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Criminalité. Retours à la case prison
Moukaf. Le marché des petites mains
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Agriculture. Des labels pour le terroir
Abdellah Taïa. Le corps du délit
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abdeslam Kadiri

La semaine

William Fallon
(AFP)

Etats-Unis. Fallon jette l’éponge


Coup dur pour George W. Bush. L’amiral William Fallon, commandant en charge des deux guerres menées par les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, a démissionné mardi. Fallon jette l’éponge après la publication d’un article du magazine Esquire, le présentant comme un farouche opposant aux positions belligérantes de Washington face à l’Iran. L’article décrivait l’amiral Fallon comme “l’homme entre la paix et la guerre” avec l’Iran et pronostiquait son renvoi dès l’été. “Cela pourrait bien signifier que le président et le vice-président ont
l’intention d’agir militairement contre l’Iran avant la fin de cette année et qu’ils ne veulent pas qu’un militaire se mette en travers de leur chemin”, écrivait le magazine. L’amiral aurait aussi été en désaccord au sujet de l’Irak avec le général David Petraeus, commandant sur le terrain irakien, apparemment investi de l’entière confiance de Bush. La Maison Blanche a essayé de minimiser les faits, répliquant que “personne ne cherchait la guerre avec l’Iran”. L’amiral Fallon quitte les forces armées après 42 ans de service, salué autant côté républicain que démocrate. Ce départ survient quelques jours après le veto opposé par le président américain à une loi interdisant la torture de personnes suspectées de terrorisme. La loi concernait précisément le fameux “waterboarding” (simulation de noyade), l’une des techniques utilisées par la CIA pour faire parler les suspects. Envers et contre tous, Bush refuse de considérer la pratique comme un acte de torture. “Il est déplorable que le président Bush s’oppose au Congrès et au Sénat en faisant valoir son veto. Le waterboarding est une simulation d’exécution, ni plus ni moins”, estime le rapporteur du Conseil de l’Europe, Dick Marty. Les Démocrates tentent d’exploiter ces failles. Mais l’opposition a été à son tour éclaboussée par un scandale. Le New York Times a révélé que le gouverneur démocrate de l’Etat de New York, Eliot Spitzer, alias M. Propre, était lié à un réseau de prostitution. L’homme a démissionné mercredi : il devenait un soutien embarrassant pour Hillary Clinton.


Tchad. Qui paiera pour l’Arche de Zoé ?

C’est l’impasse au Tchad. Idriss Déby, le président tchadien, envisage de gracier “dans moins d’un mois” les six Français de l’Arche de Zoé, condamnés à huit ans de travaux forcés pour avoir tenté d’emmener en France 103 enfants, “supposés orphelins du Darfour”. Samedi, N’Djamena a donné son accord pour que les enfants, Tchadiens pour la majorité, puissent enfin retrouver leur famille. Ils étaient cantonnés depuis le début de l’affaire dans un orphelinat d’Abéché. Mais un problème subsiste côté français : qui paiera les 6,3 millions d’euros de dommages et intérêts ? “Ce n’est pas l’Etat français qui a été condamné, ce n’est pas à lui de se substituer aux inculpés”, a déclaré David Martinon, le porte-parole de l’Elysée. Même son de cloche chez Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères. Les familles des accusés disent “ne pas avoir les moyens de réunir cette somme”. Idriss Déby, lui, insiste : “Il faut trouver une solution”.


Ex-Yougoslavie. Gotovina devant la justice

Le procès d’Ante Gotovina a débuté cette semaine au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Le général croate doit répondre, avec Ivan Cermak et Mladen Markac, de crimes de guerre, notamment meurtres, persécutions et déportations. Le TPIY l’accuse de “l’élimination forcée de Serbes de la région croate de la Krajina (sud) et de la destruction de leur communauté en août 1995”. L’ancien caporal de la Légion étrangère “a planifié et ordonné” l’opération Tempête, “dont l’objectif était de pousser les Serbes hors de Croatie”, a déclaré le procureur Alan Tieger. Près de 200 000 Serbes ont fui la Serbie et la Bosnie. De nombreux Croates considèrent Gotovina comme un héros de “la guerre d’indépendance” (1991-1995). Il avait été arrêté en Espagne en 2005, après une cavale de quatre ans.


Égypte. Les Frères dans la rue

Au moins 5000 membres de la confrérie des Frères musulmans ont manifesté le 9 mars au Caire, pour protester contre le gouvernement “qui les empêche de participer aux municipales du 8 avril”. “Les documents de nos membres n’ont pas été acceptés et les forces de sécurité ont encerclé les bureaux d’enregistrement, n’autorisant que les membres du Parti national démocrate (PND, au pouvoir) à déposer leur candidature”, a indiqué la confrérie sur son site. Le régime craint que les élections ne profitent aux Frères musulmans, qui avait effectué une percée historique en remportant le cinquième des sièges du Parlement lors des législatives de 2005. Leurs candidats s’étaient présentés sous l’étiquette d’indépendants. Les municipales, repoussées de deux ans en 2006, devraient être remportées par le PND.


Chine. Pékin sort de la liste noire

Les Etats-Unis viennent de retirer la Chine de leur liste des pays violant les droits de l’homme. Le Département d’Etat souligne que le bilan du régime chinois en 2007 est resté “mauvais” (torture, contrôle abusif de naissances), mais note que le gouvernement a procédé à des réformes importantes (examen de la législation sur la peine de mort). La Chine est reléguée au rang de “pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux”. Washington cite en revanche dix pays dans sa liste noire : la Corée du Nord, la Birmanie, l’Iran, la Syrie, le Zimbabwe, Cuba, le Bélarus, l’Ouzbékistan, l’Erythrée et le Soudan.



Lu pour vous [FRANCE]
Angoisse

Laurent Joffrin, Libération du 12 mars.

Et si la droite était bien plus inquiète qu’elle ne le dit ? La comparaison oiseuse avec des attentes que personne n’a exprimées, sinon dans le “microcosme”, lui sert de viatique pour expliquer le revers du premier tour. Il n’y a pas eu de raz-de-marée, répète-t-elle pour se rassurer. Mais personne n’attendait un raz-de-marée… Il y a eu en revanche une sanction nette, infligée dix mois après une élection présidentielle triomphale : ni plus ni moins.
Non seulement la gauche se retrouve en position de l’emporter dans une majorité de villes grandes et moyennes, mais encore le Modem, réalise, là où il est présent en solitaire, de très bons scores. La confusion qui caractérise son attitude entre les deux tours cache une réalité : la crâne stratégie de François Bayrou n’est pas sans écho dans l’électorat. Comme il vilipende souvent le président, il faut craindre pour la majorité que ces électeurs-là ne la rejoindront pas facilement.
Pour cette raison, Nicolas Sarkozy est revenu, comme on s’accroche à une ancienne recette, aux bases de son succès de l’an passé. À Toulon, non loin de Marseille, où la défaite d’un Gaudin transformerait l’échec en déroute, le président a repris ses thèmes traditionnels, identité et immigration réunies, pour réveiller les mânes de la droite-droite. Nul extrémisme dans ses propos, mais un clin d’œil appuyé à ces électeurs qui ont longtemps assuré le succès du Front national. Décidément, l’inquiétude est bien là.



Médias. La “Beeb” arrive !

La BBC a enfin lancé sa chaîne arabophone BBC Arabic Television. Elle diffusera dans un premier temps 12 heures par jour, avant de passer à 24. La chaîne pourrait capitaliser sur l’expérience de la BBC et l’audience de sa radio en arabe. La “Beeb” en arabe renaît après une première tentative avortée entre 1994 et 1996. Grâce à ses 160 employés à Londres, dont 90 journalistes, et ses 30 bureaux à l’international, la chaîne espère trouver sa place. Fera-t-elle de l’ombre à Al Jazeera ou Al Arabia ? Les deux grandes chaînes préfèrent parler de “consolidation du pluralisme audiovisuel dans le monde arabe”, plutôt que de danger pour elles. Signe d’un intérêt international croissant pour le monde arabe, plusieurs télévisions satellitaires arabophones ont vu le jour depuis 2003, année de l’invasion américaine en Irak : Al Hurra (Etats-Unis), Al Alam (Iran), France 24 et Roussia Al Youm (La Russie aujourd’hui).


VITE !

L’or noir n’a jamais aussi bien mérité son nom. Le cours du baril de pétrole a dépassé la barre des 110 dollars à New York, alors que la reconstitution des stocks américains plaidait pour un tassement des cours du brut.

 
 
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