Affaire Belliraj. Le temps du doute
Objectif 2009. À table avec El Himma
Abdeslam Ouaddou : "Je regrette mon geste"
Affaire Mourtada. En rire ou en pleurer ?
Cuba. Une nouvelle ère ?
CIH. De la banqueroute au jackpot
Hamed Bouzzine. Colporteur d'histoires
Musique. Le retour du cactus
N° 313
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Le temps des conteurs,
Mohamed Kacimi, Paris, 1994.
(DR)

Noble cause. Un Zorro pour nos salles


Sauver les salles de cinéma marocaines, une toute nouvelle association vient d’en faire une cause. Créée et présidée par Tarik Mounim, jeune acteur marocain (aperçu dans Adieu Mères, de Mohamed Ismaïl) passionné de septième art, l’histoire de Save Cinemas In Morocco démarre ainsi : la dernière édition du Festival international du Film de Marrakech est l’occasion rêvée aux yeux de Tarik Mounim pour faire entendre sa voix et celles de bien d’autres à propos du sort des salles sombres. L’idée : faire poser, devant l’objectif du photographe Karim
Ramzi, acteurs, techniciens et professionnels du secteur, arborant des T-shirts sur lesquels est imprimé le slogan “Save Cinemas In Morocco”. Les photos sont publiées en couverture du journal du Festival et l’opération est une réussite. Depuis, le slogan est donc devenu une association dont le but est de sensibiliser les autorités et les citoyens au drame de la disparition des salles de cinéma au Maroc et aux dégâts causés par le piratage. Après avoir rallié vedettes et gens de la profession à son combat, Tarik Mounim lance une nouvelle action : du 14 au 24 février dernier, “Save Cinemas In Morocco” participe au Raid 4L Trophy et deux voitures aux couleurs de l’association traversent ainsi le pays. Qu’en est-il des actions futures de SCIM ? : “L’association est aujourd’hui à l’image du cinéma marocain : beaucoup d’énergie et peu de moyens…. Toute aide est la bienvenue pour inverser la tendance”, répond Tarik Mounim.


Sortie. Beau comme de l’or brut

Doublement primé aux derniers Oscars (meilleur photo et meilleur rôle masculin pour Daniel Day-Lewis), There will be blood est de ces films qui restent gravés dans vos mémoires, archivé parmi le best of de vos souvenirs cinématographiques. D’abord parce qu’il contient tous les ingrédients d’une œuvre puissante : mise en scène de Paul Thomas Anderson (Boogie nights, Magnolia pour ne citer que ceux-là), bande son majestueuse, et histoire passionnante qui revient sur la conquête de l’or noir du début du 20ème siècle sur les terres californiennes. Ensuite parce que la performance de Daniel Day-Lewis est superbe. L’acteur est, d’ailleurs, ce que la Grande-Bretagne a offert de mieux au cinéma mondial. La première séquence de quelques dix minutes de There will be blood, quasi muette, et montrant un homme creusant la terre vous coupe littéralement le souffle d’entrée de jeu, souffle que vous ne retrouvez, de toutes manières, qu’au bout des 2h38 du film. Y aller, donc.

There will be blood, au Mégarama.



Cinéma. Roukhe l’Irakien

Et une autre production américaine pour Driss Roukhe ! Après sa participation remarquée et remarquable dans Babel, du grand Gonzalez Inarritu, l’acteur tourne actuellement à Rabat aux côtés de Matt Damon dans Green Zone, grosse production hollywoodienne, réalisée par Paul Greengrass. Driss Roukhe joue le rôle d’Ahmed El Iraqi, officier irakien qui lutte contre l’invasion américaine. Nationaliste, il tente de défendre Bagdad et d’organiser avec d’autres officiers une contre-attaque, sabotée par le général Alghaoui, “qui vend l’Iraq aux américains”, explique Roukhe. L’équipe reste au Maroc encore deux petites semaines et s’envolera juste après à Londres.


Concours. Absolutment en toute simplicité

Comme prévu, Absolutment Artiste revient à la charge. Le concept : faire découvrir au grand public des artistes-plasticiens (peinture, photo, vidéo, installations…). Démarrée en 1998, l’opération avait, dans un premier temps, permis à des talents en herbe de montrer leur travail dans de bonnes conditions. La seconde édition ne se tiendra qu’en 2003, avec comme principe d’exposer 12 jeunes artistes, à raison d’un par mois, dans une ville différente, avec vernissage et tout le toutim. Cette édition-là donnera d’ailleurs un sacré coup de pouce à un M’barek Bouhchichi, aujourd’hui valeur sûre de la peinture marocaine. En 2005, les poulains d’Absolutment Artiste emménagent dans le désert, le temps d’une performance. Le cru 2008, organisé sous le thème : “Simplicité, pureté, transparence”, est donc lancé et les dossiers (CV, book, coordonnées…) sont à envoyer avant le 31 mars à l’adresse suivante : Renouvo, allée des citronniers, Aïn Sebaâ.


Théâtre. Dix jours de créations

Rien de moins pour faire découvrir aux Casablancais les plaisirs des planches. Pour sa troisième édition, le festival “Allons au théâtre” a mis les petits plats dans les grands. Du Molière, du Brecht, du burlesque ou encore des marionnettes : il y en aura pour tous les âges et tous les goûts ! Rendez-vous donc, du 6 au 16 mars, au complexe culturel d'Anfa, au complexe Moulay Rachid et au théâtre Touria Sekkat pour des pièces en français et en arabe dialectal. À (re)découvrir notamment Histoire d'amour en 12 chansons, 3 repas et un baiser, de Faouzi Bensaïdi. En clôture du festival, la pièce D’hommages… proposera aux plus avant-gardistes une mise en scène associant théâtre et vidéo. Les plus jeunes trouveront sûrement leur bonheur parmi trois spectacles, dont Nouâamane et la pêche géante, d'après James et la grosse pêche, de Roald Dahl. Et pour ceux qui ne peuvent aller au théâtre, c’est le théâtre qui vient à eux avec, cette année, une représentation à la prison civile de Oukacha.


Arts plastiques. Mounir l’anticonformiste

Le travail de Mounir Fatmi (qu’il aime transcrire sans majuscules, parti-pris qu’il explique par un désir de banalisation de l’identité) est puissant, égal, et merveilleusement avant-gardiste. Maître dans l’art de l’installation, photographe, peintre et vidéaste, Mounir Fatmi est aussi l’un de nos artistes les plus reconnus dans le monde. Son œuvre voyage et sa patte marque musées, galeries et événements artistiques les plus prestigieux. Grand Prix Léopold Sédar Senghor en 2006 à la Biennale de Dakar, il a préféré s’exiler il y a quelques années, pour ne pas faire subir à son art le poids de l’enracinement. Il s’est fait du coup bien rare au Maroc, où son travail, anticonformiste à souhait, risque de déranger les esprits bien-pensants. Son œuvre n’a pas été admirée dans son pays depuis sa participation au Festival d’art vidéo en 2003.

Connexion 02, galerie Delacroix, Tanger, du 28 février au 30 mars.



Musique. Glory Gloria

Avis aux amateurs de disco, Gloria Gaynor vient à Casa pour un festival de jazz : Miss Gaynor ouvre en effet, le 1er avril prochain, le bal de la troisième édition de Jazzablanca (du 1er au 11 avril). Un Grammy Award dans les années 80, un World Music Award d’honneur en 2002, plein de tubes et surtout un I Will Survive, sorti en 78, Gloria Gaynor, à presque 60 ans, se produira au Mégarama aux côtés de quatre artistes du monde dont l'artiste gréco-guinéenne Elisabeth Kontomanou, la star américaine de soul Bettye Lavette, le guitariste Bernard Allison ainsi que notre Vigon national qui daigne enfin sortir de sa tanière gadirie. Allez voir Gloria Gaynor, ça aura un prix et on chuchote déjà que la petite place coûtera entre 400 et 1000 DHS.


Tournage. Les naufragés de Gibraltar

Hansala, petite bourgade près de Béni Mellal dans le Moyen Atlas, revit le drame qui a coûté la vie à douze de ses jeunes une nuit de tempête à l’automne 2003, alors qu’ils tentaient de regagner l’Espagne en zodiac. La cinéaste espagnole, Chus Gutiérrez, a en effet décidé de porter à l’écran cette histoire et vient d’installer sa caméra au cœur du village. Intitulé Retour à Hansala, le film témoigne de la tragédie de l’immigration clandestine à travers l’histoire d'un propriétaire de pompes funèbres avide de faire des affaires avec les cadavres et celle de la soeur d'un des naufragés. Ils entreprennent, ensemble, en fourgonnette, le long voyage du sud de l’Espagne à Hansala pour rapatrier le corps. Un road-movie où la jeune marocaine Farah Hamed fait ses débuts. À noter que les habitants de Hansala jouent leurs propres rôles dans le film.


Animation. Mémoire amazighe

A deux mois du 8ème cru du Festival international du cinéma d’animation de Meknès, c’est Tamouktit N Oumalou (Mémoire d’ombre pour les non amazighophones), qui est pressenti pour ouvrir le bal. Le long-métrage, entièrement en tamazight et en ombres chinoises (les personnages sont des silhouettes animées), est une coproduction de Faouzi Vision et la SNRT. Ecrit et réalisé par Madghis Umadi, jeune passionné de culture amazighe d’origine lybienne ayant fait ses armes à la Dreamworks, le film raconte l’histoire de Jugurtha, roi amazigh de Numidie, qui a lutté contre l’invasion romaine en Afrique du Nord, un siècle avant J-C. L’auteur-réalisateur, avant de se lancer, a pris le temps d’étudier la vie du roi et a visité coin par coin les endroits où il a vécu.



Humeur.
Exhibition

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Un fervent défenseur de Facebook vous signalera, un jour, qu’il a deux de vos ex sur sa liste de “friends”. Forcément, ça vous rendra curieux. C’est quoi leurs vies d’après, avec beaucoup d’amis et sans vous ? Vous vous inscrirez sur Facebook pour en avoir le cœur net. Sous le pseudonyme de Taras Boulba, peut-être. La filature parfaite, penserez-vous. À tort, à coup sûr. Même un nom exotique de série B, lisse comme le crâne de Yul Brynner, n’est d’aucun secours sur le site où tout le monde il est l’ami de tout le monde. Vous croyez y pister vos ex, furtif comme un sioux. En vérité, c’est Facebook l’indien et vous le cow-boy. Mais ce n’est pas comme dans les westerns, où c’est toujours John Wayne qui gagne. Vous découvrirez, horrifié, que les ex vivent très bien sans vous, étalant quelques photos perso à la vue des autres, ces nombreux amis qu’elles ont ajoutés sur leur liste de contacts. En fait, de vagues connaissances qui partagent leurs vies trépidantes sur Facebook. Et un peu la vôtre, par la force des choses. Passées ces choses, c’est un fait obtus, mais le hold-up sentimental vous piquera à vif tout de même. ça sentira le viol d’intimité, ce truc de partage communautaire. Comme si un inconnu feuilletait votre album de famille. Ce jour-là, vous deviendrez hermétique à la fraternité façon Facebook. Et, paradoxalement, un tout petit plus humain.



Nabila et Hamid à Safi
En plus du réalisateur marocain Hamid Bennani (Wechma, La Prière de l’absent), la 6ème édition du Festival du film francophone de Safi (du 31 mars au 5 avril), festival qui avance doucement mais sûrement, rendra hommage à la plantureuse star égyptienne Nabila Oubaid et au comédien syrien Ayman Zaidan.


Les peintures de Mounat
Les formes minérales peintes sur ardoise de Mounat Cherrat, sa discrétion et son originalité ont fait d’elle l’une des représentantes les plus fiables de la peinture moderne marocaine conjuguée au féminin. Elle expose ses œuvres récentes du 1er au 22 mars à la galerie Noir sur Blanc à Marrakech.


Art vidéo
Et en avant toutes pour la quinzième édition du Festival d’art vidéo de Casablanca : du 19 au 22 mars prochains s’enchaîneront à la faculté des lettres et des sciences humaines de Ben M’Sik, performances, programmes interactifs, spectacles vivants et animations vidéos. Le tout ouvert au public.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés