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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

L’année 2007

L’ancien aéroport d’Anfa servira
pour un grand projet immobilier
de la CDG.
(AIC PRESS)

Immobilier. La CDG s’offre l’aéroport d’Anfa


C’est finalement la CDG, à travers une nouvelle filiale, l’Agence d’urbanisation et de développement d’Anfa (AUDA), qui a mis la main sur le site de l’aéroport d’Anfa. Un vaste terrain de 17 hectares, situé au cœur de Casablanca, qui ferait saliver tout entrepreneur immobilier. La CDG vient ainsi de s’offrir, pour 90 MDH, les 7 hectares appartenant à la RAM (le reste étant propriété du domaine de l’Etat). La compagnie aérienne avait d’ailleurs démarré depuis quelques mois la délocalisation de ses filiales installées sur le site. La RAM tient cependant à garder
son siège social sur place, quitte à rafraîchir toute la construction pour s’intégrer au projet immobilier prévu sur ce terrain. Un projet pour lequel la CDG place la barre très haut : c’est le cabinet de Bernard Reichen qui a remporté, en avril dernier, le concours d’urbanisme international pour prendre en charge le projet de développement urbain de la zone Casa-Anfa. Il s’agit du même architecte urbaniste qui a conçu le plan directeur de la vallée du Bouregreg.

La CDG continue par ailleurs de multiplier ses investissements dans l’immobilier et le tourisme. Cette semaine, en marge de la visite du couple royal de Jordanie, la caisse dirigée par Mustapha Bakkoury a signé une convention avec la société nationale jordanienne de ressources d’investissement et développement, Mawared. Celle-ci porte sur un projet touristique à Tarfaya (pour 1,2 milliard de dirhams) et une extension de la station de Moulay Yacoub, dans la région de Fès. D’autres projets devraient suivre.


Télécoms. Belle bataille en perspective

C’est parti pour la téléphonie 3G au Maroc. Désormais, les utilisateurs peuvent accéder à la visiophonie et à Internet en haut débit via des portables compatibles UMTS. Curieux hasard (si hasard il y a), les deux opérateurs de téléphonie mobile, Maroc Telecom et Méditel, ont procédé simultanément au lancement de leurs offres. Les deux ont investi massivement dans l’infrastructure technique, depuis l’obtention de leur licence, courant 2006. Résultat : les deux offres se valent. Ainsi, le prix d’un appel visio est le même que celui d’un appel voix. Toutefois, Maroc Telecom prend une longueur d’avance en étandant son offre à l’ensemble de sa clientèle, en prépayé ou en post payé, alors que Méditel la limite pour l’instant aux abonnés. Une différence de taille, vue la structure du marché, largement dominée par le prépayé.


Electricité. L’ONE dans la City

L’ONE vient d’ouvrir une filiale basée à Londres, pour servir de plateforme pour ses interventions en Afrique subsaharienne. Et pour cause, l’Office multiplie ces dernières années les opérations dans le continent. Après la réhabilitation de la production et de la distribution d’électricité au Sierra Leone, l’ONE a remporté, il y a deux semaines, le marché de l’électrification du nord du Sénégal, au nez et à la barde du Français EDF. Baptisée ONE International, cette entité sera dirigée par un ancien expert de la Banque mondiale, ayant exercé aux Etats-Unis, en Afrique et à Londres, dans le secteur de l’énergie et de ses financements. Comme Finance.com, l’ONE a choisi la capitale britannique pour la proximité avec les opportunités de financements et la concentration des informations.


Comanav. Naufrage au Sénégal ?

Après la RAM, c’est la Comanav qui risque de se faire “renvoyer” du Sénégal. La compagnie maritime, qui gère depuis 2005 la ligne reliant Dakar à Ziguinchor, risque de voir la joint-venture (Somat) avec l’Etat sénégalais couler. En effet, dès la réception d’un nouveau bateau, censé remplacer le Willis (qui dessert jusque-là cette ligne), le Pouvoir sénégalais s’est empressé d’annoncer que la gestion du nouveau paquebot (et donc de la ligne) sera confiée à une autre société 100% sénégalaise. Réponse du berger à la bergère : Somat réclame des arriérés dus à l’Etat sénégalais, se montant à quelque 15 millions de dirhams, brandissant même la menace d’arrêter la ligne. Un conseil d’administration de la filiale commune a été convoqué, dans l’urgence, le 17 janvier pour sceller le sort de ce partenariat.



Billet.
Achoura jaune

Lahcen, chef de famille fauché, ne veut surtout pas passer pour un mauvais père. Et aujourd’hui, c’est Achoura : pas question de traumatiser son rejeton à vie en lui refusant sa babiole. Et son môme a fait une commande bien précise à Baba Aïchour : un hélicoptère téléguidé. Lahcen prend la direction de Derb Omar, pour dénicher le giravion le moins cher possible. Heureusement, la flotte aérienne y est encore mieux fournie que le Salon international de l’aéronautique. Et question budget, il y en a pour toutes les bourses : De 100 à 1500 balles. Lahcen trouve alors son compte… dans la borne de la fourchette. Sauf qu’il y a ce détail à prendre en compte : le moins cher des hélicos est de fabrication chinoise. Et ces derniers temps, il ne fait pas bon jouer chinois. Plusieurs pays, y compris le Maroc, ont mis en place des mesures draconiennes pour contrôler les articles “made in China”. Même les autorités chinoises ont révoqué 600 licences d’exportation de certains producteurs, histoire de rassurer le chaland lointain. Lahcen reste, lui, braqué sur le prix. En plus, cette marque “Chingchong” semble lui inspirer confiance. Surtout lorsqu’il apprend qu’avec ses compatriotes, elles ont écoulé pour 7 milliards de dollars de jouets à travers le monde. Il se dit aussi qu’avec tout ce qui se fabrique en Chine, il y a une chance sur 1,4 milliard qu’il tombe sur le jouet défaillant, et que Lahcen junior se prenne un coup d’hélice dans la poire. Et vu ses finances, la priorité du jour est de passer le cap de Achoura. Il se débrouillera plus tard si la visite chez le pédiatre s’impose.



OFF.

L’agence internationale de notation Fitch Ratings vient d’attribuer aux villes de Marrakech, Casablanca et Salé la note BB+ sur son échelle de notation internationale. Cet exercice de rating des villes a été initié par la Direction générale des collectivités locales, avec le soutien de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), dans le cadre du Projet de gouvernance locale (PGL). Ce processus, gage de transparence, permet à ces villes d’accéder au financement privé.

 
 
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