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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

L’année 2007

Les projets industriels
de l’Alliance Renault-Nissan au
Maroc commencent à se préciser.
(AFP)

Renault-Nissan. Enfin du concret !


Le fameux projet du complexe industriel de l’Alliance Renault-Nissan dans la région de Tanger commence à prendre forme. Une “société de projet Renault Tanger Méditerranée” a été créée et les travaux de construction de l’unité ont déjà démarré. Celle-ci comprendra, comme prévu, une usine d’assemblage d’une capacité de production annuelle de 200 000 véhicules à son démarrage (prévu pour fin 2010), passant à terme à 400 000 véhicules. Elle se spécialisera dans la production de véhicules low-cost, à savoir la Dacia Logan, mais aussi sa version 5
portes, baptisée Sandero, et probablement des déclinaisons utilitaires (fourgonnette et pick-up). Les chaînes de l’usine de Melloussa accueilleront également un utilitaire léger estampillé Nissan, qui devait initialement être assemblé dans l’usine espagnole du constructeur japonais. Preuve que l’usine marocaine est positionnée par l’Alliance (sur le papier, pour le moment) comme l’une des plus compétitives.

90% de la production sera orientée vers l’export, alors que les 10% restants seront écoulés sur le marché marocain… bien qu’issus d’une structure installée en zone franche. Une dérogation à la loi actuelle ? En principe seulement, puisque de toute manière, en 2010, année de démarrage, les droits de douane sur l’importation de véhicules seront déjà… de 0%.
La Somaca a aussi droit de cité dans ce plan industriel. Si, à terme, la Logan désertera ses chaînes, elle y sera remplacée par l’actuelle génération du Kangoo (qui vient d’être remplacée en Europe), dont la production prendra également le chemin de l’export. Mieux : la capacité de production de l’usine casablancaise passera de 50 000 à 100 000 unités.


Emprunt. Un milliard pour Benjelloun

Nouvelle émission obligataire pour la BMCE Bank. La banque de Benjelloun devrait lever un milliard de dirhams en cédant 10 000 obligations sur le marché. D’une échéance de dix ans, ces titres de créances sont rémunérés à taux variable, fixé selon le dernier taux des bons du trésor à 52 semaines observé sur le marché secondaire. Via cette opération, BMCE compte rééquilibrer son bilan de manière à se permettre plus de distribution à la clientèle. Les titres émis correspondent d’ailleurs à une dette subordonnée, ce qui permet de considérer ce milliard de dirhams pratiquement comme des fonds propres, inclus dans le calcul des ratios prudentiels. Une parade que BMCE Bank a été la première à utiliser avant de faire des émules dans le secteur bancaire.


BAM. Cure de jouvence

Bank Al-Maghrib rajeunit son management. Les départs en retraite des directeurs Hassan Alaoui Mdaghri et Abdelhamid Afi ont ouvert la voie à des quadras, déjà en vue au sein de BAM. Mounir Razki prend ainsi la tête de la direction des opérations monétaires et des changes, après avoir été dans l’entourage de l’ancien gouverneur, Mohamed Sekkat. Karim El Aynaoui est nommé directeur des études et des relations internationales, après avoir chapeauté la cellule études de Bank Al-Maghrib. Pour autant, ces promotions cachent mal les tensions à l’intérieur de la Banque centrale. À en croire selon une proche de BAM, “les nouveaux ont du mal à s’adapter à la mentalité bureaucratique, ce qui provoque des heurts et un important turn-over”. Récemment, un responsable de la cellule Bâle II a quitté la direction de la supervision bancaire pour une banque privée de la place.


Tanger Med. Le terminal pétrolier en chantier

Une vingtaine de réservoirs hauts de 25 mètres, une poignée de pipelines longs de 3 kilomètres, sans parler des bras de chargement et déchargement et les stations de pompage… c’est à cela que devrait ressembler le quai pétrolier de Tanger Med après près de deux ans de travaux. La construction vient d’être décrochée par la société française Litwin, portant sur un contrat de 82 millions d’euros pour livrer le terminal “quai en main” à son concessionnaire. Il s’agit de la société Horizon Tanger Terminal, groupement composé d’Akwa Holding, de la société émiratie ENOC et du Koweïtien IPG, qui avait remporté l’appel d’offres pour l’exploitation pendant 25 ans de ce quai pétrolier, déjà surnommé par les opérateurs “la station service du détroit”. Un sobriquet qui en dit long sur les enjeux et la rentabilité future de cette concession.



Pendant ce temps, le peuple…
À quel saint se vouer ?

Valentins, Valentines aux cœurs sensibles, accrochez-vous ! Ce supposé saint qui se fait appeler Valentin est un escroc de la pire espèce, un peu comme le Père Noël. Le seul Valentin qui pourrait passer pour un saint est (peut-être) le pape Bastien Valentin renversé en 837 (merci Wikipédia). Sauf qu’un prêtre ne peut être l’inventeur de la fête des amoureux.
Valentins, Valentines, Saint Valentin est une pure création commerciale destinée à animer la période creuse d’entre deux soldes. Un complot bien ficelé par les bijoutiers, chocolatiers, fleuristes et vendeurs de lingerie. Et la combine marche à merveille, puisque même les restos et les opérateurs télécoms s’incrustent dans la chapelle.
Valentins, Valentines, il y a des siècles, la fête de Saint Valentin n’était qu’une partie de cache-cache géante, destinée à booster la démographie. Les jeunes filles des villages se cachaient et le premier des jeunes gaillards qui en trouvait une devait l’épouser et la fertiliser au courant de l’année (encore merci Wikipédia). Plus besoin de se livrer aujourd’hui à cette pratique, les Chinois ont suffisamment peuplé la planète.
Valentins, Valentines, la date du 14 février n’est pas universelle. Vous pouvez toujours vous rattraper le 14 mars, jour des amoureux chez les Japonais, ou encore le 12 juin, “Dia dos nomorados” chez les Brésiliens. En gros, l’amour est à fêter chaque jour, sans modération, et de préférence par des cadeaux. Car “il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour”, dixit le grand philosophe Monbanquier.



OFF.

Le redressement de la compagnie Es saada, l’une des dernières acquisitions de Moulay Hafid Elalamy, se poursuit. Et vu son état d’avancement, les gestionnaires du groupe Saham n’excluent pas la réalisation de la fusion de ladite compagnie avec la CNIA courant 2008. Des études sont d’ailleurs lancées dans ce sens et elles sont même bien avancées. L’idée initiale de garder les deux compagnies autonomes n’est donc plus à l’ordre du jour. Si la fusion se réalise, le groupe se délesterait (sans contrepartie financière) d’un précieux agrément, puisque le ministère des Finances a décidé de ne plus en accorder.

 
 
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