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Par Nadia Lamlili
Politique. Objectif 2009
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Les communales 2009
constitueront un autre examen
(de conscience) pour la classe
politique marocaine.
(AFP)
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2008 vient à peine de commencer, mais la scène politique marocaine a déjà les yeux rivés sur les communales de 2009. 5 questions pour comprendre l'enjeu de cette échéance cruciale.
1. Les Marocains vont-ils (cette fois) se mobiliser ?
Le spectre de l'abstention massive des électeurs en septembre dernier (63%) plane encore sur les esprits, même si on admet que les élections communales connaissent généralement une plus forte participation en raison de la proximité des candidats de leurs bases. La preuve : en 2003, le taux de participation aux communales était de |
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54,16%, soit 2 points de plus que les législatives de 2002. Mais était-ce le score réel ? Les partis en doutent. Les législatives de 2007 ont eu le mérite et, pour la première fois, de révéler la véritable (dé)mobilisation des Marocains. En 2009, cette transparence sera maintenue, pronostique ce politicien de gauche. Le Pouvoir n'a visiblement plus besoin de maquiller la réalité. Il cherche surtout à tirer des leçons du fiasco de 2007. Selon un récent sondage du ministère de l'Intérieur, réalisé entre le 22 septembre et le 12 octobre 2007, 60% des électeurs potentiels ont déjà pris la décision de ne pas aller voter pour les communales. Il s'agit essentiellement de jeunes électeurs, âgés entre 18 et 34 ans. Il est temps que la classe politique comprenne que l'amélioration du taux de participation dépend d'elle, résume Kamal Lahbib, fin observateur du processus électoral marocain. L'Etat, en tout cas, veut mettre toutes les chances de son côté. Le département de Chakib Benmoussa a proposé une mesure pour doper le vote : abandonner la carte d'électeur et se contenter de la carte d'identité nationale comme outil d'identification. Le sondage de l'Intérieur a révélé en effet qu'une bonne partie des Marocains n'a pas pu retirer sa carte pour des raisons logistiques ou d'indisponibilité. La C.I.N, c'est très bien. Mais encore faut-il la généraliser, fait remarquer Mohamed Mouhib, Monsieur élections 2009 au sein de l'USFP. A bon entendeur !
2. Quelle sera la date exacte des communales ?
Partis politiques et ministère de tutelle penchent plutôt pour juin 2009 au lieu de septembre, comme c'était le cas pour les dernières législatives. Pourquoi ce décalage ? A cause du ramadan. En 2009, le mois du jeûne arrive fin août. Pour le monde politique, prévoir des élections à ce moment-là est tout simplement suicidaire. Cela veut dire que la fin du vote doit être avant le f'tour. En plus, les gens préoccupés par la harira ne risquent pas de se déplacer, explique Mohamed Al Ansari, conseiller istiqlalien. Pas question non plus de déplacer la consultation après le ramadan. Les communales ne sont qu'un épisode parmi d'autres : elles sont précédées par les élections des chambres professionnelles et suivies par les provinciales et régionales
. Le tout devant aboutir, évidemment, au renouvellement de la Chambre des conseillers qui intervient, selon la loi, à l'ouverture de la session d'octobre. Un calendrier serré. Pas de temps à perdre alors du côté du ministère de l'Intérieur. Dès janvier 2008, les consultations avec les partis politiques ont démarré. Objectif : se mettre d'accord sur les projets de loi liés au scrutin pour espérer les soumettre au Parlement lors de la prochaine session d'automne. Les préparatifs techniques pourraient alors commencer début 2009. Et si tout va bien, l'arsenal informatique qui reliera les 1497 communes du royaume à l'administration territoriale serait mis en place avant avril 2009. Les élections peuvent alors commencer à temps. Mais cet agenda peut-il être respecté ? Il y a intérêt, même si on sait que le respect des échéances n'est pas le fort de l'administration marocaine.
3. Va-t-on (enfin) réformer le mode électoral ?
D'abord un petit rappel. Le scrutin communal de 2003 s'est déroulé selon deux modes différents, en fonction de l'importance de la population : système de liste dans les villes de plus de 25 000 habitants, vote personnel dans les localités en deçà de ce seuil. Le ministère de l'Intérieur a soumis la réforme de ce mode binaire au débat, sans montrer (pour l'heure) ses préférences. Faut-il alors généraliser la liste ou plutôt le vote uninominal ? La classe politique hésite : revenir au vote personnel risque de réveiller les vieux démons de la corruption. En même temps, opter pour la généralisation de la liste paraît comme un luxe démocratique que le Maroc ne peut se permettre actuellement, encore moins dans les campagnes où le poids des notables est prépondérant. En plus, le système de liste a abouti à une balkanisation sans précédent dans les conseils des villes, avec des majorités hétérogènes qui ont bloqué le processus décisionnel dans certaines villes, pour ne citer que les cas de Casablanca ou Meknès, de loin les plus flagrants. La solution qui se dégage alors est de garder ce système binaire en y apportant quelques retouches. Le PJD propose d'aller plus vers la liste en abaissant le seuil de la population éligible à ce système à 10 000 ou 15 000 habitants. En même temps, explique Lahcen Daoudi, numéro 2 du parti, les conseillers communaux ne doivent appartenir qu'aux partis qui ont remporté au moins 10% des voix au niveau national (ce seuil électoral est actuellement fixé à 3% seulement). Les autres grands partis, de leur côté, n'ont pas encore une vision claire des retouches à apporter au système actuel. Mais ils s'accordent (presque) tous à dire que les problèmes électoraux du Maroc ne viennent pas du mode de scrutin.
4. Faut-il redouter (encore) un raz-de-marée islamiste ?
Non, ce n'est pas la question de trop. Pour le microcosme politique, il est tout à fait légitime de la reposer même si les résultats de 2007 ont constitué un revers pour le PJD. En toute objectivité, on s'attend à ce que le parti de Saâd Eddine El Othmani améliore son score grâce à ses outils de proximité, surtout dans les villes. En plus, le parti dévoilera sa véritable force communale après les restrictions subies en 2003. A l'époque, subissant de plein fouet les dommages collatéraux du 16 mai, le PJD a été empêché (par l'Intérieur) de couvrir toutes les circonscriptions. Classé 11ème, il n'a obtenu que 593 sièges sur 22 943 (soit 2,58%), avec, in fine, un seul représentant à la Chambre des conseillers. Lors des communales 2009, le parti entend se rattraper. Mais pas question de faire des prévisions retentissantes comme en 2007. Les communales ne se prêtent pas au jeu des hypothèses, tente de justifier ce dirigeant islamiste. Peut-être. Ce qui est sûr, c'est que le PJD ciblera d'abord des présidences de communes ou des mairies qui boosteront l'image du parti
pour les législatives 2012.
5. El Himma sera-t-il prêt ?
C'est le débat qui agite la classe politique. L'éventualité de la création d'un nouveau parti, dont l'initiateur jouit d'une proximité avec le roi, risque de sonner le glas d'un paysage politique en crise. Même si les partis optent pour le wait and see, ils n'en demeurent pas moins préoccupés par les recrutements qu'opère Fouad Ali El Himma dans son cercle de réflexion (ou de méditation). Je ne sais pas pourquoi la presse stigmatise des partis historiques comme l'USFP et l'Istiqlal, alors que le vrai danger, c'est lui (ndlr : Ali El Himma), s'enflamme un cadre du parti de Abbas El Fassi. Les initiateurs du Mouvement de tous les démocrates s'en défendent : Nous ne pratiquons pas de racolage. Les gens qui s'engagent avec nous le font à titre personnel, rétorque pour sa part une source à l'intérieur du Mouvement. Et puis, à court terme, le Mouvement devrait prendre la forme d'une association, dont l'objectif est d'agir pour pousser les partis à engager des plates-formes de réforme, encourager les alliances et améliorer le taux de participation. Vaste chantier. Il n'empêche que la question, la bonne, reste de savoir si El Himma et ses amis seront prêts, en tant que parti, pour 2009 ? |
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