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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hicham Smyej

La Semaine

Les recommandations du rapport McKinsey sur le secteur agricole
sont encore secrètes.
(TNIOUNI / NICHANE)

Agriculture. Les recettes précuisinées de McKinsey


Pourtant jalousement gardé, jusqu’à sa présentation officielle au souverain en avril prochain, à l’occasion du Salon de l’agriculture, le rapport de McKinsey commence à livrer ses premiers secrets. Toutefois, ce qui filtre, jusque-là, n’a vraiment rien de révolutionnaire pour l’avenir de la filière agricole marocaine. “C’est à se poser des questions sur l’utilité de débourser 25 millions de dirhams pour commander cette étude à un cabinet international”, commente cet observateur. Et pour cause, les grands axes de la stratégie McKinsey sont identifiés depuis
belle lurette : doter les grandes exploitations de complexe agroalimentaire pour doper l’industrialisation et favoriser le regroupement des petites et moyennes exploitations, de manière à améliorer leur compétitivité. Des axes qui, jusque-là, sont connus pour la difficulté de leur mise en œuvre. L’identification de grandes exploitations - déjà réalisée par diverses études - n’a jamais posé problème. Mais la problématique réside dans les mesures incitatives qui devraient convaincre les grands exploitants agricoles d’investir. Pour les petites et moyennes exploitations, les choses sont encore plus complexes. Leur mutualisation est stimulée depuis les lois sur les coopératives datant des années 70. Une orientation qui a connu un fiasco phénoménal, si ce n’est de rares succès comme la Copag de Taroudant. Bref, les experts de McKinsey ne dévoilent encore rien de surprenant. Mais il faudra peut-être attendre l’intégralité du rapport et le “dossier d’action” qui l’accompagnera avant de juger. À suivre !


GSI. Et une plainte de plus !

Viré de la Bourse avant même d’y mettre les pieds, poursuivi par son commissaire aux comptes pour faux et usage de faux, voilà que Khalid Ibrahimi, président de GSI, se retrouve soupçonné d’escroquerie. Cette semaine, des sources judiciaires ont révélé que des plaintes ont été déposées contre le président de GSI. Le principal actionnaire de la société de solutions informatiques a vendu à deux investisseurs privés (connus sur la place) un paquet d’actions de sa société… à la veille de son introduction en Bourse. Seulement, l’entrée sur la cote casablancaise avait été refusée à GSI, pour présentation de faux rapports d’audit maquillant sa situation financière. Mieux encore, Ibrahimi a refusé de reprendre les actions à ses nouveaux partenaires, auxquels il aurait fait miroiter des gains mirobolants suite à l’entrée sur le marché. Encore un scandale qui vient donc entacher la réputation de cet homme d’affaires qui serait gérant d’une autre société (Key data), annoncée en faillite.


Addoha. Le champ de course en chantier

Après le Casa City Center, le Tanger City Center, voilà Fès qui s’offre aussi son City Center. En fait, il s’agit du fameux projet de champ de course, décroché l’année dernière par la société immobilière Addoha. Et pour le lancement effectif des travaux, les promoteurs du projet ont même eu droit à une visite royale sur le site. Il faut dire que le projet est d’envergure : 24 résidences, un hôtel, des espaces verts, des parkings, un palais des congrès… autant de bâtisses qui devraient sortir de terre en 2013, pour un investissement global de 5 milliards de dirhams. Réalisé sur une assiette foncière de 32 hectares (appartenant à la commune), ce complexe intégré sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public – privé, associant la Commune urbaine de Fès, Al Omrane Fès et le groupe immobilier d’Anas Sefrioui.


Maroc Telecom. Insolente évolution

Pendant que le SBF250, l’indice français le plus large, chute depuis le début de l’année (-16%), l’action Maroc Telecom affiche une progression de 31% à Euronext. Belle performance aussi sur la place casablancaise, l’une des rares de la planète à entamer 2008 dans le vert, où la valeur fait du 30% contre un MASI à 17%. Le faible écart entre les performances française et marocaine du titre n’est pas dû au hasard, mais à des arbitrages simples et fructueux. Explication : il est possible d’acheter l’action au Maroc et la revendre en France (et inversement) en jouant sur le taux de change. Les boursicoteurs de France équilibrent ainsi le cours de l’action sur les deux marchés. Les spéculateurs marocains, quant à eux, ne peuvent pas profiter de cette astuce, le dirham n’étant pas convertible.


Club Med. Fipar gourmand

Le holding Fipar, filiale de la Caisse de dépôt et de gestion, pourrait accroître sa participation dans Club Méditerranée SA, société qui gère les villages de vacances du même nom. C’est ce qui ressort des déclarations du président de Club Med, Henri Giscard d’Estaing, à l’occasion de l’assemblée générale du groupe, le 11 mars dernier. Fipar détient déjà 10% du capital de Club Med, et souhaiterait profiter du désinvestissement prévu d’Accor, qui envisage de revendre ses 6% avant le 9 juin prochain. Jusqu’à cette date, Fipar, Accor et Air France sont en effet liés par un pacte d’actionnaires et agissent de concert. Si elle envisageait de dépasser le seuil de 15% des actions et des droits de vote, Fipar devra déclarer ses intentions.


Airbus. Nexans tient son câble

Quelque 110 millions de dirhams pour la production de câbles. C’est ce que compte injecter la filiale marocaine du groupe Nexans, leader mondial de cette industrie, installée à Mohammedia. Mais il ne s’agit pas de n’importe quels câbles : le donneur d’ordre n’est autre que le constructeur aéronautique Airbus. La production de cette nouvelle gamme de produits devrait démarrer dès 2009. Nexans Maroc devrait livrer sa production aux fabricants de faisceaux homologués par le constructeur, qui vont compléter le processus de production. Il s’agit notamment de Matis et Labinal, toutes deux implantées également au Maroc. Sur un autre registre, Nexans vient de lancer une augmentation de capital réservée aux salariés de sa filiale marocaine.



Pendant ce temps, le peuple…
Diarrhée de pub

Le look d’un pingouin, la démarche d’un constipé, Reda est un publicitaire à la créativité quasi nulle. Il est d’ailleurs à l’origine de nombreuses campagnes où le zéro est fièrement mis en valeur : zéro frais de dossier chez cette société de crédit, zéro sucre dans cette boisson gazeuse, et pas mal de zéros sur les bons de commande qu’il reçoit. à l’occasion de sa pige de presse quotidienne, Reda se tape un caca nerveux. Il découvre que Med Communication, filiale de BMCE, vient de remporter l’appel d’offres international relatif à la gestion de toilettes publiques à Casablanca. “On vend un terrain communal de gré à gré au dirham symbolique, mais on lance un appel d’offres international pour des toilettes publiques. C’est sans doute l’exception marocaine dans la gestion de la chose publique”, peste notre héros. Pourtant, Reda est conscient des enjeux de ce marché de m… Il devrait d’abord rapporter 1,3 million de dirhams par an à la commune. Mais c’est surtout un marché qui peut s’avérer juteux pour Med Communication. La société ne se contentera évidemment pas des recettes d’usage (à coups d’un dirham la commission) pour rentabiliser son projet. Elle exploitera aussi les façades vitrées des 41 vespasiennes (à construire) pour y vendre des espaces publicitaires. Reda, créateur des pancartes publicitaires au-dessus des cuvettes dans les bars et restos branchés, trouve le concept “énorme”. Il est convaincu que ce type d’affichage est bien plus efficace que la forêt de 4 par 3 ou les affiches murales qui pullulent sur tous les carrefours. Au moins, il s’agira là d’un affichage citoyen, qui répond (définitivement) à un besoin… généralement urgent.



OFF.

Après son succès phénoménal en France et en Belgique, Maroc Telecom souhaiterait introduire Mobisud, sa marque de téléphonie low cost, en Espagne. Des négociations seraient d’ailleurs en cours pour s’adosser à un opérateur local, en vue de faciliter l’installation de la marque sur le marché espagnol. À titre de rappel, l’opérateur virtuel de Maroc Telecom revendique jusqu’à présent quelque 400 000 usagers.


Lo-Oloat Al Maghreb, filiale du groupe koweïtien Pearl of Kuwait Real Estate, a signé une convention avec les ministères du Tourisme, du Commerce et de l’Industrie, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, portant sur un investissement de 485 MDH. Objet : la construction d’un complexe touristique de 1400 lits, sur une superficie de 6,7 hectares dans la périphérie d’Agadir.

 
 
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