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N° 314
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hicham Smyej

La Semaine

Le “plus beau pays du monde”
attirerait-il moins les touristes ?
(DR)

Tourisme. Chiffres en demi-teinte


Les statistiques du tourisme, relatives au mois de janvier, viennent de tomber. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles apportent du bon et du moins bon. Commençons par les bonnes nouvelles. Au cours de ce premier mois de 2008, le nombre d’arrivées aux postes-frontières marocains a cru de 11% par rapport à la même période de 2007, à exactement 409 146. Dans le lot figurent 253 107 touristes (en progression de 5%), le reste étant le fait de Marocains résidant à l’étranger, dont les arrivées ont connu une amélioration spectaculaire de 23%.

Mais il y a un bémol : si le nombre de visiteurs est en hausse, ce n’est pas le cas des nuitées enregistrées dans les établissements d’hébergement touristique classés, qui accusent un recul de 5%. Et encore, le choc a été amorti par la bonne tenue du tourisme intérieur, les séjours des résidents s’étant améliorés de 17%, alors que ceux des non-résidents ont baissé de 10%.

Des contre-performances que le département du Tousime explique par la multiplication de structures d’hébergement alternatives (maisons d’hôtes et résidences touristiques), dont les nuitées ne seraient pas comptabilisées dans les statistiques du ministère.

Côté marchés émetteurs, des pays comme la Hollande ou l’Espagne affichent des scores bluffants, avec des progressions respectives des arrivées de 29% et de 21%. En revanche, celles en provenance du Royaume-Uni piquent du nez, accusant une baisse de 17%.

Cette petite santé se traduit aussi en monnaie sonnante et trébuchante : les recettes voyage ont atteint 4,2 millions de DH, en baisse d’environ 12% par rapport à janvier 2007. Faut-il commencer à s’inquiéter ?


Télécoms. Méditel va bien, merci

Après Maroc Telecom, c’est au tour de son concurrent, Méditel, d’annoncer des résultats en progression spectaculaire. Le second opérateur télécoms a en effet plus que doublé son bénéfice net en 2007 (+132% !), qui s’élève à 541 millions de dirhams. Le chiffre d’affaires brut progresse de 13%, à 6,8 milliards de dirhams. On s’en doute, le mobile joue toujours le rôle de locomotive de croissance, avec un parc clients en croissance de 29%, atteingnent près de 6,7 millions de clients (dont 1,5 million de nouvelles lignes additionnelles nettes). La progression des liquidités (+29%) a aussi permis à Méditel de réduire son endettement de 1,1 milliard de dirhams au terme de l’année 2007. La dette de l’opérateur se monte désormais à 7 milliards de dirhams, contre 8,1 en 2006. De bon augure pour une éventuelle introduction en Bouse, attendue comme l’Arlésienne depuis 2006 ?


Auto. Contrat-programme pour les équipementiers

Identifié comme un gisement de croissance par le plan Emergence, l’industrie automobile marocaine aura bientôt droit à son contrat-programme, liant les équipementiers au ministère du Commerce et de l’Industrie. Un contrat sur les modalités duquel l’Amica (Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile) est actuellement en train de plancher. Objectif : développer le tissu industriel en vue de constituer une filière d’équipementiers apte à saisir les opportunités qui se profilent. C’est que l’industrie automobile marocaine s’apprête à franchir un nouveau palier, avec la concrétisation du projet de l’usine Renault-Nissan dans la région de Tanger et la montée en régime de la production de la Somaca. En plus de mesures incitatives (avantages fiscaux, coût de l’énergie, prix des intrants), le programme devrait également inclure un volet formation.


Investissement. Le come-back de Filali

L’ancien président de l’Ona est de retour dans les affaires. Fouad Filali est en effet l’associé du groupe Alliances développement immobilier, présidé par Mohamed Alami Nafakh-Lazraq, dans un projet touristique dans la région d’Essaouira. Baptisé Al Maâden Argana, le projet porte sur un investissement de 4 milliards de dirhams et s’étendra sur une superficie de 800 hectares, comprenant des résidences, des infrastructures sportives et des hôtels. Mais la réalisation de ce projet reste suspendue à l’approbation de la commission des investissements. Et ce n’est pas gagné : le ministère du Tourisme aurait déjà exprimé ses réserves quant à “l’importance de la superficie sollicitée pour un site touristique à fort potentiel”. D’autant que dans la même région, deux autres projets sont à l’étude, à savoir celui de l’Espagnol Unico tourisme développement (750 hectares) et Etre (530 hectares)… sans oublier la fameuse station balnéaire Mogador qui vient de voir sa superficie étendue.



Pendant ce temps, le peuple…
Les galactiques

Mounir Majidi en pointe, Moncef Belkhayat sur l’aile, Mohamed Boussaïd en milieu récupérateur et Mustapha Bakkoury en couverture : voilà la nouvelle formation (du comité directeur) du FUS de Rabat. Une flopée de stars, nos galactiques, à la tête d’entreprises ou de départements ministériels - qui pèsent des centaines de milliards de dirhams - pour diriger le club de la capitale. C’est un joli débordement, qui donne une occasion en or pour améliorer la gestion du sport-roi au Maroc. Le but, selon les observateurs, est de rehausser le niveau de la (pas du tout) passionnante Botola. Mais pour cela, il faut espérer que les autres clubs ne resteront pas hors-jeu. Concrètement, il faut vendre le MAS à un Othman Benjelloun, le CODM à la CNIA et l’Olympique Essaouira à Chaabi Lil Iskane. Cela reste possible, si une seule condition est remplie : dépoussiérer le statut juridique des clubs en permettant leur transformation en “sociétés à objet sportif”. Des sociétés qui investiront dans les infrastructures et la formation, qui paieront correctement leurs joueurs et qui auront aussi pour objectif de gagner de l’argent. La formule a d’ailleurs déjà fait ses preuves un peu partout dans le monde, il suffit de la dupliquer sur nos pelouses. Sinon, les millions de dirhams injectés par Maroc Telecom, les chaînes de télé et les différents sponsors continueront d’être dépensés dans une opacité totale. Et les dirigeants de clubs sportifs continueront à se plaindre du “manque de moyens”.



OFF.

Quel est le premier fournisseur de café en grains du Maroc ? Si vous répondez le Brésil, Cuba ou la Côte d’Ivoire, vous avez tout faux. Il s’agit en fait du Vietnam, qui en a expédié près de 10 500 tonnes (pour une valeur de 18,8 millions de dollars) en direction du royaume en 2007, d’après les chiffres de la Vietnam coffee association. Cela resprésente 30% des 28 000 tonnes importées.

 
 
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