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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

L’année 2007

Le siège bruxellois de la
Commission européenne.
(AFP)

Maroc - UE. Le statut avancé quasiment acquis


Profitant de son passage au Maroc, dans le cadre des réunions du Groupe 5+5 (pays du sud de l'Europe et du Maghreb), la commissaire européenne chargée des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage, Benita Ferrero-Waldner, a tenu à rassurer sur les chances du Maroc de décrocher le statut avancé qu'il réclame à son partenaire européen. “Le Maroc mérite qu'on aille ensemble de l'avant”, a souligné Ferrero-Waldner dans un entretien accordé à un quotidien de la place, avant de révéler qu'un groupe de travail devrait
se réunir au printemps prochain pour lancer une réflexion commune sur ce statut avancé. Dans cette première expérience du genre, les deux partenaires ont visiblement tout à gagner de la réussite du processus. “Les Européens ont compris que le Maroc est le pays sur lequel ils peuvent s'appuyer pour s'ouvrir sur la Méditerranée et relancer le processus de Barcelone, qui n'a pas produit, jusque-là, tous  les effets escomptés, explique Hassan Benabderrazik, qui avait pris part aux différents rounds de négociations sur le volet agricole avec l’UE, au moment où il était secrétaire général du ministère de l’Agriculture. D'autre part, l'ancrage des normes et de la législation marocaine aux standards européens est une bonne opportunité pour provoquer des réformes et attirer les investissements”. Pour l'économiste, les retombées en termes d'attrait d'investissement et de développement des exportations ne sont pas à négliger. “À titre d’exemple, les avantages comparatifs des pays d’Europe de l'Est seront réduits, voire effacés, si le Maroc arrive à décrocher ce statut”, souligne Hassan Benabderrazik. L'UE devrait alors donner son accord politique avant la fin de l'année, suite à quoi un long processus de négociations sera entamé pour permettre la convergence de tout l'arsenal législatif des deux partenaires. On croise les doigts.


Farine subventionnée. Le nouveau système passe

Après deux semaines de négociations, les pouvoirs publics et les professionnels du secteur céréalier ont fini par trouver un accord au sujet du nouveau système de subvention de la farine. Ce système, dit de restitution à l’importation, devrait entrer en vigueur dès le 1er février et s’étaler jusqu’au 31 mai, pour une valeur fixée à 14 millions de dirhams. En gros, les céréales seront subventionnées directement à l’importation, selon la différence entre un prix de référence, qui dépend des cours mondiaux, et un prix cible au niveau portuaire. Le but in fine est de fixer un prix plafond de 260 dirhams pour le quintal de blé tendre chez les minotiers et, surtout, de garder intact le prix de la baguette à 1,2 dirham.


Privatisation. Marsa Maroc se jette à l’eau

Et c’est parti pour la première privatisation de l’année. Le ministère des Finances s’apprête à lancer l’appel d’offres pour la sélection de la banque d’affaires qui devra l’accompagner dans le processus d’ouverture du capital de Marsa Maroc (ex-Sodep). À priori, les pouvoirs publics comptent se dessaisir de 30 à 40% du capital de la société auprès d’investisseurs privés, tout en proposant une partie sur la Bourse de Casablanca. Avec son chiffre d’affaires de 2 milliards de dirhams et son résultat net de 350 millions, Marsa Maroc serait évaluée à plus de 4 milliards de dirhams. De plus, sa situation de monopole sur quasiment tous les ports du Maroc (à l’exception de celui de Casablanca, où une nouvelle filiale de Comanav vient de démarrer ses activités) suffit pour convaincre les plus grands gestionnaires de quais portuaires au monde.


Maroc Telecom. Toujours plus haut

C’est devenu un rituel : à chaque annonce de résultats, l’opérateur historique signe un nouveau record. Au terme de l’année 2007, il affiche un chiffre d’affaires de 27,5 milliards de dirhams, soit une progression de 22% par rapport à 2006. Au Maroc, l’ensemble des activités a généré en 2007 un chiffre d’affaires net de 24 milliards de dirhams, en hausse de 11%. C’est l’activité mobile qui est à l’origine de cette performance. Sous l’effet du recrutement de 2,6 millions de nouveaux clients durant l’année (soit un parc total à 13,3 millions d’utilisateurs), le volume d’activité pour le mobile culmine à 17 milliards de dirhams. Le parc fixe ne connaît pas le même essor : 1,3 million de lignes, soit une timide hausse de 1,8% par rapport à 2006. Seule consolation : 42% des lignes fixes (hors téléphonie publique) sont commercialisés grâce à l’offre ADSL. Le chiffre d’affaires du segment Internet vient d’ailleurs de dépasser pour la première fois la barre du milliard de dirhams.



Billet.
CAN à pub

Mehdi est super-stressé. Pas par le match Maroc-Guinée, où les Lions jouent leur qualification, mais parce que sa “réclamite aiguë” l’empêche de suivre la rencontre. Il recense toutes les incrustations publicitaires qui parasitent son écran LCD.
13ème minute. Rediffusion du premier but guinéen sur fond d’animation de Méditel pour son pack Médijahiz. On a tout compris : Chamakh, Kharja et Hadji ne fonctionnent qu’en prépayé.
32ème minute. Un centre catastrophique de Kaïssi est camouflé par les petites bulles de Colorado. L’annonceur défend bien ses couleurs, le onze national beacoup moins.
54ème minute. Une photo de Alloudi, digne d’une pierre tombale, s’inverse pour dévoiler le logo de Koutoubia, la marque de mortadelle. Soufiane tire la tronche, ses partenaires se font charcuter.
63ème minute. Tendermint glisse au bas de l’écran, comme le tacle raté de Chrétien Basser. L’arbitre siffle un penalty pour la Guinée. Henri Michel manque de s’étouffer avec son chewing-gum.
80ème minute. Le bandeau de Maroc Telecom effectue une rotation de 720 degrés sur l’écran. En jargon footeux, cela s’appelle une roulette, qui sert à prendre de vitesse ses rivaux. Un geste technique que le Maroc (sans Telecom) est incapable d’exécuter.
93ème minute. Coup de sifflet final. 3 - 2 pour la Guinée. À moins d’un miracle, le onze national pliera bagage dès lundi soir. Finies les incrustes pub facturées à 8000 DH l’unité pour nos chaînes nationales. Mais un petit répit en perspective pour Mehdi.



OFF.

C’est finalement Mohamed Benchaâboun qui devra bientôt prendre la tête de la BCP. La nomination de l’actuel directeur de l’ANRT comme successeur de Noureddine El Omary a étonné les milieux financiers. Depuis des mois, les rumeurs circulaient au sujet des différents candidats potentiels pour diriger la première banque publique du royaume, mais peu pariaient sur cet ingénieur.

 
 
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