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La semaine

Bain de foule pour Nicolas Sarkozy
au Salon de l’agriculture.
(AFP)

France. Le dérapage de Sarkozy


Il aura suffi d’une phrase pour créer la polémique. Habitué des excès de langage, Nicolas Sarkozy a récidivé samedi dernier au Salon de l’agriculture. À un visiteur qui a refusé de lui serrer la main, en lui lançant : “Touche-moi pas, tu me salis”, le président français a répondu sur un ton peu élégant : “Casse-toi alors, pauvre con !”. L’incident aurait aussi pu passer inaperçu. Mais un collectif de journalistes indépendants avait filmé la scène, qu’il a vendue au site Internet du quotidien Le Parisien. Mise en ligne dès samedi soir, la
séquence est visionnée par près de trois millions d’internautes. L’auteur des images n’en revient toujours pas : “Pour moi, au début, ce n’était qu’une boulette de plus de Sarkozy”. Car l’altercation aurait pu être insignifiante. Mais elle rappelle la colère du président français, en novembre dernier, face à un pêcheur, gratifié d’un “descends un peu, Si t’as des c…”. L’affaire aurait pu ensuite se clore avec l’interview-explication de Nicolas Sarkozy, accordée au quotidien mardi dernier. Mais la direction du Parisien a révélé que les excuses du président ne figuraient pas dans la version originale de l'entretien, et avaient été ajoutées, après relecture, par l’Elysée. Autre ajout, cette citation parue dans la version publiée : “Il est difficile, même quand on est président, de ne pas répondre à une insulte, j'ai sans doute les défauts de mes qualités”. Selon Dominique de Montvalon, le directeur de la rédaction du Parisien, la réponse initiale était : “Ce n’est pas parce qu’on est le président qu’on devient quelqu’un sur lequel on peut s’essuyer les pieds”. Les communicants de l’Elysée, surpris par l’ampleur que prenait l’affaire, ont préféré changer de ton, précisant toutefois que si Sarkozy ne l’a pas dit “sous cette forme-là”, l’idée y était. La polémique est aujourd’hui retombée, mais la question de la relecture systématique des interviews reste posée.


Irak. Incursion musclée de l’armée turque

La Turquie a intensifié mercredi son offensive militaire dans le nord de l’Irak contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ankara refuse de fixer un terme à cette incursion, débutée le 21 février, faisant fi des appels de Washington à un retrait rapide. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, affirmait en effet que la durée de l'opération devait se mesurer “en termes de jours, pas en mois”. Dans cette attaque, l’armée turque a mobilisé d’importants moyens aériens en appui de ses troupes dans les montagnes enneigées. La guerre des chiffres est aussi déclarée entre l’état-major turc et le PKK. Le premier a annoncé avoir tué 230 rebelles depuis le début de l'opération, contre 27 morts dans ses rangs. Les rebelles kurdes parlent de leur côté de 94 soldats turcs tués, contre seulement trois pertes dans leur camp.


Etats-Unis. Coups bas entre démocrates

En costume et tailleur sombres, Barack Obama et Hillary Clinton se sont livrés à une bataille rangée lors de leur dernier débat télévisé avant les primaires, décisives, dans l’Ohio et le Texas. Distancée d’une centaine de délégués, la sénatrice de New York doit l’emporter pour rester dans la course à l’investiture. Côte-à-côte, les deux rivaux se sont opposés sur tous les thèmes, de la couverture maladie à la politique étrangère. Mais tous les coups semblent désormais permis. Dernière polémique en date : la diffusion d’une photo du sénateur de l’Illinois, vêtu d’un habit traditionnel somalien. Pris lors d’un voyage en 2006, le cliché a été diffusé sur le site conservateur Drudge Report, qui affirme l’avoir obtenu du camp Clinton. Ces derniers ont bien évidemment démenti avoir transmis ce document.


Europe. La Méditerranée, revue et corrigée

“L’Union méditerranéenne” est morte, vive “l'Union pour la Méditerranée” ! Et le glissement n’est pas que sémantique. Paris a en effet revu ses ambitions, face aux réticences de Berlin. Alors que le projet de Sarkozy concernait exclusivement les pays riverains de la Mare Nostrum, “tous les pays de l'Union Européenne qui souhaitent s'associer à l'aventure” pourront finalement y participer. Le modèle pourrait être le Conseil des Etats de la mer Baltique, qui organise une coopération régionale sur des projets pratiques, avec un petit secrétariat. On est bien loin de la banque méditerranéenne du projet initial.


Colombie. Quatre otages des FARC libérés

Après six ans de captivité dans la jungle, quatre parlementaires colombiens, emprisonnés par les FARC, ont été libérés mercredi pour raisons de santé. Récupérés par des hélicoptères de la Croix Rouge, ils ont rejoint le Venezuela, où ils ont été reçus par le président Hugo Chavez. Depuis janvier, les rebelles colombiens ont relâché six otages, sans contrepartie. Mais la joie partagée par les comités de soutien d’Ingrid Bétancourt est atténuée par un communiqué des rebelles, excluant d’autres libérations. Et des nouvelles alarmantes sont venues renforcer cette inquiétude : l’ex-candidate à la présidence serait pratiquement mourante.



Lu pour vous [FRANCE]
Des imams marocains parlent catalan

Marion Van Renthergem. Le Monde du 28 février.

Quand Mohammed Halhoul ne vend pas des tissus et des vêtements dans sa petite boutique familiale du Raval, un quartier populaire de Barcelone, il est porte-parole du Conseil islamique. Une association qui n'existe qu'en Catalogne, gérée par dix-neuf membres, imams ou coordinateurs musulmans. Son objectif : être pour l'administration catalane un interlocuteur privilégié auprès de la communauté musulmane, former les imams, fédérer les salles de prière, unifier les fêtes religieuses, adapter l'islam d'un pays musulman à un pays non musulman et, surtout, argument choc : “Faire du catalan notre langue officielle”. Dès la fondation du Conseil islamique, en 2000, le gouvernement de Catalogne a compris sa chance. (…) Pour propager la connaissance de ce qui tient le plus à coeur aux Catalans, leur langue, le Conseil islamique représente un vecteur de choix (…) Celui-ci s'engage, outre son rôle de médiateur, à rédiger ses publications en catalan et à former les imams à l'histoire de la société catalane, à l'administration et aux lois, à la langue (en plus des cours de recyclage en arabe classique). En 2007, soixante-cinq imams de Catalogne sont venus à Barcelone suivre ces cours, deux semaines par trimestre. Le Conseil islamique se donne aussi pour tâche d'apaiser les relations, relativement nouvelles en Espagne, entre étrangers musulmans et autochtones catholiques. La construction de mosquées est souvent au coeur de conflits de voisinage. Il en existe quatre en Espagne, encore aucune en Catalogne.



Youtube. Le Pakistan provoque un bug mondial

Dimanche dernier, pendant deux heures, les utilisateurs de Youtube.com dans le monde n’ont pu aller à la pêche aux vidéos. Coupable : le gouvernement pakistanais qui en a bloqué l’accès à ses concitoyens. Les instructions de blocage, lancées par l'entreprise nationale pakistanaise des télécommunications, ont été par erreur “répliquées” par une entreprise de télécommunications de Hong Kong, provoquant l’indisponibilité momentanée de Youtube au niveau mondial. Le gouvernement pakistanais avait décidé de “couper” l’accès à Youtube car le site contenait des “vidéos blasphématoires”, évoquant les caricatures danoises du prophète Mohamed, qui avaient provoqué un tollé en 2005. Même si 5% seulement des Pakistanais utilisent Internet, Islamabad arguait du “caractère incendiaire qui aurait pu immédiatement provoquer des émeutes”. Le blocage a été levé mardi, après le retrait du contenu incriminé.


VITE !

Le Brésil est devenu un pays créditeur. Depuis janvier dernier, sa Banque centrale possède en effet des réserves de devises supérieures à la dette extérieure totale. Un miracle pour ce pays qui était, il y a vingt ans, le plus endetté du monde.

 
 
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