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Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

La semaine monde

Pervez Musharraf
(AFP)

Pakistan. Musharraf désavoué


Le président Pervez Musharraf a subi une cuisante défaite aux législatives. L’opposition a en effet remporté largement ces élections, transformées en référendum de rejet de Musharraf. La population a aussi exprimé sa défiance à l’égard des partis islamistes radicaux, qui avaient bénéficié de l’anti-américanisme ambiant après que les Etats-Unis ont chassé les Talibans.

Mais si le camp Musharraf a reconnu sa défaite, le bras de fer ne fait
que commencer avec l’ex-opposition. Car Musharraf a assuré, mercredi, qu’il n’envisageait pas de démissionner, plaidant pour une “coalition harmonieuse”.

Rien n’est joué car aucun des deux partis arrivés en tête ne dispose d’une majorité pour gouverner seul. Et Musharraf veut jouer sur les divergences qui existent entre le Parti du peuple pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto, assassinée le 27 décembre, et la Ligue musulmane du Pakistan (PML) de Nawaz Sharif. D’autant que les deux formations, qui ont débuté mercredi des négociations pour former un gouvernement d’union, sont déjà en désaccord sur le sort à réserver à Musharraf. Sharif, évincé du pouvoir en 1999 par le putsch du général Musharraf avant de s’exiler, a appelé à “débarrasser le pays de la dictature” et exigé le départ du chef de l’Etat. Quant au veuf de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, il a refusé de gouverner avec des membres du camp de Musharraf, sans pour autant appeler à la démission du président.

Les discussions s’annoncent donc difficiles entre le PPP et la PML et la répartition des portefeuilles au sein du gouvernement sera difficile. Benazir Bhutto avait promis de “débarasser le Pakistan des islamistes”, y compris en permettant aux Américains de frapper les zones tribales du pays, bastion des talibans et des combattants d’Al-Qaïda. En revanche, Washington se méfie de Sharif et de ses accointances passées avec les fondamentalistes. George Bush, qui présente régulièrement Musharraf comme l’un de ses meilleurs alliés dans la “guerre contre le terrorisme”, espère que le futur gouvernement sera aussi “l’ami des Etats-Unis”.


Balkans. Le Kosovo est indépendant

Un nouveau pays est né : le Kosovo, dont l’indépendance a été proclamée par son Parlement. Les Etats-Unis et plusieurs grands pays d’Europe ont reconnu le nouvel Etat. Six autres pays, dont la Grèce et l’Espagne, restent cependant réticents à le faire. Quant à la Serbie et la Russie, elles s’y sont catégoriquement opposées. En juin, la Commission européenne et la Banque Mondiale organiseront la Conférence des donateurs pour aider le Kosovo à relancer son économie, totalement dévastée. Les Vingt-sept d’Europe ont aussi donné leur feu vert pour l’envoi au Kosovo de 1900 policiers, juristes et douaniers, pour assister et former les jeunes institutions du pays. Les Kosovars attendent de l’indépendance des emplois, des investissements étrangers, voire une intégration à l’UE. Alors que l’Albanie fête l’indépendance du pays voisin, le pouvoir serbe a condamné le soutien de l’UE à “la sécession illégale” du Kosovo.


Libye. Les origines corses de Kadhafi

Le colonel Mouammar Kadhafi serait-il le fils d’un aviateur corse ? C’est le site d’infos en ligne Bakchich.info qui le dit. Selon une légende vivace dans l’île de Beauté, le président libyen serait le fils d’Albert Preziosi, héros de la France libre et envoyé en mission en Libye pendant la Seconde guerre mondiale. En 1942, Preziosi y aurait été recueilli par une tribu libyenne puis soigné par une jeune femme avec qui il aurait eu un enfant. L’aviateur est décédé un an plus tard dans le ciel de Russie. Problème : aucune archive écrite de l’Armée de l’air française ne vient confirmer cette légende et les descendants de Preziosi n’y croient pas. Reste que l’aviateur corse se trouvait dans le désert libyen au moment de la conception du Guide de la révolution… et que la ressemblance entre les deux hommes est frappante.


Etats-Unis. Obama, la passe de dix

Le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain ont poursuivi mardi, dans le Wisconsin, à Hawaï et dans l’Etat de Washington leur série victorieuse. Ces résultats sont un mauvais présage pour l’ex-Première Dame, Hillary Clinton, avant les primaires du 4 mars dans l’Ohio et au Texas, deux Etats qu’elle doit impérativement remporter pour préserver ses chances d’obtenir l’investiture démocrate. Or, le Wisconsin comme l’Ohio ont des typologies assez semblables, celles d’Etats industriels ayant souffert de la crise économique. Côté républicain, John McCain anticipe. Il se voit déjà comme le candidat républicain qui affrontera… Barack Obama en novembre.


Russie. Human Rights Watch indésirable

Le directeur de Human Rights Watch (HRW) a accusé la Russie de lui avoir refusé mercredi un visa pour Moscou. Kenneth Roth devait y présenter un rapport critique sur la politique des autorités russes à l’égard des ONG. L’affaire intervient sur fond de refroidissement des relations entre la Russie et l’Occident, à l’approche de la présidentielle du 2 mars. Moscou accuse un “ennemi” intérieur, regroupant ONG et opposants. Dans son rapport, HRW dissèque l’entrée en vigueur, en avril 2006, d’une loi régulant les activités des 240 000 ONG en Russie. Cette loi a été critiquée par les ONG et les Etats occidentaux.



Lu pour vous [FRANCE]
Le crépuscule de Fidel Castro

Pierre Rousselin, Le Figaro, le 20 février.

La clameur planétaire en faveur de la démocratie est la réponse qui convient à l’annonce du retrait de Fidel Castro (…) Le Lider Maximo incarne à la fois les ravages du communisme et la mystification d’un tiers-mondisme dévoyé. Il est, en 2008, un anachronisme vivant. Le personnage a tant marqué l’histoire de son pays, celle de l’Amérique latine, que la perspective de le voir s’effacer suffit à ouvrir une ère nouvelle. (…) Il est vrai que rien n’a véritablement changé à Cuba et que l’espoir d’une évolution rapide serait prématuré. Tant que Fidel Castro sera en vie, il pèsera sur la vie politique du pays, freinant toute initiative réformatrice avec ses slogans éculés (...). Qu’il ne se fasse pas trop de souci ! Les 18 mois pendant lesquels son frère Raul a assumé,”à titre temporaire”, la direction du pays n’ont donné lieu à aucune réforme. À 76 ans, Raul Castro aura-t-il désormais les mains plus libres pour moderniser l’économie ? C’est possible. L’état de délabrement de l’île rend urgente une reprise en main et l’appel aux investissements étrangers si le régime veut éviter une révolte populaire (…). Affirmons que la transition a commencé à Cuba, que l’Europe est disposée à aider ses dirigeants qui voudront que cette transition se fasse dans le calme, avec une libération des prisonniers politiques et l’organisation, à terme, d’élections pour que les Cubains puissent enfin décider par eux-mêmes de leur destin.



Royaume-Uni. Northern Rock nationalisée

Le gouvernement travailliste de Gordon Brown a créé la surprise en annonçant qu’il nationalisait la Northern Rock, une banque spécialisée dans le crédit immobilier. L’établissement avait frôlé la faillite en septembre, dans le sillage de la crise des “subprimes” (prêts hypothécaires américains à risque). Dans l’opposition, les libéraux démocrates ne sont pas mécontents de cette décision, mais ils critiquent les tergiversations du Chancelier à l’Echiquier, Alistair Darling. Les conservateurs, eux, dénoncent une opération qui ramène la Grande-Bretagne aux “années 1970”. C’est à cette époque que remonte la dernière nationalisation d’une entreprise britannique (Rolls-Royce). La plupart des journaux, excepté le Financial Times, ont condamné la reculade d’Alistair Darling. Les deux candidats à la reprise de la banque - le conglomérat Virgin et la direction de la banque elle-même - se disent déçus.


VITE !

Dodi Al Fayed et Lady Di ont-ils été assassinés ? Selon Mohamed Al Fayed, le père du compagnon de la princesse, le couple a été victime d’un complot ourdi par les princes Philip et Charles pour éviter que la princesse Diana n’épouse un musulman.

 
 
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