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Par Youssef Ziraoui
Portrait. Lautre Baz
Humoriste sur le tard, Redouan Beniaz marche sur les traces de son père, plus connu sous le nom de Baz. Ou quand comique rime avec génétique.
Attablé dans un petit restaurant de Casablanca, Redouane Beniaz disserte avec son voisin de table. Déformation professionnelle oblige, entre deux bouchées de pizza, le jeune homme âgé de 35 ans ne peut sempêcher de lancer quelques blagues. Au final, je ne marrête jamais de travailler, plaisante-t-il. Borsalino vissé sur le crâne à la Frank Sinatra, redingote noire, ce grand gaillard frôlant les deux |
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mètres aurait pu être basketteur dans une autre vie. Regardez-moi ce géant chauve. À croire que cest lui mon géniteur, dit de lui son père, Houcine Beniaz, alias Baz, le vétéran humoriste.
Redouane Beniaz est un enfant de la balle. Le seul de ses cinq frères et soeurs à perpétuer la profession dun père quon ne présente plus. Cest dailleurs avec lui quil fait ses premiers pas sur la scène. En tant que simple spectateur dabord : Depuis mon jeune âge, jaccompagnais mon père lors de ses tournées. Mais je navais pas le droit dassister aux répétitions. Je voyais seulement le résultat final, se souvient ce passionné de Charlie Chaplin. Cest un génie, hier encore, jai acheté deux DVD du Dictateur, lance-t-il, le regard émerveillé. Côté Maroc, Redouan est (on sen doute) un inconditionnel de Baz, mais aussi de son ex-acolyte, Ahmed Snoussi, alias Bziz.
Au début des années 80, alors quil vient de souffler sa dix-septième bougie, Baz junior senvole pour les Etats-Unis. Ses rêves (américains) laissent rapidement place à des réalités plus terre-à-terre. Sur place, ladolescent peine à joindre les deux bouts : il est tantôt plongeur, tantôt électricien ou laveur de voitures. Jai même acheminé les morts dans une limousine, se souvient-il. Mais cétait la seule manière de survivre, enchaîner les petits boulots. Et les mariages. Trois pour être précis. Mais cétait de vraies histoires damour, tient à préciser lhumoriste, aussi romantique que fauché : Je me souviens avoir emprunté des fleurs dans un cimetière pour la Saint Valentin. Je navais pas les moyens doffrir autre chose à ma fiancée.
Chassez le naturel
Mais on néchappe pas à son destin. Début 2000, alors quil réside à Los Angeles, Redouan décide de suivre des cours de théâtre dans une école de Hollywood. Pendant 18 mois, il travaille de nuit et assiste aux cours pendant la journée. Il parvient à décrocher des petits rôles, la plupart du temps en tant que figurant. Cela me rapportait 50 dollars par jours, ce qui nétait pas de trop. Son meilleur souvenir ? Jai été la doublure de George Clooney dans Syriana, se remémore-il, pas peu fier. Parallèlement, il sessaie à la scène. Cétait dans les cafés, je faisais du Stand up. Cest une bonne discipline, car on avait 15 minutes pour séduire le public.
Au final, Redouan Beniaz passera 13 années au Etats-Unis, avant de rentrer (définitivement) au pays. La nostalgie peut-être ? Oui, mais pas seulement. Après les évènements du 11 septembre, les Américains nétaient pas tendres avec tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un arabe. Et puis, à dire vrai, je commençais à stagner professionnellement au Etats-Unis.
De retour au bercail, il sévertue à accompagner son père lors de ses tournées. De scène en scène, de spectacle en spectacle, il renoue avec les joies de son enfance. Un beau jour, alors quil ne sy attend pas, son père le lance dans le bain. Mon père ma pris par surprise : jétais dans les coulisses quand il ma appelé et ma demandé devant tout le public de me produire. Lexamen du fils est concluant : le public lovationne.
Mais les salles combles ne sont pas encore dactualité. Aujourdhui, le plus jeune des Beniaz se fait (encore) la main et continue à tenir un commerce de vente dobjets en cristal. Une phase transitoire selon Redouan. Prochain objectif ? Réaliser un duo avec son père Baz. Un rêve denfance, qui sera bientôt réalité. |
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