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Politique. Le PPS se rebelle
Ingénieurs. L'affaire Mourtada divise
Société. Les assoiffés des haltères
Histoire. Laâlou : l'Alcatraz marocain
Moyen-Orient. Guerre ouverte à Gaza
Russie. Un tandem au Kremlin
Mobilier. Le kit qui monte, qui monte...
Portrait. Danse avec les images
Musique. Le swing du oud
N° 314
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Les festivités prévues par le
Polisario ont été annulées.
La marche de l’ASM aussi…
(AFP)

Tifariti. Marche dans tes rêves


Le miracle n’a pas eu lieu. Repoussée à deux reprises déjà, la marche que devait organiser, le 16 mars prochain, l’Association le Sahara marocain (ASM) vers la localité de Tifariti a été à nouveau reportée. À une date indéfinie, cette fois-ci. Pourtant, les déclarations, en privé, lundi dernier, d’un haut responsable de la diplomatie marocaine, affirmant que “cette initiative privée était louable et à encourager”, avaient entretenu le suspense. Au moins 24 heures chrono. Le lendemain, lors d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Balima à
Rabat, Mohamed Réda Taoujni, président de l’ASM, expliquait d’une pirouette l’annulation de sa balade dans le désert : “Cette décision a été prise parce que le Front Polisario a renoncé à organiser le 27 février dernier à Tifariti les plus grandes festivités de son histoire, prévues à l’occasion du 32ème anniversaire de la République arabe sahraouie démocratique”. Et d’ajouter : “Suite à des contacts fructueux que nous avons établis dans plusieurs capitales étrangères, le Polisario a été pressé de tout annuler. On a ainsi pu constater que le matériel militaire et les milliers de personnes acheminés vers cette localité rebroussaient chemin vers les camps de Tindouf”. D’après cet observateur assidu de la question saharaouie, “l’annulation de ces festivités n’a aucun rapport avec les agitations médiatiques de l’ASM. Si le Polisario a été sommé par les Occidentaux de faire profil bas, c’est pour ne pas torpiller les négociations en cours entre les deux parties”. Dont acte.


Melilia. Nichane, “no pasaran” !

Notre confrère Lahcen Aouad s’est vu refuser l’entrée de l’enclave espagnole, lundi dernier, par la police des frontières marocaines. Elles ont exigé de lui un visa alors que le journaliste avait l’accord préalable des autorités espagnoles, qui lui ont réclamé seulement son passeport et un ordre de mission. “Le chef du poste-frontière m’a dit qu’il avait une dent contre l’hebdomadaire Nichane où je travaille, et qu’il ferait tout pour m’empêcher de passer”, raconte Aouad. D’après Chakib El Khyari, président de l’Association du Rif pour la défense des droits de l’homme, “ce refoulement n’est pas le premier du genre, de nombreux journalistes ont eu droit au même traitement”.


RAM. Turbulences au sol

Vendredi dernier, un avion de la compagnie nationale en partance de Paris pour Casablanca a été pris d’assaut par… la police française. Une dizaine d’agents ont matraqué des passagers qui protestaient contre le traitement infligé à deux expulsés maliens, embarqués sur le vol. “Un Sénégalais a même été tabassé et arrêté”, nous raconte ce témoin. Le commandant de bord, qui demandait aux policiers d’évacuer l’avion, a été aussi roué de coups. “Ils nous ont demandé de poursuivre notre vol, sinon, ils nous arrêteraient à notre tour. Nous avons refusé”, ajoute ce membre de l’équipage. L’avion a décollé, finalement, 4 heures plus tard, après l’intervention de l’ambassadeur du Maroc à Paris.


Facebook. Tous avec Fouad !

“Le réseau communautaire Facebook n’a pas donné au gouvernement marocain des informations pour identifier Fouad Mourtada, arrêté pour avoir créé un profil au nom du prince Moulay Rachid”. C’est ce qu’a déclaré un responsable du site américain au Wall Street Journal, en fin de semaine dernière, stoppant net les interrogations sur le rôle joué par Facebook dans cette affaire. Pendant ce temps-là, alors que la mobilisation en faveur de Fouad Mourtada battait son plein sur la Toile, des sit-in de solidarité ont été organisés dans plusieurs grandes villes (Rabat, Paris, Montréal, Londres, Bruxelles, Washington, Madrid). La famille, quant à elle, attend “la notification du jugement pour aller en appel”, nous a déclaré Ilyas Mourtada, le frère de Fouad.



3 questions à Aboubakr Harakat
[Sexologue et animateur radio]


Votre émission Hal wa houloul, consacrée à la sexualité, n’a pas été diffusée par la radio nationale, il y a deux semaines. Pourquoi ?
À cause du thème de l’émission : la masturbation. Parler d’un tel sujet sur les ondes a donné des frissons aux programmateurs. Après avoir écouté l’enregistrement, ils ont estimé que c’était trop osé pour les auditeurs qui, selon eux, risquaient d’être choqués par les propos tenus à l’antenne. Je n’ai pourtant jamais cherché à provoquer qui que ce soit, mais à informer sur une pratique tout à fait normale, afin de déculpabiliser les gens.

Et les auditeurs, ils en pensent quoi ?
Pour l’anecdote, une femme, professeur de sciences naturelles, attendait l’émission consacrée à la masturbation pour en discuter avec ses élèves. Les auditeurs apprécient l’émission, car ils sont demandeurs d’informations sur des sujets qu’ils ne peuvent pas évoquer en temps normal. C’est l’occasion pour eux de dépasser la honte liée à la sexualité au Maroc. Sur ce point, les programmateurs de l’émission sont en décalage par rapport aux attentes du public.

Qui est ce public ?
Je reçois beaucoup d’appels de gens de l’Oriental et du sud du Maroc. Cela va de l’imam qui appelle pour un problème sexuel, à la mère de famille qui s’interroge sur la sexualité de son fils. Parmi les auditeurs intervenant à l’antenne, on retrouve par contre très peu de personnes vivant sur l’axe Casa-Rabat-Kénitra. La demande vient du Maroc profond, comme on a coutume de l’appeler.


Sahara. Deux GUS heureux

Arrêtés et jugés en 2005 pour le meurtre du jeune Sahraoui Hamdi Lembarki, lors d’une manifestation pro-Polisario à Laâyoune, l’officier de police Abderrahim Lemsaoud et le gardien de la paix Mustapha Rochd ont quitté la prison Lakhal, le mercredi 5 mars, après avoir purgé leurs peines. La veille, la Cour d’appel de Laâyoune avait en effet réduit leur condamnation à deux ans de prison au lieu des dix ans dont ils ont écopé en première instance. Le meurtre commis par les deux membres des Groupes urbains de sécurité (GUS), avait été, entre autres dérapages, à l’origine de la dissolution de ce corps, créé par le général Hamidou Lâanigri.


Lycée Dar Essalam. Au régime sec

Le prestigieux établissement rbati, où la plupart des membres de la famille royale (dont Mohammed VI) ont passé leur bac, a perdu de sa superbe. L’eau y est même coupée depuis plus de deux mois, car la facture n’a pas été réglée. Conséquence : “L’hygiène est devenue catastrophique, nous a confié cette enseignante de français. Quand on veut faire pipi, soit on se retient, soit on le fait dehors. Figurez-vous que certains professeurs se promènent quotidiennement avec leur bidon d’eau”. D’après cette dernière, “cette coupure d’eau n’est pourtant que la partie visible de l’iceberg. Depuis quelques années, ce lycée qui a tant donné à ce pays est laissé à l’abandon : les classes sont surpeuplées, les programmes totalement inadéquats et les constructions délabrées”.


Business. La première “épicerie” royale

Les Domaines agricoles, anciennement appelés domaines royaux, ont désormais pignon sur rue. Filiale du holding royal Siger, cette société vient d’ouvrir, il y a une semaine, un point de vente dans le triangle d’or de la capitale économique. Les Casablancais peuvent ainsi trouver dans cette épicerie fine (d’une trentaine de mètres carrés) des produits bio, des fruits et légumes de qualité supérieure, du miel, de l’huile d’olive et du saumon. Autant de gourmandises destinées, jusqu’ici, exclusivement à l’export. “Nous avons ouvert ce magasin pilote pour sonder la réaction des consommateurs marocains, nous a confié cet employé du magasin. Nous prévoyons ainsi d’ouvrir d’autres épiceries similaires à Casablanca et dans d’autres villes, si le succès est au rendez-vous”.


Diplomatie. À l’école des cadres

Le ministère des Affaires étrangères a décidé d’affiner le profil de ses recrues. “Désormais, les candidats réussissant les concours que nous organisons devront suivre un cycle supplémentaire de formation, avant d’entamer leur carrière diplomatique”, nous a confié un haut responsable aux Affaires étrangères. Les lauréats seront formés au sein d’une académie dont les locaux se situent au sein même du ministère à Rabat. Alliant la pratique à la théorie, cette formation s’étalera sur deux années. Entre autres matières, le cursus des futurs diplomates comprend des cours de langues, de géopolitique et, bien évidemment, les subtilités du protocole.


Amazigh Kateb. Un T-shirt pour le dire

Tout un symbole. Invité à se produire lors du dernier Festival de Dakhla, le leader du groupe défunt Gnawa Diffusion est monté sur scène, vêtu d’un tee-shirt prônant la paix entre le Maroc et l’Algérie. Le bout de tissu était illustré des drapeaux respectifs des deux pays, au milieu du symbole “Peace and Love”, et frappé d’un “Bikheer”, signature de la marque Stounami. “Vu l’aura d’Amazigh Kateb, c’était la personne toute indiquée pour porter ce tee-shirt”, explique Mohamed Smyej, l’un des créateurs de la griffe. L’endroit choisi l’était aussi : le Sahara, pomme de discorde entre le Maroc et l’Algérie depuis les années 70.


Handicap. We are the world

Sous l’impulsion de l’Association Anaïs pour les handicapés mentaux, une trentaine d’artistes vient d’enregistrer une chanson pour marquer la journée du 31 mars dédié au handicap. H-Kayne, Naïma Samih, ou encore Abderrahim Souiri pousseront la chansonnette sur une composition de Malek et Nabil Khalidi à l’espace de l’Office des changes, le 18 avril à Casablanca. Pour réunir des fonds, le DVD du concert sera commercialisé : “Nous espérons ainsi pouvoir financer en partie les 17 millions de dirhams que coûtera la construction d’un centre pour personnes handicapées”, nous explique Sabah Tyal, présidente de l’association. Et les sponsors ? “Aucune des 500 entreprises que nous avons contactées ne nous a répondu favorablement”, regrette-t-elle.


Caricatures. Les oulémas se lâchent

Le Conseil supérieur des oulémas a fait connaître sa position quant aux caricatures du prophète qui ont été de nouveau publiées, la semaine dernière, dans 17 organes de presse danois. “Le Conseil supérieur des oulémas condamne la campagne médiatique féroce qui continue de cibler la foi des musulmans”, précise un communiqué publié dimanche dernier. Mais cette réaction rapide et virulente du Conseil n’est pas du goût de tout le monde. Tout en préférant garder l’anonymat, un alem estimé par ses pairs nous confie son scepticisme : “On ne peut pas imposer nos tabous à des gens qui ne les comprennent pas. Les Danois ont maintenant l’impression qu’on remet en question leur liberté d’expression. Il aurait fallu adopter une démarche plus constructive en saisissant l’Organisation de la conférence islamique”.


Télévision. Tessent tachelhit ?

Après plusieurs mois de gestation, la chaîne amazighe devrait bientôt voir le jour. Dotée d’un budget annuel de 168 millions de dirhams, la chaîne basée à Rabat aura une vocation généraliste. C’est le résultat d’une concertation entre les trois parties prenantes : le ministère de la Communication, la SNRT et la HACA, qui vient de valider le cahier des charges de la dernière-née du paysage audiovisuel marocain. La chaîne fera (évidemment) la part belle aux programmes en tamazight, qui occuperont 70% du temps d’antenne. “Nous avons aussi recommandé que 50% de la production se fasse en berbère”, nous a déclaré un membre de la HACA.


Retour de réfugiés. Propagande croisée

101c’est le nombre exact d’anciens réfugiés des camps de Tindouf, récemment rentrés au Maroc. “La vague des retours a commencé une semaine avant le dernier congrès du Polisario. La totalité des réfugiés sont arrivés au Maroc à travers les frontières de la Mauritanie, dont les autorités se sont montrées, contrairement à leur habitude, très coopératives”, révèle un diplomate marocain. Un peu trop coopératives même, selon certains journaux mauritaniens comme El Alam et Al Hourria. Dans des articles publiés mardi, ces deux quotidiens accusent le Maroc d’avoir rapatrié des centaines de citoyens mauritaniens qu’on a présentés faussement comme des Sahraouis. Ceci, avec la bénédiction supposée de membres influents du gouvernement mauritanien.


Mouvement populaire. La fronde des déçus

Le torchon brûle dans le parti de Mahjoubi Aherdane. Ce samedi 8 mars (clin d’œil à la journée de la femme ?), les mécontents de la Haraka organisent un sit-in de protestation devant le siège de leur parti à Rabat. Objectif : dénoncer l’unilatéralisme d’Aherdane et de son acolyte Mohand Laensar. Les trois Mohamed (Soukrat, Mansouri et Boulahcen) qui mènent la fronde n’y vont pas par quatre chemins et leurs griefs sont nombreux : “Manque de transparence financière, mise en veilleuse des structures du parti, gestion arbitraire, direction illégitime…”. Au sein de la direction du parti, on dit chercher un terrain d’entente, tout en dénonçant en off “le clan des aigris et des ministrables déçus”, nous a déclaré un soutien de Mahjoubi Aherdane.


Appel à dons. Le soleil pour tous

L’Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire (AMESIP) organise cette semaine sa 9ème Opération Soleil. Objectif : recueillir le maximum de pièces jaunes au bénéfice des enfants défavorisés. Des urnes en carton sont distribuées dans tous les bureaux de poste du royaume (et en kit dans ce numéro de TelQuel). Une fois remplies, les urnes doivent être retournées aux bureaux de poste, qui fourniront des reçus après comptabilisation de leur contenu. Les plus généreux peuvent aussi envoyer leurs dons sur le compte chèques-postaux n° 59 16 19 P. Selon Daniel Clément, assesseur de l’AMESIP, en huit ans d’existence, l’Opération Soleil a réuni plus d’un million et demi de dirhams.


Bayt Al Hikma. Raout à Meknès

L’association Bayt Al Hikma, fondée et présidée par la militante des droits de l'homme Khadija Rouissi, prépare sa première sortie médiatique d’envergure. En l’occurrence, une conférence sur les droits de l’homme et la démocratie qui se tiendra à Meknès du 8 au 10 mai prochain. “Une quarantaine de militants et politiques seront conviés à se pencher sur une étude en cours de finalisation au sein de Bayt Al Hikma”, précise Khadija Rouissi. Menée par Ahmed Chawki Benyoub, ancien membre de l’IER, ce document de travail reprend des exemples récents d’atteinte aux droits de l’homme. Entre autres, l’affaire de Ksar El Kébir et celle de Fouad Mourtada, le faux prince de Facebook.


Dar Bouazza. Case prison pour tous

La justice a tranché dans l’affaire Othmane Ezzari, ce jeune garçon de 11 ans, mort lors d’une opération de démolition à Dar Bouazza, le 11 janvier. Le Tribunal de première instance de Casablanca a condamné,vendredi dernier, les six personnes impliquées dans ce meurtre à des peines allant de trois à huit mois de prison ferme, pour “coups et blessures, homicide involontaire, non-assistance à personne en danger et corruption”. Les inculpés ( deux moqadems, deux agents des forces auxiliaires, le cheikh et le propriétaire du terrain) devront également s’acquitter solidairement d’une amende de 120 000 dirhams et 1000 dirhams à titre individuel.


Yasmina Baddou. Dans la ligne de mire

A l’appel de l’Organisation démocratique de la santé (le syndicat majoritaire dans le secteur de la santé), ils seront quelque 50 000 médecins et infirmiers à observer une grève nationale les 13 et 14 mars. Ce sera la quatrième en deux mois. Le Dr Youssef Makoudi, secrétaire général de l’ODS, est catégorique : “Nous poursuivrons notre mouvement tant que le ministère continuera à ignorer nos revendications”. Mise en cause personnellement, la ministre Yasmina Baddou fait pour l’instant le dos rond. “Les syndicats sont dans leur rôle. Il n’y a rien d’étonnant à leur agitation, qui n’est d’ailleurs pas propre au secteur de la santé. Peut-être cherchent-ils à tester la première femme à diriger un ministère aussi sensible”, nous a affirmé un ancien ministre de la Santé.



Affaire Belliraj. Le roi entre en ligne

Une semaine après la présentation des prévenus, le mystère autour du chef présumé s’épaissit et l’affaire prend un tournant politique.


Message. Mohammed VI félicite (pas tous) ses flics


Mohammed VI a adressé mardi un message aux services de sécurité marocains, les félicitant pour leur gestion de l’affaire Belliraj. La lettre a suscité des lectures divergentes dans les milieux sécuritaires : le roi a cité tous les services du royaume, sauf la DGED (renseignements extérieurs). “Doit-on en conclure que le roi est mécontent du rendement de cette direction ? La DGED n’aurait-elle pas participé au démantèlement du réseau Belliraj ? Ou, pire encore, ce dernier était-il un agent double à sa solde ?”, s’interroge ce cadre de la DGSN. L’insistance de Mohammed VI dans son discours sur le respect des procédures et des instances judiciaires a, quant à elle, été interprétée comme une mise en garde adressée à la DGST, un service réputé pour ses méthodes brutales, à la limite de la légalité.


Terrorisme. Super loi en vue ?

Chakib Benmoussa l’a annoncé aux députés : une réforme de la loi sur le terrorisme est à l’étude. Les dispositions pénales relatives aux actes terroristes ont déjà été durcies, peu après le 16 mai 2003. Définition imprécise de l’acte terroriste, extension de la durée de la garde à vue, pénalisation de l’apologie du terrorisme : autant de points contestés à l’époque par les ONG des droits de l’homme. Ce militant de l’AMDH s’inquiète : “On voit mal comment l’arsenal législatif sur le terrorisme pourrait être renforcé sans être en porte-à-faux avec le discours officiel sur l’Etat de droit”. En 2003, l’électrochoc des attentats avait suffi à faire passer la pilule en un temps record. Cette fois, le contexte est beaucoup plus flou.


Prison. Bons baisers de Salé

Mardi 4 mars, les familles des dirigeants politiques détenus dans l’affaire Belliraj ont reçu de la visite à la prison centrale de Salé. Les avocats ont pu rencontrer leurs clients dans une salle commune, après un premier refus de l’administration pénitentiaire. Depuis leur placement en détention provisoire, le 28 février dernier, Moâtassim, Ragala (Al Badil), Merouani, Sriti (Al Oumma), Abadla (PJD) et Najibi (PSU) sont placés dans des cellules individuelles. D’après leurs familles, “les détenus sont en bonne santé et gardent le moral”. L’épouse de Mustapha Moâtassim nous a déclaré que son mari, blessé à la main, a pu voir un médecin qui s’est déplacé à la prison.


Procédure. Interrogatoires (toujours) stériles

Les prévenus sont restés muets comme des carpes lors des premiers interrogatoires menés par le juge d’instruction Abdelkader Chentouf. Depuis leur présentation devant la Cour d’appel de Salé, Moâtassim et les autres “politiques” refusent de répondre aux questions du juge, sur recommandation de leurs avocats qui n’ont toujours pas eu accès au dossier. À l’heure où nous mettons sous presse, le juge Chentouf interdit toujours aux avocats de photocopier les 3000 documents du dossier. “C’est le résultat d’une lecture restrictive de la loi par le juge d’instruction à la Cour d’appel de Salé”, explique un avocat proche du dossier. Faute de pouvoir consulter les procès-verbaux, la défense menace de recourir à l’arbitrage du ministre de la Justice.


Chakib Benmoussa. L’interview demi-vérité

Notre techno-ministre de l’Intérieur n’a visiblement plus de leçons à apprendre en matière de langue de bois. Dans l’interview qu’il a accordée à Jeune Afrique du 2 mars, Chakib Benmoussa s’est limité à reproduire le communiqué récité lors de la conférence de presse, organisée au lendemain du démantèlement du réseau Belliraj. Entre autres passages anodins, il déclare : “La classe politique marocaine voyait en Moâtassim une sorte d’islamo-gauchiste original et inoffensif”. Autre “révélation” : “Il fallait donner aux partis politiques un signal clair : celui de ne pas s’inscrire dans un double jeu”. Et à la question de savoir s’il est un ministre de l’Intérieur inquiet, Benmoussa répond : “Je suis serein et vigilant”. Vraiment ?


Polémique. Archane dérape

Présent, mardi, lors du brief du ministre de l’Intérieur devant une commission de la Deuxième chambre, l’ex-commissaire Mahmoud Archane a fait une sortie en roue libre. Le secrétaire général du Mouvement démocratique et social (MDS) a contesté les déclarations de Chakib Benmoussa : “La plus importante saisie d’armes a été réalisée en 1960”, a-t-il “corrigé”. Continuant sur sa lancée, le patron du MDS a accusé le réseau Belliraj d’être “le prolongement des groupes qui, dans le passé, ont visé le régime et cherché à l’affaiblir”, allusion aux mouvements gauchistes des années soixante. Mohamed Fathi, conseiller USFP, n’a pas mâché ses mots en traitant Archane de “tortionnaire”.


Mystère. Belliraj la taupe

La personnalité du chef présumé du réseau terroriste démantelé continue de faire couler beaucoup d’encre. Le quotidien flamand De Morgen révèle que Abdelkader Belliraj était un informateur des services (belges) depuis 2000. Cette année-là, Belliraj avait obtenu la nationalité belge, en dépit d’un avis négatif des services de renseignements soulignant ses “liens avec la mouvance islamiste”. Depuis son arrestation, Bruxelles niait connaître Belliraj. Le scoop a été pris suffisamment au sérieux par le ministre de la Justice belge qui a ordonné une enquête. Par ailleurs, six enquêteurs ont fait le déplacement à Rabat. “Les informations qu’ils ramènent sont suffisantes pour [décider] de commissions rogatoires”, a confirmé un responsable de la police fédérale au quotidien belge Le Soir.


Vites !

Le quotidien français Le Monde révèle une des cibles présumées du réseau Belliraj. Un article daté du 4 mars avance que les autorités marocaines ont déjoué “une tentative de déstabilisation (…) visant des personnalités de premier plan, dont André Azoulay.” Pour l’heure, l’identité des autres personnalités reste inconnue.


Les avocats d’Al Badil Al Hadari s’apprêtent à contester, devant la Cour suprême, le décret de Abbas El Fassi qui a dissous leur parti. Aucune notification de la dissolution n’était intervenue, si l’on excepte le communiqué (laconique) de la MAP.



Humeur. Débat public

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

La probable révision de la loi anti-terroriste pose problème. Comme en 2002- 2003, les indicateurs sécuritaires sont au rouge, c’est évident, et les responsables marocains nous invitent à les croire sur parole. Limite, c’est leur droit, c’est “normal”. Ce qui l’est moins, c’est que le durcissement de la loi semble déjà décidé, sans qu’il n’y ait eu le moindre débat démocratique sur la question. Comme en mai 2003, on attendra quelques jours, quelques heures avant l’annonce officielle, pour obtenir, de facto, un consensus politique, un unanimisme de dernière minute destiné à arranger les apparences. Emballage nickel, coquille vide. Réviser la loi, décider unilatéralement de “l’élargir” revient à admettre que la mouture actuelle est coupable. Est-ce le cas ? Peu importe la réponse, du moment qu’il n’y a jamais eu débat public, serein, sur la question. Comme le texte adopté à la va-vite, au lendemain des attentats de mai 2003, la future loi risque d’appartenir au genre, méchant, “très discutable jamais discuté”. Nous réfléchissons à votre place, nous décidons pour vous, votez, applaudissez, ne quittez pas les rangs. Ou alors taisez-vous ! C’est quand même malheureux de retourner là, à cette étern-elle case de départ. Cela cadre mal avec l’évolution des mœurs et des usages politiques, bien évidents depuis le pourtant très proche mai 2003. En quatre, cinq ans, des hommes sont passés, partis ou revenus, certains morts, d’autres “révélés”, le monde a changé, le Maroc un peu, pas mal, au point que ses responsables en sont venus, l’un après l’autre, à adopter la culture tout à fait bienvenue du brief bon enfant. À quoi sert cette nouvelle tradition si, au moment où ça chauffe, les portes du dialogue se ferment et les débats sont quasi interdits des espaces publics, de la télévision au Parlement ?



VITES !

Pour remédier à la prolifération des marchands ambulants, la préfecture d’El Fida-Mers Soltane à Casablanca n’y est pas allée avec le dos de la cuillère. En moins d’un mois, 42 ânes et mulets ont été “arrêtés”, avant d’être euthanasiés par les autorités, rapporte Le Matin du Sahara dans son édition du 3 mars.


Lundi 3 mars, une rencontre informelle avec la presse s’est déroulée dans la maison d’hôtes du ministère des Affaires étrangères, à Rabat. Mot d’ordre du briefing : le Maroc ne se fait pas d’illusions sur l’issue des pourparlers avec le Polisario. Coupable désigné du blocage annoncé, l’Algérie.


Le magazine Femmes du Maroc a réussi un joli coup en décrochant une interview de l’actrice Nicole Kidman, publiée dans son édition du mois de mars. L’ex de Tom Cruise y affirme : “J’aime tellement être une femme que l’idée de me projeter dans la peau d’un homme ne m’est jamais venue à l’esprit”. Et quelle femme !


Selon l’AFP, des archives des services secrets britanniques, récemment déclassifiées, révèlent qu’un certain John William Freeman aurait voulu fomenter une révolution au Maroc, à l’époque du régime de Vichy. Ce financier anglais fortuné désirait protéger ses intérêts commerciaux au Maroc par cette méthode expéditive.


Dirigé par l’ancien ministre Ahmed Lahlimi, le Haut commissariat au plan (HCP) a rendu publiques ses dernières statistiques en matière de chômage. Entre 2006 et 2007, le taux de chômage aurait reculé de 0,2% pour s’établir à 9,9%. Cette baisse profite exclusivement aux ruraux et essentiellement aux femmes.


Samsung vient de commercialiser la télé “Rose”. Le nom de la fleur a été donné au plus grand téléviseur LCD au monde, présenté vendredi dernier à Casablanca. 102 kilos pour 70 pouces, le champion des écrans HD coûte 600 000 dirhams. Trop cher ? Pas pour le Maroc où 3 commandes fermes ont déjà été passées, selon l’Economiste du 5 mars.

 
 
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