Affaire Belliraj. Le temps du doute
Objectif 2009. À table avec El Himma
Abdeslam Ouaddou : "Je regrette mon geste"
Affaire Mourtada. En rire ou en pleurer ?
Cuba. Une nouvelle ère ?
CIH. De la banqueroute au jackpot
Hamed Bouzzine. Colporteur d'histoires
Musique. Le retour du cactus
N° 313
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Personne ne pense pour moi”

Abdellatif Khizrane,
patron de presse
(DR)

Antécédents

1962. Naissance à Casablanca.
1986. Maîtrise de Physique thermique à Pau, en France.
89-94. Dirige le groupe de presse Practis, en France.
1994. Retour définitif au Maroc.
1995. Sortie du premier numéro de Citadine.
1997. Lancement de Khmissa.
2007. Citadine réalise un reportage-photo de la famille royale.

Smyet Bak ?
Khalifa Khizrane

Smyet Mok ?
Fatéma bent Mohamed Soussi

Nimirou d’la carte ?
B 462702

La semaine prochaine aura lieu la dixième édition de Khmissa. C’est une bonne opération marketing ?
Khmissa est un évènement qui coûte de l’argent et mobilise une équipe entière plusieurs mois durant. Grâce à cet évènement, nous œuvrons pour des causes nobles. Cela nous a permis de faire découvrir des personnes qui travaillent dans l’ombre pour la situation des femmes célibataires ou encore les enfants en milieu carcéral…

Et le fait de vous associer à une entreprise d’huile, c’est pour mieux vous glisser dans le foyer de la ménagère ?
(Rires) Je trouve que s’associer à Lesieur Cristal est une bénédiction. Au début, il était très dur de trouver des partenaires pour nous suivre. Même les télévisions étaient réticentes. Nous n’allons tout de même pas nous plaindre.

Vous êtes titulaire d’une maîtrise de physique thermique. Comment avez-vous atterri dans le journalisme ?
Je pense que tous les chemins peuvent mener au journalisme. Mais comme j’ai poursuivi des études scientifiques, cela m’a permis de développer un esprit cartésien qui me sert dans mon métier.

Quelles sont les qualités requises pour intégrer votre entreprise : avoir un bon diplôme, une tête bien faite, ou être une femme ?
Je pense qu’il faut être vif, frais, tonique. Avec ces qualités, on peut arriver à tout, sans forcément être diplômé d’une grande école parisienne.

Et à diplôme et qualité équivalents, vous choisiriez une femme ou un homme ?
Honnêtement, je pense que je privilégierais les femmes, car elles ont quelque chose de plus que les hommes. Une certaine approche, une espèce d’intuition. Et en général, elles s’en sortent mieux que les hommes dans le métier.

Ah bon, vous avez consulté une étude socioprofessionnelle sur la question ?
Non, j’observe comme tout le monde, j’analyse, et je tire des conclusions.

Citadine a été l’un des deux titres à réaliser un reportage photo de la famille royale. Vous avez réussi cela grâce à des amis hauts placés ?
Pas du tout, je pense que je suis béni du ciel. J’ai reçu un appel du cabinet royal, m’annonçant que le magazine était sélectionné. Peut-être est-ce dû au fait que Citadine jouit d’une bonne réputation et que nous sommes parmi les premiers à avoir investi le domaine de la presse féminine. Le roi m’a même révélé qu’il était un lecteur assidu de Citadine depuis son mariage.

Vous avez aussi fait dans la presse médicale, avec Les Cahiers du médecin. C’est pour avoir des médocs gratos ?
Absolument, comme ça je peux avoir de l’aspirine gratuitement chez les copains médecins. Parce que ce métier donne vraiment des maux de tête (Rires). Plus sérieusement, la presse médicale est un secteur porteur.

Il paraît que vous ne payez pas la couverture CNSS de vos employés. C’est votre manière de réduire vos charges ?
C’est archi-faux. Il arrive que des retards surviennent car, sur le plan financier, nous avons quelques difficultés. Mais de là à zapper des cotisations…

Vous avez particulièrement mal vécu les événements terroristes survenus en avril 2007. Pourquoi donc ?
Je me trouvais aux avant-postes à Hay El Farah, à deux mètres d’un kamikaze qui s’est fait exploser. C’était traumatisant. Mais là, ça va mieux, je m’en suis remis.

Vous êtes connu pour être du genre BCBG. C’est votre côté femme ?
Probablement. Je dois avouer que j’aime bien l’art de vivre. Je ne suis pas forcément attiré par le luxe et le confort, mais j’aime bien les belles choses.

On vous lit très rarement. Il vous arrive d’écrire ? Vos éditos par exemple ?
En fait, j’écris souvent avec ma rédaction. Je choisis les sujets de mes éditos, les choses que j’aimerais évoquer, et je les écris en collaboration avec mon équipe. Personne ne pense pour moi.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés