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Par Fahd Iraqi
CDG. Makhzen Bank
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Novembre 2007. Mohammed VI
donne le coup denvoi dun projet
à El Jadida. À ses côtés,
Mustapha Bakkoury, le directeur
général de la CDG.
(DR)
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Enquête sur la tirelire de la monarchie
Mercredi 27 février, Mustapha Bakkoury, en bleu de travail, descend les marches du club nautique de Harhora, à quelques kilomètres de Rabat, derrière Fouad Ali El Himma et ses alliés, pour expliquer aux médias la vision du Mouvement pour tous les démocrates, monté autour de l'ancien ministre délégué à l'Intérieur. Une dizaine de jours plus tard, le même Bakkoury, avec sa barbe du dimanche, reçoit, en compagnie de Mounir Majidi, les journalistes pour leur faire faire le tour des installations du Fath union sport et tenter de les convaincre de la viabilité du nouveau projet du club r'bati, qui prend l'allure d'une méga transaction immobilière.
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En deux semaines à peine, et en toute
décontraction, le patron de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) aura réussi à s'afficher avec les deux premiers collaborateurs du roi. Avec un naturel qui ne trompe pas : Bakkoury est bien proche, très proche, des deux architectes de la nouvelle ère qui redessinent, au jour le jour ou presque, chacun dans un registre bien particulier, les contours de la carte politique et économique du royaume. Au point de faire dire à certains observateurs, dans un raccourci quelque peu alarmiste : La CDG ne serait-elle pas en train de financer les projets de ces personnalités (très) influentes ?. La question, qui n'est plus un secret de polichinelle, revient dans les discussions de salons r'batis ou casablancais. Joint par téléphone, entre deux rendez-vous, Mustapha Bakkoury s'en défend, avec son habituelle assurance : Même si je le voulais, je ne le pourrais pas, étant donné tous les garde-fous et les mesures de contrôle qui existent au sein la CDG. Maintenant, ceux qui font de telles spéculations n'ont qu'à me prendre à défaut. Il n'empêche que dans l'imaginaire collectif, le nom de Bakkoury, comme celui de la CDG, reste synonyme de tiroir-caisse ambulant au service des hommes du Pouvoir. Et pour cause, les capacités de la Caisse à mobiliser des moyens sont quasiment illimitées et ses accointances avec le Makhzen pour (re)lancer des affaires, publiques ou privées, ne sont plus à démontrer.
Aux origines de la Caisse
Théoriquement, la CDG a pourtant été créée et pensée, dès le départ, avec le souci d'éloigner au maximum l'épargne publique des rouages du Makhzen. C'est du moins dans cet esprit qu'un certain Abderrahim Bouabid l'a imaginée, en 1959. Peut-être que le gouvernement de l'époque redoutait ce qui est arrivé en France au début du 19ème siècle, quand Napoléon se servait de l'épargne privée pour financer ses campagnes, commente un économiste de gauche, qui connaît bien la maison CDG. En 1816, donc, la Caisse de dépôt et de consignation française avait vu le jour pour rétablir le crédit financier de l'Etat, après les désordres du Premier Empire. Comme son modèle français, la CDG marocaine a hérité à sa création de la gestion des fonds de retraite, des fonds de garantie déposés chez les notaires ou dans les tribunaux. Avec l'apparition des instruments de couverture sociale (la CNSS) ou encore de mobilisation d'épargne (la CNE), la CDG a décroché le privilège de servir de déposant de ces établissements. Un assemblage à l'architecture astucieuse, censé éviter le mélange des genres entre épargne privée et fonds publics, et faire en sorte que cette manne soit dirigée vers le financement des orientations politiques publiques en prêtant de l'argent à l'Etat.
La CDG s'est logiquement constituée, au fil des décennies, un trésor composé d'un solide portefeuille de bons du Trésor et de participations importantes dans des sociétés publiques. Aujourd'hui encore, la Caisse est le premier créancier de l'Etat et un quart des entreprises publiques est toujours logé dans ce holding public. Mais c'est durant les années 90, avec la modernisation des marchés financiers et la politique de privatisation, que la CDG a réellement gagné ses titres de noblesse. L'embellie boursière, qui est passée par là, a permis à ses actions de prendre de plus en plus de valeur. La baisse accélérée des taux d'intérêt a valorisé davantage son portefeuille historique de dette publique. Résultat : les gains dégagés permettent à la CDG de renforcer davantage ses fonds propres, de multiplier ses investissements et de gagner encore plus d'argent. Qui dit mieux. Entre 1986 et 2006, les bénéfices de la Caisse ont simplement été multipliés par quatre : de 600 millions, ils sont passés à près de 2,5 milliards de dirhams, de quoi faire rougir les plus performantes banques privées de la place. Avec, en guise de cerise sur le gâteau, des indicateurs mirobolants : plus de 100 milliards de dirhams d'actifs sous gestion et un portefeuille obligataire de quelque 30 milliards de dirhams. Le holding CDG compte aussi 35 filiales spécialisées, détient 44 participations diverses, fait travailler 5000 collaborateurs et sert au quotidien près d'un million de clients. Bref, un mastodonte économique.
Au service de l'action publique
Cette force de frappe, la CDG s'en sert souvent pour soutenir l'action publique. Et servir de pompier, à chaque fois qu'il s'agissait de tirer le système financier dun mauvais pas. Exemple : quand le CIH ou la BNDE sont au bord de la faillite, c'est la CDG qui vole à leur secours. Quand l'insolvabilité de tel ou tel régime interne de retraite (ONCF, ONE et tout récemment OCP) devient intenable, c'est encore l'institution dirigée par Bakkoury qui s'attèle à trouver le montage idoine pour intégrer ces caisses de retraites à son Régime collectif d'allocation de retraite (RCAR). Des sauvetages qui se révèlent de surcroît très juteux. Ingénieusement imaginées par les hommes et femmes de la CDG, avec à leur tête un Mustapha Bakkoury aux compétences reconnues (lire encadré page 37), ces affaires sont le plus souvent restructurées pour devenir plus que jamais rentables. L'exemple le plus frappant est sans doute encore celui du CIH : Nous avons injecté 2 milliards de dirhams pour redresser la banque. Avec nos partenaires français, nous détenons aujourd'hui les deux tiers d'une banque qui vaut 14 milliards de dirhams sur le marché, nous explique un haut responsable de la Caisse. Idem pour la reprise des fonds de retraite de l'OCP qui vaut à la CDG de prendre une participation importante dans le capital de l'Office. Le même scénario risque d'ailleurs de se reproduire avec l'ONE, où l'on parle déjà d'une éventuelle entrée de la CDG dans son capital
Mais il n'y a pas que cela. Les tentacules économiques de la Caisse lui font jouer, de facto, un rôle primordial dans le lancement des grands projets d'infrastructure. Emanant le plus souvent d'une volonté royale, c'est à la CDG, fidèle et souvent brillant exécutant, que revient la charge d'étudier les projets les plus ambitieux pour amorcer leur transformation en chantiers réalisables. Les exemples ne manquent pas. Quand le développement de Marrakech devient une priorité royale, c'est la CDG qui se lance dans l'aménagement de la nouvelle zone touristique d'Agdal. Quand le Maroc rêve d'un complexe portuaire intégré (à l'image de celui de Jbel Ali à Dubaï), c'est la Caisse qui abrite la structure de ce qui va devenir l'Agence spéciale Tanger Méditerranée, pour mettre à flot le port Tanger Med. Il en va de même pour la valorisation de la vallée du Bouregreg, où la CDG couve une nouvelle structure, Sabr Aménagement, avant de la laisser voler de ses propres ailes. Pour mener son entreprise à bon port, la Caisse a injecté des centaines de millions de dirhams dans les études préalables qui ont permis le démarrage rapide de ces chantiers. C'est un pré-financement, mais nous finissons toujours par récupérer ce que nous avons avancé à ces structures, une fois qu'elles sont officiellement créées. Il ne faut pas oublier que la vocation de la CDG est aussi d'amorcer de grands projets, explique Mustapha Bakkoury.
Dans le building sis place Moulay El Hassan à Rabat, la performance de transformer ces rêves royaux en projets structurants est source de fierté pour les dirigeants de la boîte. Le fait que ce soit des projets qui reposent sur une volonté royale nous honore encore plus, explique ce haut responsable de la Caisse. Dans tous les pays du monde, des projets de telle envergure impliquent forcément un suivi de la plus haute autorité du pays. C'est un gage de leur sérieux et de leur succès, nuance le patron de la CDG, plus rationnel.
Mais il arrive, aussi, que les ordres venant d'en haut imposent des contraintes techniques, une fois la phase réalisation lancée. A titre d'exemple, la conclusion de l'accord avec Dubaï Holding pour le projet Amwaj (baptisé sur les premières friches du Bouregreg Sahat Al Kabira), a rendu les négociations compliquées. Les Emiratis voulaient construire des gratte-ciel et des casinos, ce qui est inimaginable actuellement dans la capitale. Il a fallu que les hommes de Sabr Aménagement usent de tout leur talent de négociateurs pour ramener le projet à des proportions convenables, confie une source proche du dossier.
Allié des grands groupes
et de la monarchie
Le champ d'action de la CDG ne s'arrête pas à la politique publique du royaume. Sa puissance financière lui donne un poids considérable même dans le secteur privé. La CDG est d'ailleurs un allié de taille pour les grands groupes, les holdings royaux en tête. Historiquement, la Caisse, soutenue par d'autres institutions détenant des participations significatives dans plusieurs structures, servait à verrouiller le tour de table et les conseils d'administration des filiales de l'ONA. Même en 2003, quand la nouvelle génération des gestionnaires des affaires royales (Majidi & Co) s'est attachée à consolider la position du roi dans les holdings ONA- SNI, dans l'objectif déclaré de clarifier l'actionnariat du groupe, la CDG est partie prenante dans les transactions stratégiques qui ont rendu l'opération possible. Et elle y met la forme. Certains traders de Safabourse (société de Bourse de la Caisse) se rappellent toujours de cette matinée du 5 août 2003 où Mustpha Bakkoury, himself, a fait le déplacement jusqu'à la salle des marchés à Casablanca, pour superviser la bonne exécution d'une transaction boursière. Mais pas n'importe laquelle : la Caisse vend alors un bloc de 5% de l'ONA au profit de Siger, propriété de la famille royale, qui va lui permettre de verrouiller son emprise sur l'ONA. Cette cession est réalisée à un moment où la Bourse se remet à peine dun marasme qui a duré quatre ans, et l'identité de l'acheteur laisse perplexes les observateurs. S'agit-il tout simplement d'ordres venus d'en haut ?
Aujourd'hui, le patron de la Caisse tente de nous expliquer, dans ce qui ressemble à une grande première, les raisons de cette transaction restée dans les annales de la Bourse. Nous devions réduire notre participation dans l'ONA pour nous conformer à la nouvelle législation bancaire. Nous avons donc étudié la proposition des représentants de Siger et fini par accepter, justifie Mustapha Bakkoury. Un raisonnement logique et plutôt convaincant. Sauf que cette nouvelle législation bancaire (qui impose à la CDG de respecter les règles prudentielles appliquées aux banques) n'est devenue effective que plusieurs années plus tard. Entre-temps, le cours de l'ONA a quasiment doublé et les gestionnaires de la CDG peuvent se mordre les doigts en pensant aux centaines de millions de dirhams de manque à gagner
Autre exemple de la parfaite entente-complicité entre l'ONA et la CDG, l'épisode Wana, de fraîche mémoire. Rappelons-nous : avant de devenir un opérateur télécoms, Maroc Connect était un simple fournisseur d'accès Internet appartenant à France Telecom. Mais c'est, comme par hasard, la CDG (avec Attijariwafa) qui rachète la structure
avant de la revendre au duo SNI - ONA qui en fera le 3ème opérateur de téléphonie au Maroc. D'où la question : la CDG aurait-elle tout simplement fait du portage au profit de l'ONA ? Pas du tout, réfute ce haut responsable de la CDG. Cette prise de participation répondait au départ à une stratégie donnée. Mais comme la Caisse est déjà présente dans les télécoms, cela pouvait créer un conflit d'intérêt.
Pourvu que ça dure
En fait, il n'y a pas que l'ONA qui sait qu'elle peut compter sur le filet de la CDG. La Caisse est aussi présente quand il s'agit de soutenir certains autres grands groupes marocains, qui ont eu du mal à suivre la cadence imposée par la vision des champions nationaux. Alors qu'il croulait sous les dettes après l'acquisition du groupe Somepi, Aziz Akhannouch, actuel ministre de l'Agriculture, trouve un appui chez la CDG. La Caisse renfloue la société Afriquia SMDC en injectant quelque 150 millions de dirhams. Auparavant, la Caisse avait déjà soulagé le capitaine d'industrie de l'essentiel de sa participation dans Méditelecom pour revigorer sa trésorerie. Idem pour Mohamed Bensalah du groupe Holmarcom qui, en proie à des difficultés financières, s'est jeté dans les bras de la CDG en lui cédant 40% de son groupe d'assurances Atlanta - Sanad. La proximité de ces deux hommes d'affaires, Akhannouch et Bensalah, avec Fouad Ali El Himma a de quoi laisser conclure à un certain interventionnisme. De la pure théorie, rétorque le patron de la CDG, qui s'en tient toujours au côté rationnel de ces investissements. Pour Atlanta-Sanad, l'assurance était le chaînon manquant dans notre panoplie de services financiers. L'investissement est judicieux, vu l'appréciation de la valeur de cette société. Quant à Afriquia SMDC, il faut laisser du temps au temps pour ressentir les retombées de cet investissement.
En une phrase comme en mille, la CDG nie toute trace d'interventionnisme, ou de trafic d'influence des hommes du Pouvoir. Depuis 6 ans et demi que je suis à la tête de la CDG, je n'ai jamais subi de pressions ou reçu des coups de fil pour engager la Caisse dans des projets au sujet desquels nous ne sommes pas d'accord, nous confie Mustapha Bakkoury. Et si, quà Dieu ne plaise, ce jour arrive, Bakkoury aura-t-il l'audace de dire non ? C'est naturel de dire non. C'est ma responsabilité qui est engagée.
Le tout-puissant directeur de la Caisse n'est pas le seul à se vouloir rassurant. Son staff aussi. Tous les investissements que réalise la CDG sont ponctionnés sur ses fonds propres. On ne prend pas de risques avec l'argent des retraités et des déposants, qui répondent à des normes de gestion bien précises. En plus, il y a une commission de surveillance qui est consultée pour chaque décision stratégique, comme il y a un caissier général (ndlr, détaché du ministère des Finances) qui appose sa signature sur chaque centime qui sort de la Caisse.
Il faut admettre, à la décharge des intéressés, que la CDG, en un demi-siècle d'existence, n'a jamais été impliquée dans un quelconque scandale de détournement. C'est d'ailleurs lun des rares (pour ne pas dire le seul) organismes publics qui peut se targuer de cette image de propreté. Mieux encore, c'est en confiant ses excédents à la CDG qu'un organisme comme la CNSS dispose aujourd'hui d'un matelas de réserve assez confortable, alors que ses prestations ont fait l'objet de multiples détournements.
Et puis, valeur aujourd'hui, tous les gros investissements réalisés par la CDG répondent à une certaine logique économique. Performants, ils sont généralement créateurs de valeurs pour l'économie dans son ensemble. Que souhaiter en conclusion à la Caisse, étonnante combinaison politico-économique au service des intérêts supérieurs de la nation, que la formule : Pourvu que ça dure
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[Télécharger : la constélation de la CDG]
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Mustapha Bakkoury. Un banquier dexception
Mustapha Bakkoury est une de ces têtes bien faites du Maroc de la nouvelle ère. Avec son diplôme d'ingénieur civil de la prestigieuse école des Ponts et Chaussés et son DESS en Banque et Finance, il est embauché dès sa sortie de l'école par BNP Paribas. Au sein de la prestigieuse banque française, il gagne rapidement ses galons. En 1991, il est dépêché au Maroc pour devenir, avec un certain Khalid Oudghiri (patron déchu d'Attijariwafa), le véritable artisan du redressement de la filiale historique de Paribas. Sur la place, Bakkoury est considéré par ses pairs comme un des meilleurs ingénieurs financiers alors qu'il est directeur du pôle Banques d'affaires de la BMCI. Le profil n'échappe pas aux nouveaux recruteurs du Makhzen. En 2001, il est d'ailleurs nommé par le souverain à la tête de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). Une consécration pour ce fils du peuple, natif de Mohammedia. Bakkoury a bien su ménager ses relations avec les principaux hommes influents du Pouvoir, El Himma et Majidi pour ne pas les citer. Au premier, il sert souvent de caution économique. Régulièrement convié aux rencontres de l'ex-ministre délégué à l'Intérieur avec quelques leaders politiques, Bakkoury a pour principale mission de rassurer tout le monde au sujet de la politique économique de l'Etat. Il est aussi un des premiers signataires du Mouvement pour tous les démocrates, le parti d'El Himma déguisé (pour l'heure) en association. C'est un engagement personnel. De par ma fonction, j'ai palpé certaines limites que l'on pouvait rencontrer pour le développement de ce pays. D'où cet engagement en politique dans l'espoir de construire un avenir meilleur, explique Mustapha Bakkoury, le quadra père de deux enfants. A la décharge du patron de la CDG, une sensibilité politique qui remonte à plusieurs années déjà, puisque son nom figurait en bonne place sur la liste des fondateurs de l'association Maroc 2020 de Ali Belhaj, ancêtre du parti (Alliance des libertés) créé à la veille des législatives de 2002.
Bakkoury a également su gagner la confiance et le respect du gestionnaire des affaires royales, Mounir Majidi. ONA et CDG agissent, le plus souvent de concert sur le marché, sans qu'aucune concurrence ne vienne envenimer leurs relations. Les deux hommes sont aujourd'hui partenaires dans le projet d'envergure qui devrait métamorphoser le FUS, le club de foot de la capitale. La CDG finance le FUS depuis une vingtaine d'années et notre réel objectif est de lui donner les moyens de se développer, explique Bakkoury. Et d'ajouter, en faisant allusion aux derniers remous nés autour de Majidi : Peut-être que nous nous y sommes pris de manière hâtive dans la confection de ce projet, ce qui a peut-être engendré toute cette incompréhension.
Confortablement installé dans son fauteuil à la tête d'un mastodonte public, Bakkoury est un docteur ès équilibrisme, dont la vocation est de préserver les intérêts de son institution
et de se prémunir contre les guerres intestines qui peuvent opposer les hommes du Pouvoir. Même au summum de la guerre des clans qui opposait Majidi à El Himma, le patron de la CDG n'a jamais tranché pour un quelconque camp, explique un homme d'affaires. C'est peut-être là la plus grande réussite de Si Mustapha, comme l'appellent ses proches collaborateurs. |
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Gouvernance. Une copie non conforme du modèle français
Calquée sur le modèle français de la Caisse de dépôt et de consignation, la CDG est aussi structurée selon le schéma d'un directeur général qui a les pleins pouvoirs et qui ne rend compte qu'à sa commission de surveillance. Néanmoins, l'exception marocaine ne fait pas défaut dans notre version de la caisse publique qui gère des fonds privés. D'abord, la nomination du directeur général de la CDG ne se fait pas au niveau du Conseil des ministres comme en France, mais plutôt par dahir royal. Au niveau de sa commission de surveillance, le législateur marocain a repris presque la même architecture que pour la CDC. Presque, car elle inclut deux magistrats, un représentant de la primature et un représentant du ministère des Finances. Sauf qu'en France s'ajoute à ces personnalités une longue liste d'élus à l'Assemblée nationale ou au Sénat. L'absence des parlementaires marocains est regrettable, surtout que l'explication est purement historique : En 1959, il n'y avait même pas encore de Parlement au Maroc, remarque ce haut cadre de la CDG. Seul fait rassurant : au sein de la CDG elle-même, l'on se rend compte de la nécessité de dépoussiérer les instances de gouvernance. La création d'un comité d'audit, il y a moins de deux ans, est venue asseoir la bonne gouvernance de la Caisse. D'autre part, sa mise sous la tutelle de Bank Al-Maghrib avec la nouvelle loi bancaire tranquillise quant aux normes comptables et règles prudentielles adoptées par la Caisse. Et à Mustapha Bakkoury de rassurer davantage : Une réflexion est menée en matière de gouvernance et il est question cette fois-ci d'aller encore plus loin, nous confie-t-il. |
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