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N° 307
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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La laïcité ? Oui, mais…

Votre édito du n° 302 (“Le choix et la conviction”), traitant de la laïcité, n'a pas manqué de me surprendre. Vous y avez analysé les statistiques concernant le niveau de “religiosité” des Marocains, vous en avez relevé les “contradictions”, avant d’en déduire que les Marocains ne “se sentent pas bien dans leur peau”. Jusque-là, votre analyse est séduisante et vos arguments assez convaincants. Mais de là à conclure qu'il faut adopter la laïcité et laisser aux Marocains la liberté de choisir leur religion (sans pour autant “culpabiliser” ceux qui optent pour l'athéisme), c'est faire preuve de précipitation, pour bousculer à tout prix le dernier tabou : celui de l'islam.

Inciter le Marocain à choisir l'objet de sa foi, cela suppose qu'on mette à sa portée les dizaines d'autres religions et qu'on les lui explique. Or, cela est irréalisable, même dans les pays développés et parmi les populations les plus instruites. À moins qu'on ne supprime toute croyance et qu'on ne laisse le citoyen, au nom de quelque principe démocratique abusivement appelé “laïcité”, se débrouiller tout seul. Ce qui serait plus chimérique encore, voire criminel, dans la mesure où on le priverait de tous ces garde-fous qui atténuent son désarroi, en lui donnant quelque espoir dans l'au-delà et en lui permettant de compter sur un Dieu qui lui vient en aide chaque fois qu'il l'implore. Car il faut reconnaître que c'est pour ces raisons que des peuples entiers ont embrassé l'islam et qu'ils y ont trouvé refuge contre l'angoisse du lendemain et les différents genres d'absolutisme. Nous en avons les meilleurs exemples dans la péninsule arabique, où les tribus s'entredéchiraient et où l'avènement d'un unificateur était vivement souhaité. Il se présenta au nom de l'islam, unifia toutes les tribus et en fit une nation. Et ce n'est pas la faute de l'islam si la mésentente continue et si la désobéissance aux principes libérateurs se perpétue.

Il serait également erroné d'isoler l'islam des autres religions célestes, alors qu'il en est bel et bien la synthèse. Le remettre en question, c'est remettre en question toutes les autres, et opter implicitement pour l'athéisme. Il faut dire que ce choix est strictement personnel. Mais vouloir l'imposer aux Marocains, c'est faire preuve d'un certain intégrisme intellectuel.

Abdelhaq Laklalech, Fès.



Hélas, comme beaucoup, vous confondez laïcité et athéisme, défense de la liberté de conscience et remise en question de l’islam... Ce n’était évidemment pas mon propos, et je regrette que vous l’ayez compris ainsi. Sans rancune.

A.R.B



Une pensée pour Oued Zem

Dans votre dernier numéro, vous avez eu, pour une fois, une petite pensée pour la ville d'Oued Zem. Malheureusement, ce fut dans une chronique satirique, en relation avec un problème de “panne sèche” (TelQuel n° 306, Semaine éco, “Saoulant”), qui donne de cette ville l’image peu flatteuse d'une cité noyée dans
des flots d'alcool !

Mais le plus triste, c'est que cette image correspond en partie à la réalité. à Oued Zem, les gens cuvent leurs misères et se réfugient dans les vins de mauvaise facture pour pouvoir imaginer, dans leurs cerveaux embrumés, un avenir qui ne les caressera jamais. Et pourtant, cette ville ne mérite pas un tel sort. Elle fut une localité où il faisait bon vivre, une localité où, dans un passé pas si lointain, des hommes et des femmes ont sacrifié leurs vies pour que le Maroc recouvre sa souveraineté. Par respect pour leur mémoire, votre publication, que je vois comme une bouffée d'oxygène dans le paysage médiatique marocain, pourrait consacrer un reportage à cette ville qui a tant donné, mais qui n'a jamais rien reçu en contrepartie.

Rafiki Hicham, Oued Zem.

 
 
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