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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“La darija devrait être notre langue officielle”

Nouzha Skalli, Ministre du
Développement social, de la
Famille et de la Solidarité
(AIC PRESS)

Antécédents

1950. Naissance à El Jadida.
1969. Adhère au Parti de la libération et du socialisme (futur PPS).
1974. Doctorat en pharmacie à la Faculté de Montpellier, en France.
1995. Membre fondateur de l’Association démocratique des femmes du Maroc.
2002. Elue parlementaire (PPS).
2007. Nommée ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité.

Smyet Bak ?
Tahar Skalli.

Smyet Mok ?
Fatima Bennis.

Nimirou d’la carte ?
B 394980.

Vous défendez la parité hommes - femmes depuis longtemps. Certains vous reprochent de défendre en fait vos propres chances…
Ceux qui considèrent que je fais cela pour mon autopromotion se trompent, car ils s’enferment dans une logique d’ambition personnelle. Trouvez-vous normal que lors de concours d'accès aux grandes écoles, 60% de ceux qui réussissent sont des femmes, alors qu’en politique, leur présence est plus que minoritaire ?

Les femmes seraient-elles plus compétentes que les hommes ?
Il y a autant de compétences chez les hommes que chez les femmes. L’avenir du Maroc se fera avec la femme, ou ne se fera pas.

Est-il vrai que vous avez appris votre nomination au gouvernement avant son annonce officielle, via un coup de fil venu de “haut lieu” ?
Non, je n’ai reçu aucun coup de fil de quiconque. Au moment où j’ai su que le PPS pouvait se voir attribuer le portefeuille des Affaires sociales, je me suis portée candidate et j’ai reçu l’appui d’Ismaïl Alaoui, le secrétaire
général du parti.

Entre nous, vous êtes toujours brouillée avec Gajmoula Bent Abbi, qui vous a soufflé votre position à la tête de la liste nationale du PPS lors des législatives ?
Il n’y a pas de rivalité avec Gajmoula Bent Abbi. J’avais exprimé à la direction du parti mon désir d’être reconduite à la tête de la liste nationale, car j’estimais que mon travail était satisfaisant. J’avais même déclaré à M. Alaoui que je ne serais pas candidate aux législatives si je n’étais pas nommée tête de liste. Dont acte.

Maintenant que vous êtes ministre, le combat s’arrête ?
J’ai fait le choix du militantisme quand j’avais 18 ans. Depuis, je n’ai cessé de m’impliquer. Je ne saurais m’arrêter.

Pensez-vous pouvoir faire mieux que vos prédécesseurs au même poste ?
Je suis persuadée que mes prédécesseurs ont fait de leur mieux. Et, bien sûr, je n’ai pas envie de faire moins bien, mais je déteste fonctionner sur le mode “faire mieux que”.

Dans le “civil”, vous êtes pharmacienne. Le cumul des fonctions ne vous dérange pas ?
Pendant trente années de militantisme, la pharmacie a été mon gagne-pain. La loi m’interdit d’avoir une activité commerciale pendant mon mandat de ministre. C'est pour cela que je suis aujourd'hui suppléée par une remplaçante officielle..

Pensez-vous assister de votre vivant à la nomination d’une "Première ministre" ?
De mon vivant, je ne sais pas. Mais dans les dix prochaines années, pourquoi pas ?

Et si c'était vous ?
Je n’aurais pas la prétention de dire oui. On pourra en reparler dans cinq ans, quand j’aurai acquis plus d’expérience.

Aimez-vous être reconnue dans la rue ?
Cela m’arrive souvent. Parfois, j’envisage même de me déguiser, de porter des lunettes de soleil ou une perruque.

Un peu comme une rock star ?
(Rire) Non, non. Mais j’aime bien faire de la marche avec mon mari. Dans ces moments-là, j’aspire à un minimum de tranquillité.

Vous êtes plutôt darija, la langue du peuple, ou arabe classique ?
Darija, définitivement. Dans mes discours, je parle toujours en arabe dialectal. Je pense même que la darija devrait être notre langue officielle.

Vous n’êtes donc pas d’accord avec Si Abbas, votre Premier ministre ?
Nous n’en avons pas discuté, mais je pense qu’on pourrait trouver un terrain d’entente sur la question.

En quelle langue vous adressez-vous au roi ?
En dehors des discours officiels, je ne pense pas que quelqu’un s’adresse au roi autrement qu’en darija. Un peu soutenue certes, mais en darija quand même.

Vous êtes plus communiste que royaliste, ou l'inverse ?
Pourquoi voulez-vous créer une opposition entre les deux ? Le communisme m’a appris des valeurs d’égalité et de solidarité. Le roi est porteur de nombreuses valeurs auxquelles je crois, notamment sur la question de la place de la femme dans la société. Je pense que d’autres dirigeants devraient s’en inspirer.

 
 
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