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Mohamed Elyazghi. "L'USFP a besoin d'un numéro 1"
Criminalité. Retours à la case prison
Moukaf. Le marché des petites mains
Affaire Belliraj. De surprises en rebondissements
Espagne. Viva Zapatero
Agriculture. Des labels pour le terroir
Abdellah Taïa. Le corps du délit
Portrait. L'autre Baz
BD. Des bulles pour le dire
N° 315
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Ziggy Marley, l’une des têtes
d’affiche de Mawazine.
(DR)

Festival. Mawazine, juste royal


Changement de cap pour le festival de musique r’bati Mawazine, qui, depuis quelque trois éditions se faisait un peu discret, souffrant sans doute de l’ombre que lui faisait sérieusement son équivalent casablancais. La septième édition, qui se déroulera du 16 au 24 mai prochain, se veut celle de la consécration, menée, le moins que l’on puisse dire, par une “puissante” équipe. Exit Abdeljalil Lahjomri, remplacé par un inattendu Mounir Majidi (secrétaire particulier de Mohammed VI), désormais doublement président de l’Association Maroc
culture et du festival Mawazine. L’homme du Palais, que l’on dit mélomane, fera donc les choses en grand et à la hauteur de son statut. Mot d’ordre pour son équipe de choc (Rachid Slimi, président de la Fondation ONA et de CDG Développement, et Aziz Daki, critique d’art, universitaire et directeur artistique du Festival) : donner une nouvelle impulsion au festival et à Rabat l’image d’une ville ouverte sur le monde.

Au menu : 9 jours de concerts, 9 scènes dans tout Rabat, 40 nationalités représentées et venues des cinq continents, et un colloque international. Et bien sûr des stars. Et s’il fallait en citer quelques-unes : Dee Dee Bridgewater, Georges Benson, Juanes (la sensation pop espagnole du moment), Ziggy Marley, Goran Bregovitch (signataires des musiques de d’Underground et Le temps des gitans d’Emir Kusturica), en plus d’une flopée d’artistes du Moyen-Orient dont Amr Diab et la pulpeuse Nancy Ajram. Côté marocain, Mawazine planche sur une production qui réunira sur scène les mythiques Nass El Ghiwane, Lemchaheb et Jil Jilala. Le reste sera dévoilé le 25 mars.


Sortie. Tcho devant !

Pour décrocher un job sur la Côte d’Azur, Philippe Abrams, directeur du bureau de poste dans une petite ville provençale, déprimé par une épouse dépressive, est prêt à tout. Comme se faire passer pour un handicapé. Démasqué, il est muté dans le Nord-Pas-De-Calais. Autant dire le Pôle nord... Cinq millions d’entrées en une semaine et des poussières : “Attention, film déjà culte”, a-t-on partout entendu avant de sauter le pas pour Bienvenue chez les Ch’tis, deuxième film de Dany Boon, où s’éclatent aussi Kad Merad (du fameux duo Kad et Olivier) et l’inusable Line Renaud. Certes, on n’est pas loin de Disney avec cette cuisine ch’nordique de bons sentiments, personnages pittoresques, couleurs pétantes et musique guimauve. Mais un savant dosage fait le reste : à la fois appuyé et léger, cliché et iconoclaste, prévisible et surprenant, grotesque et intelligent. Bref, c’est de la bonne humeur en barres, idéale pour rehausser le moral sous tous les cieux. En verchion originale ch’timie non chous-titrée.

Bienvenue chez les Ch’tis, au Mégarama.



Expo. Maâzouz et Paris

Le photographe casablancais Fouad Maâzouz a passé neuf mois à Paris, en 2006 et 2007, en résidence à la Cité internationale des arts. Ce sont les clichés collectés au fil de cette période qu’il expose jusqu’au 30 mars, à l’IF de Casablanca. Une cinquantaine de tirages qui portent la marque de l’artiste, portraits improbables et teintes saturées. Primé à plusieurs reprises en Europe et aux Etats-Unis, il s’offre le luxe d’un catalogue annoté par son professeur et inspirateur, Mohamed Mali, qui parle “d’hyper-réalisme”, mais aussi par Edmond Amran El Maleh ou encore Jeanne Mercier, du site afriqueinvisu.org. De la belle ouvrage.


Cinéma. En attendant la sortie

Réclamé de Milan à Palm Beach, de Tétouan à Grenade et de Safi à New York (Daoud Aoulad Syad prenait l’avion pour la Grosse Pomme quand nous l’avons contacté), En attendant Pasolini est toujours invisible dans nos salles. Pas de panique, ce quatrième long-métrage du photographe et cinéaste marrakchi, sacré meilleur film arabe au Festival du Caire, devrait sortir courant avril. Une chose est sûre, on souhaite fort à cette belle mise en abîme dans l’univers du petit peuple des tournages, à Ouarzawood, un destin moins confidentiel que celui de Adieu Forain, Cheval de vent (sortis en France uniquement) et Tarfaya (dans les Dawliz, tout de même). “On m’a toujours dit que mon cinéma n’était pas commercial, explique Daoud Aoulad Syad. Mais ce film, avec son histoire, ses décors, ses costumes, est plus grand public que les précédents”. L’artiste par ailleurs ne se prend pas la tête : “Mon travail se termine dès la première projection”. Au distributeur, Najib Benkirane, et au producteur Ahmed Belghiti (Vidéorama), qui se réunissaient cette semaine, d’assurer le reste.


Tournage. La PS2 au Maroc

Après Ridley Scott, Oliver Stone, Alejandro Gonzales Inarritu et Paul Greengrass pour ne citer que ceux-là, c’est au tour du très british Mike Newell de poser sa caméra au Maroc. Le réalisateur du fameux 4 mariages et 1 enterrement, du Sourire de Mona Lisa ou encore de Harry Potter et la coupe de feu est en pleine préparation d’un long-métrage inspiré du jeu vidéo à succès Le Prince de Perse, les sables du temps. Le pitch : le prince mène un combat héroïque à l’assaut du palais du maharadjah, quand il libère malencontreusement “les sables du temps”. Il devra trouver “la dague du temps” pour réparer sa faute. Les repérages seraient déjà en cours et les castings prévus dès le 17 mars, pour un tournage de 20 semaines en juin. L’épopée chevaleresque du Prince of Persia passe ainsi des mains de Jordan Mechner, son créateur, à celles de Mike Newell et de Jerry Bruckheimer, producteur prolifique. La date de sortie du film, elle, est fixée au 16 juin 2009.


Arts. Photographe, enfin

Ingénieur en informatique “pour rassurer les parents” et anthropologue parce que c’est ce qu’il voulait être, Saâd Tazi a décidé en 1982 de ne plus taire sa passion pour la photo d’art. Depuis sa première expo en 1987 à Bordeaux, l’artiste a fait du chemin : travaux montrés en Europe, aux Etats-Unis et au Maroc et deux livres de photos. Le premier, Sahara Atlantique, inclut entre autres les premières photos aériennes de la région, et le second Khaïma, est un travail sur les tentes noires du sud marocain. Il expose cette fois-ci des instantanés “d’eau, de plantes et de reflets” et son remarquable travail sur les louhates “achetées à Marrakech il y a quelques années et trimbalées longtemps dans mes bagages entre le Maroc, la France et les Etats-Unis”. Des louhates auxquelles il “fait faire l’école buissonnière”, pour en faire le symbole de la mémoire fugitive.


Littérature. Les poètes du printemps

Dix ans déjà que le Printemps des poètes existe. Initié en France et diffusé dans une soixantaine de pays, l’événement tend à transmettre et faire connaître la poésie, partout et par tous. Cette année sous le thème de “l’Eloge de l’Autre”, il est pourtant passé inaperçu au Maroc où il était jusque-là dûment célébré par les Instituts français. À noter néanmoins, à Casablanca, la rencontre imaginaire entre René Char et Mohamed Khaïreddine. Deux militants de la poésie et poètes militants, le premier surréaliste de la résistance et le second révolutionnaire de la littérature maghrébine en langue française, qu’ont fait rencontrer, le 13 mars dernier, à l'Institut français, Philippe Poret (psychanalyste) et Abdellah Baïda, (enseignant à l'ENS de Rabat).


Musique. Meeting derrière la scène

Incompréhensions, statisme, désorganisation, luttes d’intérêts… le secteur marocain de la musique, pourtant bourré de talents, ne fait pas rêver. Pour donner un coup de pied dans la fourmilière tout en unissant les troupes, le tandem Hit Radio / L’Boulevard souhaite mettre sur pied, en marge de la 10ème édition du Boulevard, fin juin prochain, un grand meeting où, dixit Younès Boumehdi, patron de Hit Radio, “tout le monde croiserait tout le monde : artistes, producteurs, diffuseurs, programmateurs, BMDA, sponsors…”. L’occasion, par exemple, de mettre les artistes en relation avec des tourneurs ou professionnels venus de l’étranger, ou de placer le BMDA face à ses responsabilités. Le tout en démystifiant l’hypothétique retombée financière des droits d’auteur et oser une vraie réflexion sur la professionnalisation (distribution, production) du secteur. À bon entendeur !


Insolite. Rap crevard

Quand Youssef Amerniss travaille avec l’association “Signé Marocain”, cela donne un concept 100% décalé. En effet, l’instigateur de la compilation rap Mamnou3 f’Radio lance le premier cru du Concert fa9ir (Concert pauvre, pour les non arabophones). L’idée de départ, complètement farfelue, et qui à ce jour a l’air de tenir la route : un concert où les artistes se produiront gratuitement, où l’on fera avec le minimum de matériel et ce dans un lieu payé zéro dirham. Pour la programmation, les Casaouis Caprice, Hablo, H-Name, Pirate et Gamehdi ont dit oui, comme les Rbatis Would Chaâb, Nores, Essofy et Sator. L’adage marocain “Al fa9r wa Shaja3a” (pauvres mais courageux), leur va comme un gant !

Concert Fa9ir, le 21 Mars, Jardin de la maison de la culture.




Humeur.
Hors la vie

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Othman Raydi : 18 ans. Antécédents familiaux : frère des kamikazes Abdelfettah et Ayoub Raydi, qui se sont fait exploser le 11 mars et le 10 avril 2007 à Sidi Moumen et à Hay Farah, à Casablanca. Avenir : 10 ans de prison. La peine à laquelle il a été condamné par un tribunal marocain. Raison : Othman aurait voulu se faire exploser par atavisme familial. Âge au moment des faits : 17 ans, c'est-à-dire trois fois rien. Il arbore, pourtant, un grand sourire sur une photo de l’AFP, prise à la sortie du tribunal. “Le sourire de la mort”, a commenté quelqu’un. C’était une formule facile, mais pas tout à fait fausse. C’est sûr qu’il ne semblait pas rire à la vie, Raydi. Il semblait se foutre de tout, plutôt. Plus du tout avec vous et nous. Il était devenu candidat d’un reality-show où il vivait son quart-d’heure de gloire. Un happening à la Warhol où, à la fin, l’artiste aurait dû mourir transformé en farce à saucisses. Il n’était personne à Sidi Moumen, à l’époque. Aujourd’hui, c’est quelqu’un pour les agences de presse internationales. Une forme de réussite sociale comme une autre, semblait-il dire. La phrase qu’aurait pu débiter un jeune de son âge tout droit sorti de “15 ans 15 talents”. C’est qu’il portait une veste siglée Tecktonik aussi, Raydi. Comme celle des gamins qui dansent devant le McDonald’s au Maârif. C’était rassurant et inquiétant à la fois…



What a Wonderful Surprise
La 6ème édition du Festival du court-métrage de Tanger, qui se tiendra du 23 au 28 juin prochain, sera présidée par Faouzi Bensaïdi, réalisateur des excellents Mille mois et WWW.what a wonderful world. De quoi rafraîchir le Festival, et pourquoi pas, espérer de bonnes surprises quant aux prix décernés. Pour changer.


Naab, le retour
Le second album de Naab, à l’origine issu de la culture hip hop et passé maître dans l’électro drum’n’bass, est enfin disponible. Parution fêtée voici une dizaine de jours par un live aux Nuits Zébrées à Paris, organisées par la célèbre Radio Nova. En écoute sur lesnuitszebrees.com et myspace.com/naabmusic


Art et bien-être
Coupe, défrisage, ou massage ? Le centre de beauté Au 9 est connu pour tout cela, mais aussi pour ses accrochages, vernissages et expositions, qu’il organise très sérieusement depuis plusieurs années. Sur les murs du centre, les œuvres de l’artiste Narjiss Aljoubari, tout le mois de mars, voire plus si succès.

 
 
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