Parlement. La tribu de Si Fouad
Lahcen Daoudi. Le visage lisse du PJD
Société. Les enfants de la prison
CAN 2008. Coupe cathodique
Reportage. Entre ciel, terre et mer
Moyen-Orient. Une tournée sur le tard
Shopping. Solde qui peut !
Abderrahim Yamou. Jardins imaginaires
Spectacle. La Star' Ac du rire
Peinture. Le temple camembert
Théâtre. Histoires d'A
Livre. Le mauvais fils
N° 306
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

La chorégraphie Osé,
de Herwan Asseh.
(DR)

Danse. Ça marche !


En avant, toute ! Pour la troisième fois, la Compagnie Anania donne le tempo dans une étourdissante traversée du désert de la danse contemporaine au Maroc. Donner sens à un art souvent incompris, c’est la feuille de route du festival On marche !, qui battra le pavé dans tout Marrakech du 14 au 26 janvier, avec pour premier mot d’ordre la proximité. Du Théâtre Daoudiate au Palais El Badii, de l’Ecole supérieure des arts visuels à la Place Jamaâ El Fna, du rond- point de la Poste à Dar Bellarj, quelque 600 bipèdes curieux sont attendus
chaque jour de pied ferme par un bataillon d’artistes venus du Japon, de Côte d’Ivoire, de Corée du Sud, de France, d’Espagne ou de Grèce. À travers leurs créations (S)he, Vis ! J’y lance, Danse Nord, La Robe de Tantale, Aïta, nos rares grands chorégraphes nationaux – Brahim Sourny, Saïd Aït El Moumen, Taoufik Izzediou, Meriam Jazouli, Mouna Sekkat et Bouchra Ouizgen - prouveront qu’en dépit du manque d’aide et de considération, ils se lèvent et marchent. Pour preuve que le manque suscite la créativité, le concept “Danse f’l’appart” exprime avec minimalisme l’adaptation à la danse sans salle, sans plancher, sans projecteur et sans son. De quoi donner tout de même envie d’initier de futurs disciples, via le programme Mom’marche, qui invite les enfants à découvrir la danse dans un labyrinthe semé d’ateliers d’éveil aux sens : dégustation, musique, massage… En parallèle, des ateliers sur la création chorégraphique hip hop ou la découverte du Taï Chi Chuan, en plus de projections quotidiennes de trésors de la Cinémathèque de la Danse.


Sortie. To bee or not to bee

C’est une histoire à vous faire saliver même sans popcorn. Jeune diplômé de la ruche, Barry B. Benson broie du noir à l’idée de son unique perspective d’embauche : la fabrique de miel Honex. Découvrant que tout le fruit de son labeur est détourné par les patrons (les humains), la jeune abeille rebelle décide d’intenter un procès à l’espèce humaine… À défaut de prouesses visuelles, cette nouvelle friandise en 3D n’y va pas avec le dos de la cuillère dans l’ubuesque des situations et le piquant des réparties, marqués de la patte de l’humoriste culte américain Jerry Seinfeld. En version française, c’est notre Gad Elmaleh national qui s’y colle pour incarner la star à rayures, tout droit sortie des mêmes studios que Shrek et Madagascar. Après tout, si Bee Movie (Drôle d’abeille), de Simon J. Smith et Steve Hickner, est le film rêvé pour que vos bambins butinent leurs premières réflexions sur le capitalisme et la biodiversité. Volez-y décomplexé : il n’y a pas d’âge pour une bonne dose d’apiculture !

Bee Movie, Au Mégarama.



Cinéma. Des courts qui en disent long

Que les Meknassis amateurs de Septième art se réjouissent : l’Institut français de Meknès organise une soirée dédiée au court-métrage marocain. À l’affiche, quatre jeunes réalisateurs qui ont fait leurs preuves. Bien plus qu’une simple projection, la soirée propose des rencontres- débats avec les réalisateurs. Bousselham Daïf présentera, dans sa ville natale, son court-métrage Mannequin et Ali Tahiri son deuxième court, Dog Day. Au programme également le court-métrage doublement primé à Tanger de Mohamed Mouftakir, Fin de mois. Quant à Goutte à goutte de Rachid Zaki, il sera projeté en présence de l’actrice Houda Sidki.

Jeudi 17 Janvier à 20h, IF de Meknes.



Concert. Pour ses cordes vocales !

Deux ans après son symbolique test de dépistage du sida au siège casablancais d’Opals (Organisation panafraicaine de lutte contre le sida), et dix mois après son hypersonique concert tangérois pour le lancement de Cap-Radio, Haïfa Wehbe revient parmi nous, et y met les formes. Bête de sexe beyrouthine et bête noire des moujahidine, la bimbo bling bling de Rotana, également ambassadrice de l’association de prévention contre le sida Ruban rouge, se trémoussera sur la scène du Mégarama le 18 janvier, sous les auspices d’Act up Communication. C’est 1000, 1500 ou 2000 DH qu’il faudra débourser pour mater et/ou écouter l’ex-miss Sud-Liban qui sait tout faire – mannequinat, ligne de bijouterie, TV réalité – et même chanter ! Ce qu’on avait un peu oublié, tellement ses photos sont plus téléchargées que ses chansons. Et pourtant ! Après Howa el Zaman et Baddi Aish, la sulfureuse aux traits tirés, (pourtant) élue parmi les 50 plus belles femmes du monde par People Magazine en 2006, vient de sortir Baby Haïfa… réservé aux moins de 12 ans. Pour la bonne cause !


Festival. See, Souss and ciné

Dans la ville d’Agadir, du 23 au 26 janvier prochains, il ne sera pas question que de coquillages et crustacés... mais de Septième art et d’immigration. Depuis 2003, pour la cinquième édition, la capitale du Souss se fait une toile géante avec le festival “Agadir-Ciné, Cinéma et Immigration”, où se côtoient professionnels du cinéma national et international et grand public. Un regard plus artistique sur l’immigration en somme. Au programme cette année, des longs métrages comme Il était une fois dans l’oued, (2005) de Djamel Bensaleh, Argana, de Hassan Rhanja, Adieu mères, de Mohamed Ismaïl et Où vas-tu Moshé ?, de Hassan Benjelloun. Sur grand écran, à Agadir également, des documentaires marocains et étrangers : Aller simple, de Hicham Abderrahim, Marokko Swingt, de Barbara Den Uyl. Côté courts, Mon foulard, ma liberté..., de Mourad Boucif, Rendez-vous au Paradis, d’El Houcine Oilil, entre autres petites perles du Septième art.


Arts plastiques. Belkahia, le retour

Farid Belkahia fait sans conteste partie du cercle fermé des artistes-peintres marocains les plus cotés et les plus prestigieux. Peu exposé au Maroc depuis quelques années mais pourtant prolifique, son oeuvre a traversé les époques sans prendre une ride. Dans son antre marrakchi, l’obsession et la maîtrise du signe (le cercle et la flèche) et de la matière (cuivre, peau, henné) ne l’ont jamais quitté, faisant de lui l’un des maîtres du genre. Son travail remarquable sur la mémoire et la tradition à mille lieux de l’exotisme, son souci de la précision, son exploration permanente de nouvelles techniques, la transmission de son savoir-faire (ateliers, Ecole des Beaux-Arts de Casablanca dont il a été le directeur de 1962 à 1974) font de lui l’un des sages de la peinture marocaine contemporaine. Il fait son grand retour dans sa ville natale.

À La Matisse Art Gallery, Marrakech, jusqu’au 18 janvier.



Cinéma. Tanger forever

Le roi a dit oui. Le Festival du cinéma national sera désormais “domicilié” de manière permanente (et annuelle, s’il vous plaît) à Tanger, qui a déjà abrité les deux dernières éditions (2005, 2007). La décision royale répond à un vœu formulé par le Centre cinématographique marocain (CCM), mais aussi par l’ensemble des professionnels, médias compris. La ville du Détroit a accueilli à elle seule le tiers des éditions du Festival. Trois sur neuf, donc, avec une première édition (1995) marquée par l’éclosion de nombreux talents, les Ayouch, Aoulad Syad, Ulad Mohand, Lakhmari, etc. A chaque fois, Tanger a fait mieux que les autres villes (Casablanca, Rabat, Marrakech, Meknès, Oujda) qui ont ouvert les bras à ce Festival jusque-là nomade. Le cinéma marocain, dont le renouveau est certain, ne pouvait rêver meilleur cadre.


Musique utile. Mazagan l’enchanteur

Ils se donnent à fond pour la musique… et pour la bonne cause. Après l’opération “Smile” à Casablanca en 2006 à laquelle ils ont participé, Mazagan vont remonter sur scène pour joindre l’utile à l’agréable. Cette fois, le concert est destiné à récolter des fonds pour construire un centre d’hébergement au profit des enfants des rues de Fès. Les six artistes humanitaires, originaires d’El Jadida, s’envoleront le 14 mars pour Dieppe (France) où ils donneront un concert 100% fusion aux sonorités groove-chaâbi et reggae sur des textes en darija, anglais et français... Actu toujours, la sortie de leur tout dernier album, “Y’en a marre”. Marre de quoi ? Réponse de Mazagan, dans les bacs, le 15 février (Maroc) et en mars (France).



Humeur.
Vers solitaires

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Les poètes ne meurent jamais, disait un poète, justement. Ils font pire, ils vieillissent, n’a-t-il pas ajouté. Bien dommage. Le choc aurait été moins violent à la vue de la Une de l’Economiste du 2 janvier. L’écrivain Abdellatif Laâbi, en couv’, dédiait un poème aux lecteurs du quotidien de la finance. Vérification faite, l’Economiste ne tentait pas de concurrencer l’Opinion des jeunes en lançant un “Opinion des vieux poètes disparus”. C’eût été trop beau. Laâbi souhaitait tout bêtement la bonne année aux lecteurs du quotidien. En quelques vers écrits sur un coin de table, entre la poire et le fromage, des rimes ne mangeant pas de pain. Du light, de la poésie weight watchers pour amatrices de laitue. Juste histoire de marquer le coup, comme un tic de fin d’année. Une carte de vœux, en résumé. Pacifique comme une trêve de Noël, respirant bon la paix, l’espoir, les fleurs, les oiseaux et aucune femme. “Petite vague de joie pure puisses-tu éclairer d’un sourire le visage esquissé de chaque destinataire de ces lignes !”, espère Laâbi pour tous les lecteurs. Le Papa Noël ne l’aurait pas mieux dit. Hélas, le gentil vœu de l’écrivain a été égaré dans la rubrique De bonnes sources, en queue de journal. Incongru, entre un flash sur la hausse des accidents de la route et une brève sur le transfert de compétences entre d’obscures agences gouvernementales. Le Message in the bottle dans toute sa splendeur...



Tournage. Sciences politiques

Après trois courts-métrages et quatre téléfilms (2M), Mohamed Chérif Tribak vient d’achever le tournage de son premier film de cinéma entre Tétouan, Chaouen et le campus de Martil, dont il a lui-même usé les bancs. C’est donc un peu son histoire qu’il raconte dans Entre parenthèses, sur l’apprentissage politique des étudiants dans les années 90. Co-écrit en 2003 avec Hicham Falah et Aziz Kanjaâ, le scénario a reçu de nombreux soutiens au développement, voyageant d’Amiens à Salonique et de Namur à Cannes, sans pour autant attirer de véritables coproductions étrangères. Avec un budget de 3 millions de dirhams (dont 2 millions du CCM), Entre parenthèses mettra en scène des acteurs amateurs tétouanais castés lors d’un atelier de théâtre.


Show devant
Quand les animateurs de 2M décident de verser dans l’humour, ça donne le one man show de Samid Ghailane, présentateur vedette de l’émission pour jeunes Ajiyal… Pour plus de précisions, rendez-vous au Mégarama de Casablanca le 25 Janvier prochain, où Samid Ghailane présentera une partie de son spectacle. Affaire à suivre.


Ambiance en transe
Triper sur de la musique électro : c’est le concept des futures soirées Drum&Baïda dédiées à l’art urbain. Premier rendez-vous le 14 mars au Céon club de la corniche à Casablanca, sous le signe… du signe amazigh, thème de la déco, d’une expo et d’un “live” de graffeurs. Le tout sur fond de sets break beat, dub électro et drum’n’bass.


Scénaristes en herbe
Apprenti-scénariste, ça vous tente ? Vous avez jusqu’au 15 mars pour participer à “Scénarios d’Afrique”, lancé par RFI. Si vous avez moins de 25 ans à cette date, présentez, en solo ou en team, une idée écrite, audio ou vidéo. Et pour joindre l’art à l’utile, le thème du concours est la lutte contre le sida. Infos : cenariosafrica.org

 
 
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