|
Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
|
Le temps des conteurs,
Mohamed Kacimi, Paris, 1994.
(DR)
|
Drame artistique. Pour que survive Kacimi
Le 17 octobre 2003 décédait lartiste-peintre Mohamed Kacimi, laissant derrière lui une uvre majeure et incontournable dans lhistoire de la peinture marocaine moderne. Et un projet. Celui de faire de son lieu de travail à Témara un espace dart et de rencontres autour de la création et de la culture. Alors que ses amis proches se font la promesse de réaliser son souhait, une obscure affaire de succession trouble leurs projets : lhéritage Kacimi est réclamé par deux de ses frères jusque-là inconnus, au détriment de son épouse et de sa fille. Laffaire est au |
|
| tribunal et une bonne partie de luvre de lartiste est mise sous scellés à Témara même
où elle se dégrade depuis 4 ans, sans entretien aucun. Mobilisés dans une association, les amis de Kacimi nont cessé de tirer la sonnette dalarme, rappelant à chacune de leurs réunions, lurgence de la sauvegarde de luvre. Le 15 février dernier, les amis de Kacimi passent à la vitesse supérieure. Une pétition est alors lancée (parmi ses premiers signataires les deux écrivains Abdellatif Laâbi et Edmond Amran El Maleh) et un double appel est lancé : des mesures urgentes doivent être prises par les autorités pour mettre fin au procès et lopinion publique est sollicitée. Dans dautres pays, lEtat aurait déjà acheté les uvres aux héritiers, puisquil sagit là dun patrimoine collectif, déplore cette architecte, amie de lartiste. Dans les prochains jours, la ministre de la Culture sera appelée à soutenir le combat pour luvre de Kacimi. Touria, si tu nous entends
|
Sortie. Lavocat du diable
Avocat dans lun des plus grands cabinets juridiques de la Grosse Pomme, Michael Clayton arrange discrètement, mais toujours efficacement, les affaires de ses clients pas très clean. Quand tombe sur son bureau le dossier douteux dune puissante firme agrochimique qui compte bien sacrifier des millions de vies pour sen mettre plein les poches. Dilemme : camoufler encore ou risquer sa peau. Moins original que Erin Brokovitch et moins virtuose que The Constant gardener, ce thriller businesso-judiciaire nen est pas moins assez maîtrisé pour nous aspirer dans sa noirceur méandreuse, parfois un peu trop. Mais la sobriété de lensemble, compensée par des touches de mise en scène kaléidoscopique épousant bien le récit, emporte ladhésion à ce film impeccablement servi par des acteurs incarnés. Surtout George Clooney, si beau quand il transpire en silence. Au finish : on nest pas déçu par le passage derrière la caméra de Tony Gilroy, scénariste de linénarrable saga Jason Bourne.
Michael Clayton, au Mégarama.
|
Exposition. Graine de photographe
La valeur nattend pas le nombre dannées. Laudace non plus. Ghita Skali la bien compris. Du haut de ses 16 ans, cette Casablancaise expose ses photos et ses écrits au Sugar Hill. Pas prétentieuse pour autant, la jeune fille ne se prétend pas professionnelle, juste une adolescente en quête dexpression. Une trentaine de clichés pris sans queue ni tête avec son appareil compact, et une quinzaine de textes, livrent pêle-mêle sa vision du monde, entre réflexions sur la société et images simplement drôles. Et la lycéenne de citer Doisneau de sa voix fluette avant de se replonger dans ses cours.
Du 22 février au 22 Mars. 17, rue Ahmed El Mokri. Racine.
|
Danse. Mon tango à moi
Altier et sensuel, respectueux et insolent, rigoureux et inventif, le tango fait battre le cur des Argentins et des autres aussi. Soixante ans après lapogée, dans le Buenos Aires nocturne, de cet art enivrant, le tango a été menacé par la suite par la dictature argentine des années 70. Et Casablanca cède enfin à la sensualité du tango, une semaine durant. Du 7 au 13 avril, MaTango rassemble artistes, initiés et profanes pour célébrer cette danse dexception à travers spectacles, concerts, expos, conférences, projections et les inénarrables bals milongas. Entre Casa del Arte, le Musée du judaïsme, lInstitut français de Casa, les bars-resto La Corrida et Le Petit Rocher, le complexe Touria Seqqat et la Villa des Arts de Rabat, laissez-vous accompagner par les professionnels Vanessa Mestre, Mazen Kiwan et Sigrid Van Tilbeurgh, Julia et Andre Ciafardini. Sensations assurées et sublimées par les films du cinéaste Edgardo Cozarinsky (La Guerre dun seul homme, Guerriers et captives, Boulevard du Crépuscule) et les lumineuses peintures de Dominique Langlois.
|
Salon du livre. Le Maroc boycotte Paris
Le stand W74 du Salon du livre de Paris restera vide, du 23 au 27 mars prochain. Les éditeurs marocains boudent la manifestation, parce quIsraël en est linvité dhonneur. La décision de boycott a été prise par le gouvernement sur proposition de Touria Jabrane, rapporte cette source proche du ministère de la Culture. Les autres pays du Maghreb, ont déjà annoncé quils ny participeraient pas, vraisemblablement suivis par tous les pays arabes. Cette décision est hâtive, nous a confié ce professionnel du livre, qui ne comprend pas lamalgame fait entre littérature et politique. Un point de vue partagé par un illustre écrivain marocain, sur les pages du quotidien La Repubblica. Le romancier réagissait à une opinion de Tarik Ramadan publiée dans le journal de gauche italien et appelant au boycott du Salon de Turin, prévu en mai prochain, où Israël est également invité dhonneur. De lautre côté des Alpes, il y a un vrai débat sur la question. Et chez nous ? |
Arts plastiques. Un dinosaure à Marrakech
Cest ainsi que Saâd Hassani qualifie son exposition à la galerie Tindouf. Le terme bernard-lermite pourrait lui aller tout aussi bien, tant lhomme quitte rarement son atelier dans la vieille médina casablancaise. Mais Hassani sort de sa tanière et sen va présenter son uvre pour linauguration, samedi 23 février, de la Galerie Tindouf, dirigée par Boubker Temli. Sa démarche emprunte quelque chose à la poésie, dit de lui lécrivain Tahar Benjelloun. Une précision, une rigueur toute mathématique. Il faut rappeler que lors de lexposition universelle de Lisbonne en 1998, Hassani avait réalisé une toile géante (une voile en fait) de 220 m2. Excusez du peu
Hassani qui, semble-t-il, voit toujours aussi grand, planche actuellement sur une uvre géante composée de 64 tableaux, symbolisant un échiquier. Géant !
Du 23 février au 18 mars, à la galerie Tindouf, Marrakech.
|
Musique. Stop Baraka l'attente
Cest confirmé, Stop Baraka, deuxième album de Darga, sort le 29 février. Ils ont pris leur temps, cest sûr, mais c'est qu'ils ont bossé dur : entre scènes et concerts, les gars de Darga ont soigné pendant presque dix mois, à Casablanca, lenregistrement et le mixage des onze morceaux de lalbum, avant de masteriser le tout à Paris. Parmi les chansons, de l'inédit comme Kbala, en featuring avec H-Kayne, mais aussi des morceaux que le groupe a baladé de scène en scène pour le plaisir du public, comme Tchoumira ou encore Abdelkrim (hommage à Abdelkrim Khattabi). Avant-goût pour les impatients, qui peuvent d'ores et déjà écouter le titre éponyme Stop Baraka sur myspace et sur les ondes de la radio Aswat
Cest dit : Darga attaque !
|
Littérature. Mohamed Nedali, le retour
Et de trois. Mohamed Nedali, Grand prix Atlas 2005, revient à la charge. Après Morceaux de choix et Grâce à Jean de la Fontaine, Le bonheur des moineaux vient de paraître aux Editions Le Fennec. Lécrivain, instituteur à Tahanaout et phénomène littéraire dès la sortie de son premier roman, conte là lhistoire de Omar, guide de montagne en terre berbère. La veille de lAïd El Kébir, larrivée de huit touristes lui paraît comme la pire mésaventure. Mais, bien des surprises sont à venir, dont larrivée en hélico dagents du Makhzen et la visite privée de la First lady des Etats-Unis, accueillie par un gringalet ridé et grisonnant. Le récit, bien ficelé, sentirait presque le vécu. Le langage cru, marque de fabrique de lauteur, est toujours là. Lhumour aussi. On ne change pas une recette qui marche. |
Danse. Salama Likom
La compagnie Salama fait son retour à petits pas aux devants de la scène. Repérée en 2003 pour son spectacle Aladin à Casa, la troupe na cessé de se distinguer, mêlant avec habileté hip-hop et danse contemporaine. La consécration est arrivée avec Entre racines et ailes
corps et âmes, faisant non seulement de Salama la première compagnie professionnelle de création en danse contemporaine hip-hop, mais aussi une troupe qui exprime son engagement en mouvements. Depuis, la troupe sest envolée vers dautres horizons, des Pays-Bas à lEspagne en passant par la France. En attendant le nouveau spectacle, Salama se produira le 27 février au Hyatt Regency Casablanca, ouvrant et fermant le bal du premier anniversaire de la radio Aswat. |
 |
Humeur.
Le désert des Tartares
A quoi reconnaît-on les patelins oubliés de Dieu au Maroc ? Leurs noms commencent tous par Sidi. La religion na rien à voir avec laffaire pourtant. Allah non plus, dédouané doffice. Al Watan et Al Malik, un petit peu douteux du col par contre. À eux deux, ils ont essaimé des garnisons de militaires dans toutes ces bourgades à saints. Il a poussé des casemates partout dans la campagne marocaine plus le pays senlisait dans le sable saharien. Le rural souffrait dune crise dacné subite née ailleurs, au sud où il y avait de lembauche chez les FAR. Les 2ème classe sont, depuis, la chair de ces villes de garnison, ses forces vives comme disent les manuels dinstruction militaire. Les sous-offs y sont un bon parti, presque des notables à part entière, des maris présentables. Pas autant que le pharmacien du coin. Mais les FAR restent une valeur sûre, un investissement blindé. Aussi, les femmes y épousent des militaires et, comme de bien entendu, leur font des enfants. Autant que le permettent les permissions. Le kaki est la teinte des unions locales et des couvées. Cest couleur treillis sur du vert champêtre. Un ton sur ton qui peut se révéler morbide. Il suffit de croiser des veuves de guerre dans les rues des patelins à militaires, un jour où le ciel est neurasthénique. Elles ont épousé de bons partis, des presque notables qui ne sont pas revenus du front. Sous la pluie, par un temps à ne pas mettre un pharmacien dehors, le climax est suicidaire
|
|
Concert rbati
Avis aux amateurs de musique urbaine marocaine : le théâtre national Mohamed V accueillera le 29 février prochain le chanteur Steph Raggaman, le groupe de rap Casa Crew, les fusionneurs Jbara et bien dautres groupes en vogue de la nouvelle scène. ça va chauffer !
Femmes, à vos portables !
Créer une symphonie cinématographique mondiale du langage féminin. Telle est lambition du festival Birds Eye View qui invite les femmes à travers le monde à réaliser un court métrage avec un téléphone mobile, sur le thème Overheated (surchauffé). De 40 secondes à 4 minutes, il doit être posté sur YouTube avant le 2 mars.
Battle electro
Jalomax, Minush, M-Cine et Spiider sont les organisateurs de la première battle de danse electro (tecktonik), le 29 février à 14h30 au club 5ème avenue à Rabat. Animée par DJ Tarik, elle opposera les crews Rabat electro, Capito-tck, Casa-electro, Bianca-electro, Electro-band ou encore Kéni-electro. compet-electro@live.fr |
|