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Maroc-Israël. Les liaisons secrètes
Société. Un rapt à Mohammedia
Reportage. Une vie de facteur
Italie. La chute de Prodi
Développement. Des agences pour le Maroc inutile
Interview. Tahar Ben Jelloun
Cinéma. Tolérable cruauté
N° 309
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

L’année 2007

Le siège casablancais
du groupe Addoha.
(AIC PRESS)

Immobilier. Petites affaires entre grands concurrents


Les deux géants de l’immobilier, le groupe Addoha et le groupe Jamaï, viennent de racheter “fifty-fifty” la société Biladi. Cette entreprise saoudienne, qui doit ses titres de noblesse à la réalisation du projet “Ryad Al Andalous” à Casablanca, est également présente dans d’autres projets très prometteurs à Marrakech et Azemmour. Pour réaliser cette acquisition, les deux groupes ont, à les en croire, mis leurs efforts en commun. “Contrairement à ce qu’a pu raconter la presse, il n’y a jamais eu de bataille entre les deux groupes pour cette
acquisition”, explique Hassan Ben Bachir, conseiller du président d’Addoha, comme pour balayer les rumeurs qui circulaient quelques jours avant l’opération. En effet, le marché se faisait l’écho d’un éloignement du groupe Chaabi de ce deal, alors qu’il était bien parti pour devenir le partenaire des Jamaï. Pourtant, même du côté d’Ynna Holding, on nie en bloc : “Aucune transaction n’était en négociation avec le groupe Jamaï”, assure une source autorisée du groupe Chaabi. De toute manière, quand bien même ce deal lui aurait échappé, Lhaj Miloud a toujours de quoi se consoler. Il vient de s’offrir l’ex-siège social de la Régie des Tabacs à Casablanca. Situé dans un quartier résidentiel de la métropole, ce terrain devrait à priori servir à un projet immobilier de haut standing.


LOA. Les conseillers révisent leurs comptes

Serait-ce la hausse subite du montant de leurs propres loyers qui aurait attiré l’attention des élus de la Deuxième chambre sur l’augmentation de la TVA sur le leasing ? En tout cas, ils font tout un tapage autour de la question. La Commission financière de la Chambre des conseillers s’est même fendue d’une lettre, où elle interpelle le ministre des Finances et le directeur général des impôts pour revenir sur cette décision, contenue dans le Budget 2008… voté par cette même Commission. Les représentants assurent néanmoins avoir obtenu toutes les garanties, lors de l’examen de la Loi de Finances, pour que cette hausse de la TVA - sur l’immobilier et les opérations de leasing - n’ait pas d’effet rétroactif. Or, la hausse de TVA sur le leasing n’a rien de rétroactif, puisqu’elle ne s’est appliquée aux loyers qu’à partir de janvier 2008. Encore plus caricatural : les conseillers vont jusqu’à menacer de bloquer le prochain Budget si le département des Finances n’annule pas cette hausse…


Financement. 2 milliards pour Veolia

Troisième gros emprunt local pour Veolia Environnement Maroc. Cette semaine, la filiale du groupe français vient de lever 2,1 milliards de dirhams auprès de 7 banques de la place : BMCE Bank, Attijariwafa, Banques Populaires, BMCI, SGMB, Crédit du Maroc et UMB. Cet emprunt sur 15 ans (2008-2023) est mobilisé à travers les deux filiales de Veolia Environnement Maroc, Amendis et Redal. Les fonds serviront au financement des projets entrepris par le groupe : dépollution de la baie de Tanger, assainissement de Tétouan, de la zone touristique de Tamuda Bay et de Rabat. Le groupe prévoit aussi de se lancer dans la gestion des transports publics (il est d’ailleurs candidat pour la gestion des autobus à Rabat) et porte un intérêt particulier à la collecte des ordures ménagères et au traitement de déchets.


Acquisition. SNI entre dans la Somed

Objet des rumeurs les plus folles depuis des semaines (entre acquisition d’Akwa group et désengagement de Wana), suspendue de cotation depuis mercredi, la SNI a finalement levé le voile sur son opération stratégique. En fait, elle vient de racheter (pour 1,24 milliard de dirhams) près de 33% du capital de la société maroco-émiratie, la Somed. “Les compagnies d’assurances nationales se sont complètement désengagées, alors que le fonds d’Abu Dhabi a réduit sa participation”, confie une source du holding royal. Pour les observateurs, cette prise de participation vise d’abord à prendre pied dans le secteur du tourisme. “C’est l’un des relais de croissance que vise le holding royal, et dans lequel Somed est fortement présent”, analyse un banquier d’affaires. Le portefeuille de participations de Somed ne serait donc que la cerise sur le gâteau.


Tourisme. Le Maroc double la Tunisie

Avec ses 7,45 millions de touristes en 2007, le Maroc fait pour la première fois mieux que la Tunisie qui a vu défiler sur son sol 6,7 millions de touristes seulement. Toutefois, en termes de nuitées, la Tunisie reste devant, enregistrant des chiffres plus de deux fois supérieurs à ceux du royaume (37,4 millions de nuitées contre 15,8 pour le Maroc). Explication : le nombre des visiteurs du Maroc inclut les MRE, qui ne logent pas forcément dans des établissements hôteliers. Le Maroc prend sa revanche au niveau des recettes de voyage, avec ses 4,8 milliards d’euros, soit près de trois fois plus que le pays de Ben Ali (1,7 milliard d’euros). Mieux encore, les revenus du tourisme au Maroc n’incorporent pas les transferts des MRE.


MRE. Une manne à se partager

La Banque africaine de développement (BAD) vient de rendre publique une étude sur l’état des flux financiers issus de la diaspora de quatre pays, dont le Maroc. On y apprend que quatre banques se partagent 85% du marché des migrants, grâce à une stratégie d’implantation ou de représentation directe dans les principaux pays émetteurs. Autre découverte encore plus importante : 34% du total des envois sont réalisés par des “sans profession”. La manne des MRE, devenue tellement importante, commence même à intéresser les banques européennes. La Caisse d'épargne française va ainsi mettre en place un compte épargne co-développement dès le mois d’avril prochain. Ce nouveau produit, assorti d’incitations fiscales, est destiné à favoriser l'épargne chez tous les immigrés vivant dans l’Hexagone et à financer des projets d'entreprise dans leurs pays d'origine.



Pendant ce temps, le peuple…
Buffet du terroir

Entre deux canapés au caviar de beluga de la Mer Caspienne et une lampée de champagne Taittinger, Aziz fait tinter sa flûtte, pour prononcer un mot à l’adresse de ses convives : “Aujourd’hui, nos députés ont adopté un projet de loi qui me tient à cœur : la loi portant sur les ‘signes distinctifs d’origine et de qualité des denrées alimentaires et des produits agricoles et de la pêche’”. “Hourah, hourah !”, exultent les hôtes alléchés par cette mise en bouche. Aziz met le holà d’un geste de la main, avant de poursuivre : “C’est une révolution dans la valorisation de nos produits du terroir, avec l’introduction des notions d’Appellation d’origine (AO), d’Indication géographique (IG) et de Label agricole (LA) contrôlés”. Place alors au buffet. Le clou de la soirée. Une sorte de benchmark culinaire, où nos plus célèbres produits du bled se mesurent aux fameuses appellations mondiales.
Entrée. Huile d’argan contre vinaigre de Modène. L’avantage de la première est de passer même avec le mehrach du matin.
Plat principal. Khlie du sardi de Kelâat Mgouna vs jambon de Parme. Deux coups de cornes à zéro.
Boisson. Le gris de Boulaouane 2003, contre Mouton Rotschild 1946. Là, 62 années de SMIG séparent les deux ivresses.
Dessert. le melon de Cavaillon humilie nos vaillantes clémentines de Berkane. Mais en digestif, le haschich de Kétama bat tous les cognacs à plate couture. Malheureusement, nos députés ne l’ont pas prévu sur la liste des produits du terroir…



OFF.

À peine le dossier avec les céréaliers bouclé, le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, s’est penché sur un autre grand chantier. Il vient de signer un contrat-programme avec la Fédération des opérateurs de l’industrie sucrière, affiliée à la CGEM, pour impulser une nouvelle dynamique à ce secteur. Le hic : tout le secteur sucrier peut se résumer à un seul opérateur, la Cosumar, filiale de l’ONA.


Altadis Maroc vient d’engager une réflexion pour la refonte de tout son réseau de distribution, qui compte pas moins de 21 500 débits de tabac. L’objectif serait de fluidifier davantage le processus et d’améliorer la transparence. C’est aussi l’occasion pour le producteur de tabacs, pratiquement tombé dans l’escarcelle de British American Tobacco, de relancer sa filiale Logesta, qui devrait se positionner dans l’activité logistique.

 
 
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