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Sahara. Tifariti mon amour
Parlement. Rien à déclarer ?
Immobilier. Toits sans loi
Reportage. Des sangliers dans la ville
CAN 1976. À nous la victoire !
Marchés. La peur aux Bourses
Rapport. La CGEM lave plus blanc
Beaux livres. Mémoire à deux voix
Cinéma. Busherie halal
Édition. Abdelkrim en bulles
N° 308
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

La pochette de “Mamnou3 f’Radio”,
les interdits des ondes.
(DR)

Rap. La compil’ des bannis


Tout nouveau tout beau : “Mamnou3 f’Radio” (interdit à la radio), une mixtape au titre on ne peut plus accrocheur et un projet musical avec du sens initié par Youssef Amerniss, créateur et webmaster du site raptiviste.net. Que contient la compilation ? : “Plusieurs titres dont la qualité musicale est indéniable, qui ont été proposés aux radios, et ont tout bonnement été refusés”, explique Youssef Amerniss. Donc, détrompez-vous si vous croyez connaître toutes les productions de qualité du rap made in chez nous, puisque bien des titres et des
groupes ne passent pas sur nos ondes et encore moins à la télé, jugés politiquement incorrects. Voilà ce que nous dit en gros l’initiateur de “Mamnou3 f’Radio” : “Ces chansons ont été censurées parce qu’elles traitent de sujets, politiques entre autres, estimés dérangeants. Ces mêmes radios, dans leurs bulletins d’information, abordent ces sujets puis empêchent les jeunes artistes d’en parler à leur manière”. Sur la compil’ donc, des titres de rappeurs connus et inconnus, parmi lesquels Aminoffice, Mehdi, Nores, Would Chaâb, et – surprise pour les initiés – un inédit du rappeur “retraité” Muslim. “Ce projet n’est que l’avant-goût d’une compilation plus fournie”, précise Youssef Amerniss. “Elle sortira avec les moyens du bord d’ici un mois, sera distribuée dans la rue puisque c’est de là qu’elle vient, et sera téléchargeable gratuitement sur le site raptiviste.net”. On dit oui !


Sortie. Braquage en famille

Le film s’ouvre sur une scène maritale de sexe torride, à Rio. Andy Hanson (Philip Seymour Hoffman) et son épouse Gina goûtent un plaisir que l’on devine trop rare. Un samedi matin ordinaire, dans la banlieue de New York, Mme Hanson ouvre la joaillerie familiale, ignorant ce qui l’attend. Une arme dissimulée sous le comptoir, deux coups mortels : assaillant et victime restent sur le carreau. Un complice posté à l’extérieur, dans le parking du centre commercial désert, effaré, s’enfuit. Le braquage a mal tourné. Au fil des flash-back, le spectateur reconstitue le déroulement des évènements. Le cadet de la famille, Hank (Ethan Hawke) s’est laissé convaincre par son aîné Andy de braquer les bijoux de (la) famille, pour combler, pour l’un, ses problèmes financiers, et pour l’autre échapper à un redressement fiscal qui mettrait à nu ses magouilles. Les frères élaborent un plan machiavélique d’arnaque à l’assurance, présumé sans dommage pour la famille. Mais la cupidité et le rêve d’une nouvelle vie font vite remonter à la surface le linge sale des Hanson.

7h58 ce samedi-là. Au Mégarama.



Découverte. Jeune plume s’envole

Elève modèle au bagout rebelle, Samira El Ayachi est la trouvaille de la rentrée littéraire hexagonale. Prose fraîche et slammée à merveille, mélange de songes et de causticité, son premier roman La vie rêvée de Mademoiselle S. révèle un sens des mots forgé dans le froid minier de Méricourt. Nourrie de Céline, Duras et de surréalisme, la jeune écrivaine revient en terre paternelle pour présenter sa plume et croiser le vers. Rendez-vous le 9 février à l’IF Meknès, les 11 et 12 à l’Alliance franco-marocaine d’El Jadida, le 13 à l’IF Rabat, les 15 et 16 au Salon du livre de Casa (lectures avec Casa Crew) et le 18 à l’IF Oujda.


Animation. Ficam chez toi !

Gonflé à bloc par les 15 000 spectateurs de l’an dernier, le Festival international du cinéma d’animation de Meknès (FICAM) revient en force pour une 8ème édition, qui sera cette fois-ci 100% africaine. Du 8 au 16 mai, Maroc, Algérie, Tunisie, Burkina, Egypte, Sénégal, Ghana et Zimbabwe rivaliseront de virtuosité en matière d’animation et de 3D sur grand écran. Comme têtes d’affiche, le Festival accueillera la réalisatrice germano-burkinabée Cilia Sawadogo (La Femme mariée à trois hommes, L’Arbre aux esprits, L’Arrêt d’autobus), le Zimbabwéen Roger Hawkins (La Légende du royaume du ciel) et le vétéran tunisien Zouhaïr Mahjoub (Fleur de pierre, Les Deux souris blanches, Le Sous-marin de Carthage, Un bougre de bœuf dans un bouiboui…). La révélation marocaine Amine Beckoury, ex des Beaux-arts et co-inventeur d’un clip en pâte à modeler pour “Blad Schizophrène” de Hoba Hoba Spirit, animera des ateliers pour jeunes à la veille de ce Ficam 2008.


Tournage. Rabat, zone verte

Tournage imminent à Rabat d’une bonne partie de Imperial Life in the Emerald City : Inside Iraq's Green Zone (titre provisoire), le dernier Paul Green Grass (Bloody Sunday, Vol 93, La vengeance dans la peau), qui revient donc au Maroc en compagnie de son acteur fétiche Matt Damon après y avoir tourné ensemble La vengeance dans la peau. Actuellement en préparation chez Zak Productions, le film est adapté du livre de Rajiv Chandrasekaran, qui remet en cause les agissements américains en Irak et met le doigt sur la façon dont le gouvernement provisoire, orchestré par l'administration Bush, a été constitué d'amis loyaux du président plutôt que de personnalités efficaces. Le thriller se déroule dans la Green Zone, une zone fortifiée où les troupes américaines résident en Irak. Imperial Life in the Emerald City : Inside Iraq's Green Zone vient donc rejoindre la flopée de productions qui débarquent des States pour critiquer la politique de Bush.


Expo. 50 artistes ni plus ni moins

La Fondation Karim Bennani pour les Arts et la Culture sort le grand jeu et donne à voir la collection privée de son initiateur (l’artiste-peintre Karim Bennani) : pas moins de 80 œuvres réunies dans un seul espace. La collection, constituée en presque un demi- siècle, raconte en peintures et sculptures les amitiés de son propriétaire, ses rencontres, les tendances et courants qui l’ont marqué. Œuvres d’artistes marocains majeurs (Mohamed Kacimi, Miloud Labied, Farid Belkahia, Abdelkrim Ouazzani, Houssein Miloudi, Mekki Megara, Jilali Gharbaoui, Mohamed Benallal…), mais aussi d’artistes étrangers importants dont Salvador Dali (Espagne), Abdelkarim Khalil (Irak), Fernand D’Onofrio (France), Rachad Salim (Soudan), Ismail Shammout (Palestine), Hedi Turki (Tunisie), ou encore Mohamed El Rawas (Liban). À découvrir.

Jusqu’au 24 juin à la Fondation Karim Bennani pour les Arts et la Culture, Rabat.



Musique. Joudia, le retour

Joudia, découverte de studio 2M, a l’air d’avoir trouvé producteur à son pied : depuis quelque temps, elle file le parfait contrat avec Clic Agency, qui s’occupe de son management, de sa distribution numérique et de sa production. Bien décidée à faire son come-back musical, elle vient de sortir deux singles, dont l’un est le remix house de son titre “si je m’envole”, et l’autre, “ana”, un duo avec le chanteur SyMehdi. Outre ses projets musicaux personnels, elle se livre pour l’instant aux dernières répétitions de “Piaf, toujours”, comédie musicale où elle joue le rôle principal, celui de la Môme Piaf. Le défi est de taille pour la jeune chanteuse en cette période où les hommages à Edith Piaf sont florissants...

Pour découvrir le résultat, rendez-vous le 8 février au théâtre Mohammed V.



Cinéma. Assâad au pays des clichés

Dans Marock, on l’a aimé en bogoss charismatique et mystérieux. Dans Indigènes, il meurt (sniff sniff) sur le champ d’honneur… Et dans l’épisode Vacances au Maroc de l’interminable série française Une famille formidable (diffusée sur TF1), Assaâd Bouab nous a déçus. Un second rôle dans un épisode médiocre où les clichés sur le Maroc se succèdent : chameaux, loukoums, jellabas...tout y passe. La fille de ladite famille formidable tombe amoureuse de Walid (Assaâd Bouab), qui travaille dans le haras du roi, et qui ne fait -presque- que sourire béatement. Bref, tout ça pour dire que ça fait mal au cœur de voir Assaad dans un aussi mauvais rôle. Vivement la sortie de Whatever Lola Wants pour nous rassurer.


Le livre.

Un Casablancais qui a reçu le prix Goncourt, ça ne vous dit rien ? Didier van Cauwelaert, auteur d’Un aller simple récompensé en 1994, propose dans ce recueil de trois nouvelles une élaboration sur le thème de la passion. Attirances file les histoires en commençant par celle d’un écrivain (un double de l’auteur) poursuivi par l’obsession d’une thésarde qui a deviné les ressorts de son sujet de travail. Le récit suivant emmène aux frontières du fantastique au contact d’un peintre possédant le pouvoir de provoquer la mort à distance, à la manière de ces poupées maléfiques avec lesquelles on jette des sorts. La dernière nouvelle raconte le glissement vers la déraison d’un tranquille père de famille. Brillant.

Didier Van Cauwelaert, Attirances, Le Livre de Poche.




Humeur.
Idée fumeuse

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Amoureux des coquelicots, abonnées à Lady Fitness, croqueurs de légumes bio… passez votre chemin, ce qui suit ne vous concerne en rien. Vous n’avez jamais été confronté au moment de solitude qu’a vécu tout fumeur au moins une fois dans sa vie. Avoir sous la main un régiment de cigarettes et pas plus de briquet sous le coude que de vierges au paradis. Pour parfaire la situation de crise : de préférence au milieu de la nuit, terré dans sa chambre devant 24 h chrono, la seule série qui vous fasse fumer 24 heures chrono, justement. C’est là que le briquet pas cher et pas encombrant vient un jour à manquer. Un jetable, forcément. En plus de vingt années de tabagie, on ne se souvient pas avoir jeté un seul briquet pourtant. Quelqu’un nous l’a toujours emprunté et jamais rendu. Même notre Bic jaune pisseux, couleur immonde choisie pour dissuader les fumeurs ayant un tant soit peu de goût. Non, même lui, on nous l’a volé sans pitié et sans souci de l’esthétique. Ce jour-là, on a eu comme un soupçon de lucidité. Le briquet jetable est une légende urbaine. L’un piquant celui de l’autre, et vice-versa, ça chiffre à la fin pour chacun. ça sent un peu l’arnaque qui ne porte pas son nom, ce truc. L’idée nous a traversé l’esprit une fraction de seconde. Une illumination sans doute à mettre sur le compte du manque de nicotine.



Festival. Scènes de vie

Après une première expérience au printemps dernier, le collectif Nous jouons pour les arts (NJ), formé par des anciens de l’Isadac, transforme l’essai pour une édition 2008 touffue et décalée. Du 6 au 10 mai, à chaque soirée ses deux spectacles de théâtre, musique et arts visuels pour bien secouer la capitale. Vous y croiserez la troupe marocaine DABATEATR dans la pièce “Fatma” de M’hamed Benguettaf et le spectacle “Mirror Match” de Yassine Sebti, ou encore les compagnies Les Zanimos et Lalasonge à travers des histoires du “Marfand de fables” et de “Cabaret”. En fond sonore : les concerts de Barry, K’lma et Basta Paï Paï ; et en toiles de fond, l’expo de Hicham Elalami, talent à suivre, venu de Béni Mellal.


Vocabulaire sans frontières
Quel est le dénominateur commun aux mots abricot, alcool, échec et mat, hasard, jupe, magasin, pyjama, sirop et zéro ? Ils font partie des 400 mots français d’origine arabe réunis par Salah Guemriche dans son “Dictionnaire des mots français d'origine arabe”, nouvellement publié aux éditions le Seuil.


Voyage musical
Concert du groupe Dar Dmana le 1er février prochain au théâtre de l’Institut français de Meknès. Entre reggadi, gnawi, andalou, chaâbi, funk, jazz, le groupe de fusion meknassi, d’abord fortement influencé par les rythmes aïssaoui, jouera sur scène les titres de son dernier album Ya l’aâli.


ça tourne !
Le premier clap du tournage de la série La terre de Lumières sera donné à Ouarzazate et région (Kasbat Taourirt, lac de Fint,…) mi-février prochain. La série de 4 épisodes, produite par France 2, raconte des tranches de vie de ressortissants français au Maroc pendant les années 30. Huit semaines de tournage sont prévues.

 
 
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