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Zineb Oukach. Une Casaouie à Hollywood
N° 307
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Fouad Ali El Himma
(TNIOUNI / NICHANE)

El Himma. Demain, le parti ?


L’ancien ministre délégué à l’Intérieur a sorti un nouveau lapin de son chapeau. Après les élections, qui l’ont conduit des Rhamna au Parlement avec un groupe dans la poche, voilà la “plateforme”. Il s’agit, comme nous l’ont expliqué plusieurs sources, “d’un texte appelant à la constitution d’un mouvement de tous les démocrates”. L’intitulé reste évasif, et le résumé qui en a été communiqué jeudi soir ne lève pas toutes les équivoques. Le passage le plus saillant du document explique “la nécessité d’une initiative nationale ouverte à
tous les démocrates, indépendamment de leurs appartenances partisanes, celle d’un mouvement, dont les fondamentaux de la Nation marocaine sont le socle, les valeurs démocratiques sont la référence, les constituants de notre identité plurielle et de notre authenticité sont le credo, la modernité est l’horizon”. L’intéressé, via ses multiples relais, se défend de vouloir constituer un parti politique, préférant s’en tenir aux termes vagues du communiqué. Ce “quelque chose” qui ressemble de loin à une charte, ou à un appel mi-citoyen mi-politique, signé par un noyau dur d’une dizaine de personnes (dont El Himma, Akhannouch, Bakkoury, Khchichine ou Salah El Ouadie), a pris naissance dans la tête de ses concepteurs au lendemain des élections de septembre 2007. Après quatre mois de réflexions, de rencontres et de débats, toujours off the record, El Himma et ses amis ont produit ce premier document. En attendant le prochain lapin du magicien El Himma…


Abdallah II. Cousin du bled

“A l’occasion de la visite du roi Abdallah II de Jordanie, le Cherif Moulay Mohamed Zerbouh, président de l’Alliance des Chorfas Idrissides de Tanger, présente ses meilleurs voeux pour la pérennité des relations maroco-jordaniennes...”. C’est en ses termes que Mohammed Zerbouh a accueilli la visite du souverain jordanien, dans un communiqué publié cette semaine dans la presse. Pourquoi tant d’amabilité ? Réponse du Cherif : “Idrissides, Alaouites et Hachémites sont presque cousins. Ils appartiennent tous au lignage du prophète Mohamed. Nous avons profité de la visite du roi Abdallah pour lui adresser ce message de fraternité”. Un “salut cousin” aurait peut-être suffi.


Insolite. Un palmier nommé Ingrid

La maison de l’écologie internationale de Marrakech vient de planter un arbre baptisé du nom de la plus médiatisée des otages : Ingrid Betancourt, enlevée depuis 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie(FARC). Un palmier “planté pour la soutenir”, déclare Fatima Alaoui, secrétaire générale du Parti des verts pour le développement, à l’origine de cette initiative botanique. “Ingrid est une amie de longue date, nous a confié Fatima Alaoui. Nous avons animé la rencontre des Verts en 1999 au Mexique et signé la charte globale des Verts à Canberra en 2001”. C’est ce qui s’appelle créer des liens indéracinables.


Déménagement. Etranges effluves

Sale temps pour le gratin rbati. Les travaux de réhabilitation de l’ancienne décharge de Akreuch ont eu pour effet d’embaumer la banlieue chic de la capitale d’effluves nauséabonds. Du quartier Souissi, en passant par Bir Kacem, jusqu’aux hauteurs de Aïn Aouda, des vents pestilentiels balaient désormais toute la zone. Parmi les victimes les plus remarquables, le prince Moulay Rachid, qui a préféré déserter sa résidence de la route des Zaërs. Et il n’est pas le seul à avoir le nez délicat. En plus des dignitaires marocains, les nombreux princes du Golfe qui peuplent ces quartiers résidentiels ont également préféré plier bagage. En attendant des odeurs meilleures…


Sahara. Another brick in the wall

La ceinture de sécurité nous protégeant des incursions militaires du Front Polisario nous reviendrait à 23 millions de dirhams par jour. C’est du moins ce que vient de révéler dans sa dernière livraison l’hebdomadaire français Le Point dans un dossier intitulé : “Ces murs qui divisent”. Cette fortification en sable de 2000 kilomètres construite entre 1980 et 1987 avec l’aide d’experts militaires israéliens et américains, serait, d’après le magazine, défendue par “des champs de mines, remblais, tranchées, radars de surveillance rapprochée et d’autres de plus de 50 kilomètres de portée, des portillons et points d’appui des bases de soldats tous les 1,5 à 2 kilomètres…”. Rassurés ?


Aherdane. La girouette du MP

L’Amghar a de nouveau feinté les membres de la Haraka. Il a déclaré, lors d’une réunion du bureau politique courant de la semaine, qu’il ne quitterait pas son poste de président du MP contrairement à ce qu’il avait annoncé dans la presse. “La nouvelle a eu l’effet d’une douche froide”, rapporte un proche de Mohand Laenser. Contacté par TelQuel, papy Aherdane s’en est violemment pris aux médias : “Les journalistes ont déformé mes propos. Je n’ai jamais dit que je voulais démissionner, mais prendre du recul !”. Pourquoi un démenti aussi tardif, alors ? “Aherdane ne réagit jamais à chaud. Il laisse les gens parler et n’intervient qu’au moment opportun”, explique un de ses proches. “Nous souhaitons son départ, mais notre objectif à l’heure actuelle est de rassembler, pas de diviser”, se désole un membre du MP, qui évoque un possible arbitrage royal. L’ultime recours, comme d’habitude…


Sefrou. Les émeutiers en liberté provisoire

42manifestants incarcérés suite aux émeutes de Sefrou en septembre dernier ont comparu cette semaine devant le Tribunal de première instance de Fès. Celui-ci a décidé de les remettre en liberté provisoire, dans l’attente d’un procès ajourné au 19 février. Cinq autres émeutiers présumés, sont par contre maintenus en détention. Khalid Fethi, responsable local de l’AMDH, nous a expliqué que si trois militants de l’Association comptent parmi les libérés, “une femme et un mineur restent toujours détenus sans justification apparente”. L’AMDH, qui avait organisé le sit-in contre la vie chère à l’origine des débordements, a toujours nié une quelconque responsabilité, rejetant la faute sur des policiers chauffés à blanc.


Abdelkrim Benatik. Il bouge toujours

Malgré son revers aux dernières législatives dans la circonscription très disputée de Rabat-Chellah, Abdelkrim Benatik est loin d’avoir renoncé à la politique : “Je mène des actions de proximité en vue des communales de 2009”, nous a-t-il déclaré, ajoutant : “Après tout, nous sommes le 9ème parti du Maroc sur presque 40”. Le leader du Parti travailliste avait quitté l’USFP avec fracas en dénonçant la participation de la gauche au gouvernement après la nomination de Jettou. Il est aujourd’hui très sceptique sur l’évolution de son ancien parti : “L’USFP doit abandonner les luttes de personnes. Il n’y a plus de projet pour la gauche gouvernementale”.


Ahizoune. L’athlète hurleur

Un athlète a agressé verbalement le président de la Fédération d’athlétisme, profitant d’une visite du responsable à un centre de préparation, rapporte L’Opinion du 17 janvier. L’homme a hurlé depuis une fenêtre : “On veut notre argent ! Donnez-nous notre argent !”, avant de ponctuer sa réclamation par une injure bien sonnée. ça la foutait mal, Abdeslam Ahizoune étant accompagné de Lord Sebastian Coe, responsable de l’organisation des J.O. de Londres 2012. L’ex-gloire de l’athlétisme n’a pas perdu son flegme britannique, “feignant n’avoir rien remarqué”, nous a raconté un témoin de la scène. Ahizoune, si, par contre. L’athlète a été expulsé du centre de préparation.


Dgharni. Seul au monde ?

Le Parti démocrate amazigh marocain (PDAM), créé par le trublion Ahmed Dgharni, pourrait connaître une vague de départs. Une source interne nous a confié que beaucoup de militants sont en colère contre leur chef et “sa gestion totalitaire et désordonnée”. “Les mécontents attendent juste l’issue du procès qui oppose leur parti à l’Etat pour annoncer leur intention de créer un autre formation politique”, poursuit notre source. Le PDAM poursuit l’Etat en justice parce qu’il a été interdit par le ministère de l’Intérieur quelques mois après sa création. Le procès qui s’est ouvert jeudi a été reporté au 14 février, donnant un répit à Dhgarni avant la grande débandade annoncée par plusieurs membres de son parti.


Taoujni. Tifariti en vue

Le président de l’Association le Sahara marocain apporte les dernières touches à la marche qu’il organise, le 27 janvier, vers Tifariti. “Nous montons un campement près de Smara où devraient se retrouver les 912 bénévoles en charge de l’opération”, nous a-t-il expliqué. “Les FAR nous ont assuré qu’ils nous laisseraient franchir le mur de défense et nous protégeraient en cas d’attaque du Polisario”, a-t-il poursuivi. Interpellé sur le sujet, le porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, a botté en touche, se contentant de déclarer à la MAP “qu’il s’agit de citoyens marocains qui jouissent de la liberté de circulation”.



3 questions à Mustapha Badri
[Directeur du journal sportif Al Mountakhab]


Les Lions de l’Atlas sont-ils capables de remporter la Coupe d’Afrique des nations ?
Bien sûr ! Je les suis depuis pas mal d’années et je peux vous affirmer que nous avons toutes les raisons d’y croire. Nous possédons aujourd’hui un groupe solide, homogène et bourré de qualités techniques. La sélection, qui a retrouvé l’envie de jouer, a une rage de vaincre qu’on a rarement vu chez elle.

Malgré sa prestation en demi-teinte lors des deux derniers matchs amicaux ?
Il ne faut pas dramatiser les choses. Ces rencontres, qu’on a d’ailleurs gagnées, ne reflètent pas le vrai niveau de l’équipe du Maroc. A mon avis, Henri Michel a demandé à ses joueurs de ne pas trop chercher le contact physique pour éviter toute blessure de dernière minute. Il a de surcroît remodelé son groupe afin de brouiller les cartes. N’oubliez pas que nos futurs adversaires épient nos moindres faits et gestes.

Quelles sont, d’après vous, les forces et les faiblesses du Maroc ?
Nous avons un milieu de terrain et surtout une attaque de grande qualité. Le Maroc a marqué neuf buts en quatre matchs. Soit beaucoup plus que lors des qualifications. Henri Michel y est pour beaucoup, en privilégiant le jeu offensif. Le talon d’Achille de l’équipe reste son gardien de but, comme chacun a pu le noter. Je pense néanmoins que le retour de Fouhami dans le groupe pourrait être bénéfique.


Koukas. Une revue, un débat

Abdelaziz Koukas, ancien directeur d’Al Ousbouiya Al Jadida, s’apprête à lancer, début février, un mensuel dédié, comme il nous l’a expliqué, “au débat d’idées et à la politique”. Le nouveau titre arabophone s’appelle “Lima La ?” (“Pourquoi pas ?”), ce qui donne une idée sur la fraîcheur de ton qui devrait être la sienne. Le lancement sera précédé par l’organisation, le 26 janvier, d’une table ronde dédiée aux partis politiques. Koukas a élaboré un casting bétonné pour l’occasion : Ramid, Sassi, Laenser, Benabdellah, Lachgar et Khalifa sont les principaux invités de ce débat qui aura pour cadre l’Hôtel Farah à Rabat.


Immobilier de luxe. Les stars de FADESA.

Plantées à l’entrée de la future station balnéaire de Saïdia, des affiches portant les effigies de stars britanniques du ballon rond, telles Rio Ferdinand et Gary Neville de Manchester United, semblent annoncer un match de gala. Il n’en est rien. “Ce sont les panneaux publicitaires de nos partenaires. Ils ont choisi de vanter leurs résidences de prestige en étalant les photos de ces VIP qui ont acquis des résidences chez eux”, affirme Farid Chbani, directeur commercial de Fadesa, société en charge de la construction de la station balnéaire. D’autres célébrités comme Zidane, Christophe Dugarry et Cheb Khaled auraient acquis aussi des villas dans le coin, selon des échos parus dans la presse. “C’est une simple rumeur”, rétorque Chbani.


Oualidia. Palais avec vue

Le palais de Mohammed V à Oualidia est en cours de rénovation. Cette demeure royale, datant du début du 20ème siècle, était fréquenté par le grand-père de Mohammed VI qui venait y goûter aux joies des bains de mer. Laissé à l’abandon pendant plus de 40 ans, le palais, ouvert aux quatre vents, attirait les habitants du cru qui venaient y flâner au milieu des chambres poussiéreuses, ou profiter de la vue imprenable sur la lagune de Oualidia. Ce n’est plus le cas depuis que la demeure a été fermée au public. Ces derniers mois, les différents points d’entrée de la bâtisse ont été murés et des gardes déployés, de jour comme de nuit, dans les alentours du site.


Ksar El Kébir. L’(in)justice a parlé

Le miracle n’a pas eu lieu pour les accusés de Ksar El Kébir, accusés il y a quelques semaines dans l’affaire du prétendu “mariage gay”. Mardi 15 janvier, la Cour d’appel de Tanger confirmait la peine de 10 mois de prison ferme pour homosexualité à l’encontre de l’organisateur de la fête privée. La Cour a réduit de deux mois les peines des cinq autres accusés, qui avaient écopé de 4 à 6 mois de prison ferme. “Dans les PV de police où les accusés avouent avoir entretenu des relations homosexuelles, aucune date n’est mentionnée, ce qui rend la plainte de l’accusation irrecevable”, argumente leur avocat, Mohamed Sebbar, président du Forum vérité et justice. Au-delà de l’aspect procédurier, ce dernier dit craindre pour la sécurité des accusés, dont certains devraient être libérés dans les jours qui viennent.


People. Dîner royal à Marrakech

Dimanche dernier, le personnel du restaurant Dar Moha de Marrakech a reçu des invités royaux. Abdallah II de Jordanie et son épouse Rania y ont dîné ce soir-là en compagnie de quatre autres personnes. “Le couple et leurs amis ont débarqué le plus normalement du monde et ils ont payé leur addition comme tous les autres clients”, nous a rapporté un employé des lieux. Rien n’a filtré du montant de la note. Notre source nous a cependant confié que le patron des lieux, flatté de la fidélité de la Reine Rania à son établissement (elle y avait déjà dîné une fois), lui a réservé un menu original concocté à base de spécialités traditionnelles marocaines.


Partis. Mesdames, messieurs : la crise !

La classe politique navigue à vue, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est le projet qui prend forme chez les principaux partis, Istiqlal et USFP notamment, d’un débat national sur la pratique politique, en totale perte de vitesse. “Croire que les partis ne sont faits que pour les élections et la formation du gouvernement est dangereux. Cela affaiblit les partis, encourage les extrémismes et tend à rompre l’équilibre politique du royaume”, nous explique Mohamed Zidouh, membre du comité central de l’Istiqlal, l’un des initiateurs du projet. Le débat auquel, nous assure-t-on, “tous les partis sont conviés”, se heurte pour le moment à un obstacle majeur : les deux locomotives, USFP et Istiqlal, sont trop occupées à laver leur linge sale et à renouveler leurs élites.


Presse. Sportmania

Deux nouveaux titres sportifs viendront bientôt enrichir la presse marocaine. Le groupe Géo Média (éditeur de Madinati et Plurielle) compte lancer Sportplus, un hebdomadaire gratuit de 52 pages, au format magazine, qui sera tiré à 100 000 exemplaires. Belaïd Bouimid, journaliste sportif à Al Bayane, prendra la tête de la publication à laquelle collaborera aussi Najib Salmi de l’Opinion. L’autre nouveau né, Score, sera un hebdomadaire de 64 pages, lancé par l’agent de footballeurs Karim Laraki. Disponible à partir mois de mars au prix de 12 dirhams, Score comptera sur les journalistes du service sports d’une chaîne nationale.


Parlement. PJD, opposant numéro 1

Le parti de la lampe continue de titiller le gouvernement. Les députés de la formation viennent de demander l’annulation d’une clause du projet de loi de création de la Haute cour. La future instance sera chargée de juger les ministres enfreignant la loi dans l’exercice de leurs fonctions. Or, une disposition précise qu’un ministre ne peut être poursuivi qu’après un vote favorable des deux tiers du Parlement. “Cette condition draconienne rendra la loi inapplicable, car la majorité ne votera jamais contre un de ses ministres !”, s’indigne Slimane El Amrani, député PJD. En réalité, la clause controversée ne fait que reprendre l’article 90 de la Constitution, qui instaure la règle des deux tiers votants pour enclencher une accusation contre un ministre. Pointant l’origine du mal, le PJD a demandé une une réforme constitutionnelle pour abroger toutes “les clauses archaïques”.


Bandar Bin Sultan. Un prince touriste

Le très controversé, et non moins riche, prince saoudien s’apprête à passer quelques jours de vacances au Maroc. Accompagné d’une bande d’amis, l’ancien ambassadeur saoudien à Washington, que les médias ont ironiquement baptisé l’enfant adoptif des Bush, ne séjournera pas dans l’un des nombreux palais qu’il possède au Maroc. En séjour de plaisance, il a préféré loger dans le luxueux palace de Marrakech, l’Amanjena. Dans cet hôtel connu pour avoir hébergé des célébrités, telles que Brad Pitt et Angelina Jolie, le prince a réservé du 6 au 12 février la suite rouge facturée à 3200 dollars la nuitée. Ses amis dormiront quant à eux dans des pavillons à 1600 dollars la nuit. Histoire de ne pas mélanger les torchons et les serviettes…


Hooliganisme. Carton rouge

La Botola a eu droit aux honneurs du magazine France Football du 11 janvier 2008. Nulle mention de prouesses techniques. L’hebdomadaire français s’est focalisé sur le vandalisme survenu à l’issue de la rencontre WAC- FAR le 5 janvier. Un clasico de la casse. La semaine dernière, rebelote : 37 mineurs ont été arrêtés pour avoir saccagé des véhicules à la sortie du Complexe Mohammed V de Casablanca, après le match entre le Raja et le CODM. “Nous avons demandé aux forces de l’ordre ainsi qu’aux dirigeants de club d’interdire de stade les mineurs, nous a déclaré cette source au sein de la Botola, mais personne n’applique nos recommandations”.


Manif. Banni…ère interdite !

Dimanche 6 janvier, les habitants du douar de Tilmi protestent contre l’incurie des autorités, après plusieurs jours d’enclavement dû aux chutes de neige. Les villageois organisent une marche à Boumalne Dadès, un village distant d’une trentaine de kilomètres, où une foule de sympathisants les rejoint. Les manifestants demandent à être reçus par le pacha qui refuse, d’après une source locale. Les forces auxiliaires sont alors appelées en renfort de Ouarzazate pour dégager la voie publique, des affrontements s’en suivent, au cours desquels des jeunes leur jettent des projectiles. Une cinquantaine d’arrestations sont opérées dans la nuit. A l’heure où nous mettons sous presse, neuf manifestants passaient en jugement, accusés d’avoir brûlé le drapeau national et de vouloir encourager le communautarisme.



Humeur. La vie en rose

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Le titre en deux étages est un chef-d’oeuvre droit sorti de la grande époque hassanienne : “Effondrement d’un immeuble à Kénitra - S.M le roi donne ses hautes instructions pour la prise en charge des blessés”. Y a-t-il eu des morts à Kénitra ? Oui, bien sûr, et même plusieurs, mais le (très long) titre ne nous le dit pas, s’arrêtant sur l’essentiel : les hautes instructions de S.M le roi. C’est donc cela l’information. Les vies humaines comptent pour du beurre, l’information aussi, l’essentiel est ailleurs. Mais où, justement ? Ce titre pêché dans la presse de la semaine renvoie à une mentalité qui a longtemps biberonné notre enfance. Il fallait mettre du roi, du positif, partout, et prier qu’aucun Big Brother ne s’amuse à douter de notre bonne foi. Un cauchemar. Beaucoup ont essayé de nous convaincre que c’était cela, aimer son pays. Voir la vie en rose et vénérer le roi, le déifier, même quand on est allongé sur son lit de mort. Pourvu que les lèvres articulent du positif, et encore du positif. Quelle déveine, mes amis ! Je me souviens d’une conversation avec un officiel de l’époque hassanienne, qui essayait de nier une évidence : le Maroc, comme d’autres pays du globe, connaît des épidémies de choléra. À court d’arguments, le patriote a longtemps tournoyé dans le vide (“Admettre la réalité du choléra revient à chasser les millions de touristes qui déferlent sur notre formidable pays”), avant de cracher la formule qui allait mettre fin à la conversation : “De toute façon, dire cela mettra très en colère le roi !”. Oui, oui. Comme devant tout ce qui se rapporte à Dieu et à son prophète, il n’y avait nul autre choix que d’acquiescer avant de passer à autre chose. Le titre de la catastrophe de Kénitra évoque tout ce monde merveilleux, douloureux. Et mort, heureusement.



VITES !

Les habitants de Ben Smim ont annoncé une nouvelle marche, le dimanche 20 janvier, contre l’exploitation de l’unique source du village par une entreprise privée. Promettant 200 emplois, la société a obtenu toutes les autorisations pour commencer ses travaux d’installation au grand dam des locaux privés d’eau.


Recruté depuis peu par l’AS Evry, club du championnat de football amateur français, l’ex-sociétaire du CODM et du MAS,Ismaïl Rougui, a vu sa carrière stoppée tragiquement. Piégé dans l’incendie de sa voiture, le 13 janvier, il a été brûlé au troisième degré sur plus de la moitié de son corps. Il est toujours dans le coma.


L’ancien rédacteur en chef des pages économiques du Matin du Sahara, Bensalem Fennassi, s’est éteint à Rabat le 15 janvier, emporté à 37 ans par une maladie foudroyante. Il a été inhumé au cimetière Chouhada à Casablanca, accompagné à sa dernière demeure par sa famille et de nombreux confrères. Toutes nos condoléances à sa famille et ses proches.


L’ex-boss de Royal Air Maroc, Mohamed Mekouar, est décédé cette semaine à Casablanca où il a été enterré au cimetière des Chouhada. L’homme a été au centre d’une affaire de détournement de fonds à la RAM, qui a fait scandale en 1995. Il avait échappé à la prison en restituant une partie du magot.


La bimbo libanaise la plus charismatique, Haïfa Wehbe, compte s’acheter un riad à Marrakech, nous a révélé un proche du sex-symbol. L’icône de la chaîne musicale Rotana, qui donne un concert samedi soir à Casablanca, devrait en profiter pour prospecter quelques demeures dans la ville ocre.


Endeuillé par la mort de 26 habitants à cause du froid l’hiver dernier, Anfgou est resté isolé plusieurs jours suite aux chutes de neige, avant que la piste ne soit déblayée le week-end dernier. “La construction de la route pour désenclaver le douar avance lentement et sombre déjà dans des problèmes de budget”, s’alarme Aziz Akkoui, responsable local de l’AMDH.
 
 
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