiles de peintres marocains le font suite à des rencontres, ou parce quils connaissent personnellement tel artiste. On ne peut parler dengouement dans ce cas précis, analyse Fadel Iraki. La solution, selon lui, serait léchange de bons procédés. Nous ferons la promotion de la peinture étrangère au Maroc afin de rendre le marché attrayant pour les collectionneurs non marocains. Cest le seul moyen de les intéresser à la peinture marocaine, ajoute Fadel Iraki. Une uvre en particulier risque dattirer la curiosité. Linstallation photographique cosignée par Fouad Bellamine et Mohamed El Baz, superposant un dôme à la toile de Courbet lOrigine du Monde. La création avait été lobjet des foudres iraniennes lors de sa présentation à Mexico. Elle a été achetée par Fadel Iraki et sera sans doute exposée à la villa Camembert. Modernité, quand tu nous tiens... |
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