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Maroc-Israël. Les liaisons secrètes
Société. Un rapt à Mohammedia
Reportage. Une vie de facteur
Italie. La chute de Prodi
Développement. Des agences pour le Maroc inutile
Interview. Tahar Ben Jelloun
Cinéma. Tolérable cruauté
N° 309
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

L'année 2007

Ehud Olmert
(AFP)

Israël. Un rapport de plus


Un nouveau rapport de la commission Winograd sur les ratés de la guerre du Liban en 2006 vient de pointer à nouveau la responsabilité d’Ehud Olmert. “Nous avons relevé des manquements graves au plus haut niveau de l’échelon politique et militaire”, affirme ce rapport de 600 pages, rédigé sur la base de 74 témoignages de responsables politiques et militaires, présenté mercredi par le juge à la retraite, Eliahou Winograd. Toutefois, les conclusions de la commission, redoutées par l’entourage d’Olmert, sont plus clémentes que celles du
précédent rapport intérimaire, où la responsabilité du Premier ministre israélien avait été clairement mise en avant. Ainsi, le rapport Winograd a évité de faire assumer des “responsabilités personnelles”. La commission a même estimé qu’Ehud Olmert et Amir Peretz (ex-ministre de la Défense) ont été guidés par une “approche sincère des intérêts israéliens”. Pourtant, le document indique clairement que “l’entrée en guerre sans une stratégie de sortie était une grave défaillance”. Le rapport critique aussi “la conduite de la guerre défaillante au niveau de l’échelon politique et au niveau opérationnel, et en particulier au sein des forces terrestres”. La commission Winograd ajoute que “l’armée a échoué et n’a pas fourni à l’échelon politique un résultat susceptible d’être exploité au niveau politique”. À Beyrouth, le Hezbollah n’a pas raté l’occasion, déclarant que le rapport confirme “qu’Israël a complètement échoué dans la réalisation de ses buts et l’armée israélienne a subi une défaite face au Hezbollah”. Les détracteurs d’Olmert voulaient sa démission suite à la parution de ce rapport. Les critiques, après la guerre, avaient porté sur l’impréparation des unités et l’absence de véritable stratégie. Plusieurs gradés ont, depuis, démissionné : le ministre de la Défense, Amir Peretz, le chef d’état-major Dan Haloutz, ainsi que le général Oudi Adam et deux commandants de division. Pendant cette guerre, l’armée israélienne n’est pas parvenue à briser l’appareil militaire du Hezbollah.


Palestine. Rififi autour de Rafah

L’Egypte a engagé avec l’Autorité palestinienne et le Hamas des contacts séparés pour négocier une issue à la crise provoquée par l'ouverture “forcée” de sa frontière avec Gaza. Chacun des deux frères ennemis a proposé au Pouvoir égyptien de prendre en charge la gestion du point de passage de Rafah. L’Autorité palestinienne, par la voix de son président Mahmoud Abbas, met en avant les accords signés avec l'Egypte, Israël, les Etats-Unis et l'UE, qui la consacrent comme co-responsable de la gestion de ce passage. En face, le mouvement islamiste, qui contrôle la bande de Gaza depuis son coup de force à la mi-juin 2006, réclame également cette même prérogative, en tant que “mouvement légitime” au pouvoir dans la petite bande côtière. En attendant, l’armée égyptienne se prépare à refermer les frontières, sans qu’aucun accord ne se profile à l’horizon.


Cuba. Raul, plus fort que Fidel

Le président cubain par intérim, Raul Castro, a remporté davantage de voix que son frère Fidel lors des élections du 20 janvier pour désigner l'Assemblée nationale du pouvoir populaire (ANPP), selon les résultats officiels annoncés mercredi. Âgé de 76 ans, Raul Castro a été réélu avec 99,4% des suffrages dans sa circonscription de Santiago, dans l'est de l'île, soit un point de plus que le Lider maximo, lui aussi réélu. Malgré la maladie, Fidel Castro, 81 ans, conserve la présidence du Conseil d'Etat, l'instance suprême du pays. La nouvelle Assemblée doit se réunir le 24 février et désigner la composition du nouveau Conseil d'Etat. Le Lider maximo n'a pas dit s'il souhaitait rester à la tête du pays ou se retirer. Mais beaucoup pensent que la mise en avant des résultats de son frère Raul ressemble à un signe avant-coureur d’une éventuelle passation de pouvoir.


Kenya. Permis de tuer

Confronté aux violences meurtrières et à des affrontements ethniques, le Kenya est au bord du chaos. La police kenyane a reçu l’ordre de “tirer pour tuer” les fauteurs de trouble : pillards, incendiaires, casseurs… L’ordre a été donné mardi à Nairobi, peu après l’ouverture des pourparlers entre le président Kibaki et son rival Odinga, qui a qualifié ce permis de tuer d’illégal. “Cet ordre prouve que le gouvernement est pris d’un accès de folie meurtrière”, a-t-il déclaré. Le pays traverse une crise majeure depuis les élections présidentielles du 27 décembre, remportées officiellement par le président sortant Kibaki, alors que l’opposition a toujours contesté les résultats du scrutin.


UE. L’immigration vue par Sarkozy

Plus de doute : l’immigration sera l’une des priorités de la présidence française de l’Union européenne (UE). Lors de la Convention pour l’Europe, mercredi, le président français, Nicolas Sarkozy, a plaidé pour un “pacte européen de l’immigration”, un dossier qui sera prioritaire à compter du 1er juillet. D’après lui, ce pacte signifie que “chaque pays s’interdit des régularisations massives (de sans-papiers) sans avoir l’autorisation des autres”. Il faut que “nous nous dotions d’une politique de l’immigration et par ailleurs d’une politique de co-développement”, a-t-il poursuivi, en affirmant qu’“il n’y a pas d’autres choix que d’aider l’Afrique à se développer”. Sarkozy a aussi insisté sur la mise en place d’une politique européenne de la Défense.



Lu pour vous. [ALGÉRIE]
Chair à canon

Mounir Boudjema, Liberté (Algérie), le 30 janvier

Le nouvel attentat kamikaze de Thénia, le premier en 2008, recèle bien des indications quant à la tournure des événements sécuritaires, notamment sur l’incohérence du GSPC, en nette perte de vitesse. S’il n’y a pas de riposte magique aux attentats-suicides, le déroulement de l’attentat de Thénia, mardi, démontre que le terrorisme échoue aussi. La vigilance des policiers en faction, auxquels il faut rendre un hommage appuyé, les mesures préventives prises autour des sites sensibles, les contrôles draconiens et la panique même du kamikaze renseignent sur la donne sécuritaire. L’attentat-suicide ne pouvant être circonscrit en aval, il demeure le paroxysme du terrorisme conventionnel. Le GSPC a placé la barre trop haut pour son organisation après les attentats du 11 décembre, avec des cibles à résonance internationale, et se retrouve piégé par sa propre logique, à savoir comment trouver de nouvelles cibles tout en déjouant les mesures initiées par le gouvernement. L’attentat de Thénia renseigne également sur le souci du GSPC de desserrer l’étau dans son fief. Le fait de cibler des commissariats locaux est une attaque directe contre ceux qui, sur le terrain, lui infligent des coupes régulières et répétitives loin des zones urbaines. Les services de sécurité ont pris les mesures qu’il fallait en tentant d’étrangler, à la source, les cellules kamikazes. Face à l’attentat de mardi, plusieurs attentats ont pu être déjoués.



Etats-Unis. McCain, le phénix républicain

Le sénateur de l’Arizona, John McCain, véritable phénix de la politique, est clairement devenu le favori du camp républicain dans la course à la Maison Blanche. À 72 ans, McCain vient de remporter la primaire républicaine de Floride. Après le dépouillement de 80% des bureaux de vote, McCain devançait l’ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, ainsi que Rudolph Giuliani. Côté démocrate, Hillary Clinton a largement remporté la primaire (50% de voix contre 33% pour Barack Obama), sans enjeu au niveau des délégués, mais hautement symbolique à quelques jours du “super mardi”, qui verra le vote d’une vingtaine d’Etats. Le candidat démocrate John Edwards a, lui, annoncé mercredi qu’il se retirait de la course laissant le champ libre à Clinton et Obama.


VITE !

La dirigeante de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, 62 ans, assignée à résidence par la junte militaire au pouvoir, a déclaré mercredi qu’elle n’était “pas satisfaite des discussions” menées avec le régime birman, qui ont produit peu de résultats depuis plus de trois mois.

 
 
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