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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Mahla

L'année 2007

En 1999, la marée noire causée
par le naufrage de l’Erika avait
coûté la vie à 150 000 oiseaux.
(AFP)

France. Facture salée pour Total


La justice française a condamné, le 16 janvier, le groupe pétrolier Total à verser, avec trois co-accusés, 192 millions d'euros pour le naufrage de l'Erika, qui avait provoqué en 1999 une gigantesque marée noire. Le groupe français, propriétaire de la cargaison, a été condamné à verser cette somme aux victimes de la marée noire, solidairement avec le propriétaire de l'Erika, le gestionnaire du navire et la société de classification Rina, tous italiens. Le jugement reconnaît, pour la première fois en France, l'existence d'un “préjudice écologique résultant
de l'atteinte portée à l'environnement”, donnant notamment droit à réparation aux associations de défense de l'environnement. Le Tribunal correctionnel de Paris a estimé que Total avait commis une “faute d'imprudence” qui a “provoqué l'accident” du pétrolier, reprochant au groupe pétrolier de n'avoir pas tenu compte de “l'âge du navire” (près de 25 ans), et de “la discontinuité de son entretien”. À la suite de ce naufrage, 20 000 tonnes de fioul s'étaient déversés sur 400 km de côtes françaises, provoquant notamment la mort de plus de 150 000 oiseaux. Les collectivités locales du littoral atlantique et les organisations de défense de l'environnement ont unanimement salué “un jugement historique”. “C'est une grande première et un fait majeur pour l'environnement”, a appuyé de son côté la secrétaire d'Etat française à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les parties civiles (associations écologiques et collectivités locales), qui avaient réclamé un milliard d'euros de dommages et intérêts, peuvent demander le paiement des 192 millions d'euros à l'un des condamnés, de préférence le plus riche, à charge pour lui de se faire rembourser les quotes-parts auprès des autres. C'est ce qui embête Total, dont les poches sont de loin les plus garnies, avec un bénéfice record de 12,6 milliards d’euros en 2006. L'avocat de Total, Me Daniel Soulez-Larivière, a déclaré qu'il allait conseiller à la compagnie pétrolière de faire appel.


Liban. Les Etats-Unis visés

Pour la première fois depuis le début de la vague d'attentats qui frappe le Liban, une attaque a ciblé des intérêts américains. Le mardi 15 janvier, une bombe a explosé au passage d’un un 4x4 de l'ambassade américaine, coûtant la vie à quatre civils libanais et faisant une quinzaine de blessés. Si le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a condamné l'attaque, le ministre libanais de la Communication, Marwan Hamadeh, a pointé du doigt “ceux qui on privé le pays de président” et qui “essaient maintenant de le priver de représentations diplomatiques en ciblant des diplomates”. Cette attaque est survenue alors que le président américain George W. Bush était en tournée dans la région. Sur le plan politique, le pays est sans président depuis l'expiration fin novembre du mandat d’Emile Lahoud. L'élection du chef de l'Etat a été reportée au 21 janvier, pour la douzième fois depuis la fin septembre.


Libye. Clandestins non grata

La Libye a décidé de lancer une vaste opération d’expulsion de ses immigrés clandestins, originaires pour la plupart d’Afrique subsaharienne, mais aussi des pays du Maghreb. “Les autorités vont commencer à rassembler tous les étrangers vivant illégalement en Libye, sans exception aucune, et à les expulser sur le champ”, a précisé un communiqué du gouvernement. Les autorités de Tripoli sont l'objet de pressions intérieures pour s'attaquer au problème des clandestins, accusés de “répandre l'insécurité et les maladies, et d'occuper des emplois au détriment des jeunes chômeurs libyens”. Surtout, la Libye est pressée par l’UE pour endiguer le flot des immigrés clandestins qui cherchent à se rendre en Europe. Les responsables libyens évaluent à deux millions le nombre d’immigrés en situation irrégulière dans le pays.


Etats-Unis. Le retour de Romney

La victoire, mardi, de l'ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, lors des primaires organisées dans l'Etat du Michigan a remis pratiquement les compteurs à zéro dans le camp républicain. L'ancien gouverneur de l'Arkansas et pasteur baptiste, Mike Huckabee, avait remporté les caucus de l'Iowa le 3 janvier et le sénateur de l'Arizona John McCain les primaires du New Hampshire cinq jours plus tard. Le scrutin reste incertain en Caroline du Sud où des primaires auront lieu samedi. A la traîne, l'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, qui a longtemps fait figure de favori du camp républicain avant que son étoile ne palisse du fait de ses médiocres résultats dans les premières consultations, a tout misé sur les primaires de Floride le 29 janvier.


Forum. Dialogue des cultures

L’Alliance des civilisations, émanation de l’ONU destinée à rapprocher Occident et monde musulman, s’est réunie en forum à Madrid, sous l’égide de son initiateur, le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero. L’organisation a annoncé le lancement de 12 projets, accords ou chantiers pour prouver que le concept était passé de la réflexion à l'action. Parmi les 12 initiatives ou accords présentés, un fonds pour le financement de films soutenu par plusieurs firmes de Hollywood, un réseau pour l'emploi des jeunes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et une banque de données Internet dans le domaine de la compréhension interculturelle. Un deuxième forum de l'Alliance se tiendra en Turquie à Istanbul en 2009.



Lu pour vous.
La notation, crime de lèse-politique

Arnaud Leparmentier, Le Monde, 16 janvier 2007

Les ministres de la République vont être notés sur des critères chiffrés, fixés avec l'aide d'un cabinet en stratégie, Mars & Co. Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Brice Hortefeux, devra reconduire 25 000 sans-papiers à la frontière ; Christine Albanel, à la Culture, sera jugée sur les entrées dans les musées. Ainsi, la France sarkozyenne serait-elle gérée comme une entreprise privée. (…) Quant au citoyen, il se verrait invité, entre deux élections, à juger sur pièces l'action du gouvernement. (…) La notation des ministres vient symboliquement “boucler” le système Sarkozy. Au cours de sa campagne, Sarkozy a élaboré des centaines de propositions. Elles ont ensuite été transcrites en objectifs dans les lettres de mission envoyées aux ministres de François Fillon. Troisième étape, les consultants de Mars & Co ont fixé avec l'équipe Fillon 450 critères permettant de mesurer si les objectifs ont été atteints. Le premier grief porte sur la légitimité de l'évaluation. (…) Deuxième grief, la course aux chiffres qui seraient par nature truqués. Ces objectifs aident à mettre sous pression les administrations. M. Hortefeux ne cache pas que ses quotas d'expulsions, si contestables soient-ils, contraignent un appareil d'Etat renâclant à agir. C'est là qu'intervient le dernier grief, celui de l'absurdité politique des objectifs. (…) Le ministre des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, estime “moralement contestable” que son collègue Hortefeux soit jugé sur le nombre d'expulsions. C'est un débat politique.



VITE !

Chef d'orchestre renommé, le pianiste israélien Daniel Barenboïm vient d’acquérir la nationalité palestinienne. Ce militant de la paix avait créé, en 1999, avec le disparu Edward Saïd, le West-Eastern Divan, un orchestre composée de jeunes musiciens d’Israël et de Palestine, de Syrie, de Jordanie, du Liban, d’Egypte et d’Espagne.


Marchés. La crise guette

La Bourse de New York, la première place mondiale, a effacé mercredi tous les gains péniblement accumulés en 2007, sous l'effet d'une intensification des craintes d'entrée en récession de l'économie américaine. Depuis le début de l'année, le Dow Jones a reculé de 6,02%. Depuis plusieurs semaines, l'économie américaine a envoyé des signaux rouges poussant plusieurs économistes à conclure que la première économie mondiale était déjà entrée en récession. Les déclarations fracassantes de l’ancien président de la Federal Reserve, Allan Greenspan, en ce sens, au Wall Street Journal, n’ont rien arrangé, ni les résultats des entreprises du secteur financier. Citigroup, première banque mondiale, a ainsi annoncé mardi des dépréciations d'actifs plus fortes que prévues et des pertes records de 10 milliards de dollars.

 
 
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