Forum social. Le Maroc des alters
Maroc-Israël. Les liaisons secrètes
Société. Un rapt à Mohammedia
Reportage. Une vie de facteur
Italie. La chute de Prodi
Développement. Des agences pour le Maroc inutile
Interview. Tahar Ben Jelloun
Cinéma. Tolérable cruauté
N° 309
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Henri Michel, lors de la conférence
de presse du jeudi 31 janvier.
(TNIOUNI / NICHANE)

CAN 2008. Henri Michel contre-attaque


Jeudi 31 janvier, au lendemain du retour du onze national, éliminé de la CAN, Henri Michel a dû affronter la presse sportive qui s’était déplacée en masse au Centre national de football à Salé, pour avoir une explication sur le parcours peu glorieux du Maroc. Attendu de pied ferme, le sélectionneur national a joué l’attaque : “Je ne suis pas là pour me justifier, mais pour poser des constats”, a-t-il asséné. Mais la presse ne l’a pas entendu de cette oreille, préférant se focaliser sur la responsabilité du sélectionneur français, peu épargné par les médias
marocains. Michel a campé sur ses positions en expliquant que le Maroc n’a pas gagné car “il n’était pas le meilleur”. Du fait de l’acharnement de l’auditoire, le point de presse a rapidement viré au règlement de comptes. L’entraîneur s’est emporté en dénonçant l’optimisme démesuré de la presse : “Vous mentez aux gens quand vous leur racontez qu’on est les meilleurs. On n’a jamais rien gagné depuis 30 ans !”. Et de poursuivre : “Avant, on avait Naybet et Bassir qui tiraient l’équipe vers le haut. Mais le Maroc, comme le Mali, fait des coups d’éclat, mais ne s’inscrit pas dans la stabilité”. Henri Michel en a profité pour revenir sur sa précédente expérience au Maroc et sur “le travail de fond qu’il a commencé mais qui n’a pas été poursuivi”. Cette fois-ci, le coach ne compte pas démissionner de son poste de sélectionneur et s’est fixé comme “premier objectif de stabiliser le football marocain”. Prochain challenge, les qualifications pour la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.


Rachid Nini. Procès en diffamation

Le directeur du quotidien Al Massae est poursuivi pour diffamation par Bilal Bourbab, adjoint du procureur du roi près le tribunal de Ksar El Kébir, selon une dépêche de l’Agence France-Presse, parue jeudi et citant la MAP. Son procès devrait débuter le 22 février prochain devant le tribunal de première instance de Rabat. Il semblerait que la plainte soit une initiative personnelle de l’adjoint du procureur. En novembre dernier, Al Massae avait été l’un des médias les plus virulents dans l’affaire du présumé “mariage gay”, qui s’est soldée par de lourdes condamnations à des peines de prison ferme à l’encontre de six prévenus, poursuivis pour homosexualité. Affaire à suivre.


Casques bleus. Des vandales au Sahara

Des membres de la force des Nations Unies au Sahara occidental (Minurso) ont vandalisé un site historique vieux de 6000 ans en le couvrant de graffitis. C’est ce que vient de révéler le quotidien britannique The Times qui cite une étude menée par deux archéologues européens. Contacté par TelQuel, le chef de la Minurso, Julian Harston, a confirmé les faits. “Je suis consterné par de tels agissements qui ne sont pas dignes d’officiers des Nations Unies”, nous a-t-il déclaré, ajoutant “que non seulement une enquête est en cours pour identifier les responsables et les sanctionner, mais nous sommes également en contact avec l’UNESCO pour réhabiliter le site endommagé”.


Bougrine. De report en report

“Le prisonnier des trois rois” restera derrière les barreaux. Le procès en cassation du militant de l’AMDH, Mohamed Bougrine, tenu courant de la semaine, a accouché d’un nouveau report au 6 février. Condamné en mai dernier à 3 ans de prison pour “atteinte aux sacralités du royaume”, Bougrine s’est aussi vu aussi refuser la visite de l’Aassociation médicale de réhabilitation des victimes de la torture. “Ce niet du ministère de la Justice est incompréhensible, nous a déclaré le président de l’AMRVT, Abdelkrim El Manouzi. D’autant que Bougrine est gravement malade et son état de santé nécessite en urgence une prise en charge médicale”.


Marrakech. Touche pas à mon serpent

“Touristes, boycottez les spectacles de charmeurs de serpents à Marrakech”. Tel est le leitmotiv d’une pétition mise en ligne sur le site geos-nature.org. “Ces spectacles sont dignes de pratiques médiévales et ont entraîné la quasi-disparition de certaines espèces de serpents au Maroc”, s’insurge Michel Tarier, naturaliste résidant au Maroc, à l’origine de l’appel. L’homme n’en est pas à son premier fait d’armes. Il y a quelque temps, il s’est rendu dans un poste de police à Marrakech, pour y déposer une plainte pour… maltraitance envers les animaux. “Les policiers m’ont ri au nez lorsque je leur ai exposé le motif de ma plainte”, se souvient Michel Tarier.


USFP. Un congrès pas si ordinaire

Les socialistes ont enterré (pour un temps) la hache de guerre en se mettant d’accord sur la tenue d’un congrès ordinaire prévu du 30 mai au 1er juin à Bouznika. Samedi 26 janvier, le Conseil national a rejeté la proposition des partisans de Mohamed Elyazghi, qui appelaient à un congrès extraordinaire. “Seules les instances officielles sont conviées en cas de congrès extraordinaire. Elyazghi espérait ainsi que ses amis au sein de ces instances reconduisent le même bureau politique”, explique un membre du Conseil national.
Assiégé de toutes parts, l’ancien premier secrétaire aurait même abandonné sa proposition de présider la commission préparatoire de ce congrès, comme nous le confient des sources internes. Elyazghi aurait de surcroît assuré à ses collègues qu’il ne voulait plus de son ancien poste de à la tête de l’USFP.


Terrorisme. Rabat aide Madrid

Abdelilah Ahriz a été arrêté lundi 29 janvier, sur ordre du juge d’instruction près la Cour d’appel de Salé, spécialisée dans les affaires de terrorisme. Le juge marocain répondait à la demande de son confrère espagnol Juan Del Olmo, qui enquête sur les attentats du 11 mars à Madrid. Del Olmo s’était rendu en décembre dans le royaume pour interroger Ahriz et prélever des échantillons de son ADN. Ce qui a permis d’identifier les empreintes génétiques retrouvées dans l'appartement des terroristes. En vertu de l’article 721 du Code de procédure pénale, la demande d’extradition est rejetée lorsque l’individu visé est un citoyen marocain. Mais rien n’empêchait la justice marocaine d’engager des poursuites contre Ahriz. C’est chose faite.


Aero-Expo. Copyright vert kaki

Lors du Salon de l’aéronautique de Marrakech, il n’y avait pas que des avions. Il y avait aussi des tableaux. Notamment ceux du peintre Ahmed Nouaïti, qui a profité de l’événement pour exposer certaines de ses toiles dédiées à l’aviation. Mais l’artiste peintre ne s’attendait sûrement pas à la réaction d’un responsable de la base aérienne de Marrakech, qui abritait l’Aero-Expo. Intrigué par la précision des tableaux de Nouaïti, dont certains reproduisent fidèlement des F-16 et des hélicoptères de combat, ce gradé a demandé à l’artiste s’il avait une autorisation expresse de l’état-major pour peindre des tableaux aussi réalistes. Où va se nicher le contre-espionnage…


El Hachimi. Un cheikh pas en bois

En visite au Maroc il y a deux semaines, le “docteur” omanais, qui prétend guérir le sida et le cancer avec des plantes, a obtenu le déblocage de son compte bancaire marocain gelé à la demande des autorités du royaume pour des raisons sécuritaires. “Ce compte a été ouvert au nom de sa société et servait à recueillir les versements des Marocains achetant remèdes et potions. Il a été débloqué sur intervention personnelle du Sultan Kabous d’Oman. Mohamed El Hachimi a ainsi pu quitter le Maroc avec environ trois millions de dirhams”, nous a confié un responsable sécuritaire.


Médias. TelQuel récompensé

Youssef Ziraoui et Mehdi Sekkouri Alaoui, journalistes à TelQuel, ont remporté le prix RFI-Reporters Sans Frontières-OIF (Organisation internationale de la francophonie) pour l’année 2007. Ouvert à 41 pays francophones, ce prix récompense le meilleur reportage d’actualité traitant des droits de l’homme dans quatre catégories : presse écrite, photographie, dessin de presse et radio. Nos deux journalistes ont été récompensés à l’unanimité du jury pour leur reportage “Sur la piste du sniper de Targuist” (TelQuel n° 292). Ils recevront prochainement leur prix à Paris, des mains de Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, actuellement secrétaire général de l’OIF.



3 questions à Rachid Filali Meknassi
[nouveau Secrétaire Général de Transparency Maroc]


Vous venez d’être élu au poste de secrétaire général de Transparency Maroc. Comment s’est effectuée la “passation de pouvoirs” avec votre prédécesseur Azzedine Akesbi ?
Elle n’a presque pas eu lieu. Comme de nombreux membres du conseil national, je me trouvais impliqué dans la plupart des actions. Du reste, Azzeddine Akesbi et quatre autres membres du bureau sortant restent à mes côtés. Le mode participatif du fonctionnement de l’association facilite énormément la transition en cas de renouvellement des dirigeants.

Envisagez-vous des changements d’orientation ?
Chaque secrétaire général a bien évidemment son style de management, mais notre organisation ne changera pas d’attitude sur le fond. Nos prises de position dépendront essentiellement de l’Etat et de sa future Instance anti-corruption.

Qu’attendez-vous de cette instance, dont la création semble imminente ?
Qu’on lui donne les moyens de faire son travail et qu’elle ne subisse pas la corrosion administrative. Il faudra qu’elle résiste aussi à la tentation de phagocyter la société civile. En tant qu’organe transversal de l’Etat, investi des missions de diagnostic, d’étude et de proposition en matière de corruption, elle devrait relayer le plaidoyer de la société civile et le consolider. Mais les membres de cette instance risquent de se rendre compte qu’être une simple force de proposition ne suffit pas.


Oulémas. Causons aux djeun’s

Comment protéger la jeunesse des sirènes intégristes ? Cette question épineuse sera abordée par la Rabita mohammadia des Oulémas, lors d’un colloque qui sera organisé à Rabat le 5 février. “Faute d’un discours modéré qui leur parle, nos jeunes tombent facilement dans les filets des extrémistes”, nous explique un responsable de la Rabita. L’objectif de la réunion, à laquelle participeront des chercheurs comme Mohamed Tozy et Mohamed El Ayadi, est justement de jeter les bases d’une religiosité alternative pour les jeunes. Dirigée par le réformiste Ahmed Abbadi, la Rabita a enfourché ce nouveau cheval de bataille suite à une enquête sur le contenu des DVD anti-Occident vendus à la sortie des mosquées.


FAR. Un contingent au Darfour

Une centaine de policiers et autant de gendarmes marocains se préparent à partir au Darfour et dans l’Est du Tchad dans le cadre d’une mission de sécurité de l’ONU. “Un séminaire de formation a été organisé à Rabat au profit des membres de ce contingent qui devrait assurer une mission de police au sein des camps de réfugiés du Darfour”, nous a confié une source à la DGSN. Espérons que nos policiers auront un comportement moins sulfureux que leurs homologues militaires basés à Bouaké en Côte d’Ivoire. L’ONU vient en effet de suspendre, samedi dernier, les Casques bleus marocains suite aux multiples accusations pour exploitation sexuelle de mineurs dont ils ont fait l’objet.


Lee Murray. Un condamné heureux

Soupçonné par la police britannique d’être le “cerveau” du braquage du siècle (800 millions de dirhams) perpétré en février 2006, le britannique d’origine marocaine doit apprécier d’être emprisonné au Maroc. Mercredi 30 janvier, la Cour d’appel de Salé confirmait sa condamnation à huit mois de prison pour “violence, séquestration et détention de drogues”. Cette condamnation pour un délit commis au Maroc sonne comme une bonne nouvelle pour Lee Murray puisque, la même semaine, cinq de ses complices écopaient de dix à quinze ans de prison devant un tribunal londonien pour leur participation au hold-up spectaculaire.


Diplômés chômeurs. Le chantage reprend

Près de 1000 personnes ont envahi le siège du Parti de l’Istiqlal mercredi 30 janvier. Les intrus, des diplômés chômeurs, demandaient à voir Abbas El Fassi, après avoir été empêchés par la police d’accéder à la primature. La raison de leur colère : la lenteur de leur intégration dans la fonction publique. “Ils ont envahi les bureaux, insulté le personnel et certains ont menacé de se suicider”, raconte un Istiqlalien. Les protestataires ont été reçus par Driss El Guerraoui, M. “Ddiplômés chômeurs” au sein de la primature, et le jour suivant par une commission composée de plusieurs délégations ministérielles. Résultat : “Fiasco total”, selon un leader des diplômés chômeurs.


INDH. L’Intérieur fait la com’

Les jeudis de l’INDH est la nouvelle formule marketing imaginée par les responsables du ministère de l’Intérieur pour vendre l’initiative royale. L’Intérieur assure que cette sortie médiatique, qui se fera un jeudi par mois, n’est pas une riposte au rapport 2007/2008 du PNUD, qui a classé le Maroc parmi les mauvais élèves en matière de développement humain. “Nous l’avions inscrite dans notre planning de communication depuis le départ”, se défend un organisateur. Invités au premier “jeudi de l’INDH”, tenu la semaine dernière, les dirigeants du PNUD et de la Banque Mondiale ont profité de l’occasion pour relever les carences dans le suivi et l’évaluation de l’initiative royale.


MRE. Des oulémas à l’export

Les Marocains vivant à l’étranger auront aussi leur Conseil des oulémas. Le ministre des Affaires islamiques, Ahmed Taoufik, l’a annoncé dans une récente déclaration au Parlement. “L’instance fera l’objet d’un dahir qui sera promulgué bientôt”, nous a précisé une source au sein du même ministère. Cette nouvelle instance sera rattachée au Conseil supérieur des oulémas, présidé par le roi. On ne sait pas encore si elle siègera au Maroc ou à l’étranger, mais dans tous les cas, sa mission sera de traiter les affaires religieuses de nos compatriotes, particulièrement en matière d’encadrement. Et pour cause : les gestionnaires de la chose religieuse sont préoccupés par la multiplication des imams chassés d’Europe pour leurs prêches incendiaires.



Humeur. Laïcité, ma mère

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Comme la vengeance, c’est un plat qui se mange froid. Mais pas surgelé, le foie risque de crier détresse, les intestins de creuser un nouveau Canal de Suez. La laïcité. Un concept doux à mon oreille, beau comme une fleur dans un jardin marocain. Avec des trémolos dans la voix, cela ferait une chanson romantique. Mais à la manière Ghiwane première mouture, pas Céline Dion, pas Nancy Ajram, pas Haïfa Wehbe, pourtant mes amours tues. La laïcité a de quoi séduire ma mère, pour qui la lecture du Coran est la seule activité quotidienne qui vaille. Elle peut faire l’affaire de mon voisin qui imite l’inspecteur Harry sur un seul point : il ne renonce jamais (au prêche et à la culpabilisation de l’autre). Je peux comprendre les conservateurs qui voient en la laïcité la seule déflagration capable d’ébranler l’ancrage de l’identité musulmane. À eux de comprendre que c’est aussi la seule clé pour donner à l’individu la possibilité d’émerger en terre d’islam. Pour aller à la modernité, c’est le tribut, le ticket à payer sur une aire de péage. Le 100% Jamal Berraoui publié dans ALM du 25 janvier nous dit : “Le faux débat sur l’islam tolérant et l’obscurantisme n’a pas lieu d’être, c’est aux théologiens de régler leurs problèmes et aux croyants d’adopter la lecture qui leur sied”. Comme après une belle rasade, un solo d’Eric Clapton, une kamanja inspirée du Maréchal Kibbou, on dit : “Oh yeah !”. Le JB national a raison. La religion n’a pas explosé à la face du monde pour semer la pagaille, bien au contraire. S’ils étaient nés aujourd’hui, les prophètes nous diraient autre chose, dans d’autres formats, avec le même but : nous faire du bien. Et puis, entre nous, quelle est la question qui peut vous empêcher de dormir : vous savoir croyant et dans l’orthodoxie musulmane (ou juive, ou chrétienne), ou bien dans votre peau, heureux comme une pierre qui roule, sans plus de détails ?



VITES !

La star de cinéma Halle Berry a fêté, le 19 janvier dernier, l’arrivée prochaine de son bébé sous le signe du Maroc, rapporte le site people Public.fr. La cérémonie en l’honneur du ventre rond de l’actrice s’est tenue chez la future maman, à Beverly Hills, dans sa résidence décorée d’artisanat marocain pour l’occasion.


Le Maroc pourrait finalement ne pas acheter d’avions de chasse américains. D’après le quotidien français Les Echos, le constructeur américain Lokheed Martin, qui devait fournir les 24 F-16, a du mal à dénicher des banques acceptant de prêter au royaume les 2,4 milliards de dollars nécessaires à la transaction.


Prévue initialement pour le 14 puis pour le 16 janvier, l’annonce de la création d’une télévision dédiée aux Amazighs a été à nouveau reportée. “Rien d’alarmant. Ce retard est dû à la lenteur de la HACA dans le traitement du cahier des charges de la chaîne”, nous a confié Ahmed Assid, en charge du dossier au sein de l’IRCAM.


Le maire PJD de Meknès projette de sous-traiter la gestion de certains sites historiques de la région, comme la ville romaine Volubilis et les écuries du sultan alaouite Moulay Ismaïl. Aboubakr Belkora ira en France le 6 février afin d’étudier l’offre d’une filiale du groupe SUEZ, spécialiste en la matière.


On connaissait l’ingéniosité des trafiquants de drogue. Mais à Sebta, mardi 29 janvier, les douaniers marocains ont mis la main sur des contrevenants (presque) au-dessus de tout soupçon : un couple de handicapés a été arrêté alors que lui et elle cachaient 38 kg de haschisch dans leurs fauteuils roulants ! L’histoire ne dit pas s’ils ont tenté de prendre la fuite...



À table avec Si Abbas !

Bilan. Justice, lève-toi et marche !

Reconnaissons à Si Abbas la lucidité d’admettre, entre deux bouchées de pain de mie, que tout n’est pas parfait dans le plus beau pays du monde. Le Maroc de Si Abbas a au moins cinq problèmes majeurs : “La justice qui doit gagner en indépendance, l’éducation, où on n’arrive toujours pas à éliminer l’analphabétisme, l’agriculture, qui peut donner tellement plus, le monde rural où on a oublié que le plus important, c’était l’homme (rural), et la bonne gouvernance puisque le Maroc gaspille beaucoup d’argent en menant un train de vie (salaires et divers défraiements accordés aux officiels) au-dessus de ses moyens”. Bien dit, Si Abbas !


Déclaration de patrimoine. Majesté, un dahir svp !

Abbas El Fassi est un fervent défenseur du projet de loi (toujours en souffrance) sur la déclaration de patrimoine. “La loi 92 obligeait théoriquement les concernés à faire leur déclaration tous les 30 ans, aujourd’hui il faut ramener la périodicité à 2 ans. Et il faut cibler les ministres, mais aussi les élus, les hauts fonctionnaires, les juges et présidents de commune, les membres du Conseil constitutionnel et les membres de la HACA”. Mais alors, pourquoi cette loi bloque-t-elle toujours ? “Parce que cela passe aussi par une modification des statuts officiels des ministres, et ces statuts ne peuvent être modifiés que par dahir royal.”… Et aussi parce Si Abbas n’ose pas trop demander au roi d’émettre ce dahir.


Brief. Pas chez moi !

il l’a fait ! Le Premier ministre a reçu la presse marocaine, mardi soir, à la villa de la primature, sise rue des Princesses à Rabat. “C’est la deuxième fois seulement que je viens dans cette villa, je n’y habite pas (ndlr : au moins deux parmi les prédécesseurs de Si Abbas, Abdellatif Filali et Abderrahmane Youssoufi, ont habité la villa des Princesses), cela fait 38 ans que j’habite chez moi et je n’ai pas tellement envie de déménager”. Souriant, décontracté, le chef de l’exécutif s’est mis les représentants de la presse dans la poche en multipliant les formules d’amabilité (“J’aime la presse marocaine, surtout l’indépendante !”). Et il a eu, bien entendu, le “courage” de ne faire aucune révélation : “Je suis tenu par un devoir de réserve”.


Technocrates. To be or not to be

On savait le Premier ministre capable de dire une chose et son parfait contraire. Il en a donné, mardi, la preuve, une de plus. “Je ne suis pas contre les technocrates, au contraire, je les aime. Je suis donc très content de ceux qui figurent au gouvernement. Ils sont tous très compétents !”. Evidemment. Le Premier ministre approuve le choix (parce qu’il est royal) des SAP et des technocrates, qui érodent pourtant le pouvoir d’attraction des partis politiques. Il estime aussi que l’équipe gouvernementale est “homogène”, alors que tous s’accordent à la juger hybride. Et il estime que les SAP ne sont plus SAP “du moment qu’ils font de la politique”. Le fin mot de la logique originale du Premier ministre : il aime et approuve toutes les décisions prises par le roi. Même celle qui lui a retiré la tutelle des trois agences (Nord, Sud, Oriental) de développement !


VITE !

“Quand on est à la tête d’un parti, on se présente aux élections et on les gagne ! Sinon, on démissionne”. Les “amis” de la Koutla apprécieront : Ismaïl Alaoui du PPS, a échoué aux élections, alors que Mohamed Elyazghi de l’USFP, ne s’y est même pas présenté !
 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés