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Propos recueillis par
Souleïman Bencheikh
Interview. Dites-nous, Monsieur MRE
Le 21 décembre dernier, Driss El Yazami a été nommé à la tête du Conseil de la communauté marocaine à létranger (CCME), formé sous la houlette du CCDH. Après deux mois de silence, il parle enfin
Que sest-il passé au sein du CCME depuis sa création, il y a deux mois ?
Nous sommes en train délaborer notre programme et de constituer les groupes de travail. Nous devions dabord régler les détails logistiques : lune des difficultés que nous avons rencontré est celle de nous |
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organiser à 50 personnes, installées dans différents pays. Le dahir qui vient dêtre publié attribue au CCME une triple fonction : évaluer les politiques de lEtat en direction des Marocains à létranger, faire des propositions pour une meilleure participation de cette communauté à la vie démocratique du pays et, enfin, être une sorte dobservatoire de prospective. Nous devons aussi publier tous les deux ans un rapport sur létat des communautés marocaines à létranger.
Ce sont ces fonctions qui ont présidé à la naissance du Conseil ?
Lémigration marocaine a plus dun siècle, mais le pays na jamais connu un tel débat sur la question. Cest finalement grâce au roi et ses discours de novembre 2005 et 2006 que ce débat existe. Pour comprendre la naissance du CCME, il faut donc revenir à ce processus vieux de 2 ans.
Vous pensez quune dynamique sest enclenchée ?
Incontestablement. La création dun portefeuille dédié aux Marocains de létranger et placé sous la responsabilité du Premier ministre - et non plus du ministre des Affaires étrangères - a été un autre pas en avant. La nature transversale de la question des migrations nécessitait une coordination au niveau de la primature.
Quand vous dites que le CCME planchera sur la participation politique des MRE, sagit-il dune représentation au Parlement ou au sein dun Conseil avec des membres élus ?
Plusieurs possibilités existent. Il faut avoir une approche comparative et voir ce qui se fait ailleurs. Pour linstant, je nai pas encore de position tranchée. La question du lien entre nationalité et citoyenneté pose encore beaucoup de problèmes. Mais je crois que la question de la participation politique a pris trop dampleur. Il y a dautres aspects tout aussi importants.
Par exemple ?
Je pense aux aspects cultu(r)els. À ce niveau, il y a une très forte attente de la part de nos ressortissants à létranger. À titre dexemple, beaucoup veulent apprendre la langue arabe.
Le ministre en charge du dossier, Mohamed Ameur, a justement annoncé un effort accru pour lenseignement de larabe. Avez-vous contribué à cette décision ?
Nous venons tout juste de prendre nos fonctions, mais nous donnerons notre avis sur la question. Cest notre rôle de dire si une politique va dans le bon sens ou pas.
Cela veut-il dire que vous êtes le gendarme de M. Ameur ?
On peut le dire comme ça, comme on peut dire que le Conseil est une enceinte de dialogue et de proposition. Nous avons un rôle dévaluation des politiques publiques en termes démigration.
Entre le ministère et la Fondation Hassan II, quelle est la place du CCME ?
De lavis du CCDH, il faut remettre à plat les missions et la gouvernance des acteurs de la question migratoire, pour veiller à une meilleure coordination. Ce paysage institutionnel sera donc certainement revisité.
Quelle est lambition du Conseil ?
Nous avons besoin dune politique qui sadapte à la réalité actuelle de la communauté marocaine à létranger. Jai une préoccupation principale : que ces Marocains gardent leur attachement à leur pays dorigine. Il faut aussi réfléchir en termes de mobilité des élites. Auparavant, on pensait que le brain drain était à sens unique. Ce nest plus le cas aujourdhui : le défi est de faire circuler les compétences.
Le CCME a-t-il vocation à devenir représentatif ?
Il ne sagit pas forcément de représentativité au sens électoral du terme, mais au sens qualitatif. Nous avons essayé dêtre représentatifs, mais en hiérarchisant les critères, en tenant compte de la mondialisation de lémigration et des différentes générations et en accordant une large place aux femmes. Le Parlement et le CCME ne sont pas les seules possibilités de représentation : laction associative est aussi une forme de participation.
Est-il vrai que vous avez refusé le portefeuille de ministre de la Communauté marocaine résidant à létranger ?
Je pense être là où je suis le plus utile. Mais mon mandat doit être le plus court possible, en tout cas sous cette forme. |
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