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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Je suis une éponge hypersensible”

Amal Ayouch, comédienne
(TNIOUNI / NICHANE)

Antécédents

1966. Naissance à Casablanca.
1984. Part poursuivre des études de pharmacie en France.
1987. S’inscrit à la Faculté des lettres de Montpellier et participe à des ateliers de théâtre.
1991. Se marie.
1997. Tourne son premier film (Les amis d’hier, de Hassan Benjelloun).
2008. Joue dans Histoire d’amour en 12 chansons, 3 repas et 1 baiser, de Faouzi Bensaïdi.

Smyet bak ?
Driss Ayouch.

Smyet Mok ?
Raféa Essoudi.

Nimirou d’la carte ?
BE 74528.

Vous avez dépassé le cap de la quarantaine, et vous paraissez dix ans de moins. C’est quoi votre secret ?
Je ne sais pas. Peut-être la passion de la vie. Il y a tellement d’expériences à vivre et, personnellement, je suis émerveillée tous les jours par des choses banales. En fait, je pense que le plus important est de ne pas se laisser plomber.

Vous allez bientôt basculer dans des rôles de maman…
J’espère d’abord basculer dans des rôles de femme. À partir du moment où on ne me cantonne pas à un rôle d’épouse ou de mère de famille, cela ne me dérange pas. Ma seule exigence est de tourner dans des films où j’incarne une femme accomplie.

Pourquoi avoir débuté une carrière cinématographique aussi tard ?
En fait, le cinéma ne faisait pas partie de mes plans. J’ai commencé le théâtre à 20 ans, et même plus tôt au lycée. Ma rencontre avec Hassan Benjelloun, le cinéaste qui m’a fait jouer mon premier rôle sur grand écran, s’est faite par le plus grand des hasards. Il m’a vue en représentation et m’a proposé de participer au casting de son film. L’expérience s’est avérée concluante.

Vous avez l’air particulièrement bien dans votre peau…
En fait, il y a dix ans, je me sentais plus vieille qu’aujourd’hui. Depuis quelques années, j’ai appris à prendre les problèmes de la vie avec plus de légèreté.

Quels genres de problèmes ?
Des fardeaux qui ne sont pas forcément les miens. Je suis une éponge hypersensible. Je peux être peinée par des choses que je vois dans la rue. La misère des autres me touche.

Vous êtes plutôt bien née. Pourquoi donc vous intéresser aux problèmes des autres ?
J’ai beaucoup milité dans ma vie, notamment pour les filles-mères, mais je le fais hélas de manière ponctuelle, quand c’est possible. Certes, cela a un impact sur le quotidien des gens, mais il reste réduit. Mais je persiste à croire que l’artiste peut changer la perception qu’ont les gens du monde.

Quel genre de rôles refusez-vous ?
Aucun en particulier. En fait, je refuse systématiquement les personnages creux, sans contenance, qui baignent trop dans la routine du quotidien. À moins qu’on me propose un cachet d’un million de dollars (Rires).

Pour ça, il faut s’appeler Julia Roberts. Remarquez, elle a les plus belles jambes de Hollywood, et vous, du cinéma marocain…
Je vous remercie, c’est une bonne référence.

Vous êtes plutôt théâtre ou cinéma ?
Je trouve du plaisir dans les deux, même si ce sont des disciplines différentes. J’ai une affection particulière pour le théâtre, car on se prend moins la tête pour son image. Il y a plus de place pour la spontanéité. Cela permet de travailler plus en profondeur certains rôles.

Et au cinéma ?
Au cinéma, il y a plus de retenue. D’ailleurs, on reproche souvent aux acteurs d’avoir une représentation trop théâtrale. C’est qu’au cinéma, on a beaucoup plus le souci de l’image. Cela dit, le cinéma n’a pas que des inconvénients, il permet une certaine ouverture sur le monde, des rencontres.

Et si vous deviez choisir entre les deux ?
Je choisirais le théâtre.

Vous êtes aussi pharmacienne. L’art ne paye pas assez ?
Je vis de mes deux métiers. Ce n’est pas parce que je cumule deux emplois que je me brade au théâtre et au cinéma.

Et vous êtes souvent derrière le comptoir de votre pharmacie ?
Assez souvent. C’est quand même mon lieu de travail.

Vous délivrez des médicaments sans ordonnance ?
Oui, de l’aspirine (Rires). Plus sérieusement, je fais mon travail avec vigilance. Mais quand vous voyez le nombre de médecins par habitant, il est difficile de réclamer une ordonnance à tous les patients qui se présentent à ma pharmacie. À titre d’exemple, pour pouvoir acheter une pilule contraceptive, les femmes ont besoin d’ordonnance. Cela n’a pas de sens.

 
 
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