Crise. Sauve qui peut (le foot)
Politique. Le PPS se rebelle
Ingénieurs. L'affaire Mourtada divise
Société. Les assoiffés des haltères
Histoire. Laâlou : l'Alcatraz marocain
Moyen-Orient. Guerre ouverte à Gaza
Russie. Un tandem au Kremlin
Mobilier. Le kit qui monte, qui monte...
Portrait. Danse avec les images
Musique. Le swing du oud
N° 314
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Eshref Durmishi, dans Eduart,
d’Angeliki Antoniou.
(DR)

cinéma. Autant en emporte Tétouan


Le cinéma méditerranéen fait plus de vagues que la mer tranquille qui l’unit. Riche, intense, bouleversant, contrasté, il se révèle dans les salles sombres du Festival de Tétouan, qui célèbrera sa 14e édition du 29 mars au 4 avril, présidé par l’acteur égyptien Hussein Fahmy. Outre les films marocains Les Cœurs brûlés d’Ahmed El Maânouni, et La Beauté éparpillée de Lahcen Zinoun, la compétition long-métrage réserve des pépites méconnues : Junun de Fadel Jaibi, une rencontre dans les couloirs d’un hôpital psy de Tunis, Riza du Turc Tayfun
Pirselimoglu, sur la dérive d’un chauffeur routier dont le camion tombe en panne , la descente en enfer d’un adolescent grec se rêvant rockstar, filmée par Angeliki Antoniou dans Eduart, la romance entre un petit voleur et une mystérieuse fille de bonne famille de Ladrones, par Jaime Marques, ou encore Anatema d’Agim Sopi, film rescapé de l’apartheid qui s’est abattu sur la production audiovisuelle au Kosovo. Tétouan, c’est aussi la part belle faite au court-métrage (Chant funèbre de Mohamed Mouftakir et Un formidable voyage de Abdeslam Kelai pour le Maroc), ainsi qu’au documentaire (Le Fil blanc de Khalil Benkirane, Palestine Blues de Nida Sinnokrot, 33 jours de Mai Masri, Algérie, histoires à ne pas dire de Jean-Pierre Lledo…). Ajoutez un hommage à Aïcha Mahmah, une rétrospective de vingt ans de cinéma tunisien, une carte blanche au Festival des trois continents de Nantes et des ateliers cinéma, vous obtenez un rendez-vous discret mais majeur du Septième art sous nos latitudes. Bonnes toiles à Tétouan !


Sortie. Fragments de grâce

Dans le Maroc de 1913, Oud
Al’ Ward, belle jeune femme farouche et prodige du luth, est vendue comme esclave à un riche maître de musique fassi qui, fasciné, en fait son élève. Mais les privilèges accordés, s’ils suscitent la jalousie dans la riche demeure, n’apaisent en rien la brutalité de l’aliénation. Entre épure des plans et des dialogues, douce poésie et tragédie brute, le chorégraphe Lahcen Zinoun puise dans un pouvoir narratif ambitieux pour ce premier film personnel et dense, même si son rythme souffre d’une certaine indolence. Si le jeu des vieux de la vieille est parfois encore trop convenu, il est instantanément éclipsé par la subtile composition des deux actrices primées au Festival national de Tanger, Hanane Zouhdi et, surtout, Sanaâ Alaoui, dont la force contenue n’est pas sans évoquer une Rachida Brakni. Mais le film doit aussi beaucoup aux compositeurs Mehdi Halib et Saïd Chraïbi, auteurs d’une musique discrète mais omniprésente, qui, à l’instar du destin des héroïnes, incarne à merveille la beauté éparpillée. Il y a de la grâce.

La Beauté éparpillée, au Mégarama.



Soirée. Drum dreams

Un zest d’électro, une cuillerée de dub assaisonnée d’une pincée de breakbeat à la sauce drum’n bass… aussi alléchant soit le menu de la première soirée Drum’n Baïda, pas question de tripper les yeux fermés ! Tout autour des platines de DJ Dub-4, Pitchin (accompagnés de MC Taiwan) et Skinny Mood (suivi du trombone Steph Béziers), place à l’art pictural sous ses coutures les plus contrastées, avec une expo de Zakia Guelzim autour des signes berbères et une performance live des graffeurs Issam Refki de Casa et Rabiî de Meknès. Le tout, nappé d’une session VJing concoctée par deux ex des Beaux-Arts, Hassan Krifa et Kalamour.

Le 14 mars au Ce’on (Corniche de Casablanca), dès 21h30. 200 DH.



SOS. L’Hermitage en danger

En 2004, la Source du lion, collectif artistique mené par Hassan Darsi, lançait une offensive en faveur du délaissé parc de l’Hermitage. L’appel au secours du collectif porte ses fruits, une maquette est présentée en 2005, dans le parc et en grande pompe. Aires de jeux, terrains de sport, espace pour les mamans, jardin du monde, et surtout architecture prenant en considération les particularités et les besoins des habitants du quartier. La Ville de Casablanca et la Fondation Mohammed VI sont acquises à la cause et le projet de réhabilitation est en marche, en association entre un cabinet de paysagistes et la Source du lion. Lors du dernier Salon du livre de Tanger, une rencontre publique entre Hassan Darsi et le paysagiste de renom Gilles Clément a relancé le débat sur le sort du parc de l’Hermitage : une nouvelle maquette vient d’être présentée à la wilaya de Casablanca, faisant fi de la maquette initiale, et proposant un parc quadrillé par les arbres, et dénué d’identité. Après avoir sombré dans l’oubli, le parc de l’Hermitage semble en danger.


Découverte. El Khattabi après Jack Bower

Marocain né en France, Mohamed Fekrane joue depuis 1994 dans la cour des grands à Hollywood. Le réalisateur, tombé dans le chaudron du cinéma à l’âge de 9 ans quand une voisine lui offre une caméra 8 mm, a fait entre autres partie de la dream team de 24h Chrono, réalisant deux épisodes de la série désormais culte. Diplômé du prestigieux Actor’s Studio, Mohamed Fekrane a écumé les festivals (Toronto, Sundance, Cannes, Berlin, Dubaï) avec ses courts et longs-métrages, a travaillé avec la Paramount, Sho TV ou encore la Fox, et a réalisé en France et aux Etats-Unis séries, feuilletons et clips. Mohamed Fekrane est en passe de tourner pour la première fois dans son pays et prépare un long-métrage (une production française) sur la vie de Abdelkrim El Khattabi. Pressenti pour y jouer, l’acteur français Richard Bohringer. Une invitation est même lancée à… Sean Connery, pour faire une apparition dans le film ! Pour les artistes marocains, Mohamed Fekrane est en plein casting.


Arts plastiques. Expo équestre

A Rabat, le cheval est à l’honneur, beaucoup plus qu’une semaine : depuis le 26 février, la galerie Fan-Dok montre une exposition collective sous le thème du cheval dans l’art. Etalons, juments, poulains, sont immortalisés sur les toiles d’une poignée d’artistes : œuvres orientalistes de Saïd Qodaid, ancrées encore et toujours dans un Maroc traditionnel, toiles de Rabia Echahed (qui a fait du cheval le sujet de la plupart de ses peintures), fresques éclectiques de Douah, sculptures de Sabine Cherki, gravures et peintures de Maoual. Les œuvres d’El Khafaï, de Hounaïne et de l’artiste sculpteur Kibari sont également exposées. Manque à l’appel Ilias Selfaty, artiste marocain contemporain installé en Espagne, et passé pro en matière de cheval. Une exposition qui vaut bien un petit galop.

Jusqu’au 23 Mars 2008, Galerie Fan-Dok, Rabat.



Moonfest. LaXula Takerkoust

Laxula, excellent combo hispanisant installé à Londres et se qualifiant de “Gipsy Gothic Tangodelick” (tout un programme !), et dont le premier album In-Xile a été encensé par la critique, sera l’une des têtes d’affiche de la première édition du festival Moonfest, aux abords du lac de Lalla Takerkoust, à une demi-heure de Marrakech. Ce nouveau venu dans la kyrielle des festivals printaniers, axé sur les musiques du monde (marocaines, flamenco et tsiganes cette année) et pensé comme un “moussem moderne”, se tiendra du 1er au 3 mai prochain. Il est organisé par l’agence de Sofia Alami, Argile rouge, qui travaille sur l’événement avec entre autres Simo Benbachir, président de Ruban rouge et Florence Cook, ancienne attachée de presse du FIFM.


Festival. Et Dakhla fut...

Le Festival de Dakhla fut (du 28 février au 3 mars) et fit des milliers d’heureux, presque en transe devant une scène sur laquelle se sont succédé, Najat Aâtabou plus rock’roll que jamais, Haoussa définitivement géniaux et déjantés, Daby Touré à la voix exquise, et Desert Rebel tout simplement majestueux. Tiken Jah Fakoly, le pape du reggae était un tantinet fatigué et Kadem Saher beaucoup trop long. L’icône arabe, qui a monopolisé la scène pendant plus de 2 heures à la place des 60 minutes prévues, s’est rendue coupable du report au lendemain du concert de Desert Rebel, prévu le même jour. Kadem Saher, adulé par le public, a du coup été la bête noire des artistes, souffrant déjà terriblement de l’ingérence des autorités locales dans la programmation. Ingérence que l’on mettra (cette fois-ci) sur le compte d’un excès de zèle maladroit.


Rétrospective. Lubie Lubitsch

Répliques acérées, situations cocasses, maîtrise du timing… entre humour de boulevard et marivaudage, légèreté et modernité, Ernst Lubitsch (1892-1947) est le grand maître de la comédie satirique sophistiquée. Greta Garbo, James Stewart, Maurice Chevalier, Gary Cooper : les plus grands ont tourné avec cet hyper prolifique réalisateur, producteur, scénariste et acteur américain d’origine berlinoise. Sur plus de quarante films (Rendez-vous, Jeux dangereux…), ce sont ses premiers, muets et réalisés en Allemagne avant qu’il ne parte conquérir Hollywood en 1922, que la Cinémathèque de Tanger fait découvrir en mars : La Princesse aux huîtres (jusqu’au 10), Anne Boleyn (du 12 au 18), Sumurun (du 19 au 25) et La Chatte des montagnes (du 26 au 30).

À 19h30 au cinéma Rif de Tanger.




Humeur.
Presque une île

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Le journaliste de la TVM lui avait posé une question à brûle-pourpoint : “C’est quoi selon vous, la Dakhla attitude ?”. Il l’ignorait, n’ayant rien vu du Festival où on l’avait invité. Il lui fallait bien improviser une réponse. Il a dit ce qui lui passait par la tête, une impression vague, aussi vague qu’un spot : “C’est porter un short de surf avec des tongs, non ?”. Il venait d’échouer lamentablement au concours du témoin télé. Mais il s’en foutait pas mal, ça n’avait plus d’importance sur le coup. Il était en plein dans la Dakhla Attitude : laisser couler le temps, le vent, le sable, l’alcool, assis au bar d’une terrasse surplombant la scène où se tenaient les concerts. Le lâcher-prise total. Il avait été à bonne école, ayant croisé la veille un modèle. En terrasse, justement. Un élu de la région, appartenant à une tribu importante du coin. Un noble du cru, lui avait-on expliqué. Déduction facile : le gendre idéal dont rêvent les mamans sahraouies. Ce soir-là, le placement sûr pour filles à marier honorait beaucoup le whisky et un petit peu le Maroc. Il se rappelait avoir agressé le représentant de la nation avec beaucoup de réflexions idiotes : impôts sur le Sahara, région de rentiers, hôtels pourris. Du grand n’importe quoi. Détendu de toute sa graisse, l’élu l’a ignoré, indifférent à ses agitations de roquet. Il était depuis longtemps ailleurs. Au bout du monde. Yoda de la Dakhla attitude…



Accordéon Jazz
Daniel Mille et son trio se produiront le 14 mars à l’Institut français d’Agadir. L’accordéoniste a joué aux côtés de bien des grands : Barbara, Salif Keïta, Georges Moustaki, Claude Nougaro entre autres. Le trio mêle musique populaire, saxo et violoncelle. Le résultat est des plus élaborés.


Cinéma
Le fils de l’épicier est au programme de l’institut français de Casablanca, le vendredi 14 mars à 20h. L’occasion de revoir dans ce film d’Eric Guirardo, Nicolas Cazalé (acteur principal dans Le grand voyage, d’Ismaïl Farroukhi), qui interprète Antoine, le fils de l’épicier justement, auprès de Clotilde Hesme et de Daniel Duval.


Rap fassi
Deuxième album en marche pour Fez City Clan : après Fès, les rappeurs de la ville impériale préparent leur entrée dans le studio d’enregistrement de Ali Faraoui, à Casablanca. Ils envisagent un opus de 12 morceaux au maximum, qu’ils prévoient de sortir avant fin mai. Du vite fait bien fait ?

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés