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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

L’année 2007

Aziz Akhannouch
(DR)

Céréales. Akhannouch dans la semoule


L’année s’annonce chargée pour le ministre de l’Agriculture, avec un dossier assez compliqué à résoudre au plus vite. À deux semaines de l’arrivée à terme du dispositif exceptionnel mis en place (depuis le 27 septembre dernier) pour atténuer les répercussions de la hausse des prix du blé sur le marché mondial, Aziz Akhannouch doit convaincre les professionnels du secteur d’un nouveau système de subvention. Une réforme qui devient inéluctable, vu les effets pervers du dispositif mis en place, dans la précipitation, à la veille de l’échéance électorale. Le
système actuel est basé sur un prix de vente de 250 DH par quintal aux minotiers. Les négociants en céréales récupéraient auprès de l’Etat la différence entre ce prix et le coût réel. Seulement, la pratique a montré que des importateurs se retrouvaient avec des stocks non enlevés par les minotiers. Le ministère de l’Agriculture préconise aujourd’hui un autre mode de compensation. Pour faire simple, il s’agit désormais de subventionner le prix du blé tendre directement à l’importation. Le principal point d’achoppement entre le ministère et les professionnels concerne les frais de transport entre le port et la minoterie. La compensation de ces frais, telle que proposée par le département d’Akhannouch, prévoit l’instauration d’un forfait variable selon la distance, qui ne semble pas convenir aux minotiers. Pour l’heure, les négociations continuent, la gouvernement ayant pour objectif d’éviter une quelconque hausse du prix du pain. Les minotiers, eux, semblent bien décidés de ne pas perdre un grain de leur “blé”.


OCP. L’ouverture du capital votée

La Commission des finances et du développement économique du Parlement a voté le projet de loi 46-07, portant sur la transformation de l’OCP en société anonyme. Transformation qui permettra l’ouverture du capital de l’Office et le lancement d’un plan de redressement portant sur 30 milliards de dirhams. Sans surprise, la loi est passée comme une lettre à la poste, l’opposition se contentant de s’abstenir du vote. “On ne pouvait pas voter contre. Cela signifierait que nous sommes contre la transformation de l’Office en société anonyme. Ce qui revient à signer son arrêt de mort”, explique un député de l’opposition. Pourtant, cette dernière aurait bien aimé voir son principal amendement retenu. “La première opération porte sur le rachat par la CDG de 20% du capital. Pourquoi alors donner dès maintenant au gouvernement carte blanche pour ouvrir le capital jusqu’à 49% ?”, se demande notre député.


Microcrédit. Les Marocains champions

Le MIX (Microfinance information exchange) a publié son premier classement mondial des institutions de microfinance pour 2007, compilant les données de 820 institutions à travers le monde. Et le Maroc y figure en bonne place : la Fondation Zakoura se classe première et Al Amana arrive en troisième position. Pour autant, Fouad Abdelmoumni, fondateur et président d’Al Amana, nous explique que ce succès est dû en partie à des données conjoncturelles, avec l’explosion du secteur en 2006. Quant à la performance de Zakoura, “elle s’expliquerait aussi par des coûts inférieurs de 10%”, ajoute-t-il.


Bourse. Sur une note positive

On est certes bien loin des 70% de performance réalisée en 2006, mais cette année est aussi à placer sous le signe du “taureau” pour la Bourse de Casablanca. Le marché a connu une véritable euphorie, impulsée par un nombre record d’introduction : 10 nouvelles entreprises, totalisant des émissions de 10 milliards de dirhams. Le volume des échanges a d’ailleurs explosé durant l’année pour atteindre les 330 milliards de dirhams. Les cours ont progressé en moyenne de 32%, sans parler des pics de certaines valeurs comme l’immobilière CGI, qui fut le vrai tube de l’été. GSI informatique est une autre valeur qui a fait parler d’elle, après avoir subi l’annulation de son entrée en Bourse. Des réformes importantes ont également touché le marché durant 2007. Outre la circulaire relative au capital risque, on peut citer l’autorisation accordée aux OPCVM de placer jusqu’à 10% de leurs avoirs à l’étranger. Chose qui a favorisé l’apparition de nouveaux produits sur le marché local, comme les obligations indexées sur des produits internationaux.


Emploi. Aghmani joue la prudence

Lors de la présentation de son plan d’action 2008, le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Jamal Aghmani, s’est contenté de dévoiler le plan d’investissement de son département en termes de création de nouvelles agences pour la promotion de l’emploi (20 en 2008) et de centres de formation professionnelle (50 à horizon 2010). Mais concernant les objectifs chiffrés de son plan d’action, le ministre est resté assez vague, ne se risquant pas à promettre un chiffre de créations d’emplois d’ici la fin de l’année ou un niveau du taux de chômage. Devant l’insistance des journalistes, il s’est contenté de ressortir le joker de la croissance économique, tout en rappelant les engagements de la déclaration gouvernementale : 250 000 emplois par an d’ici 2012, pour atteindre un taux de chômage inférieur à 7%. Bon courage.


Tourisme. Alami fait cavalier seul

Cette fois, c’est à titre personnel que Amyn Alami se lance dans le capital investissement, sans passer par sa banque d’affaires. Il vient de monter un fonds spécialisé dans le tourisme, doté d’un milliard de DH et baptisé T Capital Group. Sa première opération a été le rachat de la participation de CFG Développement dans le capital de Risma (plus de 6%), pour environ 180 MDH. La création de ce fonds lance les prémices d’une séparation attendue entre les associés fondateurs de CFG Group, Amyn Alami et Adil Douiri, ex-ministre du Tourisme. Ce dernier, malgré toutes les rumeurs, ne s’est jamais dessaisi de sa participation dans le capital de la banque, très dynamique dans le secteur alors sous sa tutelle.



Billet.
Soûlant !

Aujourd’hui, pas moyen de prendre un verre à Oued Zem. Pourtant, ce n’est ni ramadan, ni jour de fête religieuse. Les débits de boisson de la bourgade sont tout simplement en grève. La cause : l’un des leurs est au frais. Pas au frigo, avec un pack de mousse, mais plutôt au cachot, avec des geôliers peu recommandables pour faire la fête. Le tort de notre débiteur ? Avoir vendu de l’alcool à un musulman qui - pour on ne sait quelle raison - s’est retrouvé entre les mains de la police. Et il suffit que le client soit éméché pour que le vendeur trinque. Surtout si ce dernier n’arrose pas pour assurer sa sécurité. La loi est, certes, limpide comme du vin blanc. Les licences de vente d’alcool ne permettent de servir que les étrangers. Mais entre nous, sans les locaux, le business est ruiné. Les quelque milliers d’expatriés, additionnés aux futurs 10 millions de touristes, ne viendraient même pas à bout de la production locale. Même s’ils boivent comme des trous, jamais ils ne descendront un million d’hectolitres de bière et 30 millions de bouteilles de vin à chaque Beaujolais nouveau. La loi est connue, mais personne ne la prend au sérieux parce qu’elle est proprement soûlante. En plus, depuis des années, l’astuce a été trouvée pour taire l’identité du vendeur. Il suffit de prononcer, devant des flics trop zélés, l’un de ces deux mots magiques : Marjane ou Acima. De quoi faire disparaître le plus solide des PV pour “ivresse sur la voie publique”. Mais les gars d’Oued Zem n’ont pas de bol : leur ville n’intéresse pas les deux enseignes de l’ONA.



Entreprenariat. Nouveau “Tremplin”

Après le succès de la première édition du programme Tremplin Maroc, l’association Maroc entrepreneurs et le fonds d’amorçage Sindibad lancent les candidatures pour la seconde mouture de l’opération, qui devrait démarrer en février prochain. Pour rappel, ce programme permet l’accompagnement des entrepreneurs débutants par un encadrement personnalisé, afin de développer leurs idées de création d’entreprise au Maroc, en passant du stade de l’idée au projet. “Cela permet aux participants d’aboutir à la réalisation d’un business plan complet de leur projet (Business Model, étude de marché, positionnement sur ce marché, prévisions financières…), adapté au marché marocain”, expliquent les promoteurs du projet.


OFF.

Les noms pour la succession de Noureddine Omary, président de la Banque centrale populaire, sur le départ pour occuper un poste diplomatique, commencent à filtrer des salons casablancais. Un candidat se dégage du lot : Adil Diouiri, l’ex-ministre du Tourisme et de l’Artisanat, reconnu pour ses talents de banquier d’affaires. Mohamed Sijilmassi, ambassadeur du Maroc à Paris, et Saïd Ibrahimi, directeur de la Trésorerie générale du royaume, restent toutefois des candidats sérieux.


Le cadre législatif relatif à l’arbitrage et la médiation a été profondément remanié par la loi 08-05, récemment promulguée. Ce texte offre un cadre formel à la médiation. Résultat : le développement annoncé de l’arbitrage commercial (encore embryonnaire au Maroc). Les juristes d’affaires se frottent déjà les mains.

 
 
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