MRE. Le Conseil de la discorde
Sahara. Tifariti mon amour
Parlement. Rien à déclarer ?
Immobilier. Toits sans loi
Reportage. Des sangliers dans la ville
CAN 1976. À nous la victoire !
Marchés. La peur aux Bourses
Rapport. La CGEM lave plus blanc
Beaux livres. Mémoire à deux voix
Cinéma. Busherie halal
Édition. Abdelkrim en bulles
N° 308
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Que reste-t-il de l’USFP ?

Après “le soutien critique”, voici “la direction collégiale” ! Les frères ittihadis ont décidé de se diriger collectivement, en attendant le prochain congrès. C’est à croire que l'URSS renaît de ses cendres ! M. Elyazghi et ses amis persistent à prendre les Marocains pour des idiots. Mais où sont les vrais militants de l’USFP ? C’est simple, ils sont tous en train de claquer la porte du parti, déçus par l'attitude makhzénienne des successeurs de Abderrahim Bouabid et leur tendance à être plus royalistes que le roi. M. Elyazghi a accepté un poste de ministre sans “maroquin”, alors que le président du groupe USFP au Parlement parle de “soutien critique” au gouvernement Abbas El Fassi. Que quelqu'un m’explique : comment peut-on critiquer un gouvernement dont on fait partie ?
En fait, le problème est ailleurs. Les caciques de l'USFP (comme leurs collègues se réclamant d'une légitimité vieille de 50 ans) n'ont pas su, ni voulu, renouveler les élites de leur parti. Ils ont échoué à encadrer la jeunesse marocaine, qui n'a que faire du discours “cinquante-huitard”. Aujourd’hui, il est nécessaire qu'ils apportent du sang neuf. Et pour ce faire, ils devraient commencer par une première étape : leur départ en retraite.

Menem El Amrani, Doha – Qatar.



Comment réformer l’éducation ?

Tout le monde a fini par admettre l’échec de la réforme de l’éducation nationale, à commencer par ses instigateurs. À l’époque, feu Hassan II avait envoyé la fameuse COSEF faire le tour du monde pour s’inspirer de ce qui se faisait ailleurs. Mais pourquoi donc, puisque nos problèmes sont visibles et parfaitement identifiables ? Tout comme les solutions. Car au lieu de faire le tour du monde, il aurait suffi de rester chez soi et de voir comment fonctionne un système d’enseignement très performant : celui de la mission française où les élites, pas folles, mettent leurs enfants. Surtout, cette réforme a oublié de mettre le doigt sur un handicap majeur, qui a précipité la faillite de l’enseignement au Maroc : l’arabisation. Pourquoi ne pas commencer par corriger cette terrible erreur, commise dans les années 80, et dont nous continuons à payer le prix ?

El Houssine Bouiamrine, Meknès.



Communication new age

Le Pouvoir a trouvé sa nouvelle stratégie de communication, qui est facile à résumer. Grosso modo, la monarchie veut bien donner plus de pouvoir au peuple mais, malheureusement, elle ne peut le faire pour le moment parce que :
- Le Maroc risque de succomber à une vague islamiste. Et si les islamistes prennent le pouvoir, le Maroc ressemblera à l'Iran en deux ans. Depuis, on a pu constater que la force de frappe islamiste a été largement (et
volontairement ?) surestimée.
- Les partis politiques sont incompétents. Si le roi ne gouverne pas, qui le fera ?
- Les Marocains ne sont pas suffisamment matures pour la démocratie. Pourtant, dès le XIIIème siècle, en Angleterre, la Magna Carta (Grande Charte) a été arrachée au roi, limitant ainsi l’étendue de ses pouvoirs. Je ne pense pas que les Anglais du XIIIème siècle étaient plus matures que les Marocains du XXIème.
On nous parle depuis des décennies de la volonté royale d'éduquer le peuple marocain. Or, le Maroc compte toujours 43% d'analphabètes, loin derrière des pays comme l'Algérie, la Tunisie ou la Libye. Le Maroc a aussi régressé dans le classement de la liberté de presse et des droits de l'homme, d’après plusieurs ONG internationales crédibles (Human Rights Watch, Amnesty International, Reporters sans frontières…). Le nombre croissant de procès contre les journalistes montre que le Pouvoir veut des journalistes plus dociles, qui le caressent dans le sens du poil. Où est donc cette volonté d'éduquer les Marocains ? Le plus grave, c’est que de nombreux “intellectuels” se laissent séduire par ce discours peu consistant. Dommage.

Ahmed Salim, Casablanca.



Lettre à un ami

Pour souhaiter une bonne année 2008 à ses amis, le poète Abdellatif Laâbi leur avait envoyé un petit poème inédit de son cru, que L’Economiste avait publié. Ce poème a fait d’objet d’un billet d’humeur gratiné (TelQuel n°306), sous la plume provocatrice de Hassan Hamdani. C’est son style, c’est son talent. Pour le coup, il l’a emporté un peu loin. Si Abdellatif nous a écrit pour manifester son indignation devant ce qu’il a qualifié d’“atteinte à son honneur”. Nous en sommes profondément désolés. TelQuel considère Abdellatif Laâbi non seulement comme un des plus grands poètes marocains, mais aussi comme un homme de convictions, de principes et d’engagement(s). Et surtout, comme un ami. Et c’est en ami que nous lui demandons de ne pas nous en vouloir. Qui, mieux qu’un homme de plume de son envergure, peut comprendre que parfois, on peut écrire jusqu’à l’ivresse, et que l’ivresse ne s’embarrasse pas de modération ?

A.R.B

 
 
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