Abdelaziz Laâfora. Un homme (de Si Driss) libre
Fouad Mourtada. "Je ne regrette rien"
Sahara. Le dialogue de sourds
Reportage. L'école de la deuxième chance
Tibet. Silence, on réprime
Affaires. La deuxième vie de Fouad Filali
Musique. Rap non grata
N° 316
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Abdelkader Belliraj
(DR)

Terrorisme. Belliraj nie tout


Le lundi 17 mars, lors de sa deuxième comparution devant Abdelkader Chentouf, le juge d’instruction du tribunal de Salé, Abdelkader Belliraj a choisi de tout nier en bloc. “Mon client a déclaré qu’il n’avait aucun lien avec les six meurtres qu’on l’accuse d’avoir commis en Belgique. Il a aussi nié avoir été un informateur des services de renseignement belges”, nous a expliqué son avocat, Me Mohamed Ziane. Le bâtonnier de Rabat a cependant ajouté : “Abdelkader Belliraj a séjourné plusieurs fois en Afghanistan, mais bien avant les attentats du 11 septembre. Il
a pu y rencontrer de grands responsables talibans, mais également des cadors d’Al Qaïda dont Oussama Ben Laden et Ayman Al Zawahiri”. Autre révélation : le présumé chef du réseau terroriste éponyme, récemment démantelé, a déclaré avoir introduit lui-même les armes saisies à Nador. “Mais ces armes était destinées au Front islamique du salut (FIS) algérien avec lequel Belliraj entretenait des relations soutenues. Sa femme étant Algérienne, il comptait même aller s’établir chez nos voisins en cas d’accession du FIS au pouvoir”, nuance Me Ziane. Arrêté courant janvier à Marrakech, près de l’hôtel Fashion, propriété de son frère, Belliraj est, depuis, incarcéré dans une cellule d’isolement à la prison de Salé, mais sa forme physique reste bonne, à en croire son avocat. “Je l’ai rencontré à plusieurs reprises. Il semblait très serein, presque inconscient de la gravité des faits qui lui sont reprochés”. Lors de sa prochaine comparution, prévue dans une semaine, Abdelkader Belliraj sera confronté à d’autres protagonistes de l’affaire dont Mohamed Merouani, du Parti d’Al Oumma, et Mohamed Moâtassim, d’Al Badil Hadari.


Ouaddou. Menacé de mort

L’international marocain et capitaine de Valenciennes a reçu des menaces de mort. C’est du moins ce que vient de révéler son avocate, en marge du procès intenté par Ouaddou contre un supporter qui avait proféré des propos racistes à son encontre, lors d’un match du championnat français, en février dernier. “J’ai reçu des lettres anonymes rédigées sur du papier hygiénique, ainsi qu’un colis contenant des bananes pourries”, nous a confirmé Ouaddou, ajoutant qu’une enquête a été ouverte. “Il est hors de question que je renforce ma sécurité. Cela risquerait d’effrayer ma famille et, surtout, de donner raison à ces gens-là”, conclut le patron de la défense des Lions de l’Atlas.


Moralisation. Rebbah remplaçant

Le PJD joue les prolongations. Sa campagne de la morale, qui devait s’achever fin mai, verra sa durée allongée d’un mois, à la demande des différentes sections de la jeunesse du parti. Au programme, conférences et débats, égayés par des soirées musicales, comme dimanche dernier à Casablanca, où la Chabiba bidaouie a reçu les très populaires Lemchaheb. Autre nouveauté, des tournois de football avec la participation de jeunes responsables du parti. Le secrétaire général de la jeunesse du PJD, Abdelaziz Rebbah, a, quant à lui, préféré chauffer le banc. “J’aime beaucoup le football, mais je commence à me faire vieux. Il faudrait que je me mette à un sport plus soft”, nous a-t-il déclaré.


Al Hoceïma. Des Khattabi à l’honneur

Des membres de la famille de l’émir Abdelkrim ont été ovationnés lors de la cérémonie d’ouverture de la rencontre sur l’investissement, organisée le 15 mars dernier à Al Hoceima par l’Association pour le développement du Rif. À la demande de l’initiateur de l’évènement, Ilyass El Omari, le prestigieux parterre d’officiels (Bakkoury de la CDG, Akhannouch, ministre de l’Agriculture, Bousaïd, ministre du Tourisme, l’ambassadeur d’Espagne, etc.) a salué la présence du petit-fils et des deux nièces du héros de la guerre du Rif. “Les inviter était la moindre des choses, nous a confié un des organisateurs, l’avenir de la région les concerne aussi”.


Drogue. Pluie de condamnations

Chrif Ben Louidane a été condamné, mercredi dernier, pour trafic de drogue par la Chambre criminelle de Casablanca, à huit ans de prison ferme et à une amende de 500 000 dirhams. Dans la même affaire, la justice a condamné huit autres personnes à des peines allant de deux mois de prison avec sursis à six ans fermes. Parmi elles, Abdelaziz Izzou, l’ex-chef de la sécurité des palais, qui a écopé de 2 ans d’emprisonnement, dont un an et demi ferme. L’homme, ayant déjà purgé cette peine, est sorti libre . Parmi les acquittés, le commandant de la gendarmerie, Younès Lahlimi, fils du haut commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi.


PJD. Dans la ligne de mire ?

Ismaïl Lotfallah, conseiller municipal du parti de Saâd Eddine El Othmani à Benslimane, a été condamné, lundi 17 mars, à deux mois de prison avec sursis pour l’agression de quatre policiers, en marge d’une manifestation (non autorisée) de soutien à la Palestine. Au siège du PJD, on dénonce “cette mascarade de procès qui s’appuie sur de faux témoignages”. “Quelle image cela peut-il donner de la justice ?”, tonne de son côté Lahcen Daoudi, membre du secrétariat national. “Nous voulons que son dossier soit traité ailleurs qu’à Benslimane, ville où Ismaïl Lotfallah dérange beaucoup les autorités”, nous confie-t-il. En attendant, le PJD craint d’être dans le viseur du Pouvoir : Saâd Eddine El Othmani, le patron du parti, aurait été refoulé de Kelâat Seraghna où se tenait un sit-in de soutien à un autre “agresseur de policier”, emprisonné suite à une manifestation contre la vie chère.


Exposition. Un tableau censuré

Pour la journée de la femme, l’UNESCO a organisé à Paris une exposition de peintures de l’artiste malgache Brigitte Rabarijaona. Pour étayer son message de paix “Qu’aucun Africain ne tue un africain”, une toile représentait tous les drapeaux de l’Union Africaine, dont celui de la RASD. L’œuvre n’a pas plu à Aziza Bennani, ambassadrice du Maroc à l’UNESCO, qui, visiblement, ne peut pas voir le Polisario, même en peinture. “Les officiels marocains ont fait pression sur l’ambassadrice malgache et l’organisatrice de l’exposition pour qu’elles retirent le tableau”, nous a affirmé l’artiste dont l’œuvre a été finalement retirée de l’exposition.


Santé. Anticorps contre la corruption

La ministre de la Santé a pris attache avec Transparency Maroc. Objet : dans le cadre de son projet de bonne gouvernance, Yasmina Baddou entend lutter activement contre la corruption. Elle a chargé l’ONG de faire le “diagnostic transparence” d’un secteur miné par la corruption. Optimiste, le président de Transparency Maroc, Rachid Filali-Meknassi, nous confie : “Nous avions déjà travaillé avec l’ex-ministre de la Santé, Mohamed Biadillah, mais les actions étaient très ciblées. Aujourd’hui, nous n’allons pas nous contenter d’un rôle de conseiller : nous accompagnerons aussi le combat sur le terrain”. Reste que la détermination de Yasmina Baddou et de Transparency risque de se heurter à des syndicats qui attendent la ministre au tournant.


Lions de l’Atlas. Coach made in Europe

Nouveau revirement dans le choix du prochain sélectionneur du onze marocain. La Fédération royale marocaine de football s’apprête finalement à engager… un entraîneur étranger ! “Nous choisirons dans une liste qui comprend notamment le Français Roger Lemerre, l’Espagnol Vicente Del Bosque (ex-coach du Real de Madrid), le Portugais Fernando Santos et le Roumain Lazlo Boloni”, nous a révélé le vice-président de la Fédération Mohamed Aouzal. Quant aux six Marocains qui étaient en lice pour décrocher le poste, certains d’entre eux seront “chargés de coacher le onze olympique, les sélections de jeunes ou se verront confier un poste de directeur technique”, précise Aouzal.


Abderrazak. Le temps des hommages

Une cérémonie en l’honneur de l’ancien numéro 2 de l’UMT et poids lourd du syndicalisme marocain, décédé en 2006 d’une longue maladie, est prévue pour le 29 mars. Initié par ses proches et par l’Association des travailleurs de l’ONE, l’évènement devrait connaître la participation d’une bonne partie des ténors de la classe politique, de hauts responsables, d’artistes, de sportifs et même de syndicalistes étrangers. Les organisateurs se demandent, cependant, si l’omnipotent patron de l’UMT, Mahjoub Benseddik, qui a été en mars 2004 à l’origine de l’éviction de Abderrazak de la centrale syndicale, sera parmi les présents. “Il est aussi parmi les invités”, nous a confié un membre de la famille Abderrazak.


Epicerie fine. Bio royal

Dans le magasin inauguré récemment à Casablanca par les Domaines agricoles (anciennement Domaines royaux), on trouve bien plus que des produits haut de gamme. Les clients peuvent également profiter de fiches de recettes concoctées par Choumicha. “Je suis heureuse d’être l’ambassadrice de cette marque et l’une des plus fidèles clientes de son magasin, le premier d’une chaîne qui devrait s’étoffer dans l’avenir”, nous a déclaré l’animatrice culinaire. Un ancien cadre des Domaines nous a, pour sa part, révélé qu’en plus des magasins, “les Domaines agricoles préparent un concept de restaurants bio”. On imagine déjà le menu : agneau princier ou couscous royal !


Islamistes. Prison dating

Ahmed Rafiki, alias Abou Houdaïfa, a été libéré le mardi 16 mars après avoir purgé sa peine de 5 ans. Le vétéran des “Afghans marocains” et père d’Abou Hafs est doublement heureux. Non seulement il a quitté sa cellule, mais il a enfin pu passer une véritable nuit de noces avec sa nouvelle épouse, autre que les “khoulwa charîiya” (visites conjugales) autorisées par les autorités pénitentiaires. Après avoir reçu l’autorisation de ses deux premières femmes, le septuagénaire a épousé il y a quelques mois une jeune fille d’une vingtaine d’années. “J’ignore son âge exact, mais j’ai pu déceler à travers son voile un regard jeune”, confirme Me Ziane, avocat de Rafiki.


MP. La Haraka resserre les rangs

Le parti de Mahjoubi Aherdane organise son université de printemps ce week-end à Rabat. Au programme : “L’amazighité et l’enjeu du projet sociétal démocratique”. Après la tempête qui a secoué le parti berbériste, Mohand Laenser et Mahjoubi Aherdane ont décidé de trouver un thème fédérateur… quitte à déplaire aux Fassis du cabinet Abbas. Mohamed Ouzzine, un des dirigeants du MP, nous confie : “Le gouvernement est concerné par l’amazighité, qu’il le veuille ou non. Elle fait partie de l’actualité au même titre que le terrorisme dont tout le monde fait ses choux gras”. Pour la petite histoire, Fouad Ali El Himma sera l’un des intervenants les plus attendus.


Corruption. Des élus épinglés

Inéligibilité pour deux mandats à l’encontre de deux parlementaires (Istiqlal et MP) de la Chambre des conseillers, jugés coupables d’irrégularité électorale. C’est le verdict tombé lundi dernier à la Cour d’appel de Beni Mellal qui les a également condamnés à un an de prison avec sursis et 70 000 dirhams d’amende. La condamnation pour tentative d’obtention de voix “en contrepartie de dons ou de promesses de dons” a fait la joie de Azzedine Akesbi, ancien président de Transparency Maroc. “C’est une première, s’exclame-t-il. Il est cependant intéressant de noter qu’il y avait plusieurs parlementaires incriminés mais, malheureusement, les actions ne se sont dirigées que vers quelques-uns pour leur couleur politique”.



3 questions à Younès Moujahid
[Secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine]


Le congrès du SNPM se tient cette semaine. Quelle sera la teneur du débat ?
Il s’agit d’un congrès ordinaire au cours duquel nous discuterons le bilan du comité administratif. . Il y a une urgence : celle d’adapter notre syndicat à la diversité des médias en nous appuyant sur des sections de plus en plus autonomes. Une nouvelle direction sera aussi élue. Pour ma part, je serai candidat à condition que mon bilan soit jugé positif.

L’affaire du journaliste Mustapha Hormatallah emprisonné et les procès à répétition contre la presse seront-ils à l’ordre du jour ?
Nous parlerons de toutes les difficultés que rencontrent les médias marocains sur le terrain de la liberté d’expression. En ce qui concerne la condamnation de Mustapha Hormatallah, je trouve lamentable les revirements de la justice. Je m’attendais à ce qu’il soit gracié en même temps que Fouad Mourtada. Cela n’a pas été, hélas, le cas, mais je garde bon espoir.

Le Code de la presse en gestation maintient les peines de prison pour les journalistes. Quelles sont vos revendications sur ce point ?
Le Maroc doit maintenant passer à la vitesse supérieure et supprimer les peines de prison pour les journalistes. Nous avions des assurances du gouvernement Jettou, mais elles ont été démenties par les événements de l’été. Aujourd’hui, je n’ai que des promesses, mais aucune garantie que le prochain code de la presse réponde à nos attentes.


Guantanamo. Marocains aux oubliettes

“Nous devons convaincre le roi que le jugement des trois derniers prisonniers marocains à Guantanamo doit se faire au Maroc. C’est une question de souveraineté nationale”, nous a affirmé Abdelaziz Nouaydi, président de l’association Adala pour l’indépendance de la justice. Cette déclaration soutient l’arrivée au Maroc, la semaine dernière, de Clives Stafford Smith, directeur de Reprieve (ONG britannique qui lutte contre la peine de mort). Il est venu demander au gouvernement du royaume de faire pression sur les Etats-Unis pour la libération des détenus marocains. La rencontre de Stafford Smith avec le ministre de la Justice “aura été fructueuse malgré la bureaucratie décourageante du ministère des Affaires étrangères”, nous a affirmé A. Nouaydi.


El Himma. À la conquête des MRE

Le 28 mars, le député des Rhamna sera l’invité d’honneur d’un dîner débat organisé à Paris, sur le thème de l’implication des MRE dans la politique de leur pays d'origine. Cette rencontre est organisée par le Club “Compétences, Synergies et Initiatives” (CSI), qui compte parmi ses membres l’ancien rugbyman Abdellatif Benazzi, le cinéaste Ismaïl Ferroukhi et l’islamologue Rachid Benzine. Serait-ce les débuts d’une campagne visant à rallier les milieux MRE au Mouvement pour tous les démocrates d’El Himma ? “Notre club n’a pas pour vocation de soutenir ce mouvement. Mais il est fort possible qu’il y ait des questions sur son activité et ses objectifs”, répond Siham Arbib, coordinatrice du club CSI.


Brahim Hajjam. Sonné par les coups

Le secrétaire général de l’Association des familles des martyrs, des disparus et des prisonniers du Sahara marocain a été victime d’une agression, samedi dernier, à Sidi Slimane. Brahim Hajjam, qui s’en sort avec une interruption temporaire de travail de trente jours, accuse un juge local d’être derrière ses déboires. “Il donnait ses instructions à mes agresseurs pendant qu’ils me frappaient”, nous a t-il déclaré. Brahim Hajjam a porté plainte, tandis que son Association “organisera la semaine prochaine un sit-in devant le ministère de la Justice et le tribunal de Sidi Slimane afin que cette affaire ne soit pas étouffée”, a-t-il ajouté.


2M. La face cachée d’un métier

La chaîne de Aïn Sebaâ a enrichi la grille de ses magazines d’information, la semaine dernière, avec Al Wajh Al Akhar, un 52 minutes consacré aux métiers à risques, qui sera diffusé un jeudi par mois. Après la brigade des stupéfiants d’Anfa, à Casablanca, qui a essuyé les plâtres, les prochains numéros déjà en boîte seront consacrés au Samu social et aux sapeurs-pompiers. “L’émission se situe entre l’enquête et le portrait, afin de privilégier l’humain”, explique Hassan Benrabeh, reporter et présentateur d’Al Wajh Al Akhar. L’homme, qui a fait ses armes sur Grand Angle et Mokhtafoune, espère dans un proche avenir accompagner la Marine royale dans le détroit de Gibraltar.


Immigration. Les mineurs bientôt rapatriables

La ratification, mardi 18 mars, de l’accord maroco-espagnol sur le rapatriement vers le Maroc des mineurs clandestins non accompagnés, a été interprétée comme un cadeau de Abbas El Fassi au gouvernement Zapatero, récemment réélu. Cet accord devrait entraîner la reconduction vers le Maroc de quelque 4500 mineurs vivant actuellement dans des centres d’accueil en Espagne. Ceux qui résident à Sebta et Melilia ont en revanche été exclus de l’accord, sur demande du gouvernement marocain. “Pour des raisons évidentes de souveraineté, on ne peut pas accepter l’exclusion de citoyens marocains de ces deux villes historiquement marocaines”, nous a expliqué un haut fonctionnaire de la primature.


Patrimoine. Le couscous en danger

“Protéger la cuisine marocaine”, c’est l’appel lancé par Mohamed Kheir Bennani, journaliste gastronomique et coordinateur du comité “Initiative patrimoine culinaire”. Depuis deux mois, une vingtaine de fins gourmets se mobilisent pour faire inscrire la gastronomie marocaine sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité dressée par l’UNESCO. “Notre cuisine s’exporte bien, mais elle est souvent dénaturée. Même sous nos cieux, elle perd son identité, les gens ne respectant plus le dosage des épices”, nous explique M. Bennani. En attendant, le dossier sera déposé en 2009 pour ajouter notre grain de sel à ceux de la Chine, la France, le Pérou et le Mexique qui se sont portés aussi candidats.


Nadia Yassine. Pasionaria aphone

Invitée du talk-show Fi Assamim (“Au cœur”) diffusé sur BBC Arabic, Nadia Yassine a subi l’interrogatoire incisif du journaliste Hassan Mawad. Revenant sur le caractère péremptoire des déclarations de la fille Yassine (“Tout le monde sait que les élections législatives de septembre 2007 ont été falsifiées”), le présentateur a aussi critiqué l’habitude prise par Nadia Yassine de parler au nom du peuple. “Comment savez-vous que les Marocains souhaitent un changement de régime ? Avez-vous organisé un référendum, des sondages ?” Visiblement déstabilisée par la répartie de son hôte, Nadia Yassine a parfois hésité, et même retiré des propos tenus à propos de la charia. Au final, on retiendra cette pique de Mawad : “Vous critiquez ce régime, mais vous retournerez bientôt au Maroc sans être inquiétée”.



Humeur. La grâce

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

La bonne nouvelle, c’est que Fouad Mourtada a été libéré. On a envie de se joindre à sa famille pour dire : “Merci Mohammed VI”. La mauvaise nouvelle, c’est que la grâce est intervenue avant le jugement en appel. Et Fouad restait sur une lourde condamnation de trois ans. La grâce royale a réparé une injustice, elle n’a pas lavé le délit, objet de la condamnation. Fouad est donc pardonné, pas innocenté. Cela pose un léger problème. A fortiori quand le système des grâces, qui ressemble à une législation parallèle, contredit le verdict de la justice, le vide de sa substance. Mais sans le remettre en cause. Ce n’est pas la première fois. Le cas Mourtada nous rappelle que l’on est dans un schéma à l’ancienne, hérité de l’époque des premiers califes de l’islam. On juge sévèrement, on condamne, puis on pardonne. Quand on veut, bien sûr, sans que le revirement n’obéisse à aucun cheminement rationnel. La magnanimité comme mode de gouvernance. La grâce devient, selon ce modèle, un frein au développement de la justice. On est bien dans l’équation liée au bon vouloir du prince. Il peut laisser faire la justice, ou alors la sanctionner quand elle dicte un verdict impopulaire, gracier le faux-coupable, dissuader ses “semblables” et ceux qui pourraient être tentés de l’imiter. Et récupérer la colère publique. Le prince a triomphé, la justice a perdu. La justice ne changera pas, surtout. Et tant pis si de moins en moins de personnes sensées croient en cette justice, à son “indépendance”, à son équité. Pourquoi pas, tant que cela permet de remettre en liberté un Fouad Mourtada. Pour la réforme de la justice, dans son corps comme dans son esprit, on attendra. Encore et encore. Un procureur peut obtenir qu’un journaliste soit interdit d’écrire dans son pays (cas Lmrabet), ou simplement le demander (cas Nini), sans que cela n’affecte personne. Tant qu’il y a “ça”, les grâces n’y changeront rien, on n’ira pas bien loin.



VITES !

Selon une rumeur persistante, le Maroc envisage de créer un Diwane Al Madalim, chargé de recueillir les doléances des populations sahraouies. Cette instance sera un moyen de contrer la propagande du Polisario sur les violations des droits de l’homme au Sahara. Un point sur lequel le royaume a longtemps péché en termes de communication. (lire article)


Le procès du directeur du groupe TelQuel a été repoussé pour la troisième fois, toujours à la demande du procureur du roi. Ahmed Benchemsi, qui avait comparu la première fois le 24 août 2007, est poursuivi par l’Etat pour “manquement au respect dû à la personne du roi”. Il risque jusqu’à 5 ans de prison. Prochaine audience (et prochain report ?), le 3 septembre 2008.


Il a joué les filles de l’air depuis belle lurette, mais le narcotrafiquant El Nene continue de faire des dégâts dans l’administration pénitentiaire. Quatre gardiens de la prison de Kénitra, poursuivis pour complicité dans son évasion, ont vu, la semaine dernière, leurs peines de prison ferme… multipliées par deux !


Le comité de soutien des détenus de Boumalne Dadès a décidé de battre le pavé à l’étranger. Samedi 29 mars, il organise un sit-in sur le parvis du Trocadéro à Paris. Ceci en solidarité avec les dix personnes condamnées, en février dernier, à des peines allant de un à six ans de prison ferme pour “outrage à l’emblème du royaume”.


Selon le site transfert2foot.com, Soufiane Alloudi serait sur les tablettes de l’Olympique de Marseille pour la saison prochaine. Le prix du transfert est fixé à 32 millions de dirhams par le club d’Al Aïn (Emirats arabes unis), où l’attaquant du onze national évolue à l’heure actuelle.


Selon le journal belge Le Vif du 13 mars, le boss des services secrets du plat pays, Alain Winants , a souhaité installer une antenne à Rabat pour une meilleure coopération avec les Marocains. But : éviter les couacs de l’affaire Belliraj que “tout le monde a été surpris de découvrir (…) dans les journaux”, a-t-il déclaré.


Le dur labeur de la diplomatie marocaine paie : le “puissant” archipel des Seychelles a retiré sa reconnaissance de la RASD, le 17 mars dernier, comblant ainsi le vide que le non moins imposant Malawi a créé, en reconnaissant la république sahraouie un mois plus tôt. En somme “Un soutien de perdu, un de retrouvé” pour la diplomatie marocaine.
 
 
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