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Par Youssef Aït Akdim
Elections US. Hillary, Obama et les autres...
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Barack Obama est attendu dans
les Etats à forte population noire.
(AFP)
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Super Tuesday est passé, mais le résultat du match pour la désignation des candidats démocrate et républicain reste indécis. Une femme et quatre hommes sont toujours en lice pour succéder à George W. Bush.
Jamais campagne n'avait connu pareil climax qu'en ce jour de Mardi gras. Ce qui s'est joué durant la journée du 5 février n'était qu'une manche (même pas décisive) de la longue bataille pour la conquête de la Maison-Blanche. La course à l'investiture des deux grands partis est la première étape de Election 2008, l'année électorale américaine qui |
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a commencé le 3 janvier par une primaire dans l'Ohio. Une fois désignés par les conventions qui se réuniront à la fin de l'été prochain, les deux finalistes sprinteront jusqu'au 4 novembre, le jour où sera élu(e) le (la) 44ème président(e) des Etats-Unis d'Amérique.
Ce mardi, malgré tous les superlatifs : Super Tuesday, Méga Super Tuesday ou encore Tsunami Tuesday, rien ne s'est encore décidé dans le duel Obama-Clinton. Chez les républicains, John McCain creuse bien l'écart avec ses rivaux Mitt Romney et Mike Huckabee, mais il est décrié par l'électorat conservateur au sein de son propre camp. Retour sur les enseignements d'une soirée électorale.
Presque gagné pour McCain
Avec des consultations dans 24 Etats de l'Atlantique au Pacifique, dont la Californie et New York, le vote a battu des records d'affluence et d'audience médiatique. Une couverture assurée sur les grandes chaînes nationales et en direct sur Internet. Après la publication des premiers résultats du Super Tuesday, la presse américaine a généralement titré sur deux enseignements : côté démocrates, Barack Obama reste au contact de Hillary Clinton, tandis que John McCain s'installe dans le fauteuil du favori pour l'investiture républicaine. Au-delà de ce premier niveau d'analyse factuel, les bulletins jetés dans l'urne ont aussi permis d'affiner les profils des principaux candidats.
Chez les républicains, McCain a certes gagné la totalité des délégués de neuf Etats, parmi lesquels ceux de la Californie et de New York. Dans ces deux derniers Etats (et la majorité des autres), le système de répartition des délégués est strictement majoritaire : tous les délégués reviennent au candidat arrivé en tête. Les Américains appellent ça un Winner-Take-All (le gagnant prend tout). Fort de quelque 700 délégués, le sénateur de l'Arizona semble près du jackpot. Il a besoin au total de 1191 délégués pour gagner l'investiture. Le Super Tuesday a-t-il réellement conforté le statut de favori de McCain ? Pour sûr, son avance est confortable. Mais en perdant les Etats du sud au profit de l'ancien pasteur, Huckabee, il a montré les limites de sa base.Dans ces Etats conservateurs, au cur de l'électorat républicain, John McCain n'a visiblement pas réussi à mobiliser l'électorat. Il pourra se rattraper lors des prochaines consultations en Louisiane ou dans le Mississipi.
Avec ses rivaux Mitt Romney et Mike Huckabee totalisant déjà près de 500 délégués, de nombreux analystes agitent le risque pour le leader du camp républicain d'arriver, à la convention républicaine de début septembre, devant un parti fortement divisé. Mitt Romney, pas très gâté par les sondages, vient de jeter léponge, tandis que McCain s'est imposé le long d'une transversale allant de New York à la Californie, Huckabee prenant les Etats du sud. Les observateurs pensent alors qu'un ticket constitué du sénateur de l'Arizona, avec l'un de ses deux poursuivants comme vice-président, pourrait assurer à McCain l'investiture lors de la convention de Saint Paul, en septembre.
Duel serré Clinton-Obama
Côté démocrates, les primaires reposent sur une allocation proportionnelle du nombre de délégués. A condition de dépasser un seuil de 15% des suffrages, les candidats se répartissent les délégués de chaque Etat, à concurrence des votes gagnés. Selon des estimations quasi définitives, publiées dans la nuit du mercredi au jeudi, la sénatrice de l'Etat de New York possédait une avance inférieure à 100 délégués sur son rival Barack Obama, et se trouvait à mi-chemin des 2025 délégués à gagner pour assurer son élection lors de la convention nationale démocrate, fin août prochain à Denver (Colorado). Les huit victoires de Hillary Clinton (dont la Californie et New-York, les deux plus grands Etats du pays) ont contrebalancé les succès remportés par son concurrent Barack Obama dans les quatorze Etats où se tenaient des primaires démocrates.
Hillary Clinton était très attendue dans les grands Etats dans lesquels elle a dépensé des sommes colossales, En Californie par exemple, après son succès parmi les Latinos du Nevada, la sénatrice se devait de confirmer auprès des (nombreux) hispaniques du plus grand des Etats. De l'autre côté du pays, à New York, la sénatrice était tenue de gagner sur ses terres. Elle est arrivée en tête avec une belle avance dans les deux Etats. Mais, au fil des résultats de la soirée, le sénateur de l'Illinois a confirmé sa récente montée en puissance (le fameux momentum cher aux journalistes politiques). Après avoir prédit une course en solitaire de Clinton pendant des mois, nombre d'analystes prévoient, désormais, que le duel perdure jusqu'aux grosses primaires des Etats de l'Ohio et du Texas qui votent le 4 mars, voire au-delà. Entre-temps, Barack Obama pourrait refaire son retard sur Hillary Clinton dès ce samedi, en Louisiane. Et dans le Maryland et la Virginie, mardi.
Concurrence oblige, le sénateur black a choisi d'apparaître sur un spot de 30 (petites) secondes intitulé Join, le soir du Super Bowl, le plus grand événement télévisé de l'année, suivi le week-end dernier par plus de 97 millions d'Américains. Barack Obama peut se le permettre. Rien que durant le mois de janvier, il a amassé plus de 30 millions de dollars de contributions, contre 13 millions pour sa rivale. Une autre idée revient en force dans les Op-Ed (opinions, éditoriaux) de la presse américaine : Barack Obama bouscule Hillary Clinton, sur des segments de la population qu'elle était censée fidéliser. Il fait mieux parmi les 18-34 ans et les couches sociales les plus éduquées de l'électorat. Surtout (et c'est peut-être la plus grande surprise de ces primaires), il fait jeu égal avec sa concurrente quand il s'agit de partager les suffrages des hommes blancs. Pour l'heure, Clinton résiste toujours. |
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Livre. La première dame dévoilée
Dans leur biographie non autorisée, Hillary Clinton, histoire d'une ambition (parue en janvier aux éditions J.-C. Lattès), Jeff Gerth et Don Van Netta décrivent une femme déterminée à prendre la Maison-Blanche, en capitalisant sur son ancien président de mari, Bill Clinton. Dans leur enquête, les deux journalistes du New York Times révèlent ce qu'ils appellent un pacte secret pour conquérir l'Amérique. Pour ces lauréats du prix Pulitzer, Hillary Rodham Clinton est dévorée par l'ambition et veut, avec son mari, lancer une nouvelle dynastie présidentielle : Dès le début des années 1970, le couple Clinton scella un pacte dont l'objectif est la Maison-Blanche : une fois Bill élu, selon le calendrier prévu, ce sera le tour d'Hillary de prendre la tête de l'État
. Mais pour les auteurs, c'est son vote en faveur de la guerre en Irak qui reste encore aujourd'hui le principal point faible de la sénatrice de l'Etat de New York. Elle n'incarne pas le changement, comme Obama, assène l'un des auteurs. Le livre, parfois sévère, a le mérite d'éclairer des zones d'ombre dans le passé de la prétendante. |
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