La semaine
Terrorisme. Belliraj nie tout
Le lundi 17 mars, lors de sa deuxième comparution devant Abdelkader Chentouf, le juge dinstruction du tribunal de Salé, Abdelkader Belliraj a choisi de tout nier en bloc. Mon client a déclaré quil navait aucun lien avec les six meurtres quon laccuse davoir commis en Belgique. Il a aussi nié avoir été un informateur des services de renseignement belges, nous a expliqué son avocat, Me Mohamed Ziane. Le bâtonnier de Rabat a cependant ajouté : Abdelkader Belliraj a séjourné plusieurs fois en Afghanistan, mais bien avant les attentats du 11 septembre. Il |
|
| a pu y rencontrer de grands responsables talibans, mais également des cadors dAl Qaïda dont Oussama Ben Laden et Ayman Al Zawahiri. Autre révélation : le présumé chef du réseau terroriste éponyme, récemment démantelé, a déclaré avoir introduit lui-même les armes saisies à Nador. Mais ces armes était destinées au Front islamique du salut (FIS) algérien avec lequel Belliraj entretenait des relations soutenues. Sa femme étant Algérienne, il comptait même aller sétablir chez nos voisins en cas daccession du FIS au pouvoir, nuance Me Ziane. Arrêté courant janvier à Marrakech, près de lhôtel Fashion, propriété de son frère, Belliraj est, depuis, incarcéré dans une cellule disolement à la prison de Salé, mais sa forme physique reste bonne, à en croire son avocat. Je lai rencontré à plusieurs reprises. Il semblait très serein, presque inconscient de la gravité des faits qui lui sont reprochés. Lors de sa prochaine comparution, prévue dans une semaine, Abdelkader Belliraj sera confronté à dautres protagonistes de laffaire dont Mohamed Merouani, du Parti dAl Oumma, et Mohamed Moâtassim, dAl Badil Hadari. |
Ouaddou. Menacé de mort
Linternational marocain et capitaine de Valenciennes a reçu des menaces de mort. Cest du moins ce que vient de révéler son avocate, en marge du procès intenté par Ouaddou contre un supporter qui avait proféré des propos racistes à son encontre, lors dun match du championnat français, en février dernier. Jai reçu des lettres anonymes rédigées sur du papier hygiénique, ainsi quun colis contenant des bananes pourries, nous a confirmé Ouaddou, ajoutant quune enquête a été ouverte. Il est hors de question que je renforce ma sécurité. Cela risquerait deffrayer ma famille et, surtout, de donner raison à ces gens-là, conclut le patron de la défense des Lions de lAtlas. |
Moralisation. Rebbah remplaçant
Le PJD joue les prolongations. Sa campagne de la morale, qui devait sachever fin mai, verra sa durée allongée dun mois, à la demande des différentes sections de la jeunesse du parti. Au programme, conférences et débats, égayés par des soirées musicales, comme dimanche dernier à Casablanca, où la Chabiba bidaouie a reçu les très populaires Lemchaheb. Autre nouveauté, des tournois de football avec la participation de jeunes responsables du parti. Le secrétaire général de la jeunesse du PJD, Abdelaziz Rebbah, a, quant à lui, préféré chauffer le banc. Jaime beaucoup le football, mais je commence à me faire vieux. Il faudrait que je me mette à un sport plus soft, nous a-t-il déclaré. |
Al Hoceïma. Des Khattabi à lhonneur
Des membres de la famille de lémir Abdelkrim ont été ovationnés lors de la cérémonie douverture de la rencontre sur linvestissement, organisée le 15 mars dernier à Al Hoceima par lAssociation pour le développement du Rif. À la demande de linitiateur de lévènement, Ilyass El Omari, le prestigieux parterre dofficiels (Bakkoury de la CDG, Akhannouch, ministre de lAgriculture, Bousaïd, ministre du Tourisme, lambassadeur dEspagne, etc.) a salué la présence du petit-fils et des deux nièces du héros de la guerre du Rif. Les inviter était la moindre des choses, nous a confié un des organisateurs, lavenir de la région les concerne aussi. |
Drogue. Pluie de condamnations
Chrif Ben Louidane a été condamné, mercredi dernier, pour trafic de drogue par la Chambre criminelle de Casablanca, à huit ans de prison ferme et à une amende de 500 000 dirhams. Dans la même affaire, la justice a condamné huit autres personnes à des peines allant de deux mois de prison avec sursis à six ans fermes. Parmi elles, Abdelaziz Izzou, lex-chef de la sécurité des palais, qui a écopé de 2 ans demprisonnement, dont un an et demi ferme. Lhomme, ayant déjà purgé cette peine, est sorti libre . Parmi les acquittés, le commandant de la gendarmerie, Younès Lahlimi, fils du haut commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi. |
PJD. Dans la ligne de mire ?
Ismaïl Lotfallah, conseiller municipal du parti de Saâd Eddine El Othmani à Benslimane, a été condamné, lundi 17 mars, à deux mois de prison avec sursis pour lagression de quatre policiers, en marge dune manifestation (non autorisée) de soutien à la Palestine. Au siège du PJD, on dénonce cette mascarade de procès qui sappuie sur de faux témoignages. Quelle image cela peut-il donner de la justice ?, tonne de son côté Lahcen Daoudi, membre du secrétariat national. Nous voulons que son dossier soit traité ailleurs quà Benslimane, ville où Ismaïl Lotfallah dérange beaucoup les autorités, nous confie-t-il. En attendant, le PJD craint dêtre dans le viseur du Pouvoir : Saâd Eddine El Othmani, le patron du parti, aurait été refoulé de Kelâat Seraghna où se tenait un sit-in de soutien à un autre agresseur de policier, emprisonné suite à une manifestation contre la vie chère. |
Exposition. Un tableau censuré
Pour la journée de la femme, lUNESCO a organisé à Paris une exposition de peintures de lartiste malgache Brigitte Rabarijaona. Pour étayer son message de paix Quaucun Africain ne tue un africain, une toile représentait tous les drapeaux de lUnion Africaine, dont celui de la RASD. Luvre na pas plu à Aziza Bennani, ambassadrice du Maroc à lUNESCO, qui, visiblement, ne peut pas voir le Polisario, même en peinture. Les officiels marocains ont fait pression sur lambassadrice malgache et lorganisatrice de lexposition pour quelles retirent le tableau, nous a affirmé lartiste dont luvre a été finalement retirée de lexposition. |
Santé. Anticorps contre la corruption
La ministre de la Santé a pris attache avec Transparency Maroc. Objet : dans le cadre de son projet de bonne gouvernance, Yasmina Baddou entend lutter activement contre la corruption. Elle a chargé lONG de faire le diagnostic transparence dun secteur miné par la corruption. Optimiste, le président de Transparency Maroc, Rachid Filali-Meknassi, nous confie : Nous avions déjà travaillé avec lex-ministre de la Santé, Mohamed Biadillah, mais les actions étaient très ciblées. Aujourdhui, nous nallons pas nous contenter dun rôle de conseiller : nous accompagnerons aussi le combat sur le terrain. Reste que la détermination de Yasmina Baddou et de Transparency risque de se heurter à des syndicats qui attendent la ministre au tournant. |
Lions de lAtlas. Coach made in Europe
Nouveau revirement dans le choix du prochain sélectionneur du onze marocain. La Fédération royale marocaine de football sapprête finalement à engager
un entraîneur étranger ! Nous choisirons dans une liste qui comprend notamment le Français Roger Lemerre, lEspagnol Vicente Del Bosque (ex-coach du Real de Madrid), le Portugais Fernando Santos et le Roumain Lazlo Boloni, nous a révélé le vice-président de la Fédération Mohamed Aouzal. Quant aux six Marocains qui étaient en lice pour décrocher le poste, certains dentre eux seront chargés de coacher le onze olympique, les sélections de jeunes ou se verront confier un poste de directeur technique, précise Aouzal. |
Abderrazak. Le temps des hommages
Une cérémonie en lhonneur de lancien numéro 2 de lUMT et poids lourd du syndicalisme marocain, décédé en 2006 dune longue maladie, est prévue pour le 29 mars. Initié par ses proches et par lAssociation des travailleurs de lONE, lévènement devrait connaître la participation dune bonne partie des ténors de la classe politique, de hauts responsables, dartistes, de sportifs et même de syndicalistes étrangers. Les organisateurs se demandent, cependant, si lomnipotent patron de lUMT, Mahjoub Benseddik, qui a été en mars 2004 à lorigine de léviction de Abderrazak de la centrale syndicale, sera parmi les présents. Il est aussi parmi les invités, nous a confié un membre de la famille Abderrazak. |
Epicerie fine. Bio royal
Dans le magasin inauguré récemment à Casablanca par les Domaines agricoles (anciennement Domaines royaux), on trouve bien plus que des produits haut de gamme. Les clients peuvent également profiter de fiches de recettes concoctées par Choumicha. Je suis heureuse dêtre lambassadrice de cette marque et lune des plus fidèles clientes de son magasin, le premier dune chaîne qui devrait sétoffer dans lavenir, nous a déclaré lanimatrice culinaire. Un ancien cadre des Domaines nous a, pour sa part, révélé quen plus des magasins, les Domaines agricoles préparent un concept de restaurants bio. On imagine déjà le menu : agneau princier ou couscous royal ! |
Islamistes. Prison dating
Ahmed Rafiki, alias Abou Houdaïfa, a été libéré le mardi 16 mars après avoir purgé sa peine de 5 ans. Le vétéran des Afghans marocains et père dAbou Hafs est doublement heureux. Non seulement il a quitté sa cellule, mais il a enfin pu passer une véritable nuit de noces avec sa nouvelle épouse, autre que les khoulwa charîiya (visites conjugales) autorisées par les autorités pénitentiaires. Après avoir reçu lautorisation de ses deux premières femmes, le septuagénaire a épousé il y a quelques mois une jeune fille dune vingtaine dannées. Jignore son âge exact, mais jai pu déceler à travers son voile un regard jeune, confirme Me Ziane, avocat de Rafiki. |
MP. La Haraka resserre les rangs
Le parti de Mahjoubi Aherdane organise son université de printemps ce week-end à Rabat. Au programme : Lamazighité et lenjeu du projet sociétal démocratique. Après la tempête qui a secoué le parti berbériste, Mohand Laenser et Mahjoubi Aherdane ont décidé de trouver un thème fédérateur
quitte à déplaire aux Fassis du cabinet Abbas. Mohamed Ouzzine, un des dirigeants du MP, nous confie : Le gouvernement est concerné par lamazighité, quil le veuille ou non. Elle fait partie de lactualité au même titre que le terrorisme dont tout le monde fait ses choux gras. Pour la petite histoire, Fouad Ali El Himma sera lun des intervenants les plus attendus. |
Corruption. Des élus épinglés
Inéligibilité pour deux mandats à lencontre de deux parlementaires (Istiqlal et MP) de la Chambre des conseillers, jugés coupables dirrégularité électorale. Cest le verdict tombé lundi dernier à la Cour dappel de Beni Mellal qui les a également condamnés à un an de prison avec sursis et 70 000 dirhams damende. La condamnation pour tentative dobtention de voix en contrepartie de dons ou de promesses de dons a fait la joie de Azzedine Akesbi, ancien président de Transparency Maroc. Cest une première, sexclame-t-il. Il est cependant intéressant de noter quil y avait plusieurs parlementaires incriminés mais, malheureusement, les actions ne se sont dirigées que vers quelques-uns pour leur couleur politique. |
 |
3 questions à Younès Moujahid
[Secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine]
Le congrès du SNPM se tient cette semaine. Quelle sera la teneur du débat ?
Il sagit dun congrès ordinaire au cours duquel nous discuterons le bilan du comité administratif. . Il y a une urgence : celle dadapter notre syndicat à la diversité des médias en nous appuyant sur des sections de plus en plus autonomes. Une nouvelle direction sera aussi élue. Pour ma part, je serai candidat à condition que mon bilan soit jugé positif.
Laffaire du journaliste Mustapha Hormatallah emprisonné et les procès à répétition contre la presse seront-ils à lordre du jour ?
Nous parlerons de toutes les difficultés que rencontrent les médias marocains sur le terrain de la liberté dexpression. En ce qui concerne la condamnation de Mustapha Hormatallah, je trouve lamentable les revirements de la justice. Je mattendais à ce quil soit gracié en même temps que Fouad Mourtada. Cela na pas été, hélas, le cas, mais je garde bon espoir.
Le Code de la presse en gestation maintient les peines de prison pour les journalistes. Quelles sont vos revendications sur ce point ?
Le Maroc doit maintenant passer à la vitesse supérieure et supprimer les peines de prison pour les journalistes. Nous avions des assurances du gouvernement Jettou, mais elles ont été démenties par les événements de lété. Aujourdhui, je nai que des promesses, mais aucune garantie que le prochain code de la presse réponde à nos attentes. |
|
Guantanamo. Marocains aux oubliettes
Nous devons convaincre le roi que le jugement des trois derniers prisonniers marocains à Guantanamo doit se faire au Maroc. Cest une question de souveraineté nationale, nous a affirmé Abdelaziz Nouaydi, président de lassociation Adala pour lindépendance de la justice. Cette déclaration soutient larrivée au Maroc, la semaine dernière, de Clives Stafford Smith, directeur de Reprieve (ONG britannique qui lutte contre la peine de mort). Il est venu demander au gouvernement du royaume de faire pression sur les Etats-Unis pour la libération des détenus marocains. La rencontre de Stafford Smith avec le ministre de la Justice aura été fructueuse malgré la bureaucratie décourageante du ministère des Affaires étrangères, nous a affirmé A. Nouaydi. |
El Himma. À la conquête des MRE
Le 28 mars, le député des Rhamna sera linvité dhonneur dun dîner débat organisé à Paris, sur le thème de limplication des MRE dans la politique de leur pays d'origine. Cette rencontre est organisée par le Club Compétences, Synergies et Initiatives (CSI), qui compte parmi ses membres lancien rugbyman Abdellatif Benazzi, le cinéaste Ismaïl Ferroukhi et lislamologue Rachid Benzine. Serait-ce les débuts dune campagne visant à rallier les milieux MRE au Mouvement pour tous les démocrates dEl Himma ? Notre club na pas pour vocation de soutenir ce mouvement. Mais il est fort possible quil y ait des questions sur son activité et ses objectifs, répond Siham Arbib, coordinatrice du club CSI. |
Brahim Hajjam. Sonné par les coups
Le secrétaire général de lAssociation des familles des martyrs, des disparus et des prisonniers du Sahara marocain a été victime dune agression, samedi dernier, à Sidi Slimane. Brahim Hajjam, qui sen sort avec une interruption temporaire de travail de trente jours, accuse un juge local dêtre derrière ses déboires. Il donnait ses instructions à mes agresseurs pendant quils me frappaient, nous a t-il déclaré. Brahim Hajjam a porté plainte, tandis que son Association organisera la semaine prochaine un sit-in devant le ministère de la Justice et le tribunal de Sidi Slimane afin que cette affaire ne soit pas étouffée, a-t-il ajouté. |
2M. La face cachée dun métier
La chaîne de Aïn Sebaâ a enrichi la grille de ses magazines dinformation, la semaine dernière, avec Al Wajh Al Akhar, un 52 minutes consacré aux métiers à risques, qui sera diffusé un jeudi par mois. Après la brigade des stupéfiants dAnfa, à Casablanca, qui a essuyé les plâtres, les prochains numéros déjà en boîte seront consacrés au Samu social et aux sapeurs-pompiers. Lémission se situe entre lenquête et le portrait, afin de privilégier lhumain, explique Hassan Benrabeh, reporter et présentateur dAl Wajh Al Akhar. Lhomme, qui a fait ses armes sur Grand Angle et Mokhtafoune, espère dans un proche avenir accompagner la Marine royale dans le détroit de Gibraltar. |
Immigration. Les mineurs bientôt rapatriables
La ratification, mardi 18 mars, de laccord maroco-espagnol sur le rapatriement vers le Maroc des mineurs clandestins non accompagnés, a été interprétée comme un cadeau de Abbas El Fassi au gouvernement Zapatero, récemment réélu. Cet accord devrait entraîner la reconduction vers le Maroc de quelque 4500 mineurs vivant actuellement dans des centres daccueil en Espagne. Ceux qui résident à Sebta et Melilia ont en revanche été exclus de laccord, sur demande du gouvernement marocain. Pour des raisons évidentes de souveraineté, on ne peut pas accepter lexclusion de citoyens marocains de ces deux villes historiquement marocaines, nous a expliqué un haut fonctionnaire de la primature. |
Patrimoine. Le couscous en danger
Protéger la cuisine marocaine, cest lappel lancé par Mohamed Kheir Bennani, journaliste gastronomique et coordinateur du comité Initiative patrimoine culinaire. Depuis deux mois, une vingtaine de fins gourmets se mobilisent pour faire inscrire la gastronomie marocaine sur la liste du patrimoine culturel immatériel de lhumanité dressée par lUNESCO. Notre cuisine sexporte bien, mais elle est souvent dénaturée. Même sous nos cieux, elle perd son identité, les gens ne respectant plus le dosage des épices, nous explique M. Bennani. En attendant, le dossier sera déposé en 2009 pour ajouter notre grain de sel à ceux de la Chine, la France, le Pérou et le Mexique qui se sont portés aussi candidats. |
Nadia Yassine. Pasionaria aphone
Invitée du talk-show Fi Assamim (Au cur) diffusé sur BBC Arabic, Nadia Yassine a subi linterrogatoire incisif du journaliste Hassan Mawad. Revenant sur le caractère péremptoire des déclarations de la fille Yassine (Tout le monde sait que les élections législatives de septembre 2007 ont été falsifiées), le présentateur a aussi critiqué lhabitude prise par Nadia Yassine de parler au nom du peuple. Comment savez-vous que les Marocains souhaitent un changement de régime ? Avez-vous organisé un référendum, des sondages ? Visiblement déstabilisée par la répartie de son hôte, Nadia Yassine a parfois hésité, et même retiré des propos tenus à propos de la charia. Au final, on retiendra cette pique de Mawad : Vous critiquez ce régime, mais vous retournerez bientôt au Maroc sans être inquiétée. |
 |
Humeur. La grâce
La bonne nouvelle, cest que Fouad Mourtada a été libéré. On a envie de se joindre à sa famille pour dire : Merci Mohammed VI. La mauvaise nouvelle, cest que la grâce est intervenue avant le jugement en appel. Et Fouad restait sur une lourde condamnation de trois ans. La grâce royale a réparé une injustice, elle na pas lavé le délit, objet de la condamnation. Fouad est donc pardonné, pas innocenté. Cela pose un léger problème. A fortiori quand le système des grâces, qui ressemble à une législation parallèle, contredit le verdict de la justice, le vide de sa substance. Mais sans le remettre en cause. Ce nest pas la première fois. Le cas Mourtada nous rappelle que lon est dans un schéma à lancienne, hérité de lépoque des premiers califes de lislam. On juge sévèrement, on condamne, puis on pardonne. Quand on veut, bien sûr, sans que le revirement nobéisse à aucun cheminement rationnel. La magnanimité comme mode de gouvernance. La grâce devient, selon ce modèle, un frein au développement de la justice. On est bien dans léquation liée au bon vouloir du prince. Il peut laisser faire la justice, ou alors la sanctionner quand elle dicte un verdict impopulaire, gracier le faux-coupable, dissuader ses semblables et ceux qui pourraient être tentés de limiter. Et récupérer la colère publique. Le prince a triomphé, la justice a perdu. La justice ne changera pas, surtout. Et tant pis si de moins en moins de personnes sensées croient en cette justice, à son indépendance, à son équité. Pourquoi pas, tant que cela permet de remettre en liberté un Fouad Mourtada. Pour la réforme de la justice, dans son corps comme dans son esprit, on attendra. Encore et encore. Un procureur peut obtenir quun journaliste soit interdit décrire dans son pays (cas Lmrabet), ou simplement le demander (cas Nini), sans que cela naffecte personne. Tant quil y a ça, les grâces ny changeront rien, on nira pas bien loin. |
|
VITES !
Selon une rumeur persistante, le Maroc envisage de créer un Diwane Al Madalim, chargé de recueillir les doléances des populations sahraouies. Cette instance sera un moyen de contrer la propagande du Polisario sur les violations des droits de lhomme au Sahara. Un point sur lequel le royaume a longtemps péché en termes de communication. (lire article)
Le procès du directeur du groupe TelQuel a été repoussé pour la troisième fois, toujours à la demande du procureur du roi. Ahmed Benchemsi, qui avait comparu la première fois le 24 août 2007, est poursuivi par lEtat pour manquement au respect dû à la personne du roi. Il risque jusquà 5 ans de prison. Prochaine audience (et prochain report ?), le 3 septembre 2008.
Il a joué les filles de lair depuis belle lurette, mais le narcotrafiquant El Nene continue de faire des dégâts dans ladministration pénitentiaire. Quatre gardiens de la prison de Kénitra, poursuivis pour complicité dans son évasion, ont vu, la semaine dernière, leurs peines de prison ferme
multipliées par deux !
Le comité de soutien des détenus de Boumalne Dadès a décidé de battre le pavé à létranger. Samedi 29 mars, il organise un sit-in sur le parvis du Trocadéro à Paris. Ceci en solidarité avec les dix personnes condamnées, en février dernier, à des peines allant de un à six ans de prison ferme pour outrage à lemblème du royaume.
Selon le site transfert2foot.com, Soufiane Alloudi serait sur les tablettes de lOlympique de Marseille pour la saison prochaine. Le prix du transfert est fixé à 32 millions de dirhams par le club dAl Aïn (Emirats arabes unis), où lattaquant du onze national évolue à lheure actuelle.
Selon le journal belge Le Vif du 13 mars, le boss des services secrets du plat pays, Alain Winants , a souhaité installer une antenne à Rabat pour une meilleure coopération avec les Marocains. But : éviter les couacs de laffaire Belliraj que tout le monde a été surpris de découvrir (
) dans les journaux, a-t-il déclaré.
Le dur labeur de la diplomatie marocaine paie : le puissant archipel des Seychelles a retiré sa reconnaissance de la RASD, le 17 mars dernier, comblant ainsi le vide que le non moins imposant Malawi a créé, en reconnaissant la république sahraouie un mois plus tôt. En somme Un soutien de perdu, un de retrouvé pour la diplomatie marocaine. |
|