Droits de l'homme. Driss Benzekri, où es-tu ?
Mohamed Elyazghi. "L'USFP a besoin d'un numéro 1"
Criminalité. Retours à la case prison
Moukaf. Le marché des petites mains
Affaire Belliraj. De surprises en rebondissements
Espagne. Viva Zapatero
Agriculture. Des labels pour le terroir
Abdellah Taïa. Le corps du délit
Portrait. L'autre Baz
BD. Des bulles pour le dire
N° 315
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Mounir Majidi, au cœur
d’une nouvelle polémique.
(TNIOUNI / NICHANE)

Majidi. Les plaintes FUS(ent)


“S’il existait un brevet pour anti-diffamation, je serait le premier au monde à le déposer”, a déclaré Mounir Majidi à l’Economiste. Cette première sortie médiatique du secrétaire particulier de Mohammed VI vient en réponse à la tempête médiatique qui s’est levée la semaine dernière. L’origine du scandale : la négociation pour l’achat, au dirham symbolique, d’un terrain de la ville de Rabat par le FUS, dont Majidi tient les rênes depuis peu. La presse nationale en a fait ses choux gras et la réaction ne s’est pas fait attendre. Majidi a porté plainte pour
diffamation contre Attajdid (retirée suite à des excuses publiques) et Al Ittihad Al Ichtiraki. Des rumeurs de poursuites à l’encontre du Journal Hebdomadaire et du Soir ont nécessité l’intervention de Kamal Lahlou, président de la Fédération des médias, pour demander à Majidi sa “clémence”. Dans la foulée, un communiqué de presse du directeur de la publication du Journal Hebdomadaire, Ali Amar a démenti “formellement avoir mandaté M. Lahlou” pour le défendre. Quant à l’objet de la polémique, ce fameux terrain, “il doit servir de garantie pour les banques, afin de permettre la levée de fonds pour la construction d’un nouveau stade, que nous offrirons à la ville en échange”, explique Moncef Belkhayat, membre du comité de direction du FUS. Quid des “projets immobiliers” ou de “centre d’affaires” rapportés par les journaux ? “Nous sommes toujours dans une phase de réflexion, plusieurs options sont envisagées pour garantir des revenus pérennes au FUS”, ajoute Belkhayat, sans plus de précisions. Aux dernières nouvelles, le Conseil de la ville de Rabat a décidé de vendre le terrain au plus offrant lors d’une réunion organisée pour étudier la proposition du FUS. “Nous soumissionnerons dans l’appel d’offres en ce cas”, conclut Belkhayat.


Lalla Salma. Jeune leader

Quel est le point commun entre l’épouse de Mohammed VI et l’astronome Meryem Chadid, première femme à fouler le sol de l’Antarctique à plus de 3000 mètres d’altitude ? Aucun a priori, sauf leur désignation, le mardi 11 mars, parmi les jeunes leaders mondiaux pour l’année 2008. Dressée chaque année par le Forum économique mondial, la liste comprend cette année 245 lauréats issus des quatre coins du globe. Mais Lalla Salma et Meryem Chadid sont les seules représentantes du Maghreb. Pour la petite histoire, Lalla Salma est désignée par les organisateurs comme “Queen of Morocco” (reine du Maroc), et non pas princesse, comme le veut le protocole marocain.


Parlement. ça vole en rond

Les mystérieux voleurs de l’hémicycle ont encore frappé. Dans la nuit du lundi, le disque dur d’un ordinateur a été dérobé dans le bureau de l’Istiqlal. Ce larcin vient ainsi rallonger la longue liste des vols de disques durs perpétrés depuis janvier dans l’enceinte parlementaire : du 10 au 14 janvier, une dizaine de disques durs avaient été dérobés dans les bureaux de l’UC, du MP, du RNI, de l’USFP et du PJD. “Le modus operandi est le même. Les voleurs opèrent toujours de nuit, de préférence dans les bureaux de groupes parlementaires qui restent ouverts. Malgré l’enquête en cours, ils restent à ce jour insaisissables”, nous confie un fonctionnaire du Parlement.


PJD. “Surtaxons l’alcool !”

Le parti de Saâd Eddine El Othmani poursuit le durcissement de sa ligne. Tout en menant sa campagne “de la morale” à travers le Maroc, le PJD revient à la charge sur les boissons alcoolisées. “Cela n’a rien de nouveau, nous explique Lahcen Daoudi, membre du secrétariat général, c’est l’une de nos vieilles recommandations, que nous avons d’ailleurs proposée pour la Loi de Finances 2008”. Concrètement, pour le PJD, cette mesure rendrait possible une baisse de la TVA et permettrait de lutter contre l’augmentation du coût de la vie. Lahcen Daoudi propose ainsi d’augmenter la Taxe intérieure de consommation (TIC), qui n’a pas évolué depuis 1979, sur les “produits de luxe”. Cela fera plaisir aux guerraba de savoir qu’ils sont dans le commerce du luxe…


Porno. Passeport pour le plaisir

Un DVD porno vient de sortir aux Pays-Bas, sous le titre évocateur de Jamila, une p… marocaine. L’affiche du film représente une fille couverte d’un foulard, au milieu d’un paysage désertique. Un no man’s land (sans mauvais jeu de mots) agrémenté d’un chameau et d’une promesse des producteurs : le film est annoncé comme “100% halal porno”. Au milieu de ces poncifs orientalistes, la touche qui tue : un passeport marocain dont on peut distinguer le numéro. “Les actrices de ces films sont recrutées parmi les prostituées marocaines qui travaillent aux Pays-Bas”, explique un acteur associatif marocain vivant à Amsterdam.


Torture. Les gendarmes font la sourde oreille

“Le fait de frapper une personne sur la tête ou sur toute autre partie du corps avec une barre de fer ou avec une batte de baseball, la menotter à un radiateur ou à une bicyclette, l’empêcher d’aller aux toilettes (…) Tous ces actes et bien d’autres entrent dans la définition légale de la torture telle que prévue par le législateur marocain”… Ces propos sont tirés de l’intervention de Sâadia Belmir, conseillère du ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, lors d’un séminaire sur la torture organisé cette semaine à Rabat. Ils sont tombés dans l’oreille de plus d’un sourd, au vu du nombre de gendarmes qui se sont lissés la moustache à l’écoute d’une définition qui leur est passée clairement au dessus de la tête. Tous semblaient attendre l’ouverture du buffet. L’air pas concerné… car trop concerné ?


Récompense. TelQuel à l’honneur

Les journalistes Mehdi Sekkouri Alaoui et Youssef Ziraoui ont reçu jeudi dernier, à Paris, le prix RSF-RFI de la francophonie, récompensant la meilleure enquête journalistique dans la catégorie presse écrite. Ce prix leur a été remis par Robert Ménard et Antoine Schwartz, respectivement président de RSF et de RFI. Nos deux journalistes ont reçu un hommage appuyé du jury, qui avait d’ailleurs unanimement voté en faveur de leur enquête intitulée “Sur la piste du Sniper de Targuist” (TelQuel n° 292). Mehdi Sekkouri Alaoui et Youssef Ziraoui ont profité de la tribune qui leur était offerte pour lancer un appel à la libération de Fouad Mourtada.


MP. La guerre des nerfs

Le Mouvement populaire digère décidément très mal la soupe à la grimace post-électorale. La semaine dernière, un sit-in de protestation contre le “népotisme” de Mahjoubi Aherdane et Mohand Laensar a été annulé à la dernière minute. “Faute d’autorisation administrative”, a expliqué en long et en large Mohamed Mansouri, l’un des leaders des mécontents. Aujourd’hui, c’est Mohamed Ouzzine, proche de Laenser, qui s’attaque à la fronde avortée. Il nous a expliqué que “les motifs de mécontentement de quelques-uns ne concernent qu’une infime minorité, issue de l’ancien MNP d’Aherdane et pas du MP de Laenser”. Les petits coups bas entre (faux) amis sont devenus le quotidien des Harakis.


Fonctionnaires. Mutuelle sous pression

La Mutuelle générale des fonctionnaires (MGPAP) est soupçonnée d’avoir “sciemment” fait disparaître des dossiers de remboursement finalement retrouvés… comme emballages de cacahuètes. Ainsi, plus d’un million de bénéficiaires ne sont pas sûrs d’être remboursés. Abdelmoula Abdelmoumni, coordinateur de la commission nationale élargie des délégués et administrateurs de la MGPAP, veut demander des comptes aux responsables : “Nous faisons actuellement la tournée des partis politiques pour faire valoir nos demandes de clarifications et nous recevons un écho plus que favorable. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement”, nous a-t-il déclaré.


Ansar Al Mahdi. Un appel sans écho

La procédure d’appel présentée par les islamistes de la cellule Ansar Al Mahdi au Tribunal de Salé, le 7 mars, n’a pas eu l’effet escompté. L’accusé principal, Hassan El Khattab, a ainsi écopé de 30 ans de réclusion contre 25 ans en Première instance. “Le climat lié à l’affaire Belliraj a poussé les juges à revoir les condamnations à la hausse”, nous a déclaré Abderrahim Mouhtad, porte-parole de l’association Annasir pour le soutien des détenus islamistes. Mais Me Nouari, l’avocat des islamistes, n’entend pas en rester là : “Nous irons en cassation”, a-t-il confié à l’AFP. Objectif : “Réduire les peines et pourquoi pas innocenter certaines personnes qui ont été condamnées sans preuve matérielle”, espère Mouhtad.


Housni Benslimane. Un général ronchon

Le président de la Fédération royale marocaine de football aurait très mal pris l’annonce par la presse de la nomination de Baddou Zaki comme sélectionneur du onze national. “Il a vécu cela comme une façon de lui griller la politesse, puisque les médias ont titré sur Zaki sélectionneur, avant même la réunion du bureau fédéral chargé de désigner le successeur d’Henri Michel”, explique un connaisseur des arcanes de la FRMF. La réaction de Housni Benslimane ne s’est pas fait attendre. Il a reporté la réunion prévue mardi dernier à une date non déterminée. Une manière de montrer à tous qui est vraiment le chef…


Ingénieurs. Dissensions post-électorales

Le torchon brûle au sein de la petite communauté des ingénieurs marocains. C’est au tour des Istiqlaliens de faire entendre leur petite musique. Critiquant par voie de presse l’absence de démocratie qui aurait caractérisé l’élection, le 2 mars dernier, des nouvelles instances dirigeantes de l’Union nationale des ingénieurs marocains (UNIM), ils se sont fait tancer par un Abdelhamid Amine encore auréolé de son large succès électoral. à ceux qui l’accusent d’extrémisme, le vice-président de l’AMDH et maintenant président de l’UNIM répond : “Eh bien, j’avoue que j’ai été depuis mon jeune âge et jusqu'à maintenant anti-impérialiste, antisioniste, anti-exploiteurs et anti-makhzénien conséquent”. Voilà qui est dit.


Arrestations. Un élu PJD en prison

Le conseiller municipal de Benslimane, Ismaïl Lotfallah, a été arrêté vendredi 7 mars, à l’issue d’une manifestation (non autorisée) en soutien à Gaza. Présenté le lendemain devant le procureur, Lotfallah est, depuis, placé en détention provisoire. Secrétaire provincial du PJD, il est poursuivi pour l’agression de quatre policiers. Lahcen Daoudi, membre du conseil national du parti, conteste pour sa part les certificats médicaux présentés par les policiers. La défense de Lotfallah est menée par Mustapha Ramid. Le chef du groupe parlementaire du PJD et une trentaine d’autres avocats sont en train de réunir des témoignages à décharge et préparent la prochaine audience, attendue lundi 17 mars.


Télévision. Assidon sans fards

Invité, mercredi dernier, de “Mais encore” sur 2M, Sion Assidon a bousculé le ton, d’ordinaire consensuel, de l’émission présentée par Hamid Berrada. Cet ancien détenu politique et membre fondateur de Transparency Maroc a d’entrée donné son sentiment sur l’état des libertés au Maroc : “Nous avions l’habitude de dire que nous étions en liberté provisoire. Aujourd’hui nous sommes en liberté surveillée”. Sion Assidon a aussi expliqué le taux d’abstention des dernières élections législatives par “la concentration du pouvoir en un seul lieu”. Iconoclaste, Sion a défendu le boycott du Salon du livre de Paris, “une bonne décision”, et estimé que les islamistes “ont vocation comme tous les Marocains à récupérer la cause palestinienne”.



3 questions à Mohamed Darif
[Islamologue]


Des militants d’Al Adl Wal Ihsane ont été interpellés suite à des sit-in organisés en faveur de la Palestine. S’agit-il d’un tour de vis de l’Etat lié au démantèlement du réseau Belliraj ?
Non, il n’y a pas de changement de politique vis-à-vis de l’organisation de Cheikh Yassine. C’est un problème d’ordre juridique : ces rassemblements de soutien à la Palestine n’ont pas été autorisés. Les autorités n’ont fait qu’appliquer la loi en vigueur, comme elles le font lors des sit-in non autorisés devant le Parlement, où Al Adl Wal Ihsane n’est pas partie prenante.

Des membres du PJD ont participé à ces sit-in avec Al Adl. Est-ce un signe de rapprochement entre les deux entités ?
Cette communauté d’intérêts s’inscrit dans le cadre de la défense de la Oumma, cause commune aux deux organisations. On ne peut cependant parler de collusion ou de coordination réfléchie entre Al Adl Wal Ihsane et le PJD. Les sit-in sont organisés, le vendredi, à la sortie des mosquées, sans distinction entre militants du PJD et d’Al Adl, mais sans concertation non plus.

Pourquoi n’y a-t-il plus de grandes marches en soutien à la cause palestinienne ?
Les autorisations étaient accordées à des gens comme Khalid Sefiani, défenseur de la cause palestinienne, mais c’est Al Adl Wal Ihsane qui en tirait profit du fait de sa grande capacité à mobiliser ses troupes. L’Etat a décidé de ne plus donner à l’organisation de Cheikh Yassine d’opportunités de descendre dans la rue en masse. C’était autant de démonstrations de force pour Al Adl Wal Ihsane.


Naciri. Victime de vol

Le ministre la Communication s’est fait dérober son téléphone portable, le week-end dernier, sur le Boulevard Mohammed VI à Casablanca. Le larcin n’est pas resté impuni bien longtemps, puisque les policiers ont arrêté, quelques heures plus tard, le voleur et récupéré le mobile de Khalid Naciri. “Les forces de l’ordre ont réussi à démanteler un réseau terroriste aussi important que celui de Belliraj. Retrouver mon téléphone a été chose aisée pour eux”, a déclaré Khalid Naciri à nos confrères du magazine Nichane. Comme quoi, même sans portable, le porte-parole du gouvernement ne rate pas une occasion de communiquer…


Moudawana. L’ADFM pas contente

Depuis l’adoption de la nouvelle Moudawana, 43% des demandes de mariage polygame et 90% des demandes de mariage avec des mineures ont été autorisées. Le Code de la famille ne serait-il pas appliqué ? D’après Saïda Amrani Idrissi, présidente de la section juridique de l’ADFM (Association démocratique des femmes du Maroc), “la loi laisse une grande latitude de décision aux juges, qui ont du mal à dépasser les anciennes pratiques”. Que faire alors ? “Nous préparons un mémorandum dans lequel nous proposerons des amendements de la loi”, promet-elle. Visiblement, les associations féminines ont encore du pain sur la planche.


Justice. Nini passe le 1er barrage

Le Tribunal de première instance de Beni Mellal a rejeté, mercredi dernier, la plainte pour diffamation déposée par le commandement régional de la Gendarmerie royale contre le directeur d’Al Massae. La plainte avait été déposée le 21 janvier suite à la publication d’“informations mensongères” mettant en cause les gendarmes d’un barrage routier près d’Azilal. Lors des débats, la défense a insisté sur les vices de forme, invoquant notamment la prescription pour des faits qui remontent à mai 2007 alors que la plainte n’a été déposée qu’en janvier 2008. Rachid Nini reste par ailleurs poursuivi dans le cadre des événements de Ksar El Kébir.


Bouteflika. Candidature contestée au Nobel

L’idée a commencé à germer dans la tête du président algérien en novembre 2005, suite au référendum sur la réconciliation nationale. Aujourd’hui, Abdelaziz Bouteflika a officiellement déposé sa candidature pour l’obtention du Prix Nobel de la paix pour l’année 2008. Mais c’est sans compter avec l’Association pour la défense des Marocains expulsés d’Algérie. Celle-ci a envoyé un courrier à l’Académie Nobel, cette semaine, pour s’opposer à la candidature de Bouteflika. “Il était le bras droit de Houari Boumédiène au moment de l’expulsion de 45 000 familles marocaines. Sa responsabilité ne fait aucun doute”, rappelle Mohamed El Herouachi, secrétaire du bureau national de l’association.


People. La police sans la princesse

La soirée Khmissa 2008, le 8 mars à Marrakech, a connu une double surprise. La première, c’est que la princesse Lalla Meryem devait y faire un tour, le temps d’un concert (superbe, du reste) de la cantatrice Barbara Hendricks. La deuxième, c’est que la princesse n’est finalement pas venue ! “Avouez qu’il y a eu d’autres surprises, quand même”, nous rappelle l’une des participantes au concours annuel, organisé par le groupe de presse Lilas. Tout à fait, madame, et toutes très agréables. Comme le stand de la Sûreté nationale, avec un joli livre d’or… et une collection de numéros de Police mag’, dont le plus récent remonte à l’été 2006.


Al Hoceïma. Que du beau monde !

Bakkoury (DG de la CDG), Boussaïd (ministre du Tourisme), Akhannouch (ministre de l’Agriculture), Planas (ambassadeur d’Espagne) et une brochette de personnalités se sont donnés rendez-vous à Al Hoceïma, ce 15 mars, pour une rencontre sur l’investissement dans la région. Quatre ans après le séisme, ils ont répondu à l’appel de l’Association du Rif pour le développement et la solidarité, qui veut mettre en avant les atouts économiques de la ville. Une armada pour contrer, sans doute, les autres associations qui critiquent la lenteur du relogement des victimes du tremblement de terre. “Nous sommes mal placés pour critiquer l’action du gouvernement”, se défend pour sa part Abdessamad Benchrif, organisateur de l’évènement. Même si, selon lui, “Il faut arrêter de distribuer des cartables et donner les moyens aux habitants de s’en sortir”.



Humeur. Le Palais vous parle

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Un porte-parole, c’est comme un éléphant. Ça trompe énormément. C’est son job, sa vocation. Lui aussi se tue à la tâche, même si elle peut faire tâche et se réduire, le plus souvent, à l’ironique “cause toujours, tu m’intéresses”. Hassan Aourid, l’ancien porte-parole du Palais, en sait quelque chose. Ancien compagnon de classe du roi, il a été l’un des premiers à “sauter” sur un strapontin à côté du monarque, peu après son intronisation. Son porte-parole. On le croyait premier de la classe, comme du temps du Collège royal. Mais non. Le porte-parole parlait peu, en retard sur les événements, toujours décoratif, parfaitement inutile. Nos collègues de la presse arabophone ont fini par le surnommer, sans que cela ne bouleverse personne, le porte-silence. Mais il existait. Il rasait les murs, mais il respirait, il portait un espoir. Celui de voir, enfin, la monarchie communiquer comme le ferait n’importe quelle entreprise moderne. Nous voilà largués à des années-lumière de ce rêve. Aourid a renoncé, le porte-parole s’est transformé, par les grâces d’une inspiration royale, en wali de Meknès. Le pire, c’est que la plupart ont perçu le mouvement comme une promotion, un soulagement pour le si bien noté Aourid. Voilà comment le Palais a perdu un porte-parole qui ne disait pas grand-chose. Mais qui pouvait tromper : notre ennui, la curiosité de Monsieur tout-le-monde. Ce n’est pas rien. La perte est énorme. Surtout quand le roi prolonge inexplicablement un séjour loin du royaume, quand une princesse tombe enceinte ou accouche. Les salons et les rues sont alors livrés à un bain d’hystérie collective, une guerre des rumeurs. Et le seul protocole royal, à qui il est demandé de tourner le bouton à gauche quand la température monte en flèche, n’en peut plus, lui dont la vocation est de réagir, pas d’anticiper.



VITES !

Casablanca va s’offrir des toilettes publiques flambant neuf. Med Communication, filiale de Finance.Com, a remporté l’appel d’offres lancé par le Conseil de la ville pour la mise en place de 41 vespasiennes. Même si le concessionnaire pourra utiliser les quatre façades comme support publicitaire, la pause pipi aura quand même un prix : 1 Dh.


Depuis son retour de France où il a séjourné plus d’un mois, Mohammed VI réside dans la ferme royale “Al Ghazala” de Bouznika. Lieu de villégiature préféré de Hassan II, qui y allait régulièrement pour son microclimat, cette résidence était désertée par Mohammed VI depuis son accession au trône, il y a neuf ans.


Mohamed Merhari, alias Momo, a été victime d’un infarctus le week-end dernier à son retour du Festival de Dakhla. Il est aujourd’hui en convalescence. L’homme est le cœur de L’boulevard consacré à la nouvelle scène. Puisse-t-il continuer de battre encore longtemps.


Le nouveau directeur général de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) a été nommé cette semaine. Il s’agit d’El Mustapha Moussaïd, un cadre de la maison, qui vient remplacer Ahmed Akhchichine, désigné ministre de l’Education nationale dans le gouvernement Abbas Al Fassi, en octobre dernier.


Un concours de barmen a été organisé à la Foire de Casablanca, cette semaine, dans le cadre d’un Salon professionnel de l’hôtellerie. Les artistes du comptoir devaient préparer 4 cocktails en 8 mn, avant de jongler avec des bouteilles. Question : qui a bu les dizaines de cocktails ?


La Chambre criminelle chargée des mineurs de la Cour d’appel de Salé a condamné, lundi dernier, les trois complices des kamikazes de Sidi Moumen et Hay El Farah à des peines allant de 10 à 15 ans de prison ferme. Parmi eux, Othman Raydi dont deux frères se sont fait exploser lors de la série d’attentats.
 
 
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