MRE. Le Conseil de la discorde
Sahara. Tifariti mon amour
Parlement. Rien à déclarer ?
Immobilier. Toits sans loi
Reportage. Des sangliers dans la ville
CAN 1976. À nous la victoire !
Marchés. La peur aux Bourses
Rapport. La CGEM lave plus blanc
Beaux livres. Mémoire à deux voix
Cinéma. Busherie halal
Édition. Abdelkrim en bulles
N° 308
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc


SPÉCIAL COUPE D'AFRIQUE DES NATIONS (CAN 2008)


Alloudi. Condamné au casher

L’éclatante prestation de Soufiane Alloudi, lors du match face à la Namibie, a frappé les annonceurs. L’attaquant aurait tapé dans l’œil de nombreuses sociétés marocaines qui souhaitaient associer son image à leur marque. Cela ne sera pas possible, tout du moins pour les deux prochaines années. La nouvelle coqueluche du football marocain a signé, il y a quelques mois, un contrat d’exclusivité (dont le montant reste confidentiel) avec Koutoubia, leader national de la charcuterie. “Soufiane n’a pas le droit de faire de la pub pour une autre marque”, nous a confirmé un membre de l’agence de communication en charge du budget com’ de Koutoubia.


Pendant ce temps. Au chevet du colonel

Alors que les yeux de tout le pays sont braqués sur Accra, Mehdi Belmejdoub est dans un état préoccupant. Ce colonel à la retraite, qui était sélectionneur des Lions de l’Atlas durant les années 70, a été transféré chez lui après un séjour à l’hôpital militaire de Rabat. Très apprécié pour sa droiture, l’homme est, d’après de nombreux joueurs, le véritable artisan du sacre marocain lors de la CAN 76. Mehdi Belmejdoub a été également président de la FRMF en 1978, mais il a été poussé un an plus tard à la démission, et à la retraite par la même occasion, au lendemain de la cuisante défaite de notre onze national devant l’équipe d’Algérie (1-5).


Youssouf Hadji. Interview vérité

L’homme du “mauvais” match Maroc-Guinée de jeudi soir, Youssouf Hadji, a accordé une interview vérité au site sportif lapagedessports.com. Formulés au seuil des vestiaires du stade d’Accra, juste après la défaite des Lions de l’Atlas face au Silly national de Guinée, ses propos sont sans ambiguïté. “On est loin du niveau auquel on doit être pour espérer quelque chose. On a manqué un peu de force mentale aujourd’hui… C’est sûr, au début du match, on n’y était pas du tout. On était un peu endormis”, confie-t-il. “C’est toujours mieux quand les gens ne regardent pas trop le Maroc, ne mettent pas trop la pression”, estime aussi Hadji. ça tombe mal, tout le monde aura un œil acéré sur la sélection avant le rendez-vous couperet contre le Ghana. “On n’aura pas le choix. Il faudra gagner”, conclut l’attaquant.


Maroc-Ghana. L’autre match

Les Lions de l’Atlas ont fait un petit pont aux Black Stars du Ghana, avant même le coup d’envoi du match devant les opposer le 28 janvier prochain. La sélection marocaine leur a raflé, sur le fil du rasoir, le droit de séjourner au Labadi beach, un des hôtels les plus luxueux du pays, alors qu’il était déjà réservé depuis trois mois par l’équipe ghanéenne. “En début de semaine dernière, alors que l’on était en stage aux Emirats arabes unis, on nous a demandé sans explication de déménager”, a déclaré, dépité, à L’Equipe, le coach du Ghana, Claude Le Roy. D’après un proche du onze national, les Marocains ont fait de la surenchère pour damer le pion à leur hôte : “Ils ont proposé le double. Le directeur du palace n’a pas pu refuser”.


VITE !

Le milieu de terrain, Abderrahmane Kabous, a eu un malaise lors d’une séance d’entraînement, la veille du match contre la Guinée. Il a été transporté à l’hôpital où l’on n’a rien diagnostiqué de grave. “Son malaise est dû aux effets secondaires de la pilule contre la malaria”, rassure ce proche de l’équipe.



Les locaux de l’administration
du Parlement ont été visités par
de mystérieux cambrioleurs.
(TNIOUNI / NICHANE)

Parlement. Espionnage informatique ?


Entre le 10 et le 18 janvier, les disques durs d’une dizaine d’ordinateurs appartenant à cinq groupes parlementaires ont été subtilisés dans l’enceinte du Parlement. La série de vols a commencé dans les bureaux de l’UC, du MP et de l’USFP qui ont été visités entre le 10 et le 14 janvier. “Les disques durs volés contenaient quelques données confidentielles et personnelles, mais également nos correspondances avec des partis socialistes amis à travers le monde”, nous a confié Ahmed Zaïdi, le chef du groupe de l’USFP. Zaïdi soupçonne les
cambrioleurs d’avoir visé en priorité son parti, le vol des ordinateurs des autres formations politiques n’étant, selon lui, qu’une diversion des voleurs. Un doute que semblent conforter les interrogations de Abdelaziz El Alaoui El Hafidi, chef du groupe RNI, qui nous a déclaré : “Je ne vois pas ce que visaient les voleurs ? Les disques qu’ils ont dérobés dans notre bureau ne contenaient aucune information confidentielle”. Dernière victime, le groupe du PJD dont le bureau a été cambriolé dans la nuit du 18, penche lui aussi vers l’hypothèse d’une opération de brouillage des pistes. “Visiblement, les voleurs n’était pas animés par des considérations pécuniaires. De surcroît, les disques durs dérobés dans notre bureau ne contenaient que des données sans importance. Ce qui laisse présumer qu’ils voulaient surtout masquer leur véritable cible”, nous a expliqué Maher Mellakh, le directeur du bureau du groupe PJD. Une enquête a été initiée par l’administration du Parlement pour éclaircir l’affaire. Et, fait inédit, une société de sécurité privée a été engagée pour veiller sur les locaux administratifs de l’hémicycle.


Mohammed VI. Tout schuss !

Absent des Unes du Matin du Sahara depuis le 16 janvier, date de la fin de la visite du Roi Abdallah II de Jordanie, Mohammed VI serait en voyage privé dans la très huppée station de ski de Courchevel, où il dispose d’un luxueux chalet. “L’avion royal s’est envolé au milieu de la semaine dernière en direction de Courchevel. Le même jour, il est retourné au Maroc, sans le roi, qui ne devrait revenir que le samedi 26”, nous a confié une source bien informée. En attendant le retour de M6, l’ensemble des corps sécuritaires marocains (armée, police, DGED et DST) sont en état de mobilisation générale, comme le prévoit la procédure.


Ben Smim. Marche sous haute surveillance

Des éléments de la DST se seraient invités, dimanche dernier, à la marche organisée par les habitants de Ben Smim pour protester contre l’attribution de l’exploitation de la source d’eau du douar à une société privée. “Les autorités craignaient que la manifestation dégénère en affrontements entre la population et les ouvriers chargés de l’installation de l’usine d’embouteillement”, nous a déclaré Mehdi Lahlou, président de la section Maroc de l’association pour le Contrat mondial de l’eau. Rebelote cette semaine : les habitants de Ben Smim organisent, dimanche 27 janvier, une nouvelle marche vers Ifrane, située à dix kilomètres du village frondeur.


Marrakech. Des folies halal

Le spectacle Folie's s'installe à Marrakech. L'annonce a été faite en grande pompe lors du Salon du tourisme de Marrakech, où le public a pu apprécier les prestations des danseuses brésiliennes et (plutôt) dévêtues, formant la troupe de music-hall français. Mais, contrairement à ce que suggérait ce teaser, les Folie's de Marrakech mettront en scène des funambules on ne peut plus halal. Pudeur oblige, “il n'y aura même pas un string lors du show. Nous laissons ça au Lido et au Moulin rouge”, nous a déclaré un des initiateurs du projet. La revue marocaine, composée de 50 artistes locaux (et vêtus), donnera sa première représentation au mois de mars.


Expulsion. Recherche Nordine désespérément

Mercredi 23 janvier, un jeune Marocain de 19 ans, expulsé de France la veille, a débarqué au port de Tanger totalement démuni, sans aucune famille dans le pays. Installé et scolarisé à Sète depuis 2002, Nordine Bensiali était entré en France sur le passeport de son père, travailleur régulier dans l’Hexagone depuis 36 ans. Mal informé, son père aurait tenté, trop tard et en vain, de le régulariser après sa majorité. Selon une psychopédagogue militante de Sète, Nordine présenterait des “facultés de discernement altérées”. De quoi alerter davantage l’organisation RESF Maroc qui, après l’échec d’un comité d’accueil improvisé, déplore avoir “perdu sa trace”.



3 questions à Lenin Guzman
[Représentant de l’UNICEF au Maroc]


Dans votre rapport sur la situation des enfants au Maroc, présenté le 22 janvier, vous avez tiré la sonnette d’alarme à propos de la hausse du taux de mortalité infantile. Quelles en sont les causes ?
Il s’agit plutôt d’une stagnation, puisque ce taux n’a pas changé durant les 5 dernières années. Le Maroc n’a pas fait de progrès concernant les conditions de naissance et de croissance des enfants. Près de 5 enfants sur 100 meurent encore avant 5 ans, victimes d’infections respiratoires aiguës et de diarrhées. Plus critique encore, la moitié des décès intervient un mois après la naissance, du fait de la malnutrition et d’un manque de soins. Dans ce dernier cas, on peut parler d’augmentation de la mortalité.

Comment expliquer ces chiffres alarmants ?
Notre rapport se réfère aux enquêtes du ministère de la Santé de 2004, qui ont concerné 8000 foyers répartis dans tout le Maroc. Il se peut que la situation ait changé depuis, mais nous n’avons aucune donnée statistique pour le confirmer. Le ministère s’est engagé à actualiser ses données, mais rien n’a été fait pour l’instant.

Quelle est la situation du Maroc en matière de santé infantile par rapport aux autres pays du tiers-monde ?
Le Maroc ne figure pas sur la liste des pays devant prendre des mesures d’urgence pour réduire la mortalité infantile. Cela dit, sa situation est inconfortable et nécessite encore beaucoup d’efforts.


Benatik. Un seul être vous manque…

Après son échec électoral à Rabat aux législatives de septembre dernier, le leader du Parti travailliste doit affronter le mécontentement de ses troupes. Une dizaine de membres de la formation dirigée par Abdelkrim Benatik ont démissionné du parti mercredi 23 janvier. Contacté par TelQuel, Abdelkrim Benatik explique que ses défections sont dues à des intérêts personnels : “Beaucoup pensaient que j’étais soutenu par le Palais. Ils ont rejoint nos rangs par pure ambition et non sur la base de notre programme politique”. Le Parti travailliste avait réuni 3% des suffrages aux dernières législatives. Un score trop modeste pour certains membres du parti, à en croire Benatik.


Haïfa Wehbe. Bombe furtive

La diva siliconée ne déchaînerait-elle plus les passions ? “Son arrivée à l’aéroport Mohammed V, la semaine dernière, est passée totalement inaperçue. Il n’y avait presque personne pour l’accueillir, nous a déclaré un photographe présent sur les lieux. Malgré cela, les policiers nous ont empêchés de la prendre en photo”. “C’est faux, contredit Simo Belbachir, le président de l’Association de lutte contre le sida Ruban Rouge, à l’origine de la venue de la chanteuse libanaise. C’était une telle cohue que les gardes du corps de Haïfa m’ont marché dessus. Les gendarmes ont d’ailleurs dû l’escorter jusqu’à son hôtel à Dar Bouazza”, ajoute notre homme.


Intérieur. Marocains, votez (svp) !

En plus de contrer le péril islamiste, le gouvernement a développé une deuxième “obsession” : celle de pousser les Marocains à participer, coûte que coûte, aux opérations électorales. La parade imaginée par le ministère de l’Intérieur consiste, si l’on en croit certaines confidences, à supprimer…les cartes d’électeur pour permettre à tout le monde de voter. “Au lieu de cette carte, les citoyens pourront se présenter avec leur C.I.N, ou un extrait d’acte de naissance”, nous a expliqué cette source qui a pris part à une réunion à l’Intérieur, le week-end dernier. L’idée, que notre interlocuteur a qualifiée de “piste de réflexion”, circule déjà, tant dans le département de Chakib Benmoussa que dans les coulisses du Parlement.


Subsahariens. Rafle à Rabat

Des contrôles de police ont eu lieu, samedi 19 janvier en milieu d’après-midi, dans le quartier populaire de Hay Nahda à Rabat. Après l’interpellation d’une soixantaine de migrants subsahariens en situation irrégulière, la moitié a été libérée après des vérifications d’identité. Toutefois, trente personnes auraient été immédiatement transférées vers la frontière maroco-algérienne, d’après un communiqué de la section locale de l’AMDH. Les représentants des migrants subsahariens ont condamné l’opération, critiquant le fait que le procureur du roi n’ait pas été alerté. Or, selon cette source juridique, le procureur du roi n’est saisi automatiquement qu’en cas de détention administrative.


Fatiha Mejjati. “Mes années bohèmes”

“J’étais athée (…) Je portais des jupes courtes (…) Je sortais en boîte”… On croirait presque entendre Madonna revenant sur ses “années folles”, celles précédant sa découverte de la Kabbale. Il n’en est rien. C’est Fatiha Mejjati qui parle, la veuve de Karim Mejjati, cadre marocain d’Al Qaïda abattu en 2005. Publiées cette semaine par le quotidien français Le Parisien, les confidences de Fatiha Mejjati, en plus de renseigner sur son ancienne vie, éclairent sur les raisons de sa volte-face : “La première guerre du Golfe fut comme une baffe ! J’ai vécu une crise identitaire. Quand j’ai voulu porter le voile, ma vie est devenue un véritable enfer au Maroc (…) Il nous a fallu rejoindre l’Afghanistan pour vivre notre vie de musulmans”. Une solution extrême, tout de même.


Police. Mutations en masse

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) vient d’accepter les demandes de mutation de 500 agents de police désirant se rapprocher de leurs familles. Selon nos informations, c’est la première fois que la Direction avalise une vague massive de mutations pour des raisons sociales. Ce cadeau, suivi de près et emballé par le patron de la DGSN, Cherki Drais, en personne, vise à calmer le mécontentement des flics qui n’ont pas bénéficié des dernières promotions, qui ont touché près de 8000 de leurs collègues. Les protestations des policiers fâchés, véhiculées à travers des sites web et des communiqués anonymes, auraient alarmé les cadors de la DGSN qui envisagent une nouvelle vague de promotions pour cette année.


Fait-divers. Rapt d’enfant

Un nouveau-né a été enlevé, vendredi 19 janvier, dans le service pédiatrie de l’hôpital Moulay Abdellah de Mohammedia. Hanaa E, qui venait d’accoucher de Yassine deux jours plus tôt, a reçu la visite d’une fausse infirmière. “Elle a prétendu qu’elle voulait changer le pansement de notre fils, nous a déclaré le père de l’enfant enlevé. En fait, c’était une ruse pour le sortir de la chambre et le kidnapper”. Ne voyant pas son enfant revenir, la mère part à sa recherche avant de se rendre compte - trop tard- du subterfuge. Paniquée, elle a alerté la police de Mohammedia qui a diligenté une enquête dans la foulée. À l’heure où nous mettons sous presse, l’enfant est toujours porté disparu.


Abbas El Fassi. Jamais sans mon Istiqlal

Le Premier ministre est pressenti pour un troisième mandat à la tête de l’Istiqlal. La question n’a pas été ouvertement abordée lors de la réunion du conseil national du parti, samedi dernier à Rabat. Mais les bruits de couloir rapportent que les ténors veulent garder leur chef pour préserver la solidarité du parti : “Il est fusillé par tout le monde. Le déloger du secrétariat général ne ferait qu’encourager ses détracteurs à le ridiculiser davantage et l’Istiqlal avec”, nous a glissé un membre du conseil. Autre raison : présenter un front uni face au député El Himma, de plus en plus offensif et hégémonique sur la scène politique marocaine. Les membres de l’Istiqlal sont prêts, pour cela, à amender le règlement intérieur du parti pour permettre à Si Abbas de rempiler.


RAM. Vol mouvementé

Les passagers du Casablanca-New York de la compagnie nationale ont eu très peur en début de semaine. Le boeing 767 de la RAM a atterri en catastrophe dans l’Archipel des Açores, après le bris d’une vitre du cockpit. Frissons et grosse colère au débarquement : “Les passagers sont convaincus que ce calvaire n’aurait pas eu lieu si l’appareil n’avait pas été aussi délabré”, a écrit une passagère du vol dans une lettre adressée au boss de la RAM Driss Benhima. La cliente mécontente affirme être à la tête d’un collectif de passagers et menace de poursuite judiciaire la compagnie aérienne. La RAM a fait savoir, quant à elle, à travers un communiqué que “tous ces avions sont régulièrement contrôlés et inspectés sur le plan des normes de sécurité en conformité avec la réglementation en vigueur”.


CRT. Dépenses indélicates

Nommé à la tête du CRT de Marrakech le 2 janvier, Abdessalam Lahlou a été démis de ses fonctions vingt jours plus tard. Raison de cette destitution expéditive : “Il n’a pas cessé d’accumuler les scandales. Les derniers en date ont eu lieu au restaurant Jad Mahal et au Casino Saâdi, vendredi et samedi derniers. Sous prétexte d’être le directeur du CRT, Lahlou a refusé de payer sa note dans ces deux établissements”, nous a confié l’un de ses anciens collaborateurs. Contacté par TelQuel, Abdessalam Lahlou a nié en bloc : “Le vendredi, j’étais dans une soirée organisée par le CRT au Palmeraie Golf Palace. Ce ne sont que des mensonges”.


Elections. Communales en vue

vendredi 18 janvier, Chakib Benmoussa a rencontré les partis politiques de la majorité et de l’opposition pour préparer les élections communales de 2009. Au menu : le découpage communal et la réforme du Code électoral. D’après des politiciens ayant assisté à la réunion, la discussion s’est déroulée à bâtons rompus, ponctuée par un appel à propositions : “On nous a demandé d’envoyer nos visions par écrit”, nous a confié le dirigeant d’un parti. Autre mot d’ordre de cette réunion : trouver une solution à l’abstention. Chakib Benmoussa a présenté les résultats d’un sondage sur les législatives de septembre dernier, réalisé par son ministère auprès d’un échantillon de 1247 personnes. On y apprend, entre autres, que 30% des abstentionnistes ont exprimé leur regret de ne pas avoir accompli leur devoir électoral.



Humeur. Cinéma, cinéma

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Le Maroc, comme l’a titré La Vie Eco, a prévu de créer 300 nouvelles salles de cinéma d’ici 2012. C’est important, même si les salles - des multiplexes - risquent d’encourager la culture du pop corn autant que celle du cinéma. Pas de problème. On peut bien apprécier le dernier Tim Burton en croquant dans une tablette de chocolat ou en mâchouillant une bizarrerie bubble gum. Le cinéma, après tout, n’est qu’un réduit “bigger than life” de la morne plaine du quotidien. Un espace aveugle où les réflexes, les émotions, sont amplifiés, constamment partagés avec votre double : vous-même ! Cool. Les salles de quartier ont toujours été le meilleur endroit pour s’encanailler, et les vraies salles, les temples du cinéma, on y allait comme d’autres vont à la messe : endimanché, amélioré, lisse comme un ver, droit comme une tige, tiré à quatre épingles, des frissons plein l’épine dorsale. C’était cela. Hier, nos pères allaient au cinéma pour découvrir Orson Welles et voler un baiser à leur copine du moment. La classe ! Demain, nos enfants iront y voir le quarante-et-unième bidule de Spielberg en plongeant les dents dans la nouvelle formule McSahara. C’est bien aussi. Le cinéma change comme la bouffe, les codes sociaux, la lumière du jour. Alors bienvenus les multiplexes, la grande consommation, les m’as-tu-vu prendre un ticket pour deux, le mariage du cinoche et du fast-food. Le plus beau pays du monde a besoin de salles de cinéma comme d’écoles, d’hôpitaux, de jardins publics.
Le seul domaine où le royaume semble arriver à une certaine autosuffisance, c’est celui des mosquées. On en a assez pour assurer l’avenir spirituel de cent millions de Marocains. Il faudra juste, comme on le susurre ici et là, bétonner esplanades et parkings autour de ces maisons de Dieu. Histoire d’assurer paix et quiétude aux fidèles, et aux autres. Amen.



VITES !

Selon le quotidien espagnol El Pais du 18 janvier, citant un document de la CIA déclassifié, Franco envisageait de se doter de la bombe atomique dans les années 70. Le dictateur voulait ainsi se protéger contre une entente entre l’Algérie et le Maroc dans le but d’attaquer Sebta et Melilia… et le Sahara occidental.


Une équipe de télévision marocaine sillonne actuellement le Rif pour reconstituer le parcours de Abdelkrim Khattabi. Le documentaire devrait être diffusé dans le cadre de l’émission “Addakira Al Mouâada (mémoire récupérée)” sur 2M, probablement en deux épisodes, à une date non encore fixée.


Après le sit-in, le camping. La semaine dernière, 30 députés du PJD ont passé trois nuits dans le hall du Parlement pour protester contre le blocus de Gaza. “C’est un moyen nouveau pour marquer le coup, qui vient compléter les sit-in organisés devant le Parlement”, nous a expliqué Lahcen Daoudi, le toujours numéro 2 du parti.


Le site de la société de crédit Salafin a été piraté, cette semaine, par un hacker répondant au doux nom de Morocco Death Crew. “Juste pour alerter” sur les failles de sécurité, affirme ce dernier sur la page de garde. Il fournit aussi son mail au cas où on aurait besoin de son aide. Une demande d’embauche plutôt originale.


Le 23 janvier, la réception organisée par Omar El Jazouli au siège de la mairie de Marrakech, en l’honneur de la communauté étrangère de la ville ocre, a été gâchée par une coupure d’électricité qui a duré plus d’une heure. Les invités de Monsieur le maire ont dû terminer la soirée dans le jardin, sous la faible lueur de la lune.


Paris Match persiste et signe dans son rôle de vitrine people de Mohammed VI. L’hebdomadaire a consacré sa couverture du 17 janvier à Moulay Hassan accomplissant “ses premières obligations de futur souverain”. Le prince héritier, main dans la main avec son père, a accueilli Abdallah de Jordanie en visite au Maroc. Un training au protocole, en somme.
 
 
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