Moudawana. Quatre ans pour rien ?
Politique. Ex-ministres, que sont-ils devenus ?
Affaire. Le prince de Facebook...
Étude. On châtie bien les gosses !
Société. Chouette, ma "bonne" parle anglais !
Turquie. La polémique du voile
Aziz Akhannouch. Ministre à gros portefeuille
Livre. Dans les allées du SIEL
Cinéma. Bladi, bladi !
Spectacle. La parade populaire
N° 311
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Le gouvernement El Fassi vient
d’être confronté à un premier
mouvement social d’envergure.
(TNIOUNI / NICHANE)

Grève. Les fonctionnaires débrayent


Abbas El Fassi a subi son premier test social mercredi 13 février. Un vaste mouvement de grève a perturbé les administrations et les collectivités locales, en protestation contre la hausse des prix des produits de base et la détérioration du pouvoir d’achat des fonctionnaires (estimés à 700 000). Les trois centrales syndicales derrière cette grogne (la FDT, affiliée à l’USFP, l’UMT et l’UNTM, bras syndical du PJD) avancent un taux de participation de 80%. Un chiffre contesté par le gouvernement qui affirme que des pans entiers du
secteur public n’ont pas participé à la grève. De surcroît, nous explique un proche de Mohamed Abbou, ministre de la Modernisation des secteurs publics, la CDT de Noubir Amaoui et l’UGTM de l’Istiqlalien Mohamed Benjelloun, qui représentent toutes les deux presque la moitié des fonctionnaires syndiqués, n’ont pas participé à ce mouvement. D’après les grévistes, l’abstention de la centrale istiqlalienne est “politique”, car Mohamed Benjelloun n’a voulu tirer ni dans les pattes ni dans le dos de Abbas El Fassi. “Le gouvernement s’est engagé à répondre à nos revendications au plus tard début mars. Pourquoi faire grève en ce cas ?”, se défend Benjelloun. “L’équipe d’El Fassi s’intéresse au patronat en lui accordant des cadeaux fiscaux et oublie ses engagements envers la classe ouvrière, notamment en ce qui concerne la revalorisation du SMIG”, rétorque Larbi Habchi, membre du bureau national de la FDT. Pendant que les syndicalistes se querellent entre eux, Abbas El Fassi peut dormir sur ses deux oreilles. Jusqu’à mars en tout cas…


Justice. Lmrabet-MAP : 1-0

Les tribulations judiciaires de l’ancien directeur de Demain se suivent et ne se ressemblent pas. Le 21 janvier dernier, il a gagné en appel le procès pour diffamation intenté par des journalistes de la MAP. En 2004, Ali Lmrabet avait consacré un article intitulé “une armée de mouchards” aux liens supposés entre l’agence de presse officielle et la DGED. La Cour d’appel de Madrid a jugé que “la relation (entre la MAP et la DGED) est suffisamment prouvée”. Dans un communiqué publié mercredi dernier, Lmrabet rappelle en outre que sa plainte contre le correspondant de la MAP à Madrid n’a pas été rejetée par le tribunal d’Almeria. Ceci, contrairement aux affirmations d’une dépêche de… la MAP.


Sacralités. Nasser est mort

Le doyen des prisonniers marocains est décédé, seul, dans le froid de sa cellule de la prison de Settat, le jeudi 14 février 2008. Agé de 95 ans, Ahmed Nasser, un vieillard sénile et paralytique, avait été arrêté le 4 septembre 2007 pour atteinte aux sacralités. “La veille de sa mort, je lui ai rendu visite. Son état était alarmant. Quand j’ai essayé de demander son hospitalisation aux responsables de la prison, je n’ai trouvé personne à qui m’adresser, dénonce son fils Mbarek Nasser. Le lendemain, je suis revenu le voir, mais on m’a dit qu’il était déjà décédé”. La dépouille du défunt a été acheminée à Casablanca pour autopsie.


Exposition. Ben Barka en peinture

Invité par les éditions Tarik, Bachir Ben Barka, fils du célèbre opposant, a passé quelques jours au Maroc. Un séjour studieux, avec, au programme, un passage par la case Salon du livre de Casablanca (SIEL), où il a dédicacé l’ouvrage qu’il a préfacé : Mehdi Ben Barka en héritage. De la Tricontinentale à l’altermondialisme. Dans la foulée, Ben Barka fils en a profité pour travailler sur une exposition artistique en hommage à son père, prévue pour cet automne à Rabat. “Une centaine d’artistes, hommes et femmes, en majorité des Marocains, présenteront chacun une œuvre de sculpture ou de peinture à la mémoire de Mehdi Ben Barka”, nous a-t-il confié.


Télé amazighe. L’IRCAM out

Alors que le lancement de la chaîne de télévision amazighe ne cesse d’être ajourné, l’Institut royal pour la culture amazighe, l’une des quatre instances chargées de chapeauter ce projet, vient d’en être écarté. “C’est une décision étrange et non motivée, dont on attend toujours l’explication”, s’étonne Ahmed Boukouss, le directeur de l’IRCAM. Ce dernier a d’ailleurs envoyé une lettre de protestation au ministre de la Communication, l’interrogeant sur les raisons de l’éviction de son Institut. “Le Dahir qui crée la TVT (Télé amazighe) prévoit explicitement l’IRCAM parmi les organismes chargés d’accompagner le lancement et le fonctionnement de cette chaîne”, rappelle-t-il.


Lions de l’Atlas. En quête d’entraîneur

Contrairement à ce qui a été avancé par la presse, aucun membre de la Fédération royale marocaine de football n’a jeté l’éponge. Bien au contraire, les hommes de Housni Benslimane se démènent pour trouver un nouveau coach pour l’équipe nationale : “Nous n’avons contacté personne à ce jour si ce n’est la Fédération française de football pour qu’elle nous communique les CV des candidats potentiels”, nous a confié ce responsable fédéral. Au même moment, Henri Michel, invité à s’exprimer sur les ondes de la station française RMC, est revenu sur son limogeage à la tête des Lions de l’Atlas: “Tout était faux dès le départ. Je me suis fait avoir, j’ai été trop sincère, trop amical, trop gentil. J’avais signé pour la qualification à la Coupe du monde 2010 et pas pour la CAN”. Comme quoi, tout comme la guerre, le football est une chose trop sérieuse pour être confiée aux militaires…


Marrakech. Miss Monde en caftan

Après avoir raté la Coupe du monde 2010 et l’Expo internationale 2012, le Maroc aura peut-être son lot de consolation avec l’organisation du concours Miss Monde 2008. “Marrakech a 50% de chances d’abriter cette manifestation planétaire”. C’est ce qu’a révélé la Britannique Julie Morley, ex-miss monde et marraine de l’événement lors de sa récente visite au Maroc. Au cas où Marrakech serait retenue, le comité organisateur devra cependant faire l’impasse sur le traditionnel défilé en bikinis, qui risquent fort d’être remplacés par des caftans. Une pudeur dont ne s’embarrasseront certainement pas Ukrainiens, Turcs, Coréens et Grecs, dont les pays sont aussi en lice pour l’organisation de la 58ème édition de Miss World.


Abdellah Taïa. Le spleen de l’écrivain

L’auteur du Rouge du tarbouche étoffe son oeuvre. Une mélancolie arabe, son dernier roman, “est un livre d’inspiration autobiographique”, nous explique Abdellah Taïa. Le livre retrace quatre épisodes-clés de la vie de l’auteur : “J’y raconte comment je tombe, comment je meurs et comment je ressuscite”. Chaque fois, il s’agit d’histoires d’amour dans différentes villes (Salé, Marrakech, Paris), mais le chapitre central se passe au Caire. “Je parle de ce monde arabe qui n’en finit pas de chuter. Je fais le parallèle entre ma déchéance et la sienne”, poursuit-il. Une mélancolie arabe sortira aux éditions du Seuil courant mars.


Energie. Benkhadra s’émancipe

Malgré ses récents déboires linguistiques au Parlement, la ministre de l’Energie a le vent en poupe. Elle s’est émancipée de la tutelle du conseiller royal Meziane Belfkih, qui chapeautait jus-qu’alors les dossiers d’Amina Benkhadra, pour prendre désormais ses instructions directement auprès du roi. C’est du moins ce qu’elle laisse entendre lors de ses réunions de travail : “Je vais en référer à Sa Majesté”, a-t-elle pris l’habitude d’affirmer à ses collaborateurs. Et ce n’est pas Younes Maâmar, le tout-puissant directeur général de l’ONE, qui s’en réjouira : à couteaux tirés avec sa ministre de tutelle, il aurait boudé plusieurs des réunions organisées par Benkhadra.


AMDH. La semaine du détenu 

Jusqu’au 19 février, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) poursuit une campagne pour la libération des détenus d’opinion. Entamée jeudi, elle s’étale sur une semaine et a pour but premier, nous explique ce dirigeant de l’AMDH, “de libérer la trentaine de détenus d’opinion qui croupissent dans les geôles du royaume”. L’Association interpelle les élus (“Qu’ont-ils fait pour soulever le problème de la détention politique ?”, s’interroge l’un des membres du comité organisateur), mais aussi les responsables du ministère de la Justice “qui ne communique pas (ou si peu) sur les détenus islamistes ou sahraouis”. L’un des moments les plus attendus de cette semaine de solidarité reste le sit-in organisé vendredi devant le siège du Parlement à Rabat.


Archives. On déclassifie… en France

C’est une quasi-certitude, Paris devrait prochainement déclassifier 165 documents du SDECE, ancien service de contre-espionnage français, suite à la demande de Patrick Ramaël. Le juge d’instruction en charge de l’affaire Ben Barka espère en savoir (un peu) plus que lors de la dernière levée du secret défense il y a trois ans, restée très insuffisante. Contacté au téléphone, un membre de la famille Ben Barka nous a confié être “dans l’attente (de la déclassification) pour porter un jugement”. Et d’ajouter : “On ne peut pas préjuger de l’importance des documents, mais nous estimons que c’est un pas positif pour continuer à défricher toutes les pistes.”


Ali Baddou. L’époux de Miss Météo

Un air de noces a soufflé sur le Grand Journal, l’émission animée par Michel Denisot sur Canal+. La charmante et très convoitée Louise Bourgoin, chargée de présenter la météo, vient en effet de se marier. Et devinez qui est l’heureux élu ? Ali Baddou, le chroniqueur littéraire d’origine marocaine du Grand Journal. “Oyez, oyez ! Samedi dernier, lors d’une cérémonie en présence de Michel Denisot et de Marianne Massenet, je me suis mariée avec Ali Baddou”, a claironné dans un mégaphone sur le plateau de Canal+, une Louise Bourgoin farceuse, mais visiblement heureuse, vêtue de sa robe de mariée.


Sahara. Taoujni Tour opérateur

Le président de l’Association le Sahara marocain (ASM) continue de voir les choses en grand. Sa dernière trouvaille : “Nous offrons le billet d’avion et le séjour à tous les Algériens désirant participer à la marche que nous organisons le 16 mars prochain en direction de Tifariti”, nous a-t-il confié. Pour financer cette opération, Réda Taoujni affirme être soutenu par un richissime homme d’affaires sahraoui, qui aurait versé à l’ASM la coquette somme de trois millions de dirhams. L’identité du généreux donateur, tenue secrète, ne sera révélée que le jour du départ vers Tifariti. Que de suspense…


RNI. Aujjar lance son journal

L’ancien ministre des droits de l’homme, journaliste de formation, revient à ses premières amours. À la mi-mars paraîtra son nouvel hebdomadaire arabophone. Mohamed Aujjar est ambitieux : “Avant le prochain ramadan, j’espère que nous deviendrons un quotidien”. Un nouveau journal partisan sur la place ? “Non, répond le numéro 2 du RNI, il s’agira d’un périodique indépendant et pluraliste. Mais je reconnais qu’il va falloir expliquer tout ça. Au parti, certains se posent des questions…”. En attendant, Aujjar finalise son projet et multiplie les contacts. Il semble avoir déjà choisi son distributeur : Mohamed Berrada, le patron de Sapress.


MRE. ça “plan” pour moi !

Un mois après la polémique soulevée par la formation du Conseil des Marocains de l’étranger, le ministre délégué aux MRE, Mohamed Ameur, a présenté les grandes lignes de son plan d’action. Il a mis l’accent sur l’enseignement de l’arabe dans les pays d’accueil, avec d’ici cinq ans près de 150 000 enfants concernés, au lieu de 60 000 aujourd’hui. Il s’agit aussi de créer cinq centres culturels à l’étranger, à raison d’un par an. Contacté par TelQuel, Abdelkrim Belguendouz, spécialiste des migrations, a jugé positive la démarche qui se veut “ouverte et objective”. Il note cependant que les ambitions du ministre risquent d’être revues à la baisse, “faute d’un budget conséquent”.


PPS. Les “cocos” font leur autocritique

Les amis d’Ismaïl Alaoui organisent une conférence nationale ce week-end à Bouznika. Au menu : le revers électoral de 2007 du PPS, mais aussi des sujets d’actualité comme le rassemblement de la gauche. “Nous avons besoin d’ un nouveau contrat politique avec la monarchie et les autres partis”, explique un membre du bureau politique. Le PPS compte ainsi ressusciter le débat sur la réforme constitutionnelle, relégué aux oubliettes pendant les élections. Serait-ce un sursaut du PPS, en réponse au fameux appel d’El Himma ? “Il peut constituer son parti, mais il n’a pas le droit de baser sa légitimité sur ses relations avec le roi”, commente toujours notre source.



3 questions à Abdelaziz Rebbah
[Secrétaire Général de la jeunesse du PJD]


Dimanche 17 février, vous démarrez une campagne consacrée à la moralisation et à la promotion des valeurs marocaines. De quelles valeurs parlez-vous donc ?
Ces valeurs sont le travail, l’éthique, ou encore la religion. La société marocaine y est très attachée. En même temps, à l’heure de la mondialisation, elle recherche un équilibre entre ses spécificités et l’ouverture. Grâce à nos 200 sections de jeunes réparties dans tout le pays, nous comptons aller à la rencontre de la jeunesse durant les trois mois que durera la campagne.

Débuter votre campagne à Ksar El Kébir, où a eu lieu le prétendu mariage homosexuel, fait opération marketing…
Pas du tout. Si nous avions commencé par Meknès, on nous aurait dit que c’est à cause de la fête du vin. En réalité, notre action n’a aucun rapport avec les évènements survenus dernièrement. Ksar El Kébir est une commune présidée par le PJD et qui est bien dirigée. Voilà pourquoi nous l’avons choisie pour débuter la campagne. Et pour tout vous dire, le choix a été arrêté avant les évènements qui y ont eu lieu.

Cette campagne est-elle une manière de vous préparer aux élections communales de 2009 ?
Non. Cette campagne est la cinquième du genre, même si le thème varie d’année en année. Elle n’est donc pas liée à un quelconque agenda électoral.


Dar Bricha. Musée ou projet immo ?

Un pèlerinage a été discrètement organisé, il y a deux semaines, à Dar Bricha, un ancien centre de détention secrète, près de Tétouan. L’initiative, que l’on doit au Forum des droits de l'homme du nord du Maroc, une ONG fondée en 2006, a regroupé divers tissus associatifs. “Nous voulons préserver la mémoire de ce lieu (Dar Bricha) et de cette région”, nous a expliqué Abdelwahab Tadmouri, président du Forum. Dar Bricha, pour rappel, a essentiellement “fonctionné” au lendemain de l’indépendance du royaume. Des centaines de résistants y furent torturés, parfois assassinés. La demeure, pratiquement à l’abandon aujourd’hui, risque à tout moment d’être transformée en projet immobilier.


PJD. Chasse aux gaspis

Les parlementaires de la formation islamiste, guidés par l’économiste Najib Boulif, ont décidé de lister tous les cas de mauvaise gestion cités dans le dernier rapport de la Cour des comptes. Le député Boulif nous a révélé que son groupe demandera des explications “très prochainement” au président de la Cour des comptes et au ministre de l’Intérieur. “Ce qui a été dit dans ce document n’est que la partie visible de l’iceberg. Nous tenterons d’en savoir plus, notamment sur les agréments de la pêche”, prévient-il. Le PJD compte aussi demander l’enclenchement de poursuites judiciaires à l’encontre des dirigeants des départements, pointés pour mauvaise gestion par la Cour des comptes.


RSF. Le Maroc (encore) épinglé

Ce n’est pas un scoop. Le Maroc a été de nouveau critiqué par Reporters sans frontières. Dans son rapport annuel, l’ONG française de défense de la presse estime que “l’année 2007 a été pour les journalistes marocains celle de tous les dangers et de toutes les mauvaises surprises. L’Etat a donné l’impression de vouloir réformer le Code de la presse, tout en n’hésitant pas à emprisonner les journalistes et faire saisir leurs publications”. RSF, qui fait allusion à l’arrestation de Mustapha Hormatallah d’Al Watan Al An, la saisie de Nichane et TelQuel, et l’exil d’Aboubakr Jamaï, considère que “le pouvoir de Mohammed VI continue de jongler maladroitement avec l’envie de préserver son image à l’étranger et la tentation de contrôler la presse indépendante marocaine”.



Humeur. Caravane

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

On peut applaudir, même si c’est d’une seule main : le PJD est dans son élément quand il annonce une vaste campagne “des valeurs”. Le thème lui va comme un gant, son armée ne vit que pour ça, son peuple va bouffer de la bien-pensance comme d’autres de la vache enragée : goulûment, peut-être férocement, sans fourchettes ni salière. Convenons-en, ô amis attablés : quand on vous présente votre plat favori, vous ne le mangez pas, vous l’avalez comme un repas liquide, vous le déchiquetez si un os malheureux vous fait de la résistance. Pour le reste, les seniors du PJD font comme le supermarché du coin, qui édite un dépliant pour rappeler à la ménagère le meilleur moyen de laver plus blanc ou de cuire un œuf en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Business politique, marketing social, on sollicite le cœur des ménages, parfois la bourse, et on attend que les uns et les autres passent à la caisse. C’est la vie. Reste une question qui nous intéresse au moins autant que le PJD et toutes les armées de ce pays : qu’est-ce qui nous empêche de dormir les poings fermés, comme des enfants heureux ? Voyons, rater une prière ou une séance d’ablutions et de dikr est-il plus fatal que de rater une année scolaire ? Oublier de dire bonjour est-il plus futile que mettre le pied dehors sans citer tous les noms possibles de Dieu ? Enumérer les conditions pour aller au paradis est-il plus important que d’expliquer aux gosses les vertus du travail ? Les yeux qui plongent dans un film érotique sont-il plus coupables que ceux qui jouissent des derniers messages d’Al Qaïda ? Une caravane des valeurs, c’est bien quand elle n’écrase personne sur son passage. Car la ménagère a besoin qu’on lui explique le détail de la nouvelle Moudawana, le choix de sa machine à laver, le meilleur moyen de reconquérir le cœur de son homme. C’est au moins aussi utile que de déterminer la direction de la Mecque avant d’entamer sa prière.



VITES !

Le magazine français Public a annoncé le mariage prochain de Jamel Debbouze avec Mélissa Theuriau, la jeune et craquante présentatrice de l’émission Zone interdite sur M6. Le couple médiatique convolera en justes noces le 8 mai prochain à Marrakech, dans un lieu encore tenu secret.


Une ville nouvelle devrait bientôt sortir de terre en plein cœur des Rhamna, terre d’élection du député Fouad Ali El Himma. L’ex-numéro 2 du régime pèse de tout son poids pour faire aboutir ce projet. Et pour cause, la future cité devrait lui permettre de tenir ses promesses électorales, notamment en terme d’emplois.


Massacre à la tronçonneuse à Marrakech ! La centaine de bigaradiers qui ornaient la gare ferroviaire de la ville ocre depuis plus de soixante ans viennent d’êtres abattus et remplacés par des palmiers. Raison de ce carnage écologique : donner un air local à la gare, en cours de rénovation.


Un homme a tenté d’escroquer l’ambassadeur du Maroc à Madagascar. Se prétendant haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères malgache, il a offert de soutenir le royaume auprès de son gouvernement contre rémunération. L’ambassadeur a alerté les autorités locales, qui ont arrêté le faux diplomate.


Le Dakar change de continent. Le rallye-raid, qui avait pour habitude de traverser le Maroc depuis sa création en 1979, sera délocalisé à partir de l’édition 2009 en Argentine et au Chili. Les organisateurs justifient cette décision par les menaces d’attentats terroristes qui pèsent sur l’épreuve lors de la traversée de la Mauritanie.


Les blogueurs du Maroc ont mis en ligne une pétition appelant à sauver l’enseignement, suite au rapport alarmant de la Banque Mondiale. “À quoi serviront les autoroutes (…), les villes réaménagées, le TGV, si la majorité des Marocains de demain ne savent ni lire, ni écrire”, lit-on dans cette pétition initiée par l’Usfpéiste Taha Balafrej, blogueur lui-même.
 
 
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