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Étude. On châtie bien les gosses !
Société. Chouette, ma "bonne" parle anglais !
Turquie. La polémique du voile
Aziz Akhannouch. Ministre à gros portefeuille
Livre. Dans les allées du SIEL
Cinéma. Bladi, bladi !
Spectacle. La parade populaire
N° 311
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Mohamed Nadif, le prince charmant
de Rhimou, entouré de Amina
Rachid et Hammadi Ammor.
(DR)

Télévision. Rhimou, notre Guadalupe


Depuis que la fraîchement nommée Al Aoula et 2M se sont lancées dans la production de feuilletons, séries, sitcoms et téléfilms, le Marocain se plaît à suivre de près les aventures de personnages qui parlent (à peu près) sa langue maternelle. C’est le même son de cloche du côté des deux chaînes : la fiction marocaine caracole en tête des programmes proposés, pendant ou hors le mois de ramadan, envers et contre des produits de qualité discutable. Dernier sondage en date, celui lancé par le site Yabiladi.com, destiné aux marocains
résidant à l’étranger, mais pas seulement. Un peu plus de 1200 votants (à l’heure où nous mettons sous presse) ont ainsi répondu à la question suivante : “quel est votre feuilleton marocain préféré ?”. Premier de la classe, le feuilleton Rhimou diffusé sur 2M (28% des voix), réalisé par lsmaïl Saïdi et racontant les péripéties familiales d’une pauvre (Mouna Fettou) devenue riche après avoir hérité d’un père belge qu’elle n’a jamais connu (ça sent la telenovela…). Rhimou remplace ainsi Guadalupe dans le cœur des Marocains, et les quelques feuilletons brésiliens qui passent encore sur la première chaîne passent désormais inaperçus. Dans le sondage, Rhimou est suivi de très près par Wajae Trab (27%), le premier feuilleton produit par la chaîne de Aïn Sebaâ. Cette adaptation à la sauce marocaine par Chafik Shimi de La terre d’Emile Zola a été un tel succès qu’une autre adaptation par le même scénariste est en préparation, celle des Frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski. Romana wa Bartal qui a fait de Sanaâ Akroud la chouchou des téléspectateurs arrive, lui, en troisième place (17%). à quand alors un Sex and the city version casaouie ?


Sortie. Pour l’amour d’une étoile

Derrière chaque grand homme se cache peut-être une étoile. C’est la leçon de Stardust, une histoire de (bonnes et mauvaises) étoiles, entre bons et méchants, avec une flopée de bons sentiments et l’amour qui balaie tout au final. Un fils du peuple, qui a du mal à séduire la plus belle fille du coin, tombe un jour sur un bout d’étoile. C’est le point de départ d’une aventure extraordinaire, qui mènera le jeune homme dans un monde fantastique, peuplé d’anges et de sorcières (Michelle Pfeiffer, enfin en méchante), de rencontres étranges (Robert De Niro dans le rôle d’un “marin” plus que bizarre), etc. En cours de route, notre jeune aventurier abandonnera sa fiancée et découvrira le vrai, le grand amour, avec une étoile, une fée… Adultes et adeptes du réel, ce film n’est pas forcément pour vous. Stardust est de la veine légère, à consommer avec la main plongée dans un bol de pop corn, toute rationalité dehors. La présence de stars ressemble à une caution morale, inutile du reste. Just entertainement donc, dans la lignée de La Légende de Beowulf et de la méga-production américaine moyenne.

Stardust, au Mégarama.



Patrimoine. Les pieds sur terre

“La vallée du Drâa est défigurée, le Dadès est surexploité, les mosquées de Tafilalet sont massacrées les unes après les autres, et on continue de faire du béton. Il y a urgence !”, s’écrie Salima Naji depuis Djenné, au Mali. Unique représentante marocaine, l’architecte comptait parmi les experts invités pour la 10ème Conférence internationale sur le patrimoine de bâti en terre crue (du 1er au 5 février). “Il faut arrêter d’oublier qu’un site a une histoire, qu’il devrait faire notre fierté”, s’alarme encore Salima, qui invite le Maroc à prendre exemple sur les expériences réussies, comme celle de la Mosquée de Mopti, restaurée par l’Agha Khan.


Cinéma. Taghmaoui l’Afghan

Il a décidément un goût prononcé pour l’histoire et les films engagés... Après Ô Jérusalem d’Elie Chouraqui, ou Djihad sur l’embrigadement islamiste et la guerre en Irak, Saïd Taghmaoui est à l’affiche des Cerfs Volants de Kaboul. Une adaptation du best-seller de Khaled Hosseini, paru aux Etats-Unis en 2003. À l’époque, l’ouvrage avait ému par l’histoire d’amitié qui y était relatée, liant un jeune bourgeois pachtoune (ethnie dominante en Afghanistan) à son serviteur hazara, une tribu méprisée et brimée, avec en toile de fond l’Afghanistan, d’abord idéalisé au début des années 70, ravagé par la guerre puis par les talibans. Taghmaoui y interprète Farid, le chauffeur qui conduira dans sa quête le héros Amir, après des années d’exil aux Etats-Unis, sur les traces de son passé. On retrouvera Saïd Taghmaoui en mars dans Angles d’attaque, un thriller sur la lutte contre le terrorisme dans les hautes sphères du pouvoir américain, aux côtés de Sigourney Weaver, Dennis Quaid et Forrest Whitaker. Rien que ça !


Musique. 2 festivals, une tradition

Deux événements proposent de (re)découvrir la variété de la culture musicale marocaine. Premier rendez-vous pris à Fès pour battre la mesure aux rythmes andalous. Du 21 au 23 février, le 13ème Festival de la musique andalouse fera résonner des orchestres de Fès, Tanger, Tétouan, Rabat, accompagnés des élèves de plusieurs conservatoires, tous venus pour faire partager leur amour d’un art musical, “fruit du métissage entre le Maghreb, l’Andalousie et l’Orient”. Pour les amoureux du 7ème art, une cérémonie en l'honneur des cinéastes Izza Génini et Larbi Bennani reviendra sur la musique marocaine dans le cinéma, avec des projections et des débats. Deuxième mi-temps, un mois plus tard, à M'hamid El Ghizlane pour plonger dans l’art de vivre bédouin. Le Festival international des nomades se pose dans cette contrée à 250 km d’Ouarzazate, du 20 au 23 mars. Poètes, troupes folkloriques, chanteurs et humoristes relateront l’histoire des nomades du Sahara.


Arts plastiques. Doucement mais sûrement

Ceux qui avaient suivi, en 2004, l’événement artistique Absolutment artiste se souviennent certainement de M’barek Bouhchichi, jeune talent inconnu venu de Tiznit où il avait auparavant timidement exposé. Une année plus tard, son intervention lors du même événement à Merzouga (Absolutment artiste, des arts et désert) fut, encore une fois, fortement remarquée et appréciée. Depuis, M’barek Bouhchichi a tracé - sûrement - son chemin, devenant un artiste de la relève. Paris, Rabat, Marrakech… la peinture abstraite de Bouchichi fait mouche, et apporte un souffle nouveau. Transparences de violets, d’orange et de gris, volumes décalés, les toiles de l’artiste, presque aériennes, accrochent parce qu’elles sonnent juste. Travaillant à même le sol, Bouhchichi pose son âme sur la toile. Cela se sent et c’est ce qui fait sa force et tout son intérêt.

Du 22 février au 12 avril à la galerie Rê à Marrakech.



Rock. Metal reptilien

Non, le metal marocain n’est pas passé à la trappe : nos rockeurs prennent leur temps, mais ne chôment pas. Après le groupe Sawlegen, c’est au tour d’Anaconda, vainqueur de L’boulevard 2005, de sortir, trois ans après leur récompense, leur tout premier album. Between Life and Death comporte 9 chansons, dont des morceaux déjà connus du public. L’album sera mis en vente à 40 dirhams lors du concert promotionnel du groupe, prévu le 16 février à Rabat. La bande Anaconda y partagera l’affiche avec Syncopea, Analgesia ou encore Frenesia. Autoproduction oblige, le groupe a recours au système D pour distribuer sa musique et pense organiser une mini-tournée au Maroc. À bon entendeur.

Le 16 février à partir de 15h, salle Bahnini, Rabat.



Production. Plus de fonds et c’est tout

Pas de grande surprise dans l’annonce de la constitution de la commission d'aide à la production cinématographique session 2008/2009, sinon une augmentation de 10 millions de dirhams de l’enveloppe budgétaire qui lui est allouée, atteignant ainsi les 60 millions de dirhams. Une embellie financière réjouissante certes, mais une composition de la commission qui n’augure aucun changement radical dans son orientation toujours aussi politiquement correcte. Pas de souffle revigorant donc, puisque le nouveau staff ressemble à s’y méprendre aux précédents. La commission très intello est désormais présidée par le philosophe-romancier Bensalem Himmich (succèdant à Mohamed Boukous) et constituée de Thami Oulbacha et Khalil El Alami-El Idrissi – on prend les mêmes et on recommence. Y ont fraîchement débarqué Salwa Zouiten, Abdellah Rmili ou encore la poétesse Fatima Chahid.


Radio. 2M Live Session

Qui a dit que les émissions radio pour d’jeuns, qui fleurissent sur les ondes, étaient plus débilisantes les unes que les autres ? Younes Lazrak, jeune animateur sur Radio 2M, fait taire avec originalité les mauvaises langues, en ajoutant un concept novateur à son émission quotidienne “le 17-20h”. En effet, depuis deux semaines, ses auditeurs profitent d’une nouvelle rubrique, sobrement intitulée “live session”. Le principe ? Inviter tous les vendredis un groupe de musique à se produire pendant une heure et en direct sur Radio 2M. Ouverte à tous les artistes, la rubrique ne veut pas se confiner dans un genre précis : Casa Crew ont ouvert le bal, suivis de Ganga Vibes et de DJ Leo Veil. Younes Lazrak présente aussi le top 40 de Radio 2M, et ne se contente pas d’être une voix, puisqu’il a fait ses premiers pas dans le cinéma dans Islamour (Saâd Chraïbi). Voilà un jeune à suivre à la trace.



Humeur.
Les gens du livre

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Le bouquin avec une minuscule, puisque les invités du Salon du livre de Casablanca, conviés pour parler du Livre, sont des auteurs tout sauf majuscules. Vendus par des attachés de presse trop excités de surcroît. “Malek Chebel sera à Casablanca ! C’est l’occasion de faire son interview !”, s’est exclamé une marchande de littérature à notre adresse. Le type qui passe si bien chez Ardisson, entre une blague moisie de Laurent Baffie et un faux rebelle. Un islamologue disposé à nous parler de Dieu, de la tolérance et des petits oiseaux. À nous expliquer à vous et à moi, à tous les analphabètes, cette multitude de “babobi” du verset qui n’y comprenaient rien. à tous les pas concernés. Ceux qui regardent chez Ardisson des orientalistes de salon éclater Lorie sur son propre terrain. Des penseurs télégéniques, surtout depuis qu’ils se sont rasés la moustache. Et un jour, au Salon du livre, on a croisé des trop concernés, des pas comme vous, comme moi et les fans de Lorie. Des tout en poils ne lisant pas Malek Chebel, mais le Livre tous les jours. Des mecs qui feraient désordre sur un plateau télé. Des gus avec qui il vaut mieux éviter les blagues sur Dieu, le prophète et sa parentèle proche et lointaine. Surtout lorsqu’on s’appelle Baffie. Ils vendaient Les Protocoles des sages de Sion à 20 DH seulement. Un manuel de haine pour illettrés de l’amour, fauchés de surcroît. Un truc à calmer sec une attachée de presse trop excitée. Il sonnait idiot, le rire d’Ardisson, après coup. Vain, l’aftershave de Malek Chebel, à tous les coups. Et sympa, Lorie. Pour une fois.



Juan Goytisolo la joue solo
L’écrivain espagnol, résident à Marrakech, a finalement décliné l’invitation du Salon international du livre de Tanger. La rencontre, organisée par l’Institut français du Nord, se passera donc de la présence de celui qui a donné son nom à la bibliothèque de l’Institut Cervantès, dans la même ville.


Bibliothèque numérisée
Une convention a été signée entre la Bibliothèque nationale sise à Rabat et la Bibliothèque nationale de France. La bibliothèque marocaine, aura un système d'information globale et un catalogue informatisé. Après un premier accord en 2004 avec la BNF, la convention court jusqu’à 2010. Il était temps !


Un an et du souffle
L’espace d’art contemporain Souffle d’art sis au 45 bd Ghandi à Casablanca, qui soufflera bientôt sa première bougie, accueille jusqu’au 5 mars une rétrospective du peintre Bouchta El Hayani, autour de représentations de corps ambigus et insaisissables. Pour découvrir ou redécouvrir l’artiste taounati.

 
 
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