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N° 314
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“Je suis un sujet de Mohammed VI”

Karim Ramzi, Photographe et copain
de classe du roi
(DR)

Antécédents

1961. Naissance à Marrakech.
1976. Intègre le Collège royal.
1987. Se lance dans la photographie.
1985. Licence de Sciences politiques à Ottawa.
79-86. Collabore avec la radio Rabat chaîne inter.
2007. Lance le magazine de cinéma 16/9ème.

Smyet Bak ?
Ahmed Ramzi.

Smyet Mok ?
Khadija Ibnou Cheikh.

Nimirou d’la carte ?
A 528919.

Vous venez de lancer un magazine de cinéma. Le roi, votre ancien camarade de classe, fait-il partie du tour de table ?
Absolument pas. Je suis parti de rien pour monter ce projet, mais nous avons fait de bons débuts. On en est à peine au 2ème numéro et déjà, dans les kiosques, 16/9ème se trouve entre les magazines Studio et Première. Quand j’ai vu ça, j’en ai eu les larmes aux yeux. À part ma sœur, qui s’occupe du volet rédactionnel, et quelques journalistes qui ont rejoint l’aventure, je ne reçois aucune aide de qui que ce soit.

En même temps, vous n’êtes pas vraiment dans le besoin…
Non. Enfin, tout est relatif. Mon grand-père était épicier. Pendant longtemps, nous avons habité dans une pièce de trois mètres sur quatre. C’est vrai que mon père était ministre sous Hassan II, mais il roule dans la même voiture depuis dix ans.

Comment ça se passe avec vos anciens camarades du Collège royal ?
Quand nous étions au Collège, nous étions une bande unie. Par la suite, la bande s’est désintégrée. Chacun a suivi son chemin. Pour certains, le Collège royal, c’était pour la vie. Pour moi, c’était une phase transitoire.

Avec le recul, le Collège royal, c’était le Club Med ou un camp militaire ?
Club Med ? Jamais de la vie. Chaque jour, c’était lever aux aurores, nous devions faire notre lit. Hassan II a tenu à scolariser son fils avec des enfants du peuple pour lui forger un caractère. Et nous passions notre temps à étudier.

Pas de golf au programme, pour vous changer les idées ?
Non. Par contre, nous faisions régulièrement de l’équitation.

Qui était le meilleur élève parmi vous ?
Disons que nous étions à peu près du même niveau. Même côté études, nous étions dans un mouchoir de poche, c’était au dixième de point près.

Vous étiez, paraît-il, l’enfant terrible de la classe. Vous faisiez le mur ?
Non, mais quand j’avais envie de dire “zut” à un professeur, je le faisais. J’ai même failli quitter le Collège royal, le jour où Hassan II a décidé que toute la classe allait repasser le bac pour avoir de meilleurs résultats.

Et pourquoi ne pas l’avoir fait ?
On nous a dit : “Dkhoul lhamam machi bhal khroujou”. À l’époque, j’étais le seul fils de ministre à être scolarisé dans le Collège royal, donc c’était un peu sensible. J’avais aussi peur qu’on me fasse payer l’affront.

Vous ne fumez pas, vous ne buvez pas. Karim Ramzi le photographe people, c’est un esprit saint dans un corps saint ?
Oui, plutôt. Vous auriez même pu ajouter que je suis végétarien. Mon père était aussi médecin. J’ai donc appris à manger sainement. Je cherche un équilibre entre le ying et le yang…

Vous ne seriez pas bouddhiste par hasard ?
(Rire) Non, je suis un musulman convaincu. J’ai été trois fois au Haj. Et je fais ma prière tous les jours.

Vous auriez pu être le photographe attitré du roi…
Je ne suis pas un photographe de reportage, mais de mode et de portrait. Ce n’est pas le même exercice. Mais j’ai déjà réalisé des photos de la famille royale. C’était à titre personnel, à l’époque où Mohammed VI n’était pas encore roi.

Vous êtes encore amis ?
Je dirais que je suis devenu un sujet.

Et si on vous proposait un rôle de conseiller royal ?
Et je donnerais quoi comme conseils ?

Conseiller en communication, par exemple…
Non, sincèrement. J’ai déjà une carrière et une vie bien remplies.

Et le métier de photographe, ça paie ?
Je vis bien, hamdoullah. Je n’ai rien mis de côté, je n’ai pas de salaire fantôme. Je suis un artisan de la photo. Un jour, je voyage en première classe, un autre, je suis dans un train en deuxième classe à sillonner l’Amérique latine.

Vous avez souvent pris en photo le prince Walid Ibn Talal. Vous êtes son photographe officiel ou son ami ?
En fait, je suis photographe freelance. Je ne suis donc le photographe officiel de personne. Cela dit, avec mon métier, je sympathise avec les gens que je photographie, car je rentre dans leur intimité.

 
 
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