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N° 307
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Edith Piaf
(AFP)

Spectacle. Hymne à Piaf


Ah La môme Piaf ! Piaf dont l’œuvre et la vie ne cessent d’intriguer et d’émouvoir ! La dame en noir continue quarante-cinq ans après son décès à inspirer livres, films... et spectacles. C’est la vie renversante et la carrière fulgurante de cette femme passionnante et passionnée qui a nourri “Une vie en rose et en noir”, spectacle de Jacques Pessis, dans lequel l’écrivain et réalisateur raconte en musique, la vie d’Edith Piaf, ponctuant son récit de morceaux immortalisés par la chanteuse, remaniés avec grâce par Nathalie Lhermitte et Aurélien Noël. Un
spectacle qui entame sa deuxième tournée mondiale après trois ans de succès et d’émotions à travers le globe. Et c’est à Casablanca que la troupe s’arrête, pour une date unique au Mégarama. Pendant deux heures, les spectateurs pourront découvrir et redécouvrir le destin peu commun de celle qui a souffert, aimé, chanté des titres parmi les plus beaux de la chanson française. Ses rencontres les plus poignantes sont évidemment retracées, de son amour mythique pour Marcel Cerdan à l’affection et l’admiration qu’avaient pour elle Yves Montand, Georges Moustaki, Charles Aznavour et bien d’autres... Piaf a chanté l’espoir dans “La vie en rose”, la détresse dans “À quoi ça sert l’amour”, et une kyrielle d’autres textes qui n’ont pas pris une ride. Un spectacle qui a déjà bouleversé le public marocain à Marrakech le 1er novembre dernier, et qui revient au royaume pour convaincre le public casablancais le 22 février prochain.

“Une vie en rose et en noir”, au Mégarama de Casablanca le 22 février.



Sortie. Célibataire malgré lui

Enfin un film hollywoodien qui raille l’institution du mariage ! Ben Stiller, célibataire endurci, accède enfin à la demande de tous ceux qui lui veulent du bien : il se laisse passer la corde autour du cou. Marié, donc, à la femme de sa vie, une plante belle et intelligente comme dans un songe romantique… Dans un film “normal”, il n’y aurait plus qu’à guetter le happy end et le baiser final avant de quitter la salle. Les femmes de ses rêves n’est pas de cette veine-là. Heureusement. Le jeune couple en lune de miel est une catastrophe multipliée par deux (elle + lui). Le marié s’éloigne d’autant de son épouse qu’il fait la connaissance, en parallèle, d’une autre femme. Et elle est libre, elle. Alors il lui fait une cour effrénée (sans aboutir à ses fins) et fait voler en éclats son couple. Le pauvre, dira-t-on, est perdu entre toutes ces femmes (de ses rêves) aussi belles qu’imprévisibles. Les femmes de ses rêves ressemble beaucoup à Mary à tout prix, l’opus le plus marquant de l’association entre les frères Farrelly à la manette et Ben Stiller en victime des choses de la vie. Sous des dehors niais, le film, méchamment drôle, est plus intelligent que la moyenne des comédies romantiques de l’année. À consommer sans modération, que vous soyez marié, libre ou “engagé” !

Les femmes de ses rêves, au Mégarama.



BD. Ficelle en bulles

Moderne, Guy de Maupassant ! C’est l’une de ses nombreuses nouvelles, La Ficelle, dont l’Institut français de Marrakech a choisi de suivre le fil pour l’adapter en bande dessinée à l’aide d’outils multimédias. À partir de cette chronique d’un village normand, théâtre de la suspicion sociale, douze jeunes tâcheront de créer un scénario, réaliser des dessins, numériser des planches, rédiger des dialogues et apprivoiser un logiciel adapté dans un atelier tenu par Hakim Daigham. Ouvert aux 12-15 ans qui n’aiment pas que les bulles de chewing-gum.

Le 23 janvier à 15h à la Médiathèque de l’IF Marrakech.



Photographie. Un Marocain à New York

Noureddine Tilsaghani est un Marrakchi avec l’accent et tout et tout. Photographe d’art bourré de talent, cadreur hors pair, spécialiste de la lumière, il était en 2005 parmi les huit heureux jeunes réalisateurs qui ont suivi la leçon de cinéma de Abbas Kiarostami et Martin Scorsese à Marrakech. Les ateliers l’ont mené direct à New York en 2006 au Tribecca Film Festival. Un séjour d’une semaine que l’artiste, un passionné de première, a vécu comme tout ce qu’il entreprend, intensément. Du séjour, il est revenu avec sous les bras, des clichés à la pelle. New York et les New-Yorkais dans le regard d’un Marocain de Marrakech. Presque deux années plus tard, ces clichés, il les réunit dans une expo intitulée “Big Apple”, tout simplement. Une continuité des deux précédentes : Bamacolors (Mali 2004) et Ecoles coraniques (Maroc 2005). Quand en plus, l’expo emprunte les murs de l’atelier de l’artiste-peintre Moulay Youssef El Kahfaï, transformé en galerie Point&Line, c’est que du bonheur.

Galerie POINT & LINE (Atelier My. Youssef El Kahfai) à Marrakech, du 31 janvier au 29 février 2008.



Tournage. L’appel de la télé

Tournage imminent pour Mohamed Achaour. Primé au Festival de la télévision du Caire pour son court-métrage Percussion Kid, le jeune réalisateur s’apprête à réaliser, entre Casablanca et Bouskoura, son premier téléfilm pour 2M, avec Jbila Méditerranée (la boîte de Narjiss Nejjar) aux manettes de la production exécutive. Sur un scénario signé Rachid Hamman (également réalisateur, Prix du court-métrage au Festival national du film 2005 pour Week-end), L’appel de l’olivier (titre provisoire) contera la rencontre fortuite entre un jeune ingénieur agronome qui se fait dérober son passeport le jour de son départ pour une nouvelle vie au Canada, et la sœur du voleur, de retour, elle, du Canada au bled. Un road movie aux accents de comédie dramatique, qui rassemblera Driss Roukhe (Babel), Fahd Benchemsi (Les Anges de satan), Meryem Raoui (Moroccan Dream) et Hassan Skalli (Adieu forain).


Expo. De l’image à la poésie

Mohamed Kacimi et son œuvre qui brise les frontières entre figuration et abstraction. Tibari Kantour, l’enchanteur, dont l’inventivité n’a d’égale que la poétique de ses matières. Rachid Koraïchi, l’Algérien, fasciné par le soufisme et le trait dans les vieux manuscrits et talismans. Houssein Miloudi, raffiné, méthodique et libre à la fois. Gérard Titus-Carmel qui n'en finit pas de s'interroger sur le dessin, la peinture et l'art… Ce ne sont pas moins de 14 artistes-peintres singuliers qui ont été réunis par la galerie Rê pour une exposition intitulée “La parole peinte, de l’image à la poésie”. En parallèle à l’expo, des livres d’auteurs arabes ou européens illustrés (peinture, dessins, gravures, lithographies) par ces mêmes peintres sont présentés comme une tentative de réponse à cette question : que partagent le peintre et le poète ?

À la Galerie Rê à Marrakech, jusqu’au 10 février.



Festival. Tétouan XIV

Et de quatorze ! Le Festival international du cinéma méditerranéen déclinera son programme, du 29 mars au 4 avril, à Tétouan. Le rendez-vous a déjà opéré plusieurs mues. Désormais annuel, et doté de prix, le Festival continue, d’être conduit par une “fondation” dont la présidence restera entre les mains de l’ancien ministre de la Communication Nabil Benabdellah. “Cela se passe bien avec lui, alors pourquoi changer ?”, nous a confié notre source. Près de cent films (un record) seront au programme de ce Tétouan XIV avec, jolie idée, la création d’un prix du documentaire. En plus des classiques prix pour le long et le court métrages. Tétouan rendra par ailleurs hommage au cinéma tunisien, longtemps locomotive du Maghreb. Même si la sélection des films en compétition n’a pas été arrêtée, une place de choix sera réservée à un jeune cinéma qui monte, monte : le marocain, tout simplement.


Spécial. Peur du polar ?

Le polar est à l’honneur à l’institut français de Casa : pendant une semaine, zoom sur le genre, entre projections, rencontres et exposition. Au programme, trois films policiers : Le papillon noir, de Hassan Ghanja raconte les tribulations d’un inspecteur chargé de démanteler une bande de trafiquants, Le président, d’Henri Verneuil met en scène un Jean Gabin impliqué dans une course aux indices compromettants, et Le mystère de la chambre jaune, de Bruno Podalydès fait planer les doutes sur une étrange tentative de meurtre… Quant aux rencontres, elles seront de taille puisque l’Institut recevra François Guérif et un petit cours d’histoire du polar sera donné par l’auteur Jean-Marie Villemont. En avant les frissons !

Du 22 au 26 Janvier à l’IF de Casablanca.



Le livre.

Lorsqu’en 1942, Clément Duprest quitte un travail de bureau à la Compagnie du métropolitain pour intégrer la préfecture de police, il ne se doute pas que ce nouveau boulot va le mener à vivre de l’intérieur l’histoire politique, par la lorgnette des renseignements généraux. Il se donne à fond à la République après avoir servi sans états d’âme le régime de Vichy. De la rafle du Vel d’Hiv à la candidature de Coluche, ce fonctionnaire à la carrière exemplaire est de toutes les compromissions. Discipliné sans être bête, ce roman policier, à l’intrigue prenante, nous livre un portrait réaliste des limites du devoir d’obéissance. Didier Daeninckx signe là un excellent polar, intelligent et agréable à lire.

Didier Daeninckx, itinéraire d’un salaud ordinaire ; Folio.




Humeur.
Sa Majesté Rania

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Rania de Jordanie a réussi à voler la vedette à tout le monde lors de sa visite au Maroc. Trop belle, pour toi, pour moi et pour tous les autres, sans exception. Même pour son mari Abdallah II, tout roi et descendant du prophète qu'il est. Rania réussit même à vous rendre accro à la presse officielle. Elle a donné du charme aux photos des Unes du Matin du Sahara. Des clichés si guindés en temps ordinaire, quand elle n'est pas là, prédatrice prenant mieux la lumière et le sachant pertinemment. Elle semble s'en excuser, d'ailleurs. Rania a épousé un roi de surcroît. Ce sont des petites choses qui arrivent quelques fois aux belles femmes. Rania est reine donc et en porte le titre de manière officielle. ça aussi, on l'a appris dans le Matin du Sahara, où on l'appelle “Sa Majesté la Reine Rania”. La formule, tout officielle qu'elle soit, sonne bien. Elle semble simple en tout cas, comparée aux LL.AA.RR Lalla Salma et Lalla Meryem, ponctuant la prose du Matin. Un mauvais tirage au scrabble n'aurait pas semblé plus incongru. Rania ne portait pas de caftan, au fait. ça, c'est bon pour une Hillary Clinton en visite diplomatique au Maroc. Pas pour une reine. Rania était vêtue d'une robe noire. Une simple robe noire, mais quelle robe noire ! Comme en rêvent les filles, et même les garçons parfois. Royale.



Concert. Zik et saint patron

Le “Cactus qui résiste à tout” et les représentants meknassis du rap vert et rouge s’envolent vers les horizons hispaniques : Darga et les H-Kayne (accompagnés de DJ Key) se produiront le 19 janvier à Majorque dans le cadre de la Fiesta de San Sebastian de Palma. En plein air à la Plaza Del Olivar, le saint patron de Majorque sera fêté aux rythmes de nos deux groupes nationaux, visiblement très appréciés par le public espagnol. Et les Espagnols sont d’ailleurs très gâtés, puisqu’ils auront l’occasion de voir en avant-première Darga et H-Kayne partager la même scène sur le titre “Kbala”, bientôt écoutable sur le tant attendu nouvel album de Darga. Il faudra au public marocain encore un peu de patience pour apprécier le featuring...


Squelette prend du poids
Un jeune gars sème la zizanie dans son bled en annonçant qu’il veut céder son corps à la science : premier long-métrage déjanté de Yassine Fennane, la comédie Squelette, tournée en quinze jours dans la fournaise d’Agadir, vient de s’offrir l’Olivier d’or au 8ème Festival du film amazigh de Sétif. Après l’effort, le réconfort !


Laroui pour les 7 à 77 ans
Quand Fouad Laroui fait dans le livre d’enfant, cela donne l’Eucalyptus de Noël aux éditions Yomad. Illustré par Nathalie Logié-Manche, le livre raconte un souvenir d'enfance : dans le Maroc multiculturel et multiconfessionnel des années cinquante, les enfants attendent les Américains, et Noël ! Du Laroui pur jus.


Let the Sean shine
Cannes avait déjà élu Sean Penn meilleur acteur pour She’s so lovely, de Nick Cassavetes. Onze ans plus tard, l’icône badboy du cinéma américain engagé, rebelle devant comme derrière la caméra (Into the wild), en sera cette fois le président, du 14 au 25 mai. La promesse d’une Croisette moderne et subversive comme on l’aime.

 
 
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