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Par Souleïman Bencheikh
Politique. Le baroud dhonneur du zaïm
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Driss Lachgar, Abdelouahed Radi
et Mohamed Elyazghi. Le clan dhier
en est aujourdhui à sentredéchirer.
(TNIOUNI / NICHANE)
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Cest officiel : sorti par la petite porte, lex-premier secrétaire ne reviendra pas par la fenêtre. LUSFP a décidé la tenue dun Congrès ordinaire pour le printemps prochain, pour renouveler toutes les instances du parti. Et remettre en cause sa participation au gouvernement.
Vendredi 11 janvier. Le siège rbati de lUSFP abrite la neuvième session du Conseil national du parti. Un rendez-vous très attendu depuis que le premier secrétaire, Mohamed Elyazghi, et son adjoint, Abdelhouahed Radi, ont été poussés à la démission en décembre |
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dernier. Tous les cadors du parti de la rose sont au rendez-vous. Même Elyazghi, qui avait confié quil ne prendrait pas part au conseil, a fini par changer davis, vraisemblablement sous linsistance de ses propres supporters. Les cadres de lUSFP ont donc eu droit à une visite éclair du zaïm démissionnaire : cinq minutes chrono ! Le temps pour Elyazghi de vider enfin son sac, concernant les tractations qui ont conduit à la formation de lactuel gouvernement. Le souverain ma appelé et ma dit que le Mouvement populaire la informé quil se dirigeait vers lopposition, et que ses portefeuilles seraient répartis entre les autres partis participants, a entre autres confessé le désormais ex-numéro 1 de lUSFP. Une révélation qui fait toute la lumière sur le rôle effectif de Mohammed VI dans le casting gouvernemental, alors quon lui prêtait jusque-là une certaine neutralité. Elyazghi a sorti cette carte pour répondre aux critiques des membres de son parti, qui lui reprochent davoir mal négocié la participation de lUSFP au gouvernement. Sauf que son argumentation est à double tranchant. Encore occupé à calmer les esprits échauffés de sa formation politique, voilà quil se retrouve attaqué pour avoir mis en avant le rôle du souverain. Léditorialiste du quotidien Aujourdhui le Maroc sest ainsi fendu dun Petit bonjour vengeur à légard de linconséquent ministre dEtat : Si Mohamed Elyazghi devait tirer toutes les conséquences de ses révélations, il devrait quitter ce gouvernement, peut-on y lire. Ce dernier serait-il prêt à sacrifier ce qui lui reste : son fauteuil de ministre dEtat sans portefeuille ?
Le roi ma dit
En tout cas, lex-zaïm na pas envie dêtre le seul à payer les pots cassés. Dans sa confession devant le Conseil national, il na pas hésité à mouiller son compagnon Abdelouahed Radi. Daprès Elyazghi, le roi aurait contacté ce dernier pour calmer les ardeurs de lex-premier secrétaire, trop désireux de défendre les intérêts de son parti. Un discours qui marque bien la fin de la trêve entre Elyazghi et Radi. Et en impliquant le nouveau ministre de la Justice (Radi, donc), celui-ci porte un coup certain à lun de ses éventuels successeurs à la tête de lUSFP. Déjà. Les manuvres dElyazghi ne se sont pas arrêtées là. En appelant à un Congrès extraordinaire, il a tenté déviter le renouvellement de la composition du Conseil national. Les statuts du parti prévoient en effet que seul un Congrès ordinaire peut renouveler cette instance. Et il est connu que, dans le Conseil national actuel, dominé par des cadres qui trustent les cabinets ministériels tenus par des socialistes, Elyazghi compte beaucoup de supporters favorables au maintien (du parti) dans le gouvernement. Un ancien parlementaire, rompu au jeu politique, note ainsi : Si le Conseil est renouvelé par la base du parti lors dun Congrès ordinaire, les militants risquent alors de voter contre la participation au gouvernement. Car un Congrès ordinaire fixe aussi la ligne politique du parti, alors quun Congrès extraordinaire ne se réunit que sur un ordre du jour bien précis. La préférence dElyazghi pour un Congrès extraordinaire apparaît ainsi comme une parade, qui permettrait de renouveler le Bureau politique (qui la fait tomber) si la question est fixée à lordre du jour, sans pour autant compromettre sa place de numéro 2 théorique du gouvernement, derrière le Premier ministre El Fassi.
Gouvernement : dedans ou dehors ?
Seulement, le Conseil national na pas exaucé le dernier vu de lex-leader. Sa décision est tranchée : le prochain Congrès sera ordinaire et devra nécessairement renouveler toutes les instances du parti. Lenjeu réside maintenant dans le timing de ce Congrès. Lors dune conférence de presse tenue à lissue du Conseil national, Radi a fixé juin 2008 comme deadline à la tenue de ce 8ème Congrès. Mais les partisans de la refondation de lUSFP redoutent de voir la date de ce Congrès repoussée bien au-delà du printemps. Et pour cause, le mécontentement au sein du Parti de la rose est sensible à tous les échelons hiérarchiques de lappareil. Le Bureau politique se déchire et narrive plus à se rassembler que sous la bannière consensuelle de Radi (pourtant lui aussi démissionnaire). Et la base du parti est favorable à un retour dans lopposition
Dans ces conditions, quelques dirigeants de lUSFP ont tout intérêt à gagner du temps, en espérant que la question de la participation au gouvernement sestompe delle-même ! Dautant que tout est question de personnes. Il ne sagit pas dun combat didées, mais dambitions personnelles, déplore Taha Balafrej, ancien cabinard dElyazghi. Beaucoup de choses sont ainsi liées à léchec de Driss Lachgar aux élections législatives : en étant élu, il aurait pu entrer au gouvernement et continuer à soutenir Elyazghi. En convoquant un Congrès national ordinaire, les cadres de lUSFP peuvent renouer avec leur base. Mais cela peut impliquer, dans labsolu, un retour dans lopposition à moyen terme. Les cadors nen ont cure, les yeux rivés vers le fauteuil laissé vacant par Elyazghi. Dans les coulisses, la course à la succession est déjà lancée : Comment se fait-il que ce soit Radi qui ait présidé leConseil ? Pourquoi est-ce lui qui a dirigé la conférence de presse qui a suivi ?, sétonne un militant. Et dajouter : Radi ne peut pas porter la parole du changement. Tel autre cadre du parti regrette quun Mohamed El Gahs ne donne pas signe de vie : Jaurais aimé avoir son point de vue. Les partisans de Oualalou ne sont pas en reste et ils sont peut-être les plus critiques à légard dElyazghi, lui reprochant une gestion clanique du parti. El Malki et Lachgar, qui ne manquent pas de supporters, sont aussi sur les starting-blocks
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Succession. Cinq candidats pour un fauteuil
Abdelouahed Radi, le consensuel
Il tient la corde pour la succession dElyazghi, même sil sen défend : Je ne brigue jamais aucun poste, on fait appel à moi. Dans les petits papiers du Pouvoir, Radi incarne laile douce du parti. On lui reproche souvent un déficit de légitimité auprès de la base.
Fathallah Oualalou, le retraité
On le croyait à la retraite, mais ses partisans démentent. Pour eux, il naurait pas été évincé du gouvernement, mais aurait tout simplement refusé de prendre en charge, de nouveau, un ministère des Finances jugé ingrat.
Mohamed El Gahs, loutsider
Il est pour linstant hors course. Depuis sa démission fracassante des instances dirigeantes de lUSFP, en février 2007, ses apparitions se font très rares. Elyazghi a même avoué à demi-mot lavoir refusé sur la liste des ministrables de lUSFP. Il aurait aussi empêché la diffusion de son interview sur 2M, à la veille du Conseil national réuni en septembre. Sa position vis-à-vis de la direction actuelle du parti fait de lui, aux yeux de certains militants, le véritable candidat du changement.
Habib El Malki, lintello
Ministre du gouvernement sortant, il na pas pu rempiler malgré sa victoire électorale à Khouribga. Là encore, cest sa responsabilité au sein dun ministère à problèmes - celui de lEducation - qui semble avoir joué contre lui. Mais lhomme peut compter sur ses partisans, nombreux, pour briguer le poste aujourdhui vacant.
Driss Lachgar, le revanchard
Driss Lachgar a vu son horizon politique se rétrécir considérablement ces derniers mois. Son échec électoral a été la raison avancée pour lui refuser tout portefeuille ministériel. Alors quil était jusque là le lieutenant attitré dElyazghi, il a dû, pour survivre politiquement, se servir de son siège au Bureau politique et trahir le chef. Maîtrisant lappareil du parti, il est un candidat redoutable. |
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