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N° 315
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Chapeau bas, M. Ouaddou !

Fidèle lecteur de TelQuel depuis mon arrivée au Maroc, je tenais à réagir à l'interview de Abdeslam Ouaddou (TelQuel n° 313, “Je regrette mon geste”). Je ne suis pas d’accord avec M. Ouaddou, lorsqu’il dit regretter son attitude durant ce fameux Valenciennes - Metz. Non, capitaine, vous n’avez absolument pas à vous excuser ! Bien au contraire. Vous avez réagi en être humain et votre réaction ne méritait absolument pas ce carton jaune grotesque. J'espère qu'il y aura un “avant” et un “après” ce que vous avez fait ! Je suis un passionné de football. J’ai été joueur amateur puis éducateur. Et bien que j’aime ce sport, si beau et si universel, j’hésite de plus en plus à fréquenter les stades, à cause des propos si racistes proférés par ceux que j’appelle “les abrutis des stades”. Par contre, j’ai décidé de ne plus y emmener mes jeunes enfants. Je trouve que ce que vous avez fait était juste humain et sera, je l'espère, salvateur. Peut-être que grâce à ce geste, les décideurs du football français se décideront enfin à lutter sérieusement contre ces attitudes nauséabondes qui prolifèrent depuis trop longtemps dans les tribunes. Je terminerai en citant la banderole du kop valenciennois qui t'était adressée : “Abdeslam, ici, t'es ché ti !”.

Frédéric Ledaine, Agadir.



La hiérarchie des droits humains

Dans une déclaration faite à votre magazine (TelQuel n° 313, Semaine Maroc, Trois questions à…), Khadija Ryadi, présidente de l’Association marocaine des droits humains, a reconnu que “les droits des homosexuels ne sont pas une priorité pour certains membres de l’AMDH”. Personnellement, c’est une position que je ne comprends pas de la part de soi-disant militants des droits de l’homme. Les droits humains sont un tout, indivisible, où il n’est pas question de priorités ou de causes de second ordre. Si tel était le cas, que faudrait-il placer en tête des “priorités” ? La torture ? La maltraitance des femmes, le travail des enfants ou les discriminations raciales et religieuses ? Mais il est vrai que militer pour la dépénalisation de l’homosexualité, cela nécessite plus de courage que pour protester contre la hausse des prix…

Dounia Kazed, El Jadida.



À nos soldats oubliés

La lecture de votre dossier consacré aux anciens prisonniers de guerre marocains (TelQuel n° 313, “Héros sans gloire”) m’a inspiré un seul sentiment : le déshonneur, la honte, pour tous les Marocains. Comment ne pas crier sa révolte quand on apprend toutes les misères qu'endurent ces soldats, qui ont eu le malheur de se battre pour leur pays et d'être faits prisonniers. Non seulement ils ont perdu les plus belles années de leur vie, non seulement ils ont souffert des privations de l’emprisonnement, non seulement leurs familles ont été, elles aussi, oubliées et laissées pour compte, mais à leur retour au pays (grâce aux actions d'organisations et de pays étrangers, il faut le préciser), ils continuent d’être punis et humiliés. Sous d'autres cieux, les prisonniers de guerre sont, à leur retour, fêtés comme des héros et récompensés pour leurs sacrifices. Quand je vois ce qu’on a fait subir à ces personnes, je me dis que les dirigeants de ce pays ne peuvent pas dormir la conscience tranquille.

Yassine Yahya, Casablanca.

 
 
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