Affaire Belliraj. Le temps du doute
Objectif 2009. À table avec El Himma
Abdeslam Ouaddou : "Je regrette mon geste"
Affaire Mourtada. En rire ou en pleurer ?
Cuba. Une nouvelle ère ?
CIH. De la banqueroute au jackpot
Hamed Bouzzine. Colporteur d'histoires
Musique. Le retour du cactus
N° 313
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Sit-in des lycéens de Boumalne
Dadès, en soutien à leur camarade
condamné à six ans de prison.
(DR)

Boumalne Dadès. Les années de prison pleuvent


Le verdict du procès des événements de Boumalne Dadès, tenu le 21 février à la Cour d’appel d’Ouarzazate, a été une gifle pour les accusés et leurs familles. Après une longue journée de débats, les dix prévenus ont été condamnés à des peines allant de 2 à 6 ans de prison. Plus de deux cents personnes, empêchées d’assister au procès, ont organisé ce jour-là un sit-in devant la Cour d’appel. La sévérité de la sentence a provoqué “une nouvelle vague de colère dans le village et dans toute la région du Sud-est”, selon un militant associatif sur place. C’est ainsi
que la semaine dernière, de nombreux élèves du lycée de Boumalne Dadès ont fait grève, en solidarité avec leur camarade Younès Oudali (20 ans), condamné à 6 ans de prison. Oudali, et ses neuf co-prévenus, étaient poursuivis pour rassemblement non autorisé, désobéissance civile, outrage à l’emblème du royaume, obstruction sur la voie publique, destruction de biens publics et outrages et violences à fonctionnaire. Ceci suite au rassemblement des habitants d’un douar de la région, qui avaient bloqué une route près de Boumalne Dadès, pour protester contre leurs conditions de vie. L’intervention musclée des CMI s’était soldée par des dizaines d’arrestations, jusque dans l’internat du lycée du village. Parmi les prévenus, un mineur a été condamné à deux ans de prison ferme. En droit marocain, une telle peine ne peut être prononcée que si elle est “indispensable en raison des circonstances ou de la personnalité du délinquant”. Etait-ce le cas ?


El Nene. Profil bas à Sebta

Suite aux nombreux articles sur son évasion, le narcotrafiquant Mohamed Taieb El Ouazzani, surnommé El Nene, aurait décidé de quitter le préside espagnol. “Les parrains du milieu et certains de ses protecteurs l’ont sommé de se faire plus discret pour ne pas nuire à leurs affaires”, soutiennent plusieurs sources à Sebta. Après la publication du dossier de TelQuel (N° 311) sur le trafiquant de drogue, l’enclave espagnole aurait été prise d’une véritable fièvre. “Sebta est une petite ville où il est très difficile de passer inaperçu. El Nene s’est réfugié dans le sud de l’Espagne en attendant que la tempête se calme”, nous explique-t-on.


Hajji & co. Justice pour tous

Le barreau de Tétouan a poussé un ouf de soulagement. Lahbib Hajji, Abdelatif Kenjaâ et Khalid Bourhayel, les trois célèbres avocats suspendus de leurs fonctions depuis qu’ils ont osé dénoncer la corruption dans la justice, ont été rétablis dans leurs droits. La Cour suprême à Rabat a suspendu, le 6 février, le jugement dont ils faisaient l’objet. Et le Tribunal de Tétouan a levé la restriction de mouvement qui les frappait. Aujourd’hui, le trio a repris l’exercice du métier d’avocat et recouvré sa liberté de circulation (après restitution des passeports). Une victoire pour les trois hommes qui ont raté de peu le Prix d’intégrité de Transparency International en 2007.


Affaire Mourtada Amine s’en mêle

L’Union nationale des ingénieurs marocains (UNIM) vient de faire entendre sa voix dans l’affaire du faux prince de Facebook, condamné à trois ans de prison. A l’occasion du 6ème congrès national de l’association, qui se tient ce samedi, Abdelhamid Amine, membre fondateur de l’UNIM et vice-président de l’AMDH, organise un sit-in devant les portes de l’Ecole mohammadia des ingénieurs, en soutien à Mourtada. “Il est certain que si le jeune Fouad avait usurpé l’identité de Abbas El Fassi ou de Mahjoubi Aherdane - pourquoi faire me diriez-vous ? -, l’affaire n’aurait eu aucune suite judiciaire”, a tonné Amine.


Manhasset. La der des ders ?

Le nouveau round de négociations entre le Maroc et le Polisario se tient, finalement, du 16 au 18 mars. La date de début a été retardée de trois jours, “à la demande d'une des parties”, nous apprend une dépêche AFP, “pour répondre au souhait du représentant de l’ONU dont l’agenda est surchargé”, nous souffle cette source proche de la diplomatie marocaine. Selon d’autres confidences, la “4ème manche” du match Maroc – Polisario ne devrait déboucher sur aucune avancée. Elle pourrait même être la dernière, tant les deux parties (en plus de l’ONU, que l’on dit “lassée” du statu quo), semblent camper sur leurs positions.


Terrorisme. Naciri tacle les médias

Invité et sujet de taille mardi dernier pour le retour à l’antenne du talk-show Hiwar. Après des mois d’absence, l’émission politique phare d’Al Aoula accueillait le porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri. Revenant sur l’affaire du réseau Belliraj, ce dernier a affirmé que “les découvertes des autorités ne doivent pas être mises en doute”, critiquant au passage les médias, qui se sont montrés dubitatifs devant les résultats de l’enquête policière ayant abouti à l’arrestation de plusieurs leaders politiques. Pourtant, Khalid Naciri s’est dit lui-même “surpris par ces informations”, tempérant ses déclarations par un vague : “Il paraît qu’il y a un parti politique (Al Badil Al Hadari) qui a été créé dès le départ pour faire diversion”. C’est justement à cause de ce “il paraît” que la presse s’interroge…


FUS. La Majidi touch

Le club de feu Moulay Abdallah peut se vanter d’avoir aujourd’hui le comité directeur le plus sélect du pays. Le 22 février, le tout nouveau président du FUS et secrétaire particulier de Mohammed VI, Mounir Majidi, a annoncé les noms de ses futurs collaborateurs. Que du beau monde : Mustapha Bakkoury (le patron de la CDG), Mohamed Boussaïd (ministre du Tourisme), Ali Fassi Fihri (directeur de l’ONEP), Moncef Belkhayat (ancien du staff de Méditel) et Jawad Laraki, membre du secrétariat particulier du roi. “Ces nominations sont une excellente chose, nous a confié ce proche du club, ces dirigeants sont avant tout des managers qui vont gérer le FUS comme une entreprise”. Et tenter de faire gagner enfin des matchs à la lanterne rouge de la Botola…


Syndicats. Grèves à gogo

À l’appel de la majorité des syndicats, les fonctionnaires et employés du secteur public ont observé un sit-in à Rabat, mardi dernier, pour réclamer la revalorisation de leurs conditions salariales et la réforme du statut de la fonction publique, vieux de 50 ans. Cette mise en bouche a précédé la grève de la fonction publique, organisée deux jours plus tard, et à laquelle n’a pas participé l’UGTM (par fidélité partisane à l’Istiqlal ?). La centrale syndicale continue à boycotter ce mouvement social, pour ne pas gêner le Premier ministre. Elle conteste, en outre, le chiffre de 80% de participation, avancé par les autres syndicats lors de la grève du 14 février.



3 questions à Khadija Ryadi
[Présidente de l’AMDH (Association Marocaine des Droits Humains).]


Vous venez de lancer une pétition pour la dépénalisation de l’homosexualité au Maroc. Qu’espérez-vous d’une telle initiative ?
Notre but est de briser un tabou, afin que la question de l’homosexualité fasse enfin l’objet d’un débat public. Notre pétition est aussi un appel à la libération des six condamnés de Ksar El Kébir. Ces personnes ont été arrêtées en vertu de l’article 489 du Code pénal marocain, qui punit le fait d’être homosexuel. Cet article de loi est une atteinte flagrante aux droits de l’homme.

Cette pétition est-elle une réaction à la campagne de moralisation lancée par le PJD à Ksar El kébir, il y a deux semaines ?
Non, c’est une simple coïncidence. Nous avons commencé à discuter de la pétition il y a plus d’un mois. Nous voulons mettre le Maroc face à ses responsabilités, car notre pays a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Nous comptons d’ailleurs envoyer cette pétition au gouvernement marocain afin de faire pression sur lui.

Ne risquez-vous pas d’être en porte-à-faux avec les militants de base de l’AMDH, davantage portés sur le combat politique que celui de la “liberté sexuelle” ?
Au sein de l’AMDH, tout le monde est d’accord sur un référentiel unique, à savoir les droits humains. Ceci dit, défendre le droit des homosexuels n’est peut-être pas le combat prioritaire pour certains membres de l’Association.


Presse. Al Jarida Al Oula arrive

Un nouveau titre de presse est annoncé en kiosque pour fin mars. Lancé par Ali Anouzla, ex-patron d’Al Jarida Al Oukhra, Al Jarida Al Oula sera un quotidien arabophone généraliste, tiré à 20 000 exemplaires et vendu à 2,5 dirhams. “Nous traiterons de tous les sujets d’actualité avec objectivité”, promet Anouzla, qui annonce que la rédaction du futur quotidien sera composée d’une quinzaine de journalistes, tous actionnaires à parts égales. Anouzla serait également en discussion avec Aboubakr Jamaï, l’ancien directeur de publication du Journal hebdomadaire, pour qu’il rejoigne le tour de table du futur quotidien.


Prisons. Série morbide

Un record vient d’être battu en matière de mortalité dans les prisons marocaines. Depuis le début de l’année 2008, l’Observatoire marocain des prisons (OMP) a en effet enregistré treize décès dans sept pénitenciers. “Le fait qu’autant de personnes meurent en l’espace d’un mois et demi est inquiétant”, nous a déclaré Abderrahim Amimi, membre du conseil administratif de l’OMP. Selon lui, “même si la plupart des décès sont dus à des causes naturelles, au suicide ou à la maladie, ce chiffre s’explique par la négligence dont sont l’objet les prisonniers marocains”. Le manque d’assistance médicale et psychologique, ainsi que la surpopulation des prisons, seraient les premiers vecteurs de mortalité dans le milieu carcéral.


Equipe nationale. L’entraîneur halal

Le prochain sélectionneur des Lions de l’Atlas sera Marocain. C’est ce que vient de décider la Fédération royale marocaine de football, suite à une réunion avec l’Amicale des entraîneurs. “Dans le contexte actuel, nous avons considéré que c’est la meilleure solution à prendre”, nous a confié un responsable fédéral. Six candidats sont en lice pour décrocher le poste : Baddou Zaki, Fethi Jamal, Mustapha Madih, Rachid Taoussi, Aziz Amri et Mhamed Fakhir. “C’est une mascarade, nuance cet observateur. Tout ce battage de la Fédération autour du choix du sélectionneur est un moyen de détourner l’attention des véritables problèmes du football marocain”.


Mines antipersonnel. L’hécatombe continue

Un nouveau nom est venu s’ajouter, le dimanche 24 février, à la longue liste des victimes civiles des mines antipersonnel au Maroc. Boushab Boutimit, un jeune pasteur nomade de 19 ans, a été déchiqueté lors de l’explosion de l’un de ces engins dans la localité de Aâririd, près de Zag. “C’est le troisième cas enregistré en l’espace de trois mois. Au début du mois de décembre, Fatima Boutimit, une cousine du jeune Boushab, avait failli perdre la vie à cause d’une mine. Elle est toujours dans un état grave”, nous a révélé Noureddine Darif, secrétaire général de l’Association marocaine des victimes des mines. Depuis 1976, 300 personnes ont péri et 600 ont été grièvement blessées à cause des mines et des engins explosifs hérités du conflit du Sahara.


Khalil Jemmah. Tous au poste !

Le fondateur et actuel vice-président de l’Association des familles des victimes de l’immigration clandestine (AFVIC), ainsi qu’une journaliste française, ont été arrêtés vendredi dernier à Khouribga. “Un agent en uniforme nous a demandé de le suivre au commissariat, où nous avons été interrogés durant trois heures”, nous a expliqué Khalil Jemmah, ajoutant que “ce qui nous a été présenté comme un contrôle d’identité était en fait une manière de punir l’Association, qui ne prévient jamais les autorités de l’arrivée de journalistes étrangers dans la ville”. Le plus drôle dans l’histoire, c’est que la journaliste en question était au Maroc pour réaliser un reportage sur la liberté d’expression.


Retraite. Les Marocains insouciants

La compagnie d’assurances AXA a rendu public son baromètre annuel de la retraite, où le Maroc a été intégré pour la première fois. L’étude a concerné 9200 personnes dont plus de 600 Marocains, échantillon local représentatif, selon les auteurs de l’étude. Principaux enseignements : seul un actif marocain sur trois prépare sa retraite, et de surcroît tard, puisque les sondés y songent à partir de 47 ans en moyenne. On apprend aussi qu’un tiers seulement des interrogés pense que la fin de la vie active est synonyme de repos, semblant sous-estimer la solitude et la baisse du niveau de vie que disent expérimenter les retraités des autres pays concernés par l’étude.


Abdelaziz Stati. Rock the chaâbi

L’artiste aux six doigts séduit également la génération L’boulevard. Le maître de la kamanja a reçu, mardi dernier, un accueil triomphal des fans de Hoba Hoba Spirit, lors du concert du groupe au Théâtre Mohammed VI de Casablanca. Guest-star de la soirée, Stati est monté sur scène aux côtés du band de fusion, pour interpréter Wakel chareb na3ess, le titre enregistré avec les Hoba sur leur dernier opus El Gouddam. Pour épouser le décor, Stati a laissé de côté ses costumes de scène marqués du sceau de chanteur chaâbi. Il leur a préféré un jean, un tee-shirt à l’effigie des Etats-Unis (emprunté à Réda Allali, le chanteur de Hoba Hoba Spirit) et une casquette d’une équipe canadienne de hockey sur glace. Il ne lui manquait que la guitare électrique.


Errachidia. Intoxication collective

Une étrange affaire est survenue cette semaine dans le lycée Sijilmassa à Errachidia. Vingt-six élèves d’une classe de cinquième et leur professeur de français ont été intoxiqués par un mystérieux gaz. “L’incident est survenu lorsque la prof a essuyé une substance gélatineuse, de couleur rougeâtre, qui se trouvait sur le tableau. Elle et ses élèves ont aussitôt été pris d’un malaise”, nous a confié une source aux urgences de l’hôpital Moulay Ali Cherif d’Errachidia. Une équipe de la police scientifique a été dépêchée sur les lieux, mais aucune information n’a encore filtré sur la nature de la substance à l’origine de l’incident.


Transport de fonds. Les pros en conclave

Deux mois après l’adoption de la loi relative aux activités de gardiennage et de transport de fonds, des responsables de la Gendarmerie, des Renseignements généraux et du ministère de l’Intérieur ont enfin rencontré à Rabat les acteurs du secteur, les 27 et 28 février. Initié par ces derniers, l’échange de points de vue a été l’occasion de “revenir sur la mise en application de la loi”, nous a confié Tarik Mantrach, maître de cérémonie de la rencontre et professionnel du gardiennage. Dans la ligne de mire, l’article 13 qui autorise les agents de sécurité à “être armés et à utiliser tous les moyens de défense”. “Nous préférons avoir recours à des matraques électriques ou à des bombes lacrymogènes, les armes à feu étant disproportionnées par rapport aux menaces”, rassure Mantrach. Ouf !


Mohamed Moha. L’excommunié d’Annahj

Dans un communiqué daté du 24 février, le comité national d’Annahj Addimocrati a officialisé la radiation de son représentant à Al Hoceïma, Mohamed Moha, accusé d’avoir œuvré à un rapprochement avec Israël. Fondateur de l’association Mémoire collective pour l’amitié judéo-rifaine, Moha a déclaré, trois jours auparavant, qu’il attendait de savoir s’il était effectivement exclu du parti d’extrême gauche, soutien inconditionnel de la cause palestinienne. “Moha a dépassé les lignes rouges du parti en contribuant à la normalisation avec Israël. C’est la première radiation que nous prononçons et elle est définitive !”, nous a expliqué Abdellah El Harif, secrétaire général d’Annahj.


Police. Cinq ans de solitude

Hicham Griouani, le policier arrêté dans le cadre de l’affaire Belliraj (lire Focus p. 6), pour avoir confirmé à la presse l’interdiction de quitter le territoire qui concernait officieusement les dirigeants d’Al Badil Al Hadiri, a été condamné mardi à cinq ans de prison ferme. Le Tribunal de première instance de Casablanca a rendu son verdict en un temps record. En poste au port de Casablanca, après un passage au sein du service de sécurité des palais, l’officier de police principal a reconnu les faits de violation du secret professionnel qui lui étaient reprochés. Après le précédent de l’affaire Al Watan Al An, c’est un nouvel avertissement destiné aux éléments des forces de l’ordre trop bavards avec les journalistes.


Elections. Le roi, les élites et Tozy

Le Journal of Democracy, trimestriel américain de sciences politiques, vient de consacrer son dernier dossier aux législatives marocaines de septembre 2007. On peut y lire notamment une analyse de Mohamed Tozy, le plus célèbre de nos politistes (expatrié à Aix-en-Provence). Le chercheur y explique en quoi les résultats des législatives confirment les visées de la monarchie. L’enjeu, écrit-il, n’était pas une compétition politique, mais principalement une adaptation du régime à la crise des élites : des notables sur le déclin, des socialistes piégés et un problème de renouvellement des élites modernes. Le dilemme est “de nourrir une classe de dirigeants en charge des affaires, sans lui donner l’assurance de décider des orientations de base de la vie politique”, conclut Tozy. L’art de la litote.



Humeur. Nouakchott

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Les verres de lait ne sont pas des rayons de soleil, des boutons de chemise. Ils ne se ressemblent pas ! Il y a ceux que l’on vous offre pour vos beaux yeux, votre sourire qui tue. Et il y a ceux que l’on vous fait payer cher, cher. Comme en Mauritanie, où l’alcool est intirdi. Wallahi ! Une bière à Nouakchott, c’est à peu près le quart du salaire de la jeune femme qui vous la sert, avec un chapelet de pois chiches et quatre olives au vinaigre comme tapas. “En comptant mes frais de déplacement, cette bière représente la moitié de mon salaire”, dit la fille dont le métier, aussi, est d’en rajouter, toujours avec le sourire. La Mauritanie ! En foulant le sol et le (beaucoup de) sable de Nouakchott, j’ai accompli un rêve de gosse mal remis de ses vœux jamais exaucés, ses poussées d’acné. Heu-reux. J’aime ce pays où les chaussures ne servent strictement à rien. La chaleur, les tourbillons de poussière, vous obligent à revenir à l’essentiel : marcher, respirer, (essayer de) voir clair. Le geste qu’il faut, sans plus, et attention à ne pas serrer la main de la femme blanche. Ça aussi, c’est intirdi ! Les taxis roulent sans compteur, les médicaments ont des prix variables selon les quartiers, les hôtels n’ont pas forcément le double de la clé de votre chambre. Mais tout est parfait. Bled rock & roll. D’après ce qu’on m’a expliqué, le stade de Nouakchott a été financé par des mécènes, qui n’ont pas oublié d’y installer une mosquée qui vous accueille comme un avertissement, un procès-verbal. C’est original, sincère, les Mauritaniens n’ont pas l’habitude de rater leurs cinq prières. Moi, au retour, j’étais juste content de retrouver mon pays, mes trottoirs, mes verres de lait, mon tapis-lit, cet air que je respire sans subir le bruit si tendre, si doux, des ventilateurs.



VITES !

Qui dirigera l’Institut royal des études stratégiques, organisme récemment créé pour conseiller Mohammed VI ? Certains parlent de Abdelaziz Meziane Belfkih, qui reçoit, depuis quelque temps, ses interlocuteurs dans les locaux de l’organisme. Chapeauter l’Institut serait le parachute doré du conseiller royal, que l’on dit en légère disgrâce.


L’émission Enquête exclusive, sur M6, diffusera début avril une enquête sur l’immigration clandestine et le trafic de drogue au Maroc. Le journaliste Roger Auque a passé 3 jours à Nador, “sous l’étroite surveillance des autorités, qui ont mobilisé 5 voitures pour le suivre,” nous a confié une source locale.


Mercredi, à l’occasion du salon international du livre de Tanger, Abdeslam Kadiri, journaliste à TelQuel, a présenté son livre d’entretiens avec l’écrivain Driss Chraïbi, Un homme debout. Des extraits de l’ouvrage, paru aux éditions de l’Arganier, ont été publiés avant sa sortie en librairie dans notre magazine, en 2007.


Un indépendantiste sahraoui de 18 ans, Mohamed Bourabaâ, a été condamné mercredi à 1 an de prison, pour avoir incendié la voiture d’un militaire marocain, selon une dépêche de l’AFP. Deux autres jeunes avaient été condamnés à la même peine, début février, pour avoir blessé trois policiers avec des bouteilles incendiaires.


Un avion de la RAM à destination de Casablanca a été cloué au sol durant quatre heures, mercredi dernier, à l’aéroport parisien de Roissy. La cause : des passagers, alertés par des acteurs associatifs, ont retardé l’avion en protestation contre l’expulsion de quatre sans-papiers qui devaient être embarqués sur le même vol.


Selon la MAP, près de 1500 faux guides ont été arrêtés en 2007 à Fès, soit près de 70% de plus que l’année précédente. Les personnes interpellées ont été déférées devant les tribunaux pour “usurpation de fonction et escroquerie”, histoire de ne pas troubler l’anniversaire de la ville impériale, qui fête cette année ses 1200 ans.
 
 
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