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Par Majdoulein El Atouabi
et Hassan Hamdani
Wanted.
Enquête. On lappelle El Nene
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Mohamed Taïeb El Ouazzani,
alias El Nene
(DR)
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Considéré comme le plus important trafiquant de hasch d'Afrique du Nord, condamné à 8 ans de prison, le célèbre baron de la drogue marocain sest évadé, et reste en cavale à ce jour
Histoire dune légende.
El Nene est la dernière personne qui demanderait le retour de Sebta à la mère patrie. Le trafiquant de drogue n'aurait aucun intérêt à voir le préside espagnol redevenir marocain. Surtout depuis qu'il s'y est réfugié après son évasion de la prison de Kenitra. L'homme y entrait et en sortait comme dans un moulin en graissant les pattes nombreuses |
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de l'administration pénitentiaire marocaine. Et puis un jour de décembre 2007, il n'est pas revenu de perm', même s'il vivait dans sa cellule comme un coq en pâte. A l'instar d'un bandit de western, El Nene a préféré franchir le Rio Grande.
Il a fui le Maroc qui l'avait condamné à 8 ans de prison dans le cadre de l'affaire Erramach en 2003 (lire encadré p. 43). Il a rejoint des cieux plus cléments, situés à quelques centaines de mètres à peine : Sebta, où la justice espagnole n'a plus rien à lui reprocher. Les délits du narcotrafiquant y sont prescrits, tandis que les poursuites pour meurtre dont il faisait l'objet ont été abandonnées. La famille de la victime aurait retiré sa plainte contre espèces sonnantes et trébuchantes, se raconte-t-il à Sebta. El Nene est désormais blanc comme neige pour les autorités espagnoles. Le wanted (plutôt vivant que mort) affiché par les Marocains ne risque pas de le tacher de surcroît. Le mandat d'arrêt international émis par la police marocaine est inopérant en Espagne. Mohamed Taïeb, de son nom de baptême, possède la nationalité espagnole comme tous les Marocains de Sebta depuis 1986. Un cadeau fait aux musulmans du préside par le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez. Il ne peut donc pas être extradé. El Nene le sait très bien puisqu'il avait déjà fait le coup aux Espagnols en se réfugiant au Maroc, après son évasion d'une prison madrilène en 2002 où il était détenu pour homicide. Il s'est enfui de la péninsule lors d'une permission, légale celle-là. Les autorités espagnoles ont demandé l'extradition d'El Nene aux Marocains qui ont fait la sourde oreille. El Nene était tout ouïe par contre. Il a sans doute compris, ce jour-là, tout le parti qu'il pouvait tirer des gaps dans la coopération judiciaire entre le Maroc et l'Espagne. Et comme El Nene a la réputation d'être une grande gueule, il aurait été le claironner haut et fort
L'arrogance du truand
Quelques jours à peine après s'être fait la belle, El Nene aurait nargué les policiers et douaniers marocains. Juché sur la colline dominant le poste-frontièrede Sebta, euphorique après une soirée à fêter son évasion, il aurait injurié nos forces de l'ordre à tue-tête, les comparant à des cabrones (boucs). En espagnol dans le texte, pour bien marquer sa double appartenance. Fanfaron des deux côtés de la frontière, El Nene aurait fait un pied-de-nez aux Espagnols aussi. Il se serait rendu au commissariat de Sebta pour renouveler sa carte d'identité, sachant n'avoir plus rien à craindre. Il avait le sourire aux lèvres, sûr de lui et assuré de son bon droit, alors que ses compagnons venus avec lui montraient des signes d'inquiétude.
Ces anecdotes sont rapportées par le magazine espagnol Interviu, spécialisé dans les sujets chocs et sensationnels. Deux adjectifs qui collent à El Nene comme une deuxième peau et ont fait de lui une légende à Sebta et, au-delà du préside, une star des médias espagnols. Un joint sur 10 fumés en Espagne serait acheminé par El Nene, rapporte la presse locale. J'ai plus de millions que d'années, aime à rappeler le narcotrafiquant, toujours selon les médias espagnols.
El Nene aurait amassé 30 millions d'euros à 33 ans à peine. La formule mathématique n'est pas juste, la somme sans doute exagérée, mais le raccourci a eu de l'impact sur les esprits. Elle l'a adoubé, El Nene truand vivant intensément, dangereusement, toujours sur le fil du rasoir. Tout autant que les images qui ont fait l'ouverture de plusieurs journaux télévisés européens en 1998. On y voyait un homme faisant un bras d'honneur à la guardia civil lors d'une course-poursuite en haute mer. Ce serait El Nene, raconte la rue sebtaouie qui l'a érigé en modèle du gangster au destin bigger than life (plus grand que la vie). L'homme est ainsi devenu un mètre-étalon pour une mafia locale caractérisée par son extrême jeunesse et son goût pour l'ostentation. Rouler vite, frimer, claquer du fric, sont les règles de vie des bad boys de Sebta. Ils seraient une centaine, âgés entre 17 et 30 ans, selon la Guardia Civil locale. Tous impliqués à différents échelons de la hiérarchie dans le trafic de haschich. C'est qu'à Sebta, on débute dans le business jeune et on y devient boss à peine entré dans l'âge adulte. Pour paraphraser la devise olympique, El Nene a été plus vite, plus haut, plus fort que les autres gamins de sa promotion de narcotrafiquants éduqués sur les bancs de la Crime Academy sebtaouie. Il a décroché une espèce de couronne de roi des mauvais garçons.
El Nene - Tony Montana : même combat
Février 2008, dans les rues de Jado, le quartier natal d'El Nene, le roi de Sebta n'est pas présent physiquement, mais son ombre plane sur les lieux. Circulant en scooters, des adolescents travaillant pour lui sillonnent les rues du quartier. Un ensemble d'habitations fait d'immeubles du type logement social. Des constructions tristes, mais avec vue sur Gibraltar, extrémité d'Afrique oblige. Les guetteurs d'El Nene sont à l'affût des étrangers s'aventurant dans le quartier. Tout intrus est épié, quelques fois suivi, toujours dévisagé. Que ce soit par les clients attablés dans les cafés ou les jeunes massés à chaque coin de rue. L'ambiance est électrique et monte d'un cran dès quon s'approche de la maison familiale d'El Nene, sise dans une ruelle parsemée de maisons R+3 typique du Maroc : une percée urbanistique nationale en plein préside espagnol.
Le narcotrafiquant recherché par toutes les polices marocaines est sans doute à l'étage, ayant choisi de loger dans la maison maternelle. Il se sent plus en sécurité dans son quartier natal, raconte un jeune du cru. El Nene fait le grand écart social sur un rocher ne dépassant pas 19 kilomètres carrés. Il possède aujourd'hui, deux villas à Playa Benite, le quartier huppé de Sebta. Des demeures entourées de hautes murailles, équipées de caméras de surveillance et au luxe clinquant à la limite du mauvais goût. El Nene est voisin immédiat de trafiquants de haschich ayant réussi dans la vie : un Meskini, un El Yakhloufi, un El Mucho et bien d'autres. Pourtant, il préfère dormir chez maman, pas trop loin de ses racines : la rue.
Devenu millionnaire, El Nene a aussi continué à fréquenter le café du coin. Il passe ses week-ends à Marbella, dans un milieu plus strass, mais reste proche de son public et de sa claque en semaine : Playa Benite est un quartier huppé où la vie est généralement discrète. El Nene aimant avoir un public va le chercher à Jado, explique l'une de ses connaissances. Il distribue des billets de 200 euros aux gamins du quartier pour qu'ils scandent son nom. On raconte que pour gagner la sympathie de ses ex-voisins de galère, El Nene distribue aussi des cadeaux, règle les conflits entre les habitants du quartier et use de ses entrées auprès des autorités pour sortir ses connaissances des mailles de la justice. Certains voisins affirment d'ailleurs qu'El Nene remporterait les élections locales s'il se présentait à Jado. Une victoire qui serait un joli pied-de-nez au destin tout tracé des musulmans du préside espagnol. Entre autres les enfants de Jado, là où El Nene a vu le jour en 1975.
El Nene ou l'enfance de l'art
Jado, il y a grandi, enfant du peuple, s'initiant aux jeux de rue traditionnels du quartier : faire le guet, servir de messager entre les trafiquants, transporter la drogue. El Nene est surnommé ainsi depuis son enfance. C'est la traduction espagnole de laâoueil (gamin, bébé) qui désigne les jeunes qui travaillent pour les gros bonnets de Sebta, raconte un connaisseur des murs et coutumes des réseaux locaux de la drogue. Un job comme un autre, en somme, pour le jeune Mohamed Taïeb. Et avec des perspectives de carrière à l'horizon. Juste en face, à 14 kilomètres tout au plus, sur les plages espagnoles.
Dans cette faune locale, l'adolescent El Nene se taille vite la réputation d'un dur, ayant le coup de poing facile et jamais froid aux yeux. Il s'approvisionne en haschich dans le quartier du Principe (prince en espagnol) qui n'a de princier que le nom. Selon une blague fameuse au nord, si les Espagnols pouvaient rétrocéder le Principe à la mère patrie, ils l'auraient fait depuis belle lurette. Et de bon cur : le quartier étant en fait un ghetto marocain où la Guardia Civil ne met jamais les pieds. El Nene, par contre, y a des tantes, des oncles et des cousins. Autant d'entrées. Dans les ruelles du Principe, entre gargottes de bessara et fumeurs de sebsi, dans un climat qui n'aurait pas choqué dans une ville chamalie, El Nene sympathise avec les dealers, trafiquants et contrebandiers qui peuplent le quartier. Les études, c'est pas son truc : il abandonne le collège en deuxième année. Il a trouvé une occupation davantage dans ses cordes et plus lucrative. C'est ainsi qu'à 14 ans à peine, El Nene convoie des chargements de kif en Espagne pour Mohamed Echeeri, le parrain numéro 1 du trafic de haschich au nord du Maroc.
A 16 ans, El Nene enclenche le turbo en traversant régulièrement le détroit, pilote émérite de vedettes rapides bourrées de haschich. C'est une manière de prendre du galon dans les rues de Sebta. Il faut prouver son courage en mer, aux commandes de bateaux filant vers l'Espagne quelles que soient les conditions de traversée : Il faut avoir des c
pour s'aventurer dans le détroit alors qu'on ny voit pas à un mètre certains jours. El Nene est un excellent pilote capable de conduire un zodiac plein de haschich même une nuit sans lune, s'extasie un adolescent sebtaoui, ajoutant une couche à la légende. La presse espagnole le surnommera El rey de la lancha (roi de la vedette rapide) quelques années plus tard.
Au cours de son ascension, El Nene use de la force si nécessaire. Il accumule les chefs d'inculpation pour coups et blessures, résistance à l'autorité et trafic de drogue. Il a la gâchette facile et le sang chaud, n'hésitant pas à tirer sur un quidam car il l'aurait regardé d'un mauvais il, ou à bastonner deux militaires à Sebta. Son caractère violent lui a permis d'asseoir son autorité, confie une source locale. C'est que régler un différent par les armes est une coutume dans le préside. Les morts par balles sont du domaine du quotidien et les blessés peuplent la rubrique des faits divers. A 17 ans, au volant de sa grosse cylindrée, El Nene, en pleine course vers les sommets, mitraille d'ailleurs au passage un concurrent lors d'un règlement de compte entre narcotrafiquants
Capo du général Echeeri
El Nene est si sensible de la gâchette qu'il gravit vite les échelons. A 23 ans tout juste sonnés, en 1998, le narcotrafiquant est considéré par les services de police espagnols comme le plus gros passeur de drogue d'Afrique du Nord. Selon leur estimation, El Nene achemine chaque année plus de 50 tonnes de drogue par an de l'autre côté du détroit. L'arrestation la même année de neuf membres de sa bande, au cours d'une opération antidrogue, révèle pour la première fois au grand jour la portée du personnage et l'étendue de sa logistique. Sept vedettes rapides sont saisies ainsi que 1800 kilos de haschich. Et last but not least, parmi la panoplie du parfait trafiquant : un yacht de luxe équipé de matériel à vision infrarouge et d'un système de radio-transmission dernier cri.
C'est qu'El Nene a changé de dimension. Oublié le petit passeur de kif pour Echeeri, le deus ex machina du trafic de haschich au nord du Maroc. Le capo de tutti cappi a désormais suffisamment confiance dans le jeune poulain qu'il lui confie son haschich : C'est essentiel dans ce milieu où un passeur peut vous voler votre cargaison en affirmant qu'elle a été saisie par les douaniers, explique un connaisseur de l'économie enfumée du nord. Il y a de grosses sommes en jeu, deux milliards de centimes de haschich à chaque livraison. En tant que hamal de luxe, El Nene touchait 10% de la valeur de la marchandise, le barème syndical dans ce milieu.
Tout schuss sur la piste de la réussite, El Nene s'achète, grâce au bakchich, un nom qui sonne bien à l'oreille dans la région. Celui d'un chérif : El Ouazzani. Et s'offre aussi une poignée de villas sur la Costa del Sol pour tenir son nouveau rang. A Marina Smir aussi, le port d'attache marocain de nombreux trafiquants de drogue du nord. Avec Restinga Smir, c'est l'endroit où il faut loger, selon les murs locales : à deux pas du boulot, l'Espagne voisine. C'est ce même souci de proximité qui poussera El Nene à obtenir son transfert à la prison de Oued Laou, après son arrestation en 2003. Il en sortait régulièrement pour convoyer des chargements de haschich deux à trois fois par semaine, raconte une source locale. Sa propre marchandise, volant presque de ses propres ailes, sous l'il scrutateur de Echeeri.
Même la mère d'El Nene croit de plus en plus en l'avenir de son rejeton. On raconte qu'elle aspergerait d'une potion magique le bateau d'El Nene avant chaque traversée. Elle aurait été jusqu'à implanter un talisman dans l'épaule gauche de son fils (et néanmoins trafiquant de drogue) pour le protéger de la Guardia Civil. Rumeurs ou ragots, les anecdotes s'amoncellent dans le sillage d'El Nene, cet homme à femmes et mariées de préférence. D'une de ses aventures, serait née une fille âgée aujourd'hui d'environ 7 ans. El Nene est capable de sentiments aussi, paraît-il. Il est tombé fou amoureux d'une tétouanaise. Il a voulu l'épouser mais les parents de la fille ont refusé à cause de sa réputation, raconte un voisin du narcotrafiquant à Marina Smir. El Nene exprime son amour à sa façon : il aurait enlevé et séquestré la fille comme dans un mauvais polar. Le rapt serait une mauvaise habitude prise à Sebta où el Nene aurait été coutumier du fait. Sa violence l'a mené plusieurs fois derrière les barreaux dans le préside. Il s'en est toujours sorti à moindres frais.
Gangster paradise
La prison locale est située pile poil entre le quartier de Jado et le Principe. Là où se recrute la majorité de ses pensionnaires. 268 détenus parmi lesquels El Nene, qui y a séjourné une dizaine de fois. Il en sortait parfois libre au bout de quelques heures. Ou, dans le pire des cas, il bénéficiait d'un traitement privilégié en cas de séjour prolongé. Madrid a d'ailleurs diligenté, en 1999, une enquête sur des faveurs qui auraient été accordées à des narcotrafiquants détenus à Sebta : téléphones portables, repas livrés par des restaurants, sorties nocturnes, retour au petit matin. El Nene, pas en reste, était en tête de liste des suspects. Liste des griefs : manipulation de détenus, intimidations, privilèges. Comme un avant goût de ses habitudes carcérales au Maroc (lire encadré p. 42). Au gré de ses séjours à la prison de Sebta, El Nene aurait ainsi continué de mener ses affaires depuis sa cellule, en contact avec son réseau grâce à d'autres détenus généreusement rémunérés.
Et une fois dehors, El Nene reprend la vie normale de tout narcotrafiquant sebtaoui qui se respecte : livraisons de haschich en Espagne trois fois par semaine, boîtes de nuit, soirées au casino local et filles, le reste du temps. L'attitude du type à qui sourient la vie et
la justice. Voir El Nene sortir de prison aussi facilement a souvent choqué le landerneau qu'est Sebta, minuscule rocher où Marocains et Espagnols se regardent en chiens de faïence. Un Moro qui se pavane sur l'artère principale du préside, armé et voyou notoire de surcroît, ça le fait pas. Surtout s'il semble passer à travers les gouttes. Les bruits de corruption dans le préside résonnent de plus en plus fort aux oreilles de Madrid depuis que des policiers de Sebta sont tombés pour trafic de drogue. Le préside serait une petite Sicile en devenir, a averti, il y a quelques années, le délégué du gouvernement dans la ville. Les autorités y sont confrontées à une mafia inattaquable car elle sait être prudente quand il le faut. El Nene, tout comme les autres trafiquants locaux, ne fait jamais transiter le haschich par l'enclave : A moins de les prendre en flagrant délit lors du voyage, on ne peut rien faire contre eux, souligne à ce propos une source policière.
Suivre la piste de l'argent ne mène pas plus loin. El Nene blanchit son argent le plus paisiblement du monde, conseillé (et défendu) par les meilleurs avocats de la ville. El Nene a ainsi placé une partie de ses billes dans une téléboutique, un magasin d'électroménager et une boutique de vêtements situés dans le centre-ville de Sebta. Tous ces commerces qui ne payent pas de mine sont enregistrés aux noms de membres de sa famille, dont sa belle-sur et sa mère. Des broutilles en comparaison avec la fortune qu'aurait amassée El Nene
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Fiche anthropométrique.
On l'appelle El Nene
Date de naissance
25 août 1975 à Sebta
Nom complet
Mohamed Taieb El Ouazzani, dit El Nene
Situation familiale
Célibataire, père d'une fille avec son ex-compagne, El Nene a grandi dans une famille pauvre aux côtés de sa mère. Son père est décédé alors qu'il était à peine âgé de 10 ans. Il est l'aîné d'une fratrie de trois enfants (deux garçons et une fille).
Etudes
El Nene a quitté le collège en deuxième année.
Premier trafic
Il convoie à 14 ans du kif pour le compte du clan Echeeri
Antécédents judiciaires
En Espagne. Multiples condamnations pour coups et blessures, trafic de drogue, port d'armes, constitution d'association de malfaiteurs, homicides et tentatives d'homicide.
Au Maroc. Il écope en 2004 de trois ans de prison ferme et d'une amende de 5000 dirhams pour corruption dans le cadre de l'affaire Erramach. La même année et toujours dans le cadre du dossier Erramach, il est condamné à 8 ans de prison, assortis d'une amende de 100 000 dirhams.
Principaux faits d'armes
En 1998, à 23 ans à peine, il est considéré comme le plus important pourvoyeur de cannabis d'Afrique du Nord par les services de police espagnols. Selon eux , El Nene acheminerait chaque année pas moins de 50 tonnes de haschich en Espagne.
Propriétés connues
Au Maroc. El Nene possédait deux villas à Marina Smir. Il vient d'en céder une et cherche à vendre la deuxième, située en front de mer.
En Espagne. A Sebta, en plus de la maison familiale de Jado, il dispose de deux demeures dont une villa située dans le quartier huppé de Playa Benite. Il possède plusieurs commerces dans le centre-ville de Sebta (café, téléboutique, magasin d'électroménager, boutique de vêtements, etc.) enregistrés aux noms de ses proches. A Marbella où il séjourne fréquemment, il posséderait également plusieurs villas et appartements. |
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Prison Break. Le passe-muraille
Le mauvais garçon de Sebta souffre-t-il de claustrophobie ? Les autorités espagnoles vous répondront d'un oui franc après l'évasion d'El Nene en 2002 de la prison madrilène de Victoria Kent. Le trafiquant avait réussi à obtenir en 2001 son transfert dans ce centre de détention où les détenus ne font que passer la nuit. Excellent comédien, El Nene a convaincu un juge espagnol de sa rédemption : promis juré, il ne trempera plus dans le trafic de haschich. A sa sortie de prison, il allait regagner le droit chemin en devenant responsable des ventes dans l'entreprise de son frère cadet, concessionnaire de voitures. Une société de blanchiment d'argent, sans aucun doute. Un magistrat, moins naïf sans doute, met le holà aux sorties diurnes d'El Nene. Le Sebtaoui l'apprend alors qu'il est en permission et ne regagne pas sa cellule
En décembre 2007, détenu au Maroc, El Nene joue un remake de la grande évasion en ne regagnant pas la prison de Kénitra où il est (plus ou moins) emprisonné. A l'instar de son évasion en Espagne, cette nouvelle escapade d'El Nene aurait été improvisée : Il a paniqué suite à une inspection surprise du procureur du roi à la prison de Kénitra, rapporte une source proche du dossier. Le magistrat aurait été alerté par une lettre anonyme d'un détenu qui expliquait en détail la dolce vita du prisonnier El Nene : sorties en boîtes de nuit, cellule aménagée à son goût, écran plasma, etc. Bis repetita : le Sebtaoui apprend la mauvaise nouvelle alors qu'il vagabonde loin de sa cellule depuis une bonne semaine. Sur un coup de sang, El Nene se réfugie en Espagne. Une autre version circule pourtant. Elle ne serait pas si folle la guêpe El Nene, moins emportée qu'on le dit, davantage calculatrice, selon une source proche du milieu sebtaoui : Poursuivi pour meurtre en Espagne, il a payé très cher la famille de la victime pour qu'elle oublie l'affaire. Il s'est évadé une fois assuré de ne plus avoir aucun compte à rendre à la justice espagnole. Autre indice étayant la théorie de l'escapade organisé : El Nene a vendu l'une de ses deux villas à Marina Smir, l'été dernier, soit plusieurs mois avant son évasion. Sa deuxième résidence de Marina est aussi à vendre, laissant entendre que le fugitif a décidé de couper les ponts avec le Maroc. La justice marocaine s'entend, pas son produit national : le haschich. |
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Mounir Erramach. L'alter ego d'El Nene
Mounir Erramach et Mohamed Taïeb El Ouazzani (El Nene)
deux hommes, deux destins. Arrêtés dans le cadre de la même affaire en 2003, l'un et l'autre auront pourtant des trajectoires opposées. Mounir Erramach a été condamné à vingt ans de prison. Et tout indique qu'il purgera sa peine jusqu'au bout et, surtout, dans les conditions normales, c'est-à-dire pénibles, des prisons marocaines. Après sa dernière et très remarquée apparition du mercredi 5 février, en tant que témoin dans le procès du narcotrafiquant Chrif Bin Louidane, il est retourné à sa cellule d'isolation dans la prison de Salé. El Nene, lui, est déjà libre. "Comme s'il connaissait d'avance son destin, Mohamed Taïeb semblait très confiant lors du procès Erramach. Avant même le prononcé du verdict, il indiquait de ses mains le chiffre huit", se rappelle un témoin présent lors de ce procès. Et c'est effectivement à une peine de huit ans de prison qu'El Nene sera condamné en 2004. La suite, on la connaît. Ce que l'on sait moins en revanche, c'est la compétition qui existait entre El Nene et Erramach. Déscolarisé très tôt, le premier a plongé dans le monde de la drogue depuis son enfance. Il a ensuite forgé son ascension par la violence. Fils unique et enfant gâté élevé par son grand-père, Erramach, lui, a suivi un cheminement normal, voire brillant. Elève studieux, il a décroché un bac sciences maths au lycée Hassan II de Tétouan, avant de se marier à l'âge de 19 ans et de devenir père de famille à 30 ans (deux jumeaux nés après son arrestation). Ses proches le décrivent comme un timide, un doux rêveur et un intellectuel qui rêvait de faire carrière à la NASA. Finalement, Mounir Erramach basculera à l'âge de 20 ans dans le trafic de cigarettes et, accessoirement, celui de la drogue. Comme El Nene, son ascension dans le milieu, il la doit surtout à son ambition et à son tempérament de casse-cou. Il était l'un des rares barons à convoyer lui-même sa marchandise en zodiac jusqu'en Espagne. Le seul qui faisait pareil était El Nene. Ce qui les a mis en concurrence, explique l'une de ses connaissances. Voisins directs, puisque leurs villas de l'allée de l'Aquaparc à Marina Smir se font face, Erramach et El Nene avaient tout le loisir pour se jauger. Mais leur relation se limitait, selon des proches de la famille Erramach, aux salutations d'usage entre voisins. |
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Echeeri. Le boss d'El Nene
Mohamed Taïeb El Ouazzani a un mentor. Il s'appelle Mohamed Echeeri, le parrain du clan éponyme où le jeune baron de la drogue a appris son métier dès l'âge de 14 ans. Pourtant, tout semblait séparer Mohamed senior et Mohamed junior. Sobre et discret, le premier représente la vieille école avec ses méthodes à l'ancienne et son code d'honneur. Plus m'as-tu vu et moins respectueux des règles du milieu, le second personnifie quant à lui la nouvelle génération, avec ses excès et sa soif du paraître. Alors qu'il fait l'objet de 461 mandats d'arrêt nationaux et internationaux, Mohamed Echeeri demeure à ce jour insaisissable. Arrêté en 1998 en Belgique, puis extradé au Maroc, il bénéficie d'une étrange remise en liberté provisoire, avant de disparaître dans la nature. Plus confiant et mieux protégé qu'El Nene, il ne quitte pas le Maroc où il continue à gérer ses affaires dans le Nord, se permettant même quelques excursions à l'intérieur du pays, notamment à Casablanca où il a été aperçu récemment. Discret cependant, contrairement à son employé El Nene qui s'affiche à bord de ses nombreux bolides, fréquente les clubs branchés de la Costa Del Sol et dépense son argent à tout va. Une imprudence qui rompt avec la sobriété légendaire de Echeeri. Infiniment plus riche quEl Nene, ce baron sexagénaire a toujours su masquer sa fortune. Mis à part les berlines allemandes et les costumes griffés (Cerruti) qu'il affectionne particulièrement, rien ou presque ne trahit sa richesse. Pourtant, celui qu'on surnomme El Indio (l'indien) du fait de son teint écarlate, possède de nombreux biens au Maroc, en Europe et même à Cuba. Et comble du luxe, il disposerait d'une suite personnelle louée à l'année dans le célèbre palace parisien Georges V. Même s'il ne fréquente cette suite qu'une ou deux fois par an, il tient à la louer à l'année pour éviter que de l'alcool n'y soit introduit, nous confie l'un de ses proches. C'est que Mohamed Echeeri est un homme pieux et très attaché aux traditions. En plus des cinq prières quotidiennes qu'il respecte scrupuleusement, il aurait fait plusieurs fois le pèlerinage à la Mecque. Tout à fait le contraire d'un El Nene plus réputé pour ses frasques nocturnes et son penchant démesuré pour l'alcool, les drogues et les filles. |
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