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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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El Himma, notre sauveur

A entendre parler Fouad Ali El Himma, ils seraient, son Mouvement, ses compagnons et lui, les futurs sauveurs du Maroc et des Marocains. J’ose en douter, comme ce doit être le cas de beaucoup de mes compatriotes. Quand on prétend être démocrate, on doit s’abstenir de récupérer des députés élus sous d’autres couleurs politiques. Un vrai démocrate n’oriente pas la composition d’un gouvernement auquel il est étranger. Un vrai démocrate doit d’abord avoir des idées et un programme, et pas uniquement de l’argent, un soutien privilégié et une horde de courtisans. Monsieur El Himma doit comprendre que ce qui séduit chez lui, c’est d’abord sa proximité avec le roi et son statut de possible tremplin. Il doit aussi savoir qu’il faut bien plus qu’une campagne électorale spectaculaire, une assemblée surmédiatisée et un parti politique, pour redonner de l’espoir au peuple de ce pays. Par le passé, Réda Guédira avait tenté la même stratégie avec le FDIC. Nous savons tous ce qu’il est advenu de cette formation. Et, surtout, ce qu’est devenu le Maroc après elle. Pour finir, une simple question : si M. El Himma se dit démocrate, pourquoi ne dévoile-t-il pas les sources de financement de son Mouvement ?

Azzeddine Sadki, Casablanca.



Comment réformer l’école marocaine ?

En dépit des réformes qui se succèdent depuis l’indépendance, des moyens colossaux qui lui sont alloués, notre système éducatif a échoué dans l’accomplissement de ses deux principales missions : l’enseignement des fondamentaux et la promotion sociale. Car ce sont les enfants issus des milieux défavorisés qui souffrent le plus des faiblesses du système scolaire, puisque leurs familles n’ont pas les moyens d’y pallier. L’école marocaine a peut-être besoin de moyens supplémentaires, mais surtout d’une réforme profonde de son organisation, couvrant aussi bien le fonctionnement des établissements que les conditions d’exercice du métier d’enseignant. Il y a lieu de sonder quelques pistes. Renforcer l’autonomie des établissements, en donnant un vrai pouvoir de décision aux dirigeants des établissements et en confiant les fonctions de contrôle à un conseil où les représentants des parents sont majoritaires. Évaluer régulièrement les établissements et publier les résultats de ces évaluations. Rémunérer les enseignants en tenant compte de leurs conditions de travail, par exemple dans les quartiers difficiles ou dans le monde rural. Valoriser l’enseignement professionnel et systématiser l’alternance dans les formations… Mais il y a une décision politique qui pourrait être, dans l’immédiat, la plus efficace de toutes : obliger les décideurs de notre enseignement d’inscrire leurs enfants à l’école publique !

Idir Ouguindi, Casablanca.

 
 
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