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Par Fahd Iraqi
Radios. Friture sur les ondes
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Un studio de la station Casa FM.
Dans le domaine de la radio,
les compétences sont rares et,
par conséquent, chères.
(TNIOUNI / NICHANE)
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Ressources humaines coûteuses, complications techniques, positionnement commercial délicat
les nouvelles stations de radio bouclent leur première année sur un air désenchanté.
Bonjour, bonjour. Bienvenue sur le i-Morning
. Chaque jour, à six heures du matin, Imad Kotbi et sa bande ont déjà la pêche - et la tchatche - pour tenir 4 heures dantenne sur Hit Radio. Cest sur cette station que lanimateur-vedette vient de faire son retour sur les ondes, après avoir quitté Casa FM il y a quelques mois. Et pour retrouver le chemin des studios, ce trentenaire diplômé en animation radio à Paris |
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na eu que lembarras du choix : Dès mon départ, jai reçu des propositions de 4 stations. Jai finalement opté pour Hit Radio, parce quelle touche la cible à laquelle je veux madresser, confie lanimateur. Il faut avouer que lhomme est une véritable bête du micro. Il a déjà fait ses preuves en réalisant 50 heures dantenne non-stop dans le cadre de son émission Ze Kotbi Show. Un record mondial, mais surtout une juteuse opération financière qui a rapporté à son ancienne station quelque 600 000 dirhams en recettes. Talentueux et expérimenté, Imad Kotbi est ainsi lune de ces perles rares que toutes les nouvelles radios aimeraient bien se payer.
Et pour cause, la radio étant encore à ses balbutiements au Maroc, la rareté des compétences se fait cruellement ressentir. Il ny a pas un seul patron de radio qui navoue avoir été confronté au problème lors de la phase de lancement. Quelques écoles commencent à peine à lancer des cycles de formation dans les métiers de la radio. Il faudra du coup attendre trois ans pour voir les premières promotions arriver sur le marché, explique Younès Boumehdi, patron de Hit Radio. Résultat : les promoteurs nont eu dautre choix que de miser gros dans la formation, en lui consacrant parfois jusquà 10% de leur investissement initial (voir tableau). Le besoin a vite fait dattirer des formateurs internationaux, qui sont venus prendre pied au Maroc. Radio France International a ouvert à Casablanca une délégation exclusivement dédiée à assister ces nouvelles stations. Entre techniciens, journalistes et animateurs, nous avons dû former plus de 70 personnes depuis notre installation au Maroc. Et ce sans compter les cycles que nous dispensons à lISIC, explique Karin Osswalt, responsable de lantenne marocaine de RFI, qui a notamment accompagné le lancement des radios Atlantic et Aswat. Les patrons de radios ont donc dû revoir à la hausse le budget consacré aux charges de ressources humaines. Et ils nétaient pas au bout de leurs surprises. Lapparition de certaines charges imprévues, comme les frais de location de linfrastructure de la SNRT pour la diffusion (qui peuvent atteindre les 50 000 dirhams par mois) a fini de brouiller les calculs de certains. Dautres radios régionales ont même eu du mal à trouver un local adéquat : Pour aménager des studios et planter des pylônes, il faut choisir ses co-propriétaires, ce qui alourdit considérablement linvestissement dans le foncier, explique Jalil Nouri, directeur des programmes du groupe Radio Plus.
La (non)cagnotte de la pub
Et comme un malheur narrive jamais seul, les recettes publicitaires ne semblent pas vraiment inonder les nouvelles stations. Cest largement en deçà de nos attentes. Notre business plan, qui prévoyait des bénéfices au bout de la troisième année, a été revu, explique Khalid Belyazid, du groupe Eco Médias, propriétaire de la station Atlantic. Pourtant, à en croire des agences de communication, les investissements publicitaires sur le support radio auraient progressé de quelque 200 millions de dirhams (pour frôler les 500 millions) entre 2006 et 2007. Avec la diversité de loffre et la proximité avec les auditeurs quont assurée les nouvelles stations, de plus en plus dannonceurs intègrent désormais la radio dans leur plan média, confirme Chakir Fassi Fihri, président de Saga Communication. Visiblement, ce nest donc pas la pub qui manque, cest juste que les nouvelles radios narrivent pas encore à prendre leurs parts du gâteau. Le marché reste en effet largement dominé par Médi1, qui détenait le monopole jusquen 1997. Les autres stations historiques, comme Casa FM et Radio 2M, ont également bien résisté à larrivée des nouvelles venues. Surtout que la concurrence est biaisée, à en croire ce patron de radio : Prenons le cas de Radio 2M. Sa régie publicitaire peut proposer un package de pub radio et télé, à des tarifs très compétitifs, tonne un patron de radio. De plus, avec une couverture régionale et des fréquences limitées pour certaines, les nouvelles radios manquent darguments devant les annonceurs, qui préfèrent logiquement se tourner vers des stations nationales
surtout quand les tarifs sont pratiquement les mêmes. Dautre part, les longs délais de paiement, qui caractérisent généralement les grandes régies publicitaires, et la quasi-absence dannonceurs locaux, achèvent détouffer les petites radios régionales. Les difficultés de Cap Radio, qui émet dans la région du Nord, sont un secret de polichinelle. La station serait même sur le point de déposer le bilan. Contactés, les responsables de cette radio sont malheureusement restés injoignables.
Changements de cap
Toutefois, le tableau nest pas totalement sombre. De lavis de tous, la publicité radio a de beaux jours devant elle et devrait au moins se hisser au niveau du volume réalisé par laffichage urbain (aujourdhui six fois supérieur). Alors, pour convaincre les annonceurs, les nouvelles stations jouent la carte de la singularité de leur cible. Depuis leur naissance, pratiquement toutes ont opéré des réglages, en vue de clarifier ou élargir leur positionnement. Exemple : Chada FM, au départ exclusivement orientée musique marocaine, a dû progressivement glisser vers linformation, depuis les événements terroristes de mars-avril 2007. Nous avons senti quil y a un besoin de plus en plus pressant dinformation, explique Hassan Nadir, responsable de la station. Idem pour Atlantic ou Aswat, qui ont augmenté la part réservée à linformation dans leurs grilles respectives, pour asseoir une identité de radio dinformation. Nous avons introduit des corrections au fur et à mesure, en profitant du changement de grille dété et daprès ramadan, explique Thami Ghorfi, patron dAswat. Autre exemple : Radio Plus Agadir a dû revoir le quota des émissions diffusées en tamazight. Nous avons subi une certaine pression de la part de nos auditeurs, ce qui nous a poussés à réserver 60% de notre temps dantenne à des émissions en tamazight, explique Jalil Nouri.
Bref, des fréquences, il y en a désormais pour tous les goûts. Les auditeurs se sont effectivement réconciliés avec leurs transistors. Et cest sans doute là que réside le véritable gain de la libéralisation des ondes. En attendant des gains sonnants et trébuchants
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HACA. Bientôt la deuxième vague
À la fin du dernier trimestre 2007, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a diligenté une étude auprès des différentes stations de radio. Nous nous sommes penchés sur les volets technique, financier et éditorial, pour évaluer les réalisations de cette première année dactivité, explique une source à la HACA. Pour lheure, rien ne filtre sur les conclusions de cette étude. Elles seront dabord discutées avec les concernés. Ce nest quaprès que nous déciderons sil est opportun de les rendre publiques, poursuit notre source. Ces conclusions devraient également servir à lélaboration des cahiers de charges de la deuxième génération des licences, attendue au plus tard pour juin prochain. Sur la liste des prétendants, on retrouve les principaux recalés en 2006. Il sagit, entre autres, de Kafoumym, du groupe Chaâbi, Radio Galileo, du fils de lex-Premier ministre, Driss Jettou, et FC Radio, de Mohamed Mounir Majidi, directeur du secrétariat particulier du roi. Ce quen pensent les opérateurs actuels ? In fine, nous navons été que des cobayes grandeur nature pour défricher le terrain à ces grands groupes, qui vont débarquer avec toute leur puissance financière, sinsurge ce patron de radio. |
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Les nouvelles radios en chiffres
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Radios
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Investissement global (MDH)*
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Investissement
en formation (MDH)
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Effectif
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Recettes 2007
(MDH)
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Atlantic Radio
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10
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1,5
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28
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10
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Aswat
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15
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0,8
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35
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NC**
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Chada FM
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15
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0,8
|
30
|
NC
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Hit Radio
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15
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1,5
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36
|
10
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Radio+ Agadir
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4
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NC
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20
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1
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Radio+ Marrakech
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3
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NC
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20
|
NC
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*Million de dirhams
**Non communiqué
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