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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

Le rapport de S&P’s a salué
la démarche “préventive”
de Bank Al-Maghrib.
(AIC PRESS)

Secteur bancaire. La mauvaise note de S&P’s


L’intitulé d’un rapport publié récemment par Standard & Poor’s sonne comme une mise en garde explicite adressée aux banques marocaines : “Analyse du risque de l’industrie bancaire : le système marocain progresse, mais de nouveaux risques émergent”. Si le rapport reconnaît que le secteur s’est renforcé durant les cinq dernières années, ses rédacteurs affirment en revanche qu’il “est devenu de plus en plus vulnérable à la croissance rapide et inédite des crédits, qui gonfle les prix des actifs, ainsi qu’à l’expansion géographique des grands acteurs du secteur (en Afrique et dans le Maghreb, ndlr)”.

S&P’s pointe ainsi du doigt la bulle boursière et la hausse vertigineuse des prix de l’immobilier, estimant que “des corrections majeures des prix des actifs pourraient affecter la solvabilité du système bancaire marocain”. Quant à l’expansion géographique des banques marocaines, elle pourrait également “créer des risques incontrôlés et atteindre leur solvabilité”.

Le rapport conclut cependant sur un ton rassurant, vantant la qualité de la régulation du système bancaire marocain et jugeant positive l’approche de Bank Al-Maghrib, qui “peut aider à détecter suffisamment tôt les dérives”. Ce qui n’a pas empêché Standard & Poor's de placer les banques du royaume dans le groupe 8 de son classement global BICRA (Banking Industry Country Risk Assessments). Ce dernier en compte une dizaine, allant des systèmes bancaires au plus faible risque (Groupe 1) à ceux présentant le plus haut niveau de risque (Groupe 10). Autant dire une piètre note !


Poste Maroc. La mutation en marche

Démarré en 2006, le processus de restructuration de Poste Maroc va bon train. Sa transformation en SA devrait se concrétiser avant la fin de l’année et la demande d’agrément pour le statut de banque sera déposée courant mars auprès de Bank Al-Maghrib. Côté performances, Poste Maroc a vu son chiffre d’affaires progresser de 12,6% en 2007, à 1,3 milliard de DH. Il a été dopé par le pôle courrier (+13,5%) et la messagerie (+23%), moins par les activités financières (+10,2%). Pour 2008, Poste Maroc prévoit un programme d’investissement de 887 MDH. Au programme : l’ouverture de 130 nouveaux points de ventes. Enfin, l’établissement public engagera un plan de départs volontaires, qui touchra 1600 employés pour un coût de 400 MDH.


Pêche. Akannouch lâche du lest

Les pêcheurs ont fini par remporter leur bras de fer avec le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime. Après plusieurs jours de grève, un accord a été signé entre les deux parties le 18 février. Celui-ci prévoit d’abord de consacrer une partie du budget dédié par le ministère à la modernisation de la flotte à la réduction de l’impact de la hausse des prix du gazole. Il porte aussi sur la réduction des prélèvements opérés sur les ventes, qui prendront désormais en considération les charges financières des unités de pêche. Enfin, les deux parties ont convenu de poursuivre les contacts avec le ministère de l’Energie et des Mines et les distributeurs de carburants pour que la réduction des prix des carburants soit généralisée à tous les ports du royaume. Le tarif ne devra plus dépasser le plafond de 5000 DH la tonne.


Vision 2010. Dernière ligne droite

“Aujourd’hui, on ne doit plus se comparer à nos concurrents habituels comme la Tunisie ou l’Egypte, mais nous devons plutôt prendre comme benchmarks des pays comme l’Italie ou la Grèce”. La déclaration de Abbas Azzouzi, directeur de l’ONMT, en dit long sur l’euphorie qui règne dans le département du Tourisme après les réalisations exceptionnelles de 2007. Avec 7,4 millions de visiteurs, 59 milliards de dirhams de recettes et 17 millions de nuitées, les objectifs de la vision 2010 semblent, plus que jamais, à la portée. Néanmoins, le staff de l’ONMT est conscient de la nécessité de poursuivre les efforts. Il vient de rendre publics les axes de sa stratégie pour 2008 - 2010. Une stratégie toujours axée par marché, mais peaufinée en tenant compte de l’évolution des habitudes de consommation. Ainsi, l’Office mise gros sur la vente sur Internet : il mobilise un budget de 12 millions de dirhams pour un portail dit “Experts du Maroc”, destiné à syndiquer les agences de voyage qui vendent la destination Maroc.



Pendant ce temps, le peuple…
Feu Moulay Idriss

Un peu pyromane sur les bords, Saâd El Fassi est incollable sur les statistiques du service de la Protection civile de la ville. Il connaît les ratios par cœur : 1 sapeur-pompier pour 14 500 habitants (soit 14 fois sous la norme), une ambulance pour 125 000 âmes et un fourgon- incendie pour un demi-million de Fassis. “Autant dire qu’il ne faut pas être trop pressé en appelant le 15”, ironise notre héros. Alors, quand il apprend que les sapeurs-pompiers de sa ville veulent jouer aux soldats du feu new-yorkais, il est stupéfait. En effet, les services de la Protection civile de Fès se sont offert le nec plus ultra des équipements : un système d’information géographique d’alerte et d’intervention, dont ne diposent ni leurs collègues de Casablanca ni ceux de Rabat. Baptisé “Sigai”, ce système permet d’optimiser les interventions et mesurer les risques. Mais rien à faire, Saâd ne voit pas l’utilité d’équiper les pompiers de gadgets dont ils ne sauraient probablement pas se servir. “En plus, même en étant connecté aux satellites américains, il est impossible de se retrouver dans le labyrinthe de 9000 ruelles de Fès, si on n’est pas un vrai ould lemdina”, peste-t-il. Pourtant, il est bien content de voir sa ville s’offrir un gigantesque anniversaire en 2008. Une commission royale, réunissant pas moins de quatre ministres, et une fondation dédiée ont été créées pour cette occasion de taille : le 1200ème anniversaire de Fès. C’en fait des bougies à éteindre et, surtout, des millions de dirhams à cramer…



OFF.

Le groupe de Othman Benjelloun se renforce dans l’Offshoring et les IT avec la création de Steria MedShore, société spécialisée dans les métiers de l’offshoring. Cette nouvelle entité a été constituée en joint-venture entre MagShore (filiale de Finance.Com) et le géant Steria, leader européen de services informatiques, pour un capital de 7 millions de DH, détenu à parts égales entre les deux partenaires. La société servira de plateforme offshore pour les clients français du groupe Steria, les administrations et les grandes entreprises marocaines.

 
 
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