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Par Selma Mestiri,
correspondante au Moyen-Orient
Moyen-Orient. Une tournée sur le tard
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(George W. Bush en compagnie
du Premier ministre israélien,
Ehud Olmert.)
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George Bush entame sa première tournée au Moyen-Orient, destinée à relancer le processus de paix israélo-palestinien. Faut-il attendre un quelconque résultat de cette visite ?
À une année du terme de son second mandat présidentiel, George W. Bush effectue enfin sa première tournée au Moyen-Orient. Cette première visite dun chef dEtat américain, depuis celle de Bill Clinton en 1998, a débuté en Israël, pour se poursuivre dans les territoires palestiniens, mais aussi au Koweït, à Bahreïn, aux Emirats arabes unis, en Arabie Saoudite et enfin en Egypte.
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Le président se rend dans la région avec deux objectifs affichés : tenter damener Israéliens et Palestiniens à conclure un accord de paix avant quil ne quitte la Maison Blanche en 2009, et assurer à ses alliés du Golfe que les Etats-Unis sont prêts à les assister face à la menace iranienne. Mais derrière ces engagements se cache la volonté de George W. Bush de compenser sa perte de prestige. Car près dun an avant la fin de son mandat, son bilan en termes de politique étrangère est pour le moins désastreux : lIrak, dont Bush a fait son cheval de bataille, est toujours à feu et à sang, presque cinq ans après linvasion américaine. Près de 4000 soldats américains y ont perdu la vie et le conflit a coûté des milliards de dollars. Au Liban, pays sans président depuis le 24 novembre, la situation reste tendue malgré les pressions de la communauté internationale, en particulier de la France et des Etats-Unis. Quant au Pakistan, puissance nucléaire dirigée par un allié des Etats-Unis et représentant pour Washington l'une des toutes premières lignes de front contre le terrorisme, il menace de plonger dans le chaos après lassassinat de Benazir Bhutto. Pour beaucoup, cette visite de neuf jours au Moyen-Orient est destinée à capter lattention des médias américains, aujourdhui tournés vers la course à linvestiture à lélection présidentielle de novembre qui désignera son successeur. Lengagement tardif de Bush dans le processus de paix israélo-palestinien ne serait ainsi dû quà sa volonté de se targuer dau moins un succès au Moyen-Orient, pour ne pas finir sur un échec total de la diplomatie américaine dans la région.
Relancer le processus de paix
Accusé de sêtre désintéressé de la question israélo-palestinienne au profit de lIrak et davoir aveuglément soutenu lEtat hébreu, Bush va tenter de prolonger la dynamique de la conférence dAnnapolis. Cest dans cette petite ville américaine du Maryland, près de Washington, quIsraéliens et Palestiniens se sont engagés le 27 novembre dernier à ranimer un processus de paix moribond et à rechercher, avant fin 2008, un accord menant à la création dun Etat palestinien. Après un gel de sept ans des négociations, les Palestiniens attendent de Bush des gestes forts, notamment quil se prononce clairement contre la colonisation, alors quIsraël a fait savoir quil entendait poursuivre la construction de nouvelles colonies. Car les pourparlers de paix relancés en grande pompe à Annapolis ont pour linstant été sapés par lannonce dIsraël de nouveaux projets de colonies. Au scepticisme sur son initiative, Bush dit faire confiance
à la chance : Je crois que les étoiles sont favorablement alignées. Mais le contexte semble peu propice, notamment en raison de la division de facto des Territoires palestiniens entre la bande de Gaza, totalement contrôlée depuis juin par le Hamas, et la Cisjordanie, qui reste sous lautorité du président Mahmoud Abbas. Même la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui accompagne son président, a déconseillé d'attendre une percée de ce séjour. Signe de leur méfiance envers les Etats-Unis, des milliers de Palestiniens ont défilé la veille de sa visite à Gaza, accusant lOncle Sam de vouloir en finir avec eux tout en feignant un intérêt pour la région. Dautant que la question palestinienne risque dêtre éclipsée par lIran.
La menace croissante de lIran
Lune des raisons pour lesquelles je vais au Proche-Orient, cest pour signifier clairement aux pays de cette partie du monde que nous considérons lIran comme une menace, a déclaré Bush au quotidien israélien Yédiot Aharonot. Le programme nucléaire iranien est en effet lune des priorités de ladministration américaine, qui a répété à plusieurs reprises que toutes les options étaient envisageables pour empêcher la République islamique de se doter de larme atomique. Deux jours avant le début de la tournée du président américain, les tensions entre Téhéran et Washington ont failli dégénérer en confrontation armée. Le 6 janvier, des bateaux iraniens se sont en effet livrés à des manuvres - qualifiées de provocatrices par les Etats-Unis à lencontre de navires de la marine américaine - dans les eaux internationales du détroit dOrmuz, par où transite une part considérable du trafic pétrolier mondial. Sapprochant à 500 mètres de la flotte américaine, qui maintient une présence permanente dans cette région stratégique du Golfe, une vedette iranienne a envoyé, selon Washington, un message de menace : Je vais vous attaquer, je vais vous faire exploser dans quelques minutes. Il ny a pas eu de tirs, mais la Maison Blanche a mis en garde lIran contre tout agissement provocateur qui pourrait conduire à un incident dangereux à lavenir. Les monarchies du Golfe, alliées des Etats-Unis, sinquiètent non seulement des ambitions nucléaires du voisin iranien, mais aussi de son influence croissante dans la région. Téhéran est souvent accusé de jouer un rôle de déstabilisation en Irak et au Liban. Les monarchies du Golfe devraient toutefois répéter à Bush leur opposition à loption militaire contre lIran. Elles pourraient en effet être les premières victimes dune riposte iranienne à une éventuelle attaque américaine. |
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Sites. Sécurité maximale
Jérusalem, ville fermée. Pour larrivée de George W. Bush, la ville trois fois sainte a été placée sous haute surveillance. Des milliers de policiers et des centaines dagents en civil ont été mobilisés pour lopération Ciel ouvert, nom de code de la visite du président américain en Israël. Du jamais vu depuis le déplacement du pape Jean-Paul II en 2000. Au-dessus de Jérusalem, les cieux sont encombrés de ballons dobservation et dhélicoptères de la police. La chasse israélienne a en outre accompagné Air Force One, lavion du président, pendant sa phase dapproche dIsraël. Au sol, des rues entières ont été fermées à la circulation et des barrages supplémentaires installés, paralysant la circulation dans la ville. À Ramallah, les alentours de la Mouqataa, QG de lAutorité palestinienne, où M. Bush sest entretenu avec le président palestinien Mahmoud Abbas, ont été pratiquement placés sous couvre-feu. Quant à lhôtel où a résidé le président américain, le King David, il sest transformé en forteresse, avec tireurs délite sur les toits pour permettre, entre autres, à Bush de contempler le lever du soleil sur la vieille ville de Jérusalem en toute sécurité. Des robots ont même été envoyés dans les égoûts pour sassurer que des engins explosifs ny ont pas été placés. |
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