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Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
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Eshref Durmishi, dans Eduart,
dAngeliki Antoniou.
(DR)
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cinéma. Autant en emporte Tétouan
Le cinéma méditerranéen fait plus de vagues que la mer tranquille qui lunit. Riche, intense, bouleversant, contrasté, il se révèle dans les salles sombres du Festival de Tétouan, qui célèbrera sa 14e édition du 29 mars au 4 avril, présidé par lacteur égyptien Hussein Fahmy. Outre les films marocains Les Curs brûlés dAhmed El Maânouni, et La Beauté éparpillée de Lahcen Zinoun, la compétition long-métrage réserve des pépites méconnues : Junun de Fadel Jaibi, une rencontre dans les couloirs dun hôpital psy de Tunis, Riza du Turc Tayfun |
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| Pirselimoglu, sur la dérive dun chauffeur routier dont le camion tombe en panne , la descente en enfer dun adolescent grec se rêvant rockstar, filmée par Angeliki Antoniou dans Eduart, la romance entre un petit voleur et une mystérieuse fille de bonne famille de Ladrones, par Jaime Marques, ou encore Anatema dAgim Sopi, film rescapé de lapartheid qui sest abattu sur la production audiovisuelle au Kosovo. Tétouan, cest aussi la part belle faite au court-métrage (Chant funèbre de Mohamed Mouftakir et Un formidable voyage de Abdeslam Kelai pour le Maroc), ainsi quau documentaire (Le Fil blanc de Khalil Benkirane, Palestine Blues de Nida Sinnokrot, 33 jours de Mai Masri, Algérie, histoires à ne pas dire de Jean-Pierre Lledo
). Ajoutez un hommage à Aïcha Mahmah, une rétrospective de vingt ans de cinéma tunisien, une carte blanche au Festival des trois continents de Nantes et des ateliers cinéma, vous obtenez un rendez-vous discret mais majeur du Septième art sous nos latitudes. Bonnes toiles à Tétouan ! |
Sortie. Fragments de grâce
Dans le Maroc de 1913, Oud
Al Ward, belle jeune femme farouche et prodige du luth, est vendue comme esclave à un riche maître de musique fassi qui, fasciné, en fait son élève. Mais les privilèges accordés, sils suscitent la jalousie dans la riche demeure, napaisent en rien la brutalité de laliénation. Entre épure des plans et des dialogues, douce poésie et tragédie brute, le chorégraphe Lahcen Zinoun puise dans un pouvoir narratif ambitieux pour ce premier film personnel et dense, même si son rythme souffre dune certaine indolence. Si le jeu des vieux de la vieille est parfois encore trop convenu, il est instantanément éclipsé par la subtile composition des deux actrices primées au Festival national de Tanger, Hanane Zouhdi et, surtout, Sanaâ Alaoui, dont la force contenue nest pas sans évoquer une Rachida Brakni. Mais le film doit aussi beaucoup aux compositeurs Mehdi Halib et Saïd Chraïbi, auteurs dune musique discrète mais omniprésente, qui, à linstar du destin des héroïnes, incarne à merveille la beauté éparpillée. Il y a de la grâce.
La Beauté éparpillée, au Mégarama.
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Soirée. Drum dreams
Un zest délectro, une cuillerée de dub assaisonnée dune pincée de breakbeat à la sauce drumn bass
aussi alléchant soit le menu de la première soirée Drumn Baïda, pas question de tripper les yeux fermés ! Tout autour des platines de DJ Dub-4, Pitchin (accompagnés de MC Taiwan) et Skinny Mood (suivi du trombone Steph Béziers), place à lart pictural sous ses coutures les plus contrastées, avec une expo de Zakia Guelzim autour des signes berbères et une performance live des graffeurs Issam Refki de Casa et Rabiî de Meknès. Le tout, nappé dune session VJing concoctée par deux ex des Beaux-Arts, Hassan Krifa et Kalamour.
Le 14 mars au Ceon (Corniche de Casablanca), dès 21h30. 200 DH.
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SOS. LHermitage en danger
En 2004, la Source du lion, collectif artistique mené par Hassan Darsi, lançait une offensive en faveur du délaissé parc de lHermitage. Lappel au secours du collectif porte ses fruits, une maquette est présentée en 2005, dans le parc et en grande pompe. Aires de jeux, terrains de sport, espace pour les mamans, jardin du monde, et surtout architecture prenant en considération les particularités et les besoins des habitants du quartier. La Ville de Casablanca et la Fondation Mohammed VI sont acquises à la cause et le projet de réhabilitation est en marche, en association entre un cabinet de paysagistes et la Source du lion. Lors du dernier Salon du livre de Tanger, une rencontre publique entre Hassan Darsi et le paysagiste de renom Gilles Clément a relancé le débat sur le sort du parc de lHermitage : une nouvelle maquette vient dêtre présentée à la wilaya de Casablanca, faisant fi de la maquette initiale, et proposant un parc quadrillé par les arbres, et dénué didentité. Après avoir sombré dans loubli, le parc de lHermitage semble en danger. |
Découverte. El Khattabi après Jack Bower
Marocain né en France, Mohamed Fekrane joue depuis 1994 dans la cour des grands à Hollywood. Le réalisateur, tombé dans le chaudron du cinéma à lâge de 9 ans quand une voisine lui offre une caméra 8 mm, a fait entre autres partie de la dream team de 24h Chrono, réalisant deux épisodes de la série désormais culte. Diplômé du prestigieux Actors Studio, Mohamed Fekrane a écumé les festivals (Toronto, Sundance, Cannes, Berlin, Dubaï) avec ses courts et longs-métrages, a travaillé avec la Paramount, Sho TV ou encore la Fox, et a réalisé en France et aux Etats-Unis séries, feuilletons et clips. Mohamed Fekrane est en passe de tourner pour la première fois dans son pays et prépare un long-métrage (une production française) sur la vie de Abdelkrim El Khattabi. Pressenti pour y jouer, lacteur français Richard Bohringer. Une invitation est même lancée à
Sean Connery, pour faire une apparition dans le film ! Pour les artistes marocains, Mohamed Fekrane est en plein casting. |
Arts plastiques. Expo équestre
A Rabat, le cheval est à lhonneur, beaucoup plus quune semaine : depuis le 26 février, la galerie Fan-Dok montre une exposition collective sous le thème du cheval dans lart. Etalons, juments, poulains, sont immortalisés sur les toiles dune poignée dartistes : uvres orientalistes de Saïd Qodaid, ancrées encore et toujours dans un Maroc traditionnel, toiles de Rabia Echahed (qui a fait du cheval le sujet de la plupart de ses peintures), fresques éclectiques de Douah, sculptures de Sabine Cherki, gravures et peintures de Maoual. Les uvres dEl Khafaï, de Hounaïne et de lartiste sculpteur Kibari sont également exposées. Manque à lappel Ilias Selfaty, artiste marocain contemporain installé en Espagne, et passé pro en matière de cheval. Une exposition qui vaut bien un petit galop.
Jusquau 23 Mars 2008, Galerie Fan-Dok, Rabat.
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Moonfest. LaXula Takerkoust
Laxula, excellent combo hispanisant installé à Londres et se qualifiant de Gipsy Gothic Tangodelick (tout un programme !), et dont le premier album In-Xile a été encensé par la critique, sera lune des têtes daffiche de la première édition du festival Moonfest, aux abords du lac de Lalla Takerkoust, à une demi-heure de Marrakech. Ce nouveau venu dans la kyrielle des festivals printaniers, axé sur les musiques du monde (marocaines, flamenco et tsiganes cette année) et pensé comme un moussem moderne, se tiendra du 1er au 3 mai prochain. Il est organisé par lagence de Sofia Alami, Argile rouge, qui travaille sur lévénement avec entre autres Simo Benbachir, président de Ruban rouge et Florence Cook, ancienne attachée de presse du FIFM. |
Festival. Et Dakhla fut...
Le Festival de Dakhla fut (du 28 février au 3 mars) et fit des milliers dheureux, presque en transe devant une scène sur laquelle se sont succédé, Najat Aâtabou plus rockroll que jamais, Haoussa définitivement géniaux et déjantés, Daby Touré à la voix exquise, et Desert Rebel tout simplement majestueux. Tiken Jah Fakoly, le pape du reggae était un tantinet fatigué et Kadem Saher beaucoup trop long. Licône arabe, qui a monopolisé la scène pendant plus de 2 heures à la place des 60 minutes prévues, sest rendue coupable du report au lendemain du concert de Desert Rebel, prévu le même jour. Kadem Saher, adulé par le public, a du coup été la bête noire des artistes, souffrant déjà terriblement de lingérence des autorités locales dans la programmation. Ingérence que lon mettra (cette fois-ci) sur le compte dun excès de zèle maladroit. |
Rétrospective. Lubie Lubitsch
Répliques acérées, situations cocasses, maîtrise du timing
entre humour de boulevard et marivaudage, légèreté et modernité, Ernst Lubitsch (1892-1947) est le grand maître de la comédie satirique sophistiquée. Greta Garbo, James Stewart, Maurice Chevalier, Gary Cooper : les plus grands ont tourné avec cet hyper prolifique réalisateur, producteur, scénariste et acteur américain dorigine berlinoise. Sur plus de quarante films (Rendez-vous, Jeux dangereux
), ce sont ses premiers, muets et réalisés en Allemagne avant quil ne parte conquérir Hollywood en 1922, que la Cinémathèque de Tanger fait découvrir en mars : La Princesse aux huîtres (jusquau 10), Anne Boleyn (du 12 au 18), Sumurun (du 19 au 25) et La Chatte des montagnes (du 26 au 30).
À 19h30 au cinéma Rif de Tanger.
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Humeur.
Presque une île
Le journaliste de la TVM lui avait posé une question à brûle-pourpoint : Cest quoi selon vous, la Dakhla attitude ?. Il lignorait, nayant rien vu du Festival où on lavait invité. Il lui fallait bien improviser une réponse. Il a dit ce qui lui passait par la tête, une impression vague, aussi vague quun spot : Cest porter un short de surf avec des tongs, non ?. Il venait déchouer lamentablement au concours du témoin télé. Mais il sen foutait pas mal, ça navait plus dimportance sur le coup. Il était en plein dans la Dakhla Attitude : laisser couler le temps, le vent, le sable, lalcool, assis au bar dune terrasse surplombant la scène où se tenaient les concerts. Le lâcher-prise total. Il avait été à bonne école, ayant croisé la veille un modèle. En terrasse, justement. Un élu de la région, appartenant à une tribu importante du coin. Un noble du cru, lui avait-on expliqué. Déduction facile : le gendre idéal dont rêvent les mamans sahraouies. Ce soir-là, le placement sûr pour filles à marier honorait beaucoup le whisky et un petit peu le Maroc. Il se rappelait avoir agressé le représentant de la nation avec beaucoup de réflexions idiotes : impôts sur le Sahara, région de rentiers, hôtels pourris. Du grand nimporte quoi. Détendu de toute sa graisse, lélu la ignoré, indifférent à ses agitations de roquet. Il était depuis longtemps ailleurs. Au bout du monde. Yoda de la Dakhla attitude
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Accordéon Jazz
Daniel Mille et son trio se produiront le 14 mars à lInstitut français dAgadir. Laccordéoniste a joué aux côtés de bien des grands : Barbara, Salif Keïta, Georges Moustaki, Claude Nougaro entre autres. Le trio mêle musique populaire, saxo et violoncelle. Le résultat est des plus élaborés.
Cinéma
Le fils de lépicier est au programme de linstitut français de Casablanca, le vendredi 14 mars à 20h. Loccasion de revoir dans ce film dEric Guirardo, Nicolas Cazalé (acteur principal dans Le grand voyage, dIsmaïl Farroukhi), qui interprète Antoine, le fils de lépicier justement, auprès de Clotilde Hesme et de Daniel Duval.
Rap fassi
Deuxième album en marche pour Fez City Clan : après Fès, les rappeurs de la ville impériale préparent leur entrée dans le studio denregistrement de Ali Faraoui, à Casablanca. Ils envisagent un opus de 12 morceaux au maximum, quils prévoient de sortir avant fin mai. Du vite fait bien fait ? |
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