Parlement. La tribu de Si Fouad
Lahcen Daoudi. Le visage lisse du PJD
Société. Les enfants de la prison
CAN 2008. Coupe cathodique
Reportage. Entre ciel, terre et mer
Moyen-Orient. Une tournée sur le tard
Shopping. Solde qui peut !
Abderrahim Yamou. Jardins imaginaires
Spectacle. La Star' Ac du rire
Peinture. Le temple camembert
Théâtre. Histoires d'A
Livre. Le mauvais fils
N° 306
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hicham Smyej

L'année 2007

Hillary Clinton
(AFP)

États-Unis. La revanche des “vieux”


Deuxième étape des primaires dans la course à la Maison Blanche, le scrutin du New Hampshire, qui s’est déroulé le 8 janvier, a remis en selle les deux figures historiques jusqu’ici éclipsées : le républicain John McCain et la démocrate Hillary Clinton. Avec 37% des votes, le sénateur de l’Arizona et vétéran du Vietnam, critiqué pour son ralliement à Bush après sa défaite en 2000, et son soutien de la guerre en Irak, devance d’assez loin le pasteur et homme d’affaires mormon Mitt Romney, crédité de 32% des voix. Victorieux du caucus de l’Iowa,
l’ancien pasteur Mike Huckabee en récolte ici moins de 11%, tandis que l’ex-maire de New York, Rudolph Giuliani, demeure à la marge. Si redéploiement des cartes républicaines il y a, le New Hampshire n’en demeurait pas moins une victoire attendue. Le come-back est plus impressionnant pour la sénatrice de New York et ex-First lady, donnée perdante par les sondages, a raflé 39% des voix, bien que talonnée de près par Barack Obama. Avec un score de 37%, le sénateur de l’Illinois profite de l’effet “bounce” de sa victoire au caucus de l’Iowa. Pour l’heure, les candidats ne regardent pas dans la même direction. Côté républicain, aucun leader ne se détache encore clairement, et la prochaine étape importante se jouera au caucus du Michigan du 15 janvier, qui pourrait être favorable à Mitt Romney, natif de l’Etat. Un rendez-vous sans enjeu pour les Démocrates, dont les deux favoris ont entamé leur conquête de l’Ouest, se livrant bataille pour gagner les caucus du Nevada le 19 janvier. Ex-æquo, ils sont à la recherche d'un second succès avant les primaires de Caroline du Sud du 26 janvier. Un Etat décisif, en tant que premier du Sud à se prononcer dans l’investiture pour la présidentielle, et dont la population majoritairement noire pourrait ne pas être insensible au jeune métis Barack Obama. Et pour tous, le jour le plus important reste le “Mega Tuesday” du 5 février, quand voteront une vingtaine d'Etats, dont New York et la Californie. Bon point pour Obama, il est officiellement soutenu par John Kerry, l’ex-candidat démocrate de 2004.


Colombie. Enfin libres !

Clara Rojas et Consuelo Gonzalez sont libres. L’ex-directrice de campagne d’Ingrid Bétancourt, enlevée avec elle en février 2002, et l’ancienne parlementaire, otage depuis septembre 2001, ont été libérées par la guérilla colombienne jeudi 10 janvier, lors d’une opération héliportée dans la jungle, organisée par la Colombie, le Venezuela et la Croix rouge. Localisées près de San Jose de Guaviare, dans le sud-est du pays, les deux femmes devaient être transportées à Caracas, dix jours après une première tentative de sauvetage infructueuse. Baptisée “Emmanuel”, du nom du fils de Clara Rojas et d’un guérillero, né en captivité il y a trois ans, l’opération a tourné au fiasco quand l’enfant a été identifié dans un orphelinat de Bogota, où il vit depuis 2005, décrédibilisant les rebelles qui affirmaient le contraire. À ce jour, la Franco-colombienne Ingrid Bétancourt est toujours captive.


Kenya. Kofi Annan à la rescousse

C’est l’ex-secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui a été chargé d’une médiation dans la crise kenyane. Jeudi, le président ghanéen John Kufuor, à la tête de l’Union africaine, quittait Nairobi après deux jours de négociations infructueuses entre le président Mwai Kibaki et Raila Odinga, dirigeant du Mouvement démocratique orange, principal parti d’opposition. Les deux se sont pourtant engagés au “dialogue et à la cessation de la violence”. Des affrontements politico-ethniques ont fait plus de 600 morts, notamment contre des membres de l’ethnie kikuyue dont est issu Kibaki. Suspectée pour fraudes, sa réélection le 27 décembre est contestée par l’opposition. Plus de 250 000 civils ayant fui les violences, particulièrement vives dans la vallée du Rift, sont aujourd’hui déracinés.


CIA. La justice refuse l’enquête

Un juge fédéral américain a refusé mercredi d'ouvrir une enquête sur la destruction par la CIA d'enregistrements vidéo d'interrogatoires de membres présumés d'Al Qaïda. Le juge Henry Kennedy a estimé que le ministère de la Justice, qui a ouvert sa propre enquête, était à même de conduire une investigation impartiale. Cette décision est une victoire pour l'administration Bush, qui a invité les tribunaux à ne pas se mêler de l’affaire. La CIA a déjà ouvert une enquête interne, à laquelle s’est ajoutée celle du Congrès. La Commission du renseignement de la Chambre des représentants a convoqué pour une audition le 16 janvier José Rodriguez, l'ancien responsable de la CIA qui avait ordonné la destruction des enregistrements. Les avocats de ce dernier ont indiqué au Congrès que celui-ci refuserait de témoigner sans une promesse d'immunité.


Pakistan. La spirale des attentats

Quinze jours après l'assassinat de l'opposante Benazir Bhutto, un nouvel attentat-suicide a coûté la vie à 26 personnes, quatre civils et 22 policiers, jeudi à Lahore, dans l'est du Pakistan. Un kamikaze a fait exploser la bombe qu'il portait sur lui au milieu d'un groupe d'environ 60 policiers, déployés devant la Haute Cour de justice en prévision d'une manifestation des avocats et magistrats, porte-drapeaux de l'opposition au président Pervez Musharraf. “Les terroristes veulent saboter les élections, mais elles auront lieu à la date prévue, que ce soit clair”, a déclaré le ministre de l'Information, Nisar Memon, sur la chaîne de télévision d'Etat.



Lu pour vous.
Politique de civilisation, ample terrine

Dominique Dhombres, Le Monde du 9 janvier 2008.

L’événement était annoncé à grands coups de cymbales (…). On attendait donc beaucoup de cette première conférence de presse présidentielle (…).Pour annoncer quoi, en définitive ? Qu'il n'y aurait plus, dans un avenir proche, de publicité sur les chaînes publiques et que les 35 heures étaient mortes. Le pouvoir d'achat, c'était bon pour la campagne présidentielle. Place à la politique de civilisation, ample terrine pour laquelle le cuisinier n'a pas plaint les ingrédients : “La vie, le moral, l'autorité, l'identité, la culture, l'intégration, le civisme, l'amour, l'ouverture aux autres, l'humanisme, le respect de soi et des autres...”. (…) Qu'importe si l'auteur initial de la recette, Edgar Morin, n'y reconnaissait pas son plat (…). Debout derrière son pupitre, l'homme en noir faisait la leçon à la France entière. Il s'occupait de tout, d'architecture, d'urbanisme, des universités délabrées, des hôpitaux en déshérence et même du Darfour et du Liban, mais pas du pouvoir d'achat, qui n'était pas finalement de son ressort. (…) La Renaissance, les Lumières, l'école de Jules Ferry, voilà des sujets intéressants ! Et vous auriez l'audace de lui parler du SMIC ? (…) Va-t-il se marier avec Carla Bruni ? Il montrait sa main gauche dépourvue d'alliance, mais précisait qu'avec la belle Italienne, c'était "du sérieux". À défaut de pouvoir d'achat, on aura donc Carla. Rassurant non ?



VITE !

Environ 151 000 Irakiens sont morts dans des violences lors des trois années qui ont suivi l'invasion du pays par les Etats-Unis en mars 2003, selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du gouvernement irakien, publiée mercredi.


Italie. Voir Naples et pourrir

Ne supportant plus de voir les montagnes d’ordures s’amonceler depuis plus d’un mois dans les rues de Naples, la région a commencé à en évacuer des centaines de tonnes vers d’autres provinces, la Sardaigne en tête. Au grand dam de ses habitants, mécontents de subir les effets d’une crise chronique de la cité de Campanie, due à la mainmise de la mafia locale sur la filière des déchets. En l’absence (et ce n’est pas un hasard) d’incinérateurs dans la région, la Camorra se frotte les mains de voir s’entasser, à prix d’or, les ordures dans des décharges sauvages qu’elle détient, peu scrupuleuse de laisser s’y mêler déchets urbains et substances toxiques, voire radioactives. Selon un chercheur cité par le quotidien français Libération, le chiffre d’affaires ainsi obtenu par les mafiosi pourrait s’élever à 10 milliards d’euros par an.

 
 
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