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N° 310
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

L’année 2007

Salaheddine Mezouar,
ministre des Finances.
(AFP)

Leasing. Mezouar rattrapé par ses promesses ?


Jamais augmentation de TVA n’aura fait autant de remous que celle relative aux opérations de leasing. Pourtant, la mesure a été introduite dans la Loi de Finances dès sa première version. Au cours de la discussion du Budget devant les des deux Chambres du Parlement, d’autres questions fiscales (IS et statut de Tanger) ont volé la vedette à cette mesure qui passait sous couvert d’une harmonisation de la TVA. Ce n’est donc qu’après son entrée en vigueur, après que les contribuables ont ressenti le surcoût (avec la première mensualité de
janvier en hausse) que cette question de l’augmentation de la TVA sur le leasing est revenue avec plus d’insistance. Récupérée politiquement, on pointe aujourd’hui l’impact de cette mesure sur le pouvoir d’achat des classes moyennes, qui recourent au leasing pour le financement de l’achat d’un véhicule. Pas moins de 80 000 personnes sont touchées par ce passage de la TVA de 10 à 20% qui rapporte, dans la foulée, 600 millions de dirhams au Budget de l’Etat (sur 3 ans). Chez les politiques, on se renvoie la balle pour assumer cette mesure impopulaire. Les parlementaires rappellent les amendements proposés lors des discussions en commission et surtout l’engagement de Salaheddine Mezouar, qui aurait assuré que “les sociétés de financement gagnent suffisamment d’argent pour supporter le surcoût”. Néanmoins, du côté ministère des Finances, on nie tout en bloc, même si on essaye toujours de convaincre les professionnels : une commission mixte (avec les sociétés de financement) vient d’être réunie pour tenter de “trouver une solution”, pour ne pas dire les pousser à faire un geste. Mais pour les sociétés de crédit, pas question de payer les pots cassés. Le contribuable, enfin, n’a d’autre choix que de passer à la caisse.


Rapport. Les quatre vérités de la Cnuced

Le royaume a beau se vanter de battre des records en termes d’attrait d’investissement étranger (31 milliards de dirhams en 2007), les experts de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (Cnuced) estiment qu’il reste beaucoup à faire. Dans un rapport au sujet de la politique d’investissement au Maroc, ces experts pointent les différentes défaillances de l’environnement des affaires au pays. Pour eux, le système judiciaire est le plus grand obstacle aux investissements étrangers. Ils insistent aussi sur l’accès au foncier et la lisibilité de la législation et de la doctrine fiscales. Le royaume est épinglé également au sujet de la compétition entre la direction des investissements et les CRI, qui brouille la chaîne de services auprès des investisseurs. L’étude de la Cnuced propose d’ailleurs la création d’une agence dédiée à la promotion des investissements.


Compensation. Les pistes de réforme avant l’été

Coûtant 20 milliards de dirhams au Budget, sans compter les frais indirects (exonération des droits de douane sur certains produits alimentaires), le système de subvention atteint ses limites. La nécessité d’une réforme de la caisse de compensation fait l’unanimité chez les politiques et les opérateurs économiques. Il ne reste alors qu’à trouver la formule adéquate. C’est dans ce sens que le ministère des Finances engage une étude pour laquelle il a déjà débloqué une ligne budgétaire. Et on assure que des propositions concrètes seront prêtes d’ici l’été. La piste la plus sérieuse reste le basculement vers un système d’aides directes aux couches défavorisées en s’inspirant des pays d’Amérique Latine, qui ont mis en place des systèmes de bons à l’adresse de cette population.


Low cost. Toujours plus haut

La signature de l’Open Sky avec l’Union Européenne a permis un véritable décollage du secteur de l’aérien. Le nombre de passagers est passé en effet de 5 millions en 2001 à 10 millions à fin 2007. Avec les prix cassés pratiqués par les compagnies Low Cost, le transport par avion se démocratise. Et ça ne risque pas de s’arrêter de sitôt. Les fréquences des liaisons aériennes continuent de s’intensifier. Exemple : La compagnie EasyJet vient de lancer sa première liaison Tanger-Madrid à des prix défiant toute concurrence (à partir de 299 dirhams). Le marché du transport aérien au Maroc a donc beaucoup gagné en maturité, passant de 20 à 50 compagnies en quelques années. Seulement, la flotte nationale reste modeste : 50 appareils pour toutes les compagnies marocaines.


Sucre. On attend la foire !

Bien que ses termes ont été finalisés dès la semaine dernière, le ministère de l’Agriculture a tenu à attendre le Salon international de l’agriculture de Meknès (Siagrim), prévu en avril, pour officialiser le contrat – programme avec la fédération des sucriers. Cet accord-cadre entre professionnels et département de l’Agriculture met l’accent essentiellement sur l’amélioration de la productivité en amont. L’objectif étant d’atteindre les standards européens, à savoir 10 à 12 tonnes de production par hectare. L’enjeu, in fine, est de produire 55% de la demande nationale (contre 45% actuellement). C’est la Cosumar, devenue seul opérateur du secteur (après le rachat des unités étatiques), qui va bien se sucrer.


Samir. Le plein chez Shell

La raffinerie marocaine vient de signer un contrat d’assistance, pour 7 milliards d’euros, avec Shell. Via sa filiale Shell Global Solutions, la compagnie néerlandaise s’engage, pour une durée de 4 ans, à assister la Samir dans l’intégration et le démarrage de ses nouvelles unités de production. Samir s’est lancée ces dernières années dans un vaste plan de modernisation de son outil de production. Outre l’assistance pendant le démarrage de ses nouvelles installations, le partenariat entre les deux compagnies porte également sur l’assistance technique. En d’autres termes, les cadres de la raffinerie devront faire leurs classes dans le site de Shell Global Solutions, qui devrait leur éditer un guide de procédures de raffinage. Chapitre élémentaire : comment éviter un incendie ?



Pendant ce temps, le peuple…
ça pue la pub

Coincé à un feu rouge, nez à nez devant un 4 par 3, Imad est chiffonné par le misérabilisme que lui vend cette réclame : “Avec un paquet OMO vous pouvez laver jusqu'à 5000 chaussettes”. La très respectable marque de détergent vient de faire encore mieux que ses spots télé, interdits aux moins de 50 ans, qui mettent une dose de suspense dans les séries égyptiennes. Pour Imad, il n'y a qu'une seule explication à ce nouveau massacre. Le publicitaire d’OMO doit sérieusement empester des pieds et, plus grave encore, sniffer ses chaussettes. Il aimerait bien lui mettre la main dessus pour lui imposer une cure de désintoxication : porter des Burlington à perpétuité. Sinon, qui aurait cette idée brumeuse d'associer le chiffre 5000 à des chaussettes. Qui peut posséder à la base 2500 socks pour se sentir concerné par cette pub ? Ou encore, qui passerait sept ans de sa vie à laver quotidiennement ses chaussettes pour vérifier la prouesse d'OMO ? Même si un névrosé réunissant tous les TOC du monde s'entête à tenir le défi, sa chaussette craquerait au 500ème lavage. En plus, Imad redoute que la marque (qui connaît trop bien sa cible) n'aille plus loin dans sa surenchère publicitaire. Le pire ? Une méga-collecte de 'tqachers' au Maroc pour en réunir 5000 et réaliser le défi, grandeur nature. ça nous vaudra peut-être même un nouveau record à inscrire sur le livre Guiness des records : la plus grande laverie de chaussettes du monde, en plein air. Mais si l'OMS ne s'en mêle pas, l'évènement risque de tourner au Tchernobyl du 21ème siècle.



OFF.

Pour servir au mieux le client, même les plus hauts dirigeants d’Attijariwafa font des heures sup’. Pour le dernier méga-deal du duo Jamaï – Sefrioui (rachat de la société Biladi à un groupe saoudien) pour plus de 700 millions de dirhams, la filiale de l’ONA aurait réalisé le paiement de cette transaction dans la soirée du samedi 2 février. Jour férié au Maroc, le samedi est journée de travail sur les places financières du Moyen-Orient. Mais évidemment, il faut s’appeler Sefrioui pour jouir de ce traitement royal de la banque de l’ONA.


En soufflant sa 80ème bougie au Maroc, Renault a dû s’apercevoir qu’elle se fait quelque peu vieille. Renault doit désormais sa croissance à la Dacia Logan. La preuve : en janvier 2008, 1218 Logan ont été vendues (contre 770 en janvier 2007), alors que les ventes de modèles Renault n’ont progressé que d’une soixantaine d’unités sur cette même période.

 
 
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